vendredi 6 mai 2016

Live Report : Bring Me The Horizon + Don Broco @ Zénith de Paris - 14/04/16

Soirée exceptionnelle en ce 14 avril : à l’occasion de leur tournée européenne, les Anglais de Bring Me The Horizon ont fait un stop à Paris… et pas n’importe où ! Originalement prévu au Trianon, le concert a rapidement affiché complet et a été déplacé au Zénith. Si le groupe avait déjà foulé cette scène en 2011, en première partie de Machine Head, il n’y avait encore jamais joué en tête d’affiche – et malgré le succès phénoménal de That’s The Spirit, il faut reconnaître que cela n’en gardait pas moins un aspect un peu improbable. Toujours est-il que le public avait répondu présent pour offrir au groupe un accueil triomphal. Retrouvez notre live report et nos photos dans la suite.

19h30. Les lumières s’éteignent déjà et la foule se met à hurler alors que, sur scène, les musiciens de Don Broco se mettent en place, affichant tous de larges sourires. Rob Damiani, le charismatique frontman, ne semble pas pouvoir rester immobile plus de trois secondes et parcourt la scène d’un bout à l’autre, assurant ses parties vocales avec énormément de justesse.

Ceux qui ne connaissaient pas le groupe sont sans doute un peu déstabilisés par le côté très pop de celui-ci, mais il faut dire que l’énergie dégagée par ces Anglais ne laissent pas indifférents. Quand Rob s’adresse à la foule en français, récitant ce qu’il lui reste de ses cours de langue de collège, il fait sourire tout le monde. Et une fois le public dans la poche, il peut sans soucis demander aux Parisiens un circle pit et même un wall of death… que les fans exécutent sans broncher.

Don Broco interprètent certains de leurs morceaux les plus connus comme "Priorities", "Automatic", "Nerve", et concluent leur set par un "Money Power Fame" – le refrain étant repris en chœur par une partie du public. Tout au long de ces quarante minutes de set, le chanteur n’a eu de cesse d’interagir avec le public, restant toujours très mobile. Et même si les autres musiciens sont souriants, talentueux et dégagent eux aussi une sorte d’énergie communicative, il faut dire que Rob Damiani porte à lui tout seul la prestation de ce soir.
Certes, Don Broco n’a pas séduit tout le monde, mais le public a joué le jeu sans une once de mauvais esprit, ce qui est de très bon augure pour la suite de la soirée.

Il est quasiment 20h15 quand Don Broco quittent la scène sous des applaudissements nourris. Nous parions donc sur une arrivée sur scène de Bring Me The Horizon à 21 heures – changement de plateau conséquent, groupe que l’on connaît comme n’étant pas très pressé… La foule reste relativement tranquille alors que l’album White Noise de PVRIS tourne en boucle dans le Zénith.

Mais quelle n’est pas notre surprise quand les lumières s’éteignent alors qu’il n’est que 20h45 ! Prise au dépourvu, la foule se ressaisit vite et les hurlements fusent alors que l’intro de "Doomed" envahit la salle et que des bandes de lumières blanches apparaissent sur l’écran habillant le fond de scène. Les membres de Bring Me The Horizon arrivent sur scène au compte-goutte, les cris se faisant de plus en plus forts, atteignant leur paroxysme au moment où Oliver Sykes s’avance face à ses fans, le regard rieur et ne parvenant pas à cacher son sourire, visiblement ému d’être accueilli de la sorte à Paris.

La technicité de "Doomed" force d’emblée le frontman à prouver que, oui, il sait chanter, et il fait immédiatement taire les mauvaises langues qui l’accusaient de faire du playback d’un bout à l’autre du set. Évidemment, le rendu n’est pas identique à la version studio, mais cela reste le principe d’une interprétation live, et si tout n’est pas parfait et ultra-lisse, le tout reste très bon, à fleur de peau, la voix écorchée d’Oli nous prenant aux tripes lorsqu’il se met à pousser un peu. Le public adhère dès le départ, les mouvements de foule dans la fosse se font très vite ressentir jusqu’à l’arrière, et cela ne fait que s’amplifier avec "Happy Song", et le « Let’s Go ! » du début de la chanson. Le tout ponctué par d’impressionnants fumigènes accueillis par des cris émerveillés, et l’on sait que le groupe s’est mis les fans dans la poche. 

Quand Oliver demande au public parisien de former trois circle pits (l’un sur sa droite, l’autre sur sa gauche, le troisième au milieu de la foule), les fans s’exécutent illico. Sur scène, le chanteur donne visiblement de sa personne, ne cessant de faire des allers-retours d’un bout à l’autre, s’accroupissant face aux premiers rangs. Jordan Fish ne cesse de sautiller derrière sa table, à l’arrière, assurant les chœurs tout au long du set. Plutôt discrets, on a l’impression que les autres musiciens laissent volontiers les spotlights à leur charismatique frontman, préférant se focaliser entièrement sur leurs instruments respectifs, sans en jouer des tonnes.

"Go To Hell For Heaven’s Sake" puis "House Of Wolves" sont accueillis par des acclamations enthousiastes – d’ailleurs, chaque morceau le sera tout au long de la soirée, il n’y avait de toute évidence rien à jeter dans cette setlist. Mais le morceau qui emporte incontestablement tous les suffrages, c’est "Chelsea Smile". Le plus ancien titre qui sera joué ce soir, l’incontournable et cultissime extrait de celui qui reste aux yeux de beaucoup le meilleur album du groupe, Suicide Season. La fosse semble entrer en ébullition, bien décidée à prouver au groupe que c’est un titre à ne surtout pas retirer de leurs setlists futures [Rappelons que lorsque nous avions interviewé Matt Kean il y a quelques mois, il avait exprimé une légère lassitude à l’égard de "Chelsea Smile"…].
Mais l’entrain ne retombe pas lorsque les premières notes du tube "Throne" viennent faire vibrer le Zénith. Les fans continuent de sauter, reprenant les paroles en chœur. Le large sourire du chanteur ne quitte plus son visage, sur lequel on croirait presque lire une certaine forme de soulagement. On sent bien qu’Oliver a décidé de sonner le meilleur de lui-même ce soir-là, et constater que ses fans français le lui rendent avec autant de ferveur, c’est clair que ça fait plutôt plaisir à voir.

La prochaine claque, nous allons d’ailleurs encore une fois nous la prendre tous ensemble, autant les fans que les musiciens, et ce sera sur "Shadow Moses". Le « This is sempiternal » hurlé par la foule fait littéralement trembler la salle, et laisse le groupe bouche bée. Il faut dire que nous-mêmes, dans la fosse, on se fait surprendre par une telle puissance. On continue à surfer sur l’époque Sempiternal avec le pas moins apprécié "Sleepwalking", avant d’enchaîner avec une parenthèse That’s The Spirit. Quand Oliver demande à la salle qui a déjà été trahi par l’un de ses plus proches amis, tout le monde ou presque lève la main (on voit qu’on sait choisir ses potes, par ici…), et on sait tous que c’est "True Friends" qui va suivre. Après ce morceau punchy sur lequel le rôle de choriste de Jordan est une nouvelle fois souligné, nous arrivons au dernier single en date du groupe, la « ballade » de leur dernier album : "Follow You". Des briquets et flashs de téléphones portables sont brandis un peu partout dans la salle alors que le chant du public couvre presque celui du frontman. 

Petite trêve dans le pit tout au long de ce morceau, mais ça repart de plus belle avec "Can You Feel My Heart", et surtout avec l’explosif "Antivist", sur lequel Oli demande aux fans de lever leur majeur – inutile de préciser que tous s’exécutent sans broncher. Si ce morceau est un peu moins connu des novices, on voit de nouveaux circle pits s’ouvrir, les mosheurs s’en donnant à cœur joie. Cela fait quasiment une heure que le groupe est sur scène, les premiers signes de fatigue se laissent ressentir – plus encore dans la fosse que chez les musiciens, et à la fin de ce titre, le chanteur remercie le public parisien, et BMTH quittent la scène en adressant de grands signes aux fans, qui n’attendent pas que toutes les lumières soient éteintes pour exiger un rappel.

Le Zénith tout entier acclame le groupe, qui réapparaît peu après, alors que l’écran du fond de scène se rallume. Pour clore ce set court, mais très intense, nous avons droit à deux titres très appréciés des fans : "Blessed With A Curse" d’abord, puis le tube "Drown", interprété avec brio par un Oliver Sykes prodigieux et repris à tue-tête par des fans en délire. Sur ce dernier morceau, nous avons même droit à une explosion de confettis et de nouveaux jets de fumée qui signent le bouquet final du show. Une énième fois, le frontman remercie les fans, visiblement agréablement surpris de l’accueil exceptionnel qui a été réservé à Bring Me The Horizon ce soir-là.
Il donne rendez-vous « très, très vite » au public (le groupe se produira au Hellfest en juin, puis au Rock en Seine en août, pour rappel), et les musiciens viennent à leur tour à l’avant de la scène pour remercier la foule en délire, qui ne cesse d’applaudir.

Le point faible de ce show reste indéniablement sa durée – à peine plus d’une heure de show, c’est trop court… Mais c’est plutôt un très bon signe ! Qualitativement parlait, cela volait très haut, et ni les artistes ni le public n’ont à rougir ce soir. Alors que les critiques se font un malin plaisir de casser du sucre sur le dos du groupe de Sheffield, nous n’avons vu personne ressortir du Zénith sans un grand sourire ou un air ébahi. Tout le monde s’est pris une sacrée claque ce soir ; voir Bring Me The Horizon portés en héros par tout un Zénith, c’est quelque chose ! 

Quant au choix des titres, les musiciens ont préféré s’axer sur leurs sons les plus récents, ce qui semble contenter le plus grand nombre, même s’il est vrai que nous étions plusieurs à être un peu tristes de ne pas voir réapparaître davantage de titres de Suicide Season (voire, soyons fous, un petit Pray For Plagues). Mais si la page semble malheureusement tournée, et que les années ont rattrapé Oliver Sykes et ses cordes vocales, cela n’est pas forcément une mauvaise chose pour le groupe, qui semble bien plus épanoui. Et qui touche désormais, de toute évidence, un public bien plus large.
Des morceaux comme "Happy Song", "Throne", "Can You Feel My Heart" ou "Drown" sont de véritables perles en live, et si Oli n’arrive plus à screamer comme avant, il parvient cependant à transmettre des émotions beaucoup plus poignantes aux fans. Et ça, ça vaut tous les cris du monde. Ce 14 avril, le Zénith était une véritable zone d’échanges, de partage, et surtout de grand spectacle. Pas de doute, Bring Me The Horizon ont parcouru un beau bout de chemin. Et ça ne fait peut-être que commencer.

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M. (site officiel)

Merci à NOUS Prod et à Roger de Replica Promo.

Setlist :
Doomed
Happy Song
Go To Hell, For Heaven’s Sake
The House Of Wolves
Chelsea Smile
Throne
Shadow Moses
Sleepwalking
True Friends
Follow You
Can You Feel My Heart
Antivist
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Blessed With A Curse
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Drown




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