mercredi 4 mai 2016

Live Report : Neck Deep + Creeper + WSTR @ Backstage By The Mill, Paris - 29/03/16

Encore une fois, rendez-vous était donné devant la salle du Backstage By The Mill, du côté de Pigalle. Il faut dire qu’on a eu droit à de bien beaux plateaux musicaux ici, ces derniers mois, et ce soir du 29 mars était placé sous le signe du pop-punk, avec Neck Deep en tête d’affiche, accompagnés par leurs compatriotes britanniques de Creeper et WSTR.

Ce sont les « petits nouveaux » de WSTR qui ouvrent la soirée ; pas encore très connus, ils n’en sont qu’à leur deuxième année de vie en tant que groupe, et ont déjà accumulé de jolis succès. Enchaînant les tournées avec des groupes de plus en plus gros, ils ont droit à des articles eux aussi de plus en plus longs dans des magazines comme Kerrang! et se font une petite place sur des festivals de plus en plus prestigieux.

Une évolution rapide qui en dit long sur la volonté – et le talent – de ce groupe originaire de Liverpool, qui nous livre une demi-heure d’un show ultra-énergique, truffé d’interactions avec un public très réceptif qui compte même quelques connaisseurs. Ces derniers mois nous ont prouvé que les British n’avaient pas dit leur dernier mot en matière de pop-punk, et WSTR sont là pour nous le confirmer une nouvelle fois. Après tous les festivals que le groupe a au programme cet été, il est possible qu’il prenne très rapidement du galon !

Creeper monte pour la toute première fois sur une scène parisienne ; ce jeune groupe fait beaucoup parler de lui Outre-Manche mais n’avait jusqu’alors pas encore eu le temps et l’occasion de venir à la rencontre de leurs fans « du continent ». Et ce soir, on remarque d’emblée qu’une dizaine de personnes semblent être venues spécialement pour ce sextette originaire de Southampton : souvent très grimés (lèvres, yeux, cheveux noirs) et vêtus de t-shirts portant le nom du groupe, ils ne passent pas inaperçus et se font entendre par leurs idoles, reprenant en chœur les paroles des chansons.

Sur scène, c’est clairement le frontman Will Gould qui est mis en avant, mais les autres musiciens se démènent tout autant, tandis que la salle se remplit de plus en plus. Cachée dans un coin à l’arrière de la scène, dans l’ombre, nous apercevons la claviériste du groupe Hannah Greenwood, qui sera la seule femme de la soirée sur scène. Ils se démarquent un peu de l’ambiance pop-punk mise en avant ici, leur son se rapprochant davantage d’un rock aux accents parfois hardcore, parfois punk certes, mais bien plus mélodique et qui semble davantage influencé par des groupes comme AFI et My Chemical Romance que Green Day.

Pour un premier passage dans la capitale française, c’est une belle réussite : le public répond aux sollicitations de Will, ça se met doucement mais sûrement à remuer dans la salle, personne ne semble s’ennuyer. Le groupe nous interprète une dizaine de titres dont VCR, Black Mass, Gloom ou encore Lie Awake. Il faut dire que Creeper n’a pas énormément de bagage à apporter, mais tout comme WSTR, la formation connait une progression fulgurante et fait partie de cette vague de nouveaux groupes qu’il faut garder à l’œil.
Will profite des breaks entre deux morceaux pour s’adresser au public, et reste tout au long du set très accessible, très proche de ses fans qui se prennent au premier rang. Quand le dernier titre de la soirée, Henley’s Ghost, touche à sa fin, la salle entière applaudit la très bonne prestation de ce groupe, qui à la première écoute ne collait pourtant pas à 100% à l’affiche de ce soir. Le talent y est donc pour beaucoup.

C’est ensuite au tour des très attendus Neck Deep de prendre la scène d’assaut, sous les cris enthousiastes de leurs fans. Ben Barlow et sa bande semblent être en forme olympique (il s’agit ce soir de la première date de leur tournée, ceci explique peut-être cela…) ; aucun des musiciens ne tient très longtemps en place. Le set débute avec Citizens Of Earth, qui est aussi le premier morceau du dernier album en date du groupe.

Le frontman prend quelques instants pour saluer le public parisien et vérifier que les fans soient bien motivés à bouger ce soir – la réponse ne se fait pas attendre. Ça saute de partout, la foule reprend les paroles en chœur, et cela ne fait que s’amplifier avec le très apprécié Losing Teeth. La setlist mêle habilement des morceaux, faisant évidemment la part belle au deuxième album du groupe, Life’s Not Out To Get You, sorti en août 2015. Mais qu’ils soient récents ou plus anciens, tous les morceaux joués ce soir-là reçoivent un accueil très chaleureux.  

La timidité des fans aux premiers instants a vite disparu et certains s’octroient un crowdsurf pour atterrir sur scène, félicités par un high-five de Ben. En à peine quatre ans d’existence, Neck Deep ont su se constituer une fanbase fidèle et dévouée, y compris en France – ce qui se doit d’être souligné.

Qualitativement, les musiciens nous délivrent un très bon set sans fausse note, sans problèmes techniques ou autre bavure, et les sourires qui illuminent tant bien les visages des Britanniques que ceux des fans sont représentatifs de la bonne soirée que nous sommes tous en train de passer. Une ambiance bon enfant, avec des points culminants comme le morceau Growing Pains, ou alors le cultissime A Part Of Me, que le public ne se fait pas prier pour reprendre en chœur.
Neck Deep disparaissent juste après ce titre, les fans ont à peine le temps de les rappeler que Ben revient, demandant à la foule si une parenthèse acoustique lui plairait. Évidemment, la réponse est « oui », du moment que l’on peut encore prolonger la soirée ! C’est donc Head To The Ground qui vient calmer le jeu – un peu – mais on en est à la dernière ligne droite, et le public semble décidé à donner toute l’énergie qui lui reste sur ces derniers instants.

Avant de tirer leur révérence, Neck Deep interprètent le punchy Can’t Kick Up The Roots et ont droit à une invasion de la scène par les fans (certains tentent de voler le micro, d’autres font coucou à leurs copains restés dans la fosse, tandis que d’autres encore essayent de prendre un maximum de selfies avec les membres du groupe… heureusement que Parker Cannon n’était pas sur scène lui aussi, pas sûr qu’il aurait apprécié).
Ben Barlow remercie une énième fois le public parisien, qui était en grande forme ce soir. Il annonce avoir très envie de revenir au plus vite, et l’intégralité des personnes présentes semble plutôt approuver.

Un public très sympathique, deux premières parties de qualité et une excellente prestation de tête d’affiche ; Neck Deep ont prouvé ce 29 mars qu’il faudra bel et bien compter sur eux pour assurer la relève du pop-punk britannique. Ils ont ouvert la voie à une multitude d’autres groupes et ne font que gagner du terrain au fil du temps ; en tout cas, ils semblent avoir commencé à conquérir Paris, même si l’on est pour l’instant bien loin de l’engouement que le groupe provoque en Grande-Bretagne. Mais Neck Deep ne font que commencer à faire parler d’eux, il est certain que le meilleur reste encore à venir pour ces jeunes Britanniques au talent explosif.


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site officiel)

Merci à Alternative Live.

Setlist (sous réserve) :

Citizens of Earth
Losing Teeth
Gold Steps
Crushing Grief (No Remedy)
Over and Over
Serpents
Kali Ma
Lime St.
Growing Pains
Smooth Seas Don’t Make Good Sailors
What Did You Expect?
A Part Of Me
---
Head to the Ground (acoustique)
December
Can’t Kick Up The Roots




Aucun commentaire :