lundi 27 juin 2016

Chronique : blink-182 - California

Un album de blink-182 sans Tom Delonge est-il un album de blink-182 ? Beaucoup de fans se sont posées la question et continuent de le faire. Il n’y a qu’à regarder les critiques vues et lues après la sortie des quelques morceaux lâchés par le groupe ces dernières semaines. La question de Matt Skiba aussi, leader des cultissimes Alkaline Trio, qui vient ici remplacer le sieur Delonge. Et quid du bonhomme lui-même qui clame haut et fort à qui veut l’entendre qu’il n’a pas quitté le groupe… Bref, c’est plus l’extra musical qui a dominé l’actualité du groupe que la musique elle-même, et qui reste le plus important. Mais
Blink n’est pas un groupe comme les autres. Donc, rien ne fonctionne de la même manière. Et California a déjà été jugé par de nombreux fans comme étant un projet parallèle plus qu’autre chose. 

Déjà, la première chose qui saute aux oreilles, c’est que California est un album de pop-punk. C’est très clair. Les plans du très-chiant-dans-sa-grande-majorité Neighborhoods (composé sans que les 3 ne se retrouvent jamais dans la même pièce pour écrire) sont mis de côté au profit d’une apparente simplicité. Apparente, car malgré tout, l’ensemble va bien plus loin que l’ensemble de la scène. Dès la mise en bouche avec "Cynical", on se rend compte d’une chose : Depuis Take Off Your Pants, Blink n’avait plus composé de brûlots pop-punk comme celui-là : grosse mélodie, chœurs d’enfer, mais ce n’est pas la seule compo qui suit ce chemin. "She’s Out Of Her Mind" (qui pique le pré-refrain de "First Date") est un tube en or massif et putain que ça fait du bien d’entendre ce groupe aussi en forme ! 

Deuxième chose, c’est un album de Blink. C’est une évidence. Travis Barker n’a pas aussi bien frappé ses fûts depuis l’album éponyme. On le sent retrouvé, inspiré, avec des plans dont seul lui a le secret. Que ce soit dans les morceaux rapides ou dans les parties les plus atmosphériques, le batteur fait preuve d’un talent hors du commun et confirme si besoin est encore, qu’il reste l’un des batteurs les plus importants et créatifs de la scène. Mark Hoppus fait du Mark Hoppus et a toujours ce talent de mélodiste et sa voix nasillarde est bien mise en avant. Tous les titres de California auraient pu être sur un album de la bande avant le (faux ?) départ du chasseur d’extra-terrestres : "Bored To Death" se serait bien vu sur le S/T, "Sober" et "King Of The Weekend" sur Take Off Your Pants And Jacket, "Left Alone" aurait été de très loin le meilleur morceau de Neighborhoods, et "The Only Thing That’s Real" rappelle Enema Of The State, mais sans être un bête retour aux sources sans saveur. 

Mais alors, et le bon Matt Skiba dans tout ça ? Et bien, il a sa part du gâteau niveau chant, jouant certes plus le rôle de double-voix et de chœurs, mais c’est lui qui dirige et envoie l’énorme "Los Angeles" dans les étoiles. Ce qui faisait Blink, c’était cette complémentarité entre ces deux voix. Ici, cette complicité n’est pas la même, mais elle reste omniprésente (sur la très belle ballade "Home Is Such A Lonely Place", leur entente est évidente). Niveau mélodie et jeu de guitare, on n’est pas tellement éloigné que ça du jeu simple et efficace de Delonge. Le bonhomme n’a plus rien à prouver et a déjà créé avec ses compères du Trio de bien beaux tubes. L’ensemble est par contre bien plus punky de par sa présence (son influence sur "No Future" et "Teenage Satellite" tant au niveau mélodie que chant est indéniable à tel point que l’on dirait carrément un morceau d’Alkaline Trio).

16 titres, et un bon paquet de tubes plus tard, le constat est fait : non, ce n’est pas le meilleur album de blink-182 (Enema Of The State et le S/T resteront comme leurs plus hauts faits d’armes), mais cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas été aussi content de les entendre à ce niveau-là. Fun, mais pas seulement, rempli de mélodies bien addictives, mais aussi capables de mettre les guitares en retrait quand la chanson l’exige, il s’agit de l’album que la bande aurait pu sortir pile poil entre Take Off Your Pants And Jacket et le S/T. Un excellent album, que l’on était impatient et anxieux d’écouter, ne sachant pas quoi en attendre. Et on est bien content de la tournure prise par ce California, où Matt Skiba ne fait pas dans la figuration, tel un remplaçant numérique du groupe. Il est bien à sa place, comme un poisson dans l’eau et son intégration s’est faite naturellement (les influences sont différentes mais la scène est la même). Après un album de cet acabit, qui sans pousser le son du groupe fait réellement plaisir à entendre, la question d’un hypothétique retour de Delonge se pose : Blink n’est-il finalement pas mieux sans lui ? Et Delonge n’est-il pas finalement meilleur dans Angels & Airwaves depuis qu’il ne se concentre plus qu’à ce projet ? Peu importe les réponses que vous donnerez à ces questions, California est un super album qui fait du bien par où il passe et qui fait dire ceci : Carpe Diem and fuck the rest ! 

4/5 

Guillaume W.

1. Cynical
2. Bored to Death
3. She's out of Her Mind
4. Los Angeles
5. Sober
6. Built This Pool
7. No Future
8. Home Is Such a Lonely Place
9. Kings of the Weekend
10. Teenage Satellites
11. Left Alone
12. Rabbit Hole
13. San Diego
14. The Only Thing That Matters
15. California
16. Brohemian Rhapsody

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2 commentaires :

Anonyme a dit…

Selon moi l'euphorie du retour de blink te rend peu (pas assez?) objectif. Même si après plusieurs dizaines d'écoutes quelques morceaux sortent du lot, sur 16 titres il y en a bien la moitié qu'on peut mettre à la poubelle tant l'originalité (et même le côté catchy) est absente. Et notamment Travis, (et j'en suis encore triste et surpris) qui est ennuyeux au possible (tandis que sur Neighbohoors ils proposaient d'excellentes choses!).

Alors oui cet album est quand même plus intéressant que leur EP Dogs Eating Dogs, mais proposer 16 titres de qualités aussi différente pour donner du poids à leur retour, c'est assez bof...

Je dois cependant avouer que ça fait de nouveau du bien d'entendre Mark (notamment Cynical et California) qui était inexistant sur Neighborhoods. Mais 4/5... Absolument pas. Et on en est loooooin.

Christophe Brun a dit…

Que cela fait du bien d'entendre des titres comme California, cynical, sober, brohemian rapsody, the only things that matter... T'as juste envie de partir ac tes potes faire la teuf sur la côte et oublier un peu le marasme ambiant de ces derniers temps ... Bravo les gars et merci un peu qd mm :)