mardi 7 juin 2016

Live Report : Miss The Stars Fest III @ Zunkunft Am Ostkreuz / Tiefgrund, Berlin - 07/05/16 (2/2)

1100 km en bus, ça uuuse, ça uuuse ! Bah ouais, 14 heures assis sur un siège difficilement réglable, être réveillé toutes les 3 heures par le chauffeur de bus parce que c'est obligé par la loi (si tu arrives à dormir), je suis désolé mais c'est extrêmement fatiguant. Mais il nous en fallait bien plus, à moi et à mon compagnon de voyage, pour nous décourager : on a tenu toute la 1ère journée du Miss The Stars Fest sans aucun problème, on a tenu debout jusqu'à 3h du mat', et le lendemain, c'était debout 10H pour marcher jusqu'au Goodies le plus proche pour le déjeuner, et ensuite se rendre chez Bis Aufs Messer. Un marathon diront certain.e.s, moi je dirais juste : YOLO. We sleep when we're dead yo, il fallait profiter un max du temps qu'on avait, et on l'a fait.
Avec quelques nouveaux disques et l'estomac bien rempli, nous voila ainsi prêt pour vivre la 2ème journée du fest, qui a commencé par le concert de They Sleep We Live, dont je n'ai pu voir que le dernier morceau. Ces messieurs remettent au goût du jour un screamo quelque peu old school, avec un cri rauque plus orienté crust, entre passages instrumentaux mélancoliques et explosions lentes mais intenses. Leur seul release disponible à ce jour s'appelle "And the curtains falls...", un titre qui figure sur un 7" split avec Vi Som Alskade Varandra Sa Mycket. Le peu que j'ai entendu de la bande m'a cependant envie d'en entendre davantage, eux aussi seront à surveiller de près !

Les messieurs qui ont succédé au jeune groupe allemand se sont discrètement mais assurément fait un nom dans leur scène, et nous viennent de Belgique. Ce pays à qui l'on doit IsaiahAmen RaThe Black Heart Rebellion... On va désormais le remercier pour Mont-Doré. Le quintet s'amuse à construire et déconstruire des univers musicaux, à tracer des chemins cassants, rugueux, à nous surprendre, à ne jamais faire dans la dentelle. Et surtout, ils s'appliquent à rendre leur musique toujours plus personnelle et introspective. Leurs concerts et leur musique ne font qu'un, mêlant habilement visuels et sons. Nous noyant entre un rouge clair et un noir profond, le groupe nous a interprété quelques titres de son écrasant nouvel album, Fractures, mélangeant habilement screamo, neo-crust, post-hardcore allant aussi bien piocher chez Helmet que chez Botch, et même quelques accents black metal. Un melting-pot des ténèbres envoûtant, et même éprouvant, appuyé par ces couleurs aussi captivantes qu'oppressantes. Le frontman de la bande se pliait littéralement en 4 pour nous raconter ses paroles, s'approchant le plus possible du public, hurlant à s'en arracher les cordes vocales, se retrouvant les genoux à terre. Une prestation qui nous a directement mis dans le vif du sujet, un gros parpaing dans la tronche auquel We Had A Deal avait la lourde tâche de succéder. Le trio allemand n'est pas né de la dernière pluie, et sait faire bouger les foules avec son hardcore mélodique teinté de screamo, nourri par quelques samples. Leur frontman est assez impressionnant dans sa manière de fixer le public (ou de fixer le vide, on ne sait pas), mais se démène lui aussi pour assurer le spectacle, dans un enthousiasme certain, allant de pair avec la musique axé "combat et esprit posi" de la musique de son groupe, sommes toutes assez classique mais pêchue et efficace. de quoi nous garantir de garder la forme, bien qu'un passage aux stands de nourriture (utiliser le terme "bouffe" serait clairement vulgariser les denrées qu'on nous proposait) était quand même nécessaire... Ce qui nous a malheureusement valu de louper le dernier show européen de Careless... Il fallait malheureusement faire un choix, et nous ne voulions rien rater de la suite de la soirée.




Car le meilleur restait encore à venir : Crows-An-Wra... Wow, quelle prestation ! Kalopsia était presque le meilleur album de 2014 pour moi, cet espèce de screamo progressif venu de l'espace avec toute la folie vocale du chanteur noyée sous des tonnes de réverb' et le skill deluxe du guitariste Gregory Milne de feu-Crocus/Ravachol (un pote a d'ailleurs eu une exclu concernant Ravachol après le concert de Crows-An-Wra mais chut, je les laisse faire le boulot !), ces rythmiques ultra-dansantes et cassantes à la fois, ce petit quelque chose à la At The Drive-In, ça n'existe nulle part ailleurs, c'est dément ! Et ils ont correctement tenu leur rang, les bougres. Un set explosif, plein d'énergie, mené par MONSIEUR Jacob Porter, ce frontman de feu, qui a visiblement choisi l'humour et l'ironie en se pointant avec une magnifique chemise manches courtes à fleurs  accompagné du short slim court noir de rigueur, contrastant évidemment avec les 98% de personnes vêtues de noir présentes au fest. Il commençait déjà à faire assez chaud, ces messieurs en ont allègrement rajouté, Jacob se mouvant dans tout les sens, complètement hanté par sa musique, n'hésitant pas par ailleurs à ouvrir sa chemise, ce qui lui aura valu quelques remarques négatives de la part de spectateurs très sensibles qui ont vu cet acte d'un mauvais œil, mais juré, il n'y avait pas de machisme dans l'air, juste de la spontanéité et de la sueur. Autant je ne suis vraiment pas fan de leur tout dernier 7", Kakotopia, qui a perdu tout son côté "spacey" à mon sens, autant il rend 10000 fois mieux en live. MERCI messieurs, j'espère vous revoir au plus vite, oh oui !






À peine ce set génial était-il fini, que moi et l'autre petite pote présente avec moi pour ce fest nous sommes précipités au Basement pour voir un groupe qu'elle ne voulaît absolument pas rater et que je ne connaissais pas de nom : La Petite Mort / Little Death. Je me demande toujours pourquoi le groupe a choisi de se répéter dans son nom, mais c'est pas très important au final, car leur musique était tout aussi surprenante. Entre post-hardcore plein de tension, screamo cathartique nourri à hautes doses de mélodies, et le flow impressionnant du frontman/guitariste, le jeune trio s'est démené pour nous offrir un set également plein de surprises pour quiconque ne connaissait pas encore leur musique, ce qui fût mon cas. Et hop, une petite découverte en plus ! Et ce n'est pas fini, car un autre petit groupe allait jouer sur la minuscule scène 20 minutes plus tard : Scared Of Everything, un groupe qui a tout simplement remporté l'award des meilleurs t-shirts de groupes : le guitariste portait un t-shirt Cassus, leur batteur avait un t-shirt de Tool, et le chanteur avait ce fantastique t-shirt de xDEVOURx, soit l'un des meilleurs groupes de metalcore straight-edge au monde, avec écrit au dos un glorieux et agressif "DEATH TO FALSE METALCORE", prends ça dans ta gueule le tough guy, suce ta whey et bois de l'eau minérale ! Bref, assez d'élucubrations, le set de Scared Of Everything, c'était LE screamo. Sérieusement, je me suis cru dans ces vieux live d'il y a 10-15 de groupes comme Saetia, ou le groupe et la foule ne font qu'un, hurlant tous à l'unisson, au bord des larmes, avec un frontman qui n'hésite pas à foncer dans le public (je l'ai appris à mes dépends, mais pas de problème dude c'est cool !). Une énergie et une communication avec le public au sommet, une prestation d'une intensité assez folle, la meilleure manière de se faire découvrir. Un grand bravo messieurs.

Ça fait déjà un paquet de beaux concerts, et je suis toujours autant frustré que Sport ne soit pas de la partie... Mais c'est encore loin d'être fini ! On file vite vers la Mainstage pour voir ce qui sera le dernier set, genre le toute dernier ever, de What Price, Wonderland?, petite légende de la scène UK, en plus d'être des copains des grands patrons de la soirée, j'ai nommé Raein. Avec eux, on est clairement dans un registre post-hardcore dans lequel semble s'être spécialisée la scène anglaise via des groupes tous aussi fantastiques les uns les autres, tels que Human HandsPlaidsCarson Wells ou encore une fois Crows-An-Wra. Du math-rock enjoué par ci, un ton confident entre deux cassures rythmiques par-là, des riffs totalement skramz par surprise... Et c'était propre, net, sans bavure ! Un dernier concert au top de la part d'un groupe que pas mal de personnes découvraient ce soir-là. De plus, leur merch était au rabais, une petite queue s'était formée devant leur stand pour leur chopper les derniers LPs et t-shirts qui leur restait. Une demi-heure pour prendre l'air et faire un dernier tour des distros, et voici qu'arrive messieurs dames le set de ██████... Oui oui, ce groupe n'a pas de nom ! Enfin sur Facebook, ils s'appellent "nic". Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un groupe envoyant un crossover entre black-metal, sludge et hardcore d'un registre stellaire et épique, en témoigne le fabuleux disque qu'ils partagent avec Old Soul. La demi-heure de set qu'ils nous ont offert paraissait en durer 2 de plus, tant leur univers sonore semblait avoir arrêté le temps. Même si il y avait un peu trop de lumières et de distance avec le public à mon goût, ça n'en était pas moins puissant et prenant. La prestance du grand, TRÈS grand frontman était un petit plus.


   

Nous balancer autant de noirceur et de massifs sonores avant le dernier groupe de la soirée qui joue sur un registre bien plus mélodique était un peu risqué, mais c'est finalement passé crème. C'est la headline facile d'un festival emo-related, le groupe culte de la scène de ces 15 dernières années , le groupe à voir au moins une fois dans sa vie : RAEIN ! Les papas, toujours au top de leur forme, sont venus jouer les morceaux issus de leur période "adulte", loin de Il N'y A Pas De Orchestre, celle où le rythme est plus tranquille et serein, mais où la tension et la colère sont toujours vifs, des morceaux de Sulla Linera d'Orizzonte [...], de Perpetuum. Ils ont également interprété le titre "Comete", présent sur le split avec Ampere sorti cette année et qu'ils jouaient pourtant plusieurs mois auparavant, Et évidemment, leur tube ultime, le fameux "Tigersuit", bien timidement accueilli par le public ! Mais ça n'a pas freiné les italiens, qui paraissaient moins dans leur bulle que la dernière fois où je les ai vu, en 2014 à Paris. C'est avec un petit accent festif, des sourires et du riff que s'est déroulé ce dernier show, clôturant la troisième édition d'un festival qui va toujours plus haut, toujours au-dessus de ses promesses.

Un petit festival punk sans prétentions bien trop beau pour ne pas y aller l'année prochaine, c'est ainsi que je peux le résumer le plus brièvement possible, d'autant plus lorsque le soleil y brille. J'arrive pas à trouver un reproche... Bah, le Basement est un peu trop petit, mais hey, c'est les règles du jeu habituelles des caves de bar, c'est fidèle à notre quotidien. Puis bon, un son si propre pour une si petite superficie, c'est quand même assez fabuleux. Aucun reproche possible au final, c'est juste du bon temps, de la bonne musique, les vacances, les vraies. Un grand merci à Alex et toutes les personnes qui l'ont aidé, et rendez-vous est déjà pris pour l'année prochaine !

Live report par Guillaume D.

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