mercredi 29 juin 2016

Interview : Shoot The Girl First

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Félix, du groupe electro-metalcore français Shoot The Girl First. L'interview est à lire dans le post complet.

Salut Félix ! Ravi de discuter avec toi. Peux-tu te présenter et présenter ton groupe à ceux qui ne le connaissent pas ?
Salut, ravi de répondre pour Alternativ News et merci à toi et à toute l’équipe.
Moi c’est Félix, guitariste fondateur du groupe, Shoot the Girl First est composé de Alex au chant, Crystal (Julie) au chant et clavier, Benji à la guitare, Damien à la basse et Vincent à la batterie.

Comment définirais-tu le style musical du groupe ? Des influences particulières ?
Le terme "metalcore" me parait un peu vague de nos jours, maintenant on passe par beaucoup d’autres influences au fil des ans, que ce soit l’électro, le post et melodic hardcore… On a vraiment des goûts musicaux très variés au sein du groupe donc on n’a pas vraiment une influence unique. On aura toujours le Metal et l’Electro comme repères, puis on brode autour de ça.

Si je ne me trompe pas, STGF est un groupe qui s’est formé en 2010. Entre vos premières démos sorties en 2010 et votre deuxième album I Confess sorti cette année, le son de STGF a considérablement évolué. Peux-tu nous parler un peu de cette évolution, quelle a été votre motivation pour partir dans cette direction ? 
Ca faisait un moment qu’on parlait de faire quelques chose de plus hargneux, plus rentre dedans, le fait de changer de chanteur et de pousser Julie à être plus présente au chant ont vraiment fait pencher la balance. On a trouvé un bon équilibre avec deux voix bien différentes pour pouvoir proposer plus de choses dans nos morceaux.

On observe beaucoup moins de touches électro dans vos dernières productions et des instruments/voix beaucoup plus travaillés. A titre personnel, je trouve que des titres comme No Hero sont bien moins brouillons et beaucoup plus efficaces que votre morceau archi-connu Last Breath For A Capulet, est-ce également l’avis que vous partagez ? 
Je pense que je ne suis pas vraiment objectif après avoir joué "Last Breath For A Capulet" un millier de fois ahah ! Je pense qu’on a tout simplement un peu plus d’expérience maintenant qu’on a mangé pas mal de concerts, on se rend compte de ce qui fonctionne, et ce qui fonctionne moins et ça nous influence inévitablement. On essaie d’être plus efficace. On a évolué et notre musique avec. L’electro reste tout de même présent. On l’utilise un peu moins comme un cheveu sur la soupe, on va encore développer ça sur nos prochains morceaux. 

Le line-up de Shoot The Girl First a énormément changé, si bien que seuls Julie (claviers) et toi en êtes les membres originels. Comment a évolué votre line-up ? Pourquoi ces choix, comment sont-ils venus à vous ? Quelle est leur influence dans la nouvelle direction musicale du groupe ? 
C’est vrai que ça a pas mal bougé chez nous, au début on monte un groupe sans but précis, la motivation et le degré d’implication ne sont pas souvent les mêmes, sans prendre en compte les études, les boulots, les femmes, les enfants pour certains, voilà un peu les principales raisons de tous les départs au sein de l’équipe. 
Depuis bientôt deux ans on a un très bon équilibre, avec des gars totalement impliqués qui donnent leur maximum et avec qui on s’entend vraiment bien, même après plusieurs semaines de tournées passées les uns sur les autres ahah. Pour la musique chacun apporte sa pierre à l’édifice, et c’est la première fois que le groupe entier écrit des morceaux, avant c’était principalement moi, j’adore écrire de la musique, des paroles, mais j’avais vraiment ce besoin de me confronter à d’autres idées que j’aurai probablement jamais eues sans l’intervention de chacun des membres de STGF. 

Peux-tu nous présenter I Confess en terme de sonorités et d’environnement musical ? 
I Confess c’est tout simplement le premier opus d’un tout nouveau groupe. On a posé une ambiance plus noire et plus incisive et on a puisé dans les capacités de chacun pour faire cet album. On a posé nos nouvelles bases, avec toujours un clin d’œil aux premières influences, on a repris l’écriture en rapport avec le cinéma comme on faisait sur nos premières démos et ep, chose qu’on avait un peu mise de côté sur notre premier album. On a profité de la voix de Alex pour faire des passages plus hargneux, de la voix de Julie pour des passages un peu plus influencés hardcore et melodic-hardcore, et la rigueur de Vincent qui apporte un équilibre inébranlable rythmiquement parlant.

Y a-t-il une chanson en particulier dont tu es fier (sur cette galette ou une autre d’ailleurs) ? 
Je suis fier de tout ce qu’on a pu sortir car on l’a fait avec nos tripes depuis le tout début. Mais pour citer une chanson en particulier je dirais que « God’s Gift (Your Violence) » est une de mes préférées parce qu’on a réussi à incorporer un peu tout ce que j’aime dans ce genre de musique, les couplets et breakdowns metalcore bien tranchants avec la grosse voix américaine, et le pont et outro beaucoup plus mélo hardcore avec les guitares bien planantes et la voix qui pleure de Julie. Puis en live on adore jouer « No Hero », les gens chantent, Julie met des coups de pieds ça fait plaisir! 



Comment avez-vous décidé de produire cet album ? Avez-vous procédé de la même manière que lors de l’enregistrement de votre premier album Follow The Clouds ? 
On a eu la chance de rencontrer quelqu’un qui est aujourd’hui un ami très proche, Florent Salfati (Homeless Records Studio / Landmvrks) qui avait remplacé à la guitare pour STGF sur une tournée. On a directement pensé à travailler avec lui sur nos prochains titres. On a fonctionné totalement différemment que sur l’album précédent « Follow The Clouds » que j’avais enregistré dans ma chambre avec notre ancien chanteur et Julie. On avait envoyé les prises en mixage/master chez Nicolas Delestrade (NDSE Recordings / Novelists) qui avait fait un super boulot. Sur I Confess, on a tout enregistré/mixé et masterisé directement à Homeless Records, ça nous a permis d’intervenir en direct avec Florent sur la production de l’album et au passage ça nous a appris un paquet de choses. 

Certains morceaux étaient-ils déjà écrits avant l’arrivée de certains membres ou c’est le line-up actuel qui a travaillé sur tous les morceaux ? 
Vincent (batteur) est le dernier arrivé dans le groupe, on avait déjà écrit et enregistré les deux premiers single de l’album (God’s Gift, Call Me V), tout le reste a été travaillé avec l’ensemble du groupe. 

Vous étiez auparavant signés chez Artery Recordings, on vous trouve maintenant chez Redfield Records. Pourquoi ce choix ? 
On était en contact avec Alexander (président de Redfield Records) depuis quasiment les débuts du groupe, puis en tournée on avait de très bons retours venant de groupes de leur écurie (WBTBWB, Eskimo Callboy…). Alors il y’a quelques temps quand Eric (notre agent chez The Artery Foundation) et Mike (notre label director chez Artery Recordings) ont décidé de quitter leur poste tout s’est fait naturellement. On a choisi de suivre cette direction pour continuer à travailler avec des gens impliqués à 100% dans notre projet. On reste tout de même en contact aujourd’hui avec eux que ce soit Shan le nouveau président de Artery Recordings, ou encore Mike qui bosse maintenant pour Modern Empire MGMT. 


On a vu qu’I Confess est sorti au Japon, est-ce le résultat du travail avec Redfield ou est-ce dû à un autre label ? Et où s’est écoulé l’album ? 
On a bossé avec Go With Me pour notre release japonaise, c’est un label japonais avec lequel on était en contact depuis nos débuts aussi. Ils avaient déjà travaillé avec Redfield alors les choses se sont faites très rapidement. Redfield Records se sont occupés du reste du globe pour la distribution en passant par d’autres distributeurs selon les pays je ne saurais pas dire qui, où etc… Je sais qu’on a fait un malheur en Turquie et en Norvège dans notre catégorie! (ce qui est drôle mais qui n’est pas une blague).

D’ailleurs, quel a été l’accueil de cet album ? On a vu qu’il a reçu des critiques généralement bonnes (3/5 chez AlternativNews), est-ce votre sentiment ? Qu’est-ce que ça vous fait de voir ce genre de réactions ? 
On est super content de voir que pas mal de gens ont écrit à propos de notre album, vous, metal’hammer, gekirock, fuze… et en plus que les avis soient positifs là c’est vraiment cool! On est toujours très à l’écoute de ce qui se dit dans la presse à notre sujet car on a (la plupart du temps) affaire à des gens non seulement passionnés mais aussi très bon connaisseurs de ce qui se fait sur cette scène alors ça fait vraiment plaisir quand c’est élogieux. 

Vous-êtes actuellement en tournée dans toute l’Europe où vous êtes au contact direct du public, quelles sont les commentaires qu’on vous fait le plus ? Beaucoup de groupes que j’ai interviewés (petits ou gros, signés ou indés) m’ont dit que le live est vraiment la plus belle des récompenses par rapport au travail fourni, je suppose que c’est aussi votre avis ? Y a-t-il un endroit en particulier où vous aimez jouer ? 
On nous trouve plus mature, les voix sont le principal sujet de discussion avec le public, très souvent on nous parle de la voix de Julie avec beaucoup d’engouement, des parties plus mélancoliques et de la voix plus grave de Alex. Le live c’est une récompense, je pense que c’est ce qu’on apprécie le plus, devant 10 ou 1000 personnes on aura toujours le sourire et la banane. Mais c’est aussi pour moi le moment le plus formateur pour un groupe, que ce soit musicalement, humainement ou physiquement. En tournée, l’effort est quotidien et intense, et y’a rien de mieux pour s’améliorer. La Pologne, on y a fait nos toutes premières petites tournées, on n’a plus eu l’occasion d’y aller depuis quelques années maintenant mais ça reste mon endroit préféré, Varsovie, Cracovie principalement. Sinon l’Allemagne c’est toujours super cool! 



STGF est un groupe qui travaille beaucoup son aspect visuel : on le voit à l’artwork, aux clips, au merch… Est-ce vous qui faites tout où vous faites appel à des presta ? 
Depuis maintenant 2 ans on fait tout nous-même. Benj fait de la video depuis quelques années, il a monté Disclosure Productions, on fait des clips pour les groupes (Landmvrks, My Secret Safe…) et a fait quasiment tous les clips issus de notre dernier album. Damien est graphiste et photographe, il s’occupe de tous nos visuels, ça nous permet d’avoir un contrôle permanent sur tout, puis quand c’est nul on peut s’en mettre plein la gueule entre nous c’est quand même vachement plus sympa! On a tout de même toujours favorisé le fait de bosser avec des potes dès qu’on en avait l’occasion et les moyens, beaucoup de nos designs, clips, artworks ont été réalisés par des proches, quelques presta externes de temps en temps, par exemple notre dernier logo fait par PDS Graphic Design (Issues, Tyler Carter, Slaves…). 

Quelle importance donnez-vous à votre identité visuelle ? 
Depuis nos débuts on y a toujours accordé beaucoup d’attention, toujours avec nos moyens selon les époques. On a beaucoup travaillé sur nos artworks, notre prestation live, ou encore plus récemment notre jeu de lumière programmée pour pousser un peu notre côté électro. On a toujours fait les choses à notre manière. On modifie et adapte certaines choses de manière à être plus d’actualité, mais c’est jamais au détriment de nos personnalités. 

Sûrement lié à ce fait et à l’évolution sonore de la formation, on remarque que Julie prend beaucoup plus d’importance, qu’elle devient presque votre « mascotte » : elle prend de plus en plus le micro, on la voit sur la jaquette de presque tous vos CDs et elle apparait sur vos images promotionnelles (un peu partout sur votre FB)… Quelles sont les véritables raisons de cette mise en avant ? Comment l’avez-vous décidée ? 
Elle a de très gros poumons (lol). Apres, on s’appelle Shoot the GIRL first, ce serait un comble de ne pas la mettre avant, surtout qu’elle est là depuis le début. On a pu voir quelques commentaires très limites à son encontre, comme on peut le voir malheureusement avec l’intégralité de groupes ayant des femmes dans leur effectif. Y fait-elle attention ? Parfois le soir elle se couche en position fœtale puis elle pleure… Non plus sérieusement on essaie de ne pas trop y prêter attention. Aujourd’hui quoi que tu fasses il y aura toujours des gens pour critiquer que ce soit justifié ou non. Toute publicité est bonne à prendre alors on invite les gens à être encore plus misogynes qu’ils ne le sont déjà, on sortira bientôt un livre avec toutes leurs meilleures tirades ! 


Pour rester un peu dans le thème polémique, votre clip Last Breath For A Capulet totalise 3 270 000 vues. Beaucoup de personnes mettent ça sur le compte que vous ayez rejoint un gros label rapidement après la sortie du clip mais d’autres soupçonnent l’achat de vues. Qu’en est-il de la réalité de ces vues ? 
On était pas loin des 2 millions avant de signer chez Artery à l’époque. On me pose cette question depuis 5ans bientôt et j’adore y répondre, je leur conseille souvent de faire un truc frais, ou drôle, ou original et que ça viendra tout seul au niveau des vues. Pour les « connaisseurs » de YouTube je peux répondre plus précisément tout de même, notre compte est monétisé depuis plus de 4 ans, c’est eux même qui nous ont démarché pour que l’on puisse récupérer un peu d’argent grâce à nos vues. Peu de temps après il y’a eu la vague d’achats de vues et YouTube a fait supprimer un nombre considérable de vidéos et bizarrement, 5ans plus tard bah notre vidéo est toujours là et le compteur n’a pas été rétrogradée. La vidéo est toujours monétisée, alors on laisse les gens entretenir ça. Parfois on en rigole pas mal, j’ai tendance à dire à certains que oui j’ai pu payer nos vues en vendant de la drogue, ou encore que Julie a posé nue pour pouvoir investir… Bref, plus sérieusement, non, on n’a jamais acheté de vues sur YouTube. 

Originaires de Cannes, vous êtes sans doute le plus gros groupe du sud de la France et avez fait partie de cette vague de groupes post-Gojira qui a permis d’étendre la musique de la scène française en dehors de nos frontières. Comment assumez-vous ce statut ? 
On est très content et très fier de s’exporter à l’étranger, c’est vraiment enrichissant de pouvoir voyager en faisant de la musique, maintenant on est TRES loin du parcours des monstres de Gojira ahaha, mais on travaille tous les jours pour en faire encore plus! 

Quelle est d’ailleurs votre opinion sur cette scène française ? Des groupes en particulier à conseiller ?
On a vraiment de très bons artistes ici en France, j’aimerais voir des tournées avec exclusivement des groupes français histoire d’aller montrer à nos voisins que nous aussi on sait faire de belles choses. J’vais te dire Landmvrks, ils vont tout péter dans les mois/années qui viennent ils font partie des gens les plus doués que j’ai pu croiser. Novelists sont déjà très loin, pareil, c’est bourré de talent. Et de chez nous y’a Grandline et In Other Climes. 

Et de manière plus générale, y a-t-il un album que vous attendez ou qui est sorti récemment que vous pouvez nous conseiller ? 
Le dernier Pierce The Veil est super cool ! 

Enfin, que peut-on vous souhaiter pour la 2ème moitié de l’année 2016 ? Des projets déjà sur la route ? 
On ne peut pas encore trop annoncer mais on prépare plusieurs tournées sur la fin de l’année dont une dans un pays qu’on n’a jamais fait, c’est super motivant ! On a vraiment hâte. 

Interview : Axel G.





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