mardi 3 mai 2016

Live Report : NEVER SAY DIE! Open Air Festival @ Exhaus, Trier (Allemagne) - 24/04/16

À Paris, certains sortaient de table après leur brunch, le ventre bien rempli, pour aller errer dans un parc ou un musée de la capitale, d’autres filaient vers la campagne allemande pour célébrer l’ouverture de la saison des festivals en plein air.
Ce dimanche 24 avril, Impericon proposait une date un peu particulière au cours de sa tournée de festivals : un show en open air, avec un line-up légèrement différent (à la place de Hatebreed, nous avions ce jour-là droit à Burning Down Alaska, qui ne prendront pas part au reste de la tournée). Intitulé Never Say Die! Open Air, ce festival avait lieu dans la ville de Trèves, en Allemagne, et nous revenons brièvement sur cette journée dans la suite du post.

« En avril, ne te découvre pas d’un fil » : on ne vous apprend rien en disant que cette année, le dicton est plus vrai que jamais. Nous arrivons à Trèves sous un grand soleil et un ciel bleu ponctué de quelques nuages çà et là, mais au fil de l’après-midi, nous aurons droit tour à tour à des averses, du soleil, de la neige, du soleil encore, de la pluie encore, puis un temps un peu gris (ça, c’est pour le point météo).
Le festival se tient dans ce qui semble être une grande cour de récréation ; nous sommes entourés de bâtisses en briques, un panier de basket trône au beau milieu, face à la scène, et derrière, un magnifique panorama de montagnes et de forêts vient compléter ce décor atypique. Nous nous retrouvons dans un océan de cheveux colorés (bleu, rouge, rose, violet, vert, arc-en-ciel, les Allemands sont très portés sur le Stabilo) aux relents de bière (… encore une fois, rappelons que nous sommes en Allemagne, pas besoin d’explication supplémentaire).


La foule est encore un peu clairsemée lorsque les Australiens d’Hellions montent sur scène un peu avant 14 heures. Les curieux se rapprochent, interpellés par le chanteur au pull rose qui gesticule dans tous les sens. Peu de gens semblent connaître le groupe, mais le public n’est pas très difficile et répond aux sollicitations du frontman sans broncher, pour compenser le fait de ne pas pouvoir reprendre les paroles en chœur…

Si les réglages font parfois un peu grincer des dents, l’énergie positive distillée par les Australiens combinée au grand soleil qu’ils semblent avoir amené avec eux réchauffent clairement l’ambiance. Dans le pit, les mosheurs s’échauffent, et la foule ne cesse de grossir, les festivaliers arrivant en nombre désormais. Nous voyons des t-shirts et pulls Eskimo Callboy débarquer un peu partout autour de nous – sachant que le groupe passe en dernier, à 22 heures.
À la fin du set d’Hellions, qui aura duré une petite demi-heure, la foule applaudit chaleureusement le groupe, prête à passer à la suite du programme.


Les prochains à monter sur scène sont Hundredth. Si les connaisseurs semblent plus nombreux, l’ambiance reste grosso modo la même : un public chaleureux qui s’échauffe tout doucement, répondant aux sollicitations sans sourciller, mais qui ne se lâche pas complétement (à quelques exceptions près dans la fosse). Pour le moment, les fans préfèrent rechercher une bière au comptoir – il est quasiment 15 heures, faut bien se préparer pour l’apéro du soir non ?
Néanmoins, même si ce n’est pas la folie, on commence à être nombreux dans la cour pour assister au show des Américains.


Quand Burning Down Alaska donnent le coup d’envoi de leur set avec "Monuments", on sent qu’ils sont ici « à la maison ». Des bonnets et t-shirts à l’effigie du groupe semblent fleurir un peu partout dans la fosse, et l’on remarque très vite que nombreux sont les spectateurs à connaître les paroles des chansons. Manque de bol, quelques problèmes techniques viennent faire ricocher les premiers instants (le câble du micro principal lâche, le second micro n’a pas été rebranché après les balances), mais le public réalise que ce sont des soucis indépendants de la volonté ou du talent du groupe et ne bronche même pas. Les jeunes chanteurs, Tobias et Kassim (le dernier venu dans la bande, qui assure les parties de chant clair et effectue ce jour-là son premier open air avec le groupe), maîtrisent totalement la situation et ne se laissent pas démonter une seconde face à ces imprévus.
Arrive ensuite "Blossom", le – jusqu’alors – dernier morceau du groupe, qui avait introduit Kassim aux fans en février dernier. Les deux chanteurs se voient contraints de partager un micro mais chacun assure ses parties vocales à la perfection. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour savoir que le public est conquis ; entre ceux qui reprennent les paroles et les autres qui affichent des moues admiratives face au spectacle auquel on a droit, ça fait plutôt plaisir à voir.

Mais la surprise du set, c’est quand Burning Down Alaska présentent à la foule un morceau inédit, acclamé par des fans qui ne s’y attendaient visiblement pas. Tout en conservant la partie instrumentale ultra-mélodique qui fait la patte du groupe, la chanson est arrangée de façon à ce que les deux voix s’y retrouvent à part égale, et celle de Kassim, éraillée, fragile et puissante à la fois, colle si bien à l’esprit du groupe que l’on a presque l’impression que l’on vient de trouver là la pièce manquante du puzzle.


Tous les musiciens bougent énormément sur scène, occupant tout l’espace qui leur est donné, et Tobias s’accorde même un rapide crowdsurfing. Kassim nous bluffe avec certains screams plutôt inattendus, et la foule remercie le groupe par des applaudissements nourris et des acclamations qui en disent long sur leur ressenti (niveau applaudimètre, on approche du 9/10). Les jeunes Allemands peuvent donc tirer leur révérence la tête haute, et il faut avouer qu’on regrette un peu ne pas pouvoir les revoir sur les autres dates de la tournée Impericon. Peut-être que d’ici l’automne, nous aurons la chance de les voir repasser par la capitale…

La foule est désormais très très dense, et le soleil est toujours au beau fixe lorsque l’intro de Blessthefall retentit dans la cour. Il s’agit d’un remix-teaser de "Hollow Bodies", que les fans reconnaissent dès les premières notes. Ça se met à hurler un peu partout, les cris atteignant leur maximum lorsque les Américains débarquent et prennent place sur scène. On commence fort avec ce tube, "Hollow Bodies", issu de leur avant-dernier album, et que tout le monde semble connaître par cœur. Il se forme aussitôt un énorme circle pit, et Beau Bokan s’impose en maître de cérémonie, sachant parfaitement motiver ses troupes.
Il lui suffit de dire quelque chose pour que le public s’exécute : quand il aperçoit le panier de basket qui fait face à la scène, il dit qu’il aimerait voir quelqu’un y « slamdunker ». Il ne faut que quelques minutes pour qu’un fan se dévoue et se retrouve perché sur le panier, sous les regards ébahis des musiciens et du reste de la foule.
Le frontman dégage un charisme indiscutable, mais là encore ses camarades ne sont pas en reste et se baladent sans cesse d’un bout à l’autre de la scène, tandis que Beau s’amuse à vider des bouteilles d’eau sur le public (ce qui doit faire du bien aux mosheurs déchaînés mais, spoiler alert, si on avait attendu encore un peu la pluie serait venue s’en charger elle-même…). On sent une très nette différence entre la qualité des réglages et du matériel de Blessthefall et des premiers groupes ayant joué, ce qui rend le set des Américains encore plus appréciable.



Le groupe mêle les morceaux de leur dernier album en date, To Those Left Behind (sorti en octobre dernier) aux plus anciens, mais les fans les accueillent tous avec le même enthousiasme, et le pit s’enflamme de plus en plus. Parmi les récents, nous retrouvons "Up In Flames", "Open Water" et "Oathbreaker", et parmi les classiques, nous avons les incontournables "What’s Left Of Me" et "2.0".
Les musiciens tentent d’interagir un maximum avec les fans des premiers rangs ; aussi, on repérera à plusieurs reprises Elliott et Eric faire des signes à certains chanceux, Jared se montrant un peu plus réservé – mais surtout très concentré sur sa basse et son micro, assurant les screams sur tous les morceaux (même si à un moment, Elliott se fait un plaisir de donner de la voix également).
Dans le pit, l’ambiance ne retombe à aucun moment, et le groupe semble avoir travaillé son set pour : aucune trace de chanson plus « calme », comme "See You On The Outside" que l’on avait l’habitude d’entendre. Cet énorme moment de communion entre les artistes et le public se conclut par "You Wear A Crown But You’re No King", qui déclenche des cris euphoriques dans la foule. Nombreux sont ceux à connaître et scander les paroles – pour les autres, c’est l’occasion de se lancer dans un pit en ébullition qui continue encore de s’élargir.
Les Américains remercient chaleureusement leurs fans, en excellente forme ce jour-là, et s’éclipsent avec de grands sourires. Ils ont bien mérité les acclamations qui accompagnent leur sortie de scène suite à cet excellent show.

L’heure est venue de faire un tour soit à la buvette, soit au merch, étalé sur deux étages. Alors que nous prenons notre temps à flâner, nous manquons le début de la prestation de Chelsea Grin. Arrivés en cours de route, on a néanmoins le temps de réaliser que le chanteur se croit au festival Summerblast (son « What’s up Summerblaaaast ? » n’est pas passé inaperçu et les spectateurs se lancent des regards dubitatifs). Le ciel s’est couvert, et alors que les mosheurs s’éclatent toujours au milieu de la foule, les festivaliers les plus craintifs filent se réfugier au moment même où les premières gouttes de pluie tombent sur Trier.
Nous tentons de braver les intempéries (les « quelques gouttes » s’étant vite transformées en averse), mais il faut dire que sur scène le spectacle ne décolle pas vraiment, et nous préférons prendre le temps d’aller à la rencontre de certains artistes et d’échanger quelques mots en allemand avec d’autres spectateurs.

Un peu plus tard, ce sont des mots balancés en français qui attirent notre attention. Le soleil est revenu – entre deux énormes nuages – et nous en profitons pour nous rapprocher de la scène. « Micro un ? » ; « Parfait ! » et autres blablas dans une langue bien connue nous parviennent. C’est au tour des Québécois de Despised Icon de prendre la scène de cet open-air d’assaut et, coup de chance pour eux, ils arrivent pile au moment où les rayons de soleil reviennent réchauffer les festivaliers. Le ton est donné d’emblée avec Furtive Monologue et les musiciens semblent déborder d’énergie. Alexandre et Steve, les deux chanteurs, se partagent très bien le rôle de frontman, ultra-mobiles et ne cessant de se déplacer d’un bout à l’autre de la scène.
Le groupe, qui avait été séparé de 2010 à 2014, semble toujours au top de sa forme et plus motivé que jamais à jouer en live (alors qu’ils avaient annoncé leur réunion comme étant « temporaire », ils ont tout de même enregistré un album, Beast, qui verra le jour d’ici quelques mois). Les fans accueillent la formation avec tout autant de ferveur. Les Allemands se montrent bien plus prompts à se défouler dans le pit que nombre de Français, et les mosheurs ne quittent pas « l’arène » qui s’est formée face à la scène.
Anciens morceaux cultes, des nouveaux qui semblent faire l’unanimité, des chanteurs charismatiques, un batteur hallucinant et une énergie communicative, Despised Icon ne semblent laisser personne indifférent. Même la météo se sent obligée de se manifester, et sans crier gare, le soleil disparaît pour faire place à… la neige.

Encore une fois, faibles que nous sommes, nous tirons notre révérence pour aller nous abriter, loupant les dernières minutes de set (mais pour ma part, je me console en me disant que je verrai le set dans son intégralité à Paris dix jours plus tard). Et puis, après le set des Québécois, c’est le tour d’un autre groupe très attendu ce jour-là : Bury Tomorrow. Sans tenir compte des conditions météorologiques, le groupe et les fans sont aussi motivés les uns que les autres, et les premiers crowdsurfers se battent déjà pour venir taper dans la main de Dani, le frontman qui attire tous les regards. Il nous délivre un show de haute voltige, tentant – avec succès – de ne pas laisser l’ambiance retomber.
Entre deux morceaux, la foule acclame le groupe, visiblement très réceptive au metalcore technique proposé par ce dernier. Sur scène, ça rend très bien, mais malheureusement pour nous ce sont les derniers instants dont nous pourrons profiter.

Même si la nuit semble encore loin et qu’on a fini par s’habituer à la météo instable de la journée, il est temps pour nous de récupérer nos affaires, de dire au revoir aux nouvelles rencontres et aux gens que nous avons retrouvés sur place : la route est longue, et manque de bol, y en a qui bossent à Paris le lendemain…
Alors que le soleil commence tout doucement à décliner, nous assistons encore aux premières minutes décapantes du set de Northlane, juste assez pour nous faire regretter de partir – mais surtout, juste assez pour nous donner hâte de les voir à Paris le 4 mai ! Nous loupons les sets d’Emmure et d’Eskimo Callboy (les chouchous du public allemand), mais ces dix jours vont passer vite, nous les verrons bien assez tôt…

Impossible de trouver quoi que ce soit à redire au Never Say Die! Open Air qui s’est tenu ce 24 avril à Trier. Même la météo (oui, on y revient encore, mais pour un festival en plein air c’est important) n’a pas réussi à nous gâcher la journée. Les groupes qui se sont succédés sur scène semblent avoir tous donné le meilleur d’eux-mêmes, le public était absolument génial, toujours motivé et jamais bougon, et d’une manière générale, le festival tout entier était bien organisé, dans un cadre plutôt exceptionnel.
Petit pincement au cœur de savoir que nous ne retrouverons pas Burning Down Alaska sur la scène parisienne (parce qu’ils ont été l’un des points marquants de cette belle journée), mais grande hâte de revoir notamment Blessthefall, Bury Tomorrow, et de voir le set complet de Northlane. En espérant également que le public français se montrera à la hauteur !

Texte, photos et vidéos : Laurie B.

Vielen Dank an Marcel Azeroth und Impericon DE.

Horaires de la journée :

Hellions 13h55 

Hundreth 14h45  

Burning Down Alaska 15h35 

Bless The Fall 16h25 

Chelsea Grin 17h15 

Despised Icon 18h05 
Bury Tomorrow 19h00 
Northlane 19h55 
Emmure 20h55 
Eskimo Callboy 22h00





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