mercredi 22 juin 2016

Live Report : Groezrock Festival @ Jour 2 - Meerhout, Belgique - 30/04/16


Nous voici de retour pour l'édition 2016 de notre festival préféré. Véritable institution depuis maintenant 25 ans, le Groezrock a su dépasser son statut d'événement local rassemblant à peine quelques centaines de personnes pour devenir l'attraction au plus de 30000 festivaliers que l'on connait aujourd'hui.

Un petit bémol tout de même pour ce 25ème anniversaire, les organisateurs semblent avoir eu du mal à booker tous les groupes voulus à ces dates. Résultat, un line-up moins alléchant que les années passées et un nombre de scènes qui rétrograde à 4 contre 5 en 2015. Notre curiosité et l'aura de l'événement l'auront au final emportées sur ce léger désagrément. Voici le récit de la deuxième journée en complément de notre aftermovie déjà diffusé précédemment sur le site que vous pouvez toujours revoir ci-dessous.


Samedi 30 avril    

15h00

Après une nuit très humide, nous retrouvons avec plaisir la pleine du Groezrock pour un deuxième jour tout aussi boueux que le premier mais qui aura l'honneur de voir apparaître à plusieurs (courtes) reprises le soleil en fin de journée. A nous de faire le maximum pour réchauffer comme l'on peut l'atmosphère quand on ne se cachera pas sous les tentes, lovés dans le pit. 



Cela commence par un détour plutôt sympathique par la Watch Out stage avec les punkettes de Bad Cop/ Bad Cop qui s'apprêtent à entrer en scène après quelques balances expédiées sous une foule grandissante. Sans casser trois pattes à un canard, la fraîcheur des donselles sautillantes dans tous les sens au gré de leur pop-punk acidulé nous redonne le sourire.

15h35

Les revenants de The Movielife nous gratifierons d'un tout petit show sur l'énorme Monster Energy stage. Service minimum pour les New-Yorkais qui peinent à retrouver toute leur énergie d'antan. Malheureusement pour eux, la scène semble trop grande, le public trop peu, la lumière du jour trop forte et les manteaux trop épais... Leurs hits vieillissants ne réveilleront pas la foule, du moins pas cette fois çi... 


16h15

Il est l'heure maintenant d'aller accueillir les petits génies de Modern Baseball. Dire qu'ils étaient attendus de pieds fermes par tous les kidz élevés au roaster Run for Cover relève de l'euphémisme.
Le chapiteau Back to Basics est plein à craquer alors que nous sommes encore de longues minutes avant le début du show. La tension est palpable, tout le monde attend avec impatience que les premières notes, synonymes de délivrance, soient enfin jouées.  



Les quatre garçons au look de looseurs boutonneux que l'on croirait tout droit sortis du film Eh mec! elle est où ma caisse?, débarquent sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. La prestation sera bluffante de sincérité et de communication positive. Les personnes du public semblant s'amuser comme des maternelles dans un jeu de balles Ronald Mc Donald tandis que les musiciens ne quitterons pas leurs sourires. Les 3 frontmens qui s'échangent le micro à tour de rôle donnent vraiment une impression d'unité ultra plaisante à voir. On comprend alors très vite d'où le groupe tire sa popularité et que son capital sympathie n'est pas prêt de s'épuiser.  

16h50 

Un petit détour par la Monster stage, l'histoire d'entrapercevoir la sublime Juliette & The Licks et ses tenues moulantes bigarrées. Une petite mise en jambes rock n'roll bien sympathique! 


17h20 

Comment vous dire? On avait grand besoin de se dégourdir les gambettes au rythme syncopé d'un bon groupe de metalcore comme Bury Your Dead afin de repartir de bon pied. Nous avons vu juste puisque tous les piteux professionnels ayant eu la bonne idée de prendre leur permis de mosher sont de sortie!  



Après une matinée plutôt calme, nous avions bien besoin de ça pour nous remotiver à affronter la soirée. La bande au line-up incompréhensible (un groupe normal aurait splitté au moins 3 fois dans ces conditions) nous livre un set brut de décoffrage sans aucun autre but avoué que d'aider les gens à se défouler. Nous ressortirons de l'Impericon stage vraiment chauds bouillants, fins prêts à accueillir un des groupes les plus intéressants de la journée.  



18h10 

Les choses sérieuses commencent maintenant avec les frappés du cibolot de letlive. Pour ne pas garder le suspense plus longtemps, les Américains seront fidèles à eux mêmes, c'est-à-dire complètement barges sur scène, à 200% dans le show. Autant vous dire que ça fait un bien fou de voir des groupes comme ça quand on se retrouve trop souvent avec des artistes peu convaincus devant les yeux.  Pendant 45 minutes les gars de letlive. vont nous foutre un bazar monstre en invitant le public à saisir l'opportunité de monter sur scène à chaque instant. Le groupe est insaisissable autant dans sa présence scénique que dans sa musique. En plein période de pré-promotion de leur nouvel album If I'm The Devil..., ils nous livreront un show d'une violence inouïe. Jason en tête qui zappera volontairement la plupart des parties claires pour brailler encore plus comme un goret tout au long du concert.  



L'Impericon stage s'embrasera à chaque morceau interprété par le groupe. Il est très dur de garder sa place dans la première partie du public. Comme si cela ne suffisait pas, Jason ira arracher la bannière du groupe pour la jeter en même temps que lui dans la foule, donnant un bon coup de sueur à la sécurité au passage. Il grimpera également en haut du mât du chapiteau et se jettera en roulade sur la grosse caisse du batteur en fin de show tandis qu'un des guitaristes n'hésitera pas à fracasser son instrument tel un punk des années 70.  Il est marquant de voir avec le recul que la direction plus pop du dernier album se détache carrément de cette image ultra violente entretenue en live par le groupe. 

20h00

Après une petite pause bien méritée, nous revoici en train d'essayer de nous faufiler pour apercevoir les deux derniers morceaux de ce qu'il reste d'Emmure. En effet, Frankie Palmeri continue de tracer son petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était. A vrai dire pour êtres honnêtes avec vous, nous aussi on ne voit pas bien la différence... Si tout le monde est content alors tout va bien! 



20h20 

Arrivés un peu au hasard sous la tente Back to Basics, nous sommes contents d'arriver pour le début du show d'Iron Chic. Les icônes de la scène punk DIY new-yorkaise sont de retour au Groezrock après leurs prestations lors des éditions 2014 et 2015.  Les fans de Latterman, Hot Water Music et consorts seront largement comblés par la généreuse présence scénique des Américains. Leur pop-punk survitaminé aux relents emo dégage une énergie terriblement efficace trouvant écho dans un public qui sait parfaitement la capter.  Ces vétérans de la scène nous proposent d'ailleurs une musique largement plus passionnante qu'un certain nombre de formations naissantes et trop souvent surcôtées. 


Nous vous invitons à écouter The Constant One, leur dernier album en date (2013) en attentant la sortie du petit nouveau, prévu pour cette année. Pour ne rien gâcher au plaisir, le soleil fait son apparition pour la première fois de la journée. Les rayons viennent même se perdre jusque sous les premiers rangs de la tente.  



21h45 

Le temps d'une petite pause restauration bien méritée, nous voici venus applaudir les jeunes Anglais de Moose Blood. Etonament programmés sur la petite scène extérieure malgré leur succès grandissant, ils seront l'attraction principale de ce début de soirée. Fraichement signés sur le prestigieux label Hopeless Records, ils possèdent une solide base de fans les suivants un peu partout en Europe depuis la sortie de leur premier effort en 2014.
Evoluant dans une mouvance émo quelque part entre Brand New et The Dangerous Summer, leur musique insuffle une véritable dynamique positive. Le public se prend rapidement au jeu, jumpant et chantant à tout va. Nous attendons avec impatience la sortie de leur deuxième album, Blush, prévue pour le 5 août prochain.

  
00h00

Voici venir maintenant le groupe phare de cette édition 2016, nous avons nommé Sum 41! Effectuant leur grand retour après de multiples changements de line-up et de complications médicales pour le leader Deryck Whibley, ils ont repris la route pour les festivals d'été afin de faire patienter les fans jusqu'à la sortie de leur nouvel album qui tarde à venir. Pressentant la difficulté de trouver une bonne place, nous arriverons une bonne demi-heure en avance afin de nous faufiler encore plus facilement vers les premiers rangs. 


A peine les premiers accords de "Over My Head (Better Off Dead)" joués la pression physique augmente d'un cran. Elle ne descendra jamais plus jusqu'à la fin du show hormis lors de très rares périodes d'accalmie. Baladés de droite à gauche de la scène sans même lever un pouce, nous apprécions la setlist en forme d'anthologie. En effet, tous les albums de la discographie aurons droit à des extraits interprétés en live.

Le seul reproche que l'on pourrait faire c'est un focus systématique sur les 3 premiers opus représentant près de 60% de leur setlist. Bien sûr que le public vient ici pour s'amuser et entendre des grands classiques comme "In Too Deep" ou "Fat Lip" mais à trop vouloir en faire on retient plus le statut d'amuseur public que de véritable artiste ayant encore de la créativité à partager. Par exemple, les reprises de "We Will Rock You" et de "Seven Nation Army" étaient largement dispensables.  



En tout cas ça fait plaisir de voir nos Canadiens préférés en grande forme de retour avec Dave Baksh qui s'amusent aussi bien sur des morceaux plus pops que ceux aux influences metal tirés de Chuck. Un rappel surprenant sera même exécuté avec "My Direction" et "Summer". A defaut d'avoir pu entendre le moindre extrait de 13 Voices, nous aurons droit à une version spéciale intitulée "Sick of Donald Trump" bien hilarante. On ne pourra décidément pas les changer! 



Encore une édition du Groezrock qui s'achève. Celle-çi fut bien humide la présence de la bonne humeur locale qu'on aime tant permet de vite faire oublier ces petits désagréments. Nous vous souhaitons donc à l'année prochaine! 

Textes : Martin G.
Photos : Lionel F. & Groezrock

Merci à l'organisation du Groezrock.



Aucun commentaire :