jeudi 26 mai 2016

Interview : ARCHITECTS

Il y a quelques semaines, Alternativ News avait pu découvrir en avant-première All Our Gods Have Abandoned Us, le nouvel album d'Architects qui sera dans les bacs dès demain, 27 mai 2016, mais nous avions également pu nous entretenir, à Paris, avec Sam Carter, chanteur du groupe. 
Cet échange est à découvrir dans la suite du post. 

Salut Sam, merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Après t’avoir vu tant de fois sur scène, ça fait plaisir !

Merci à vous ! Si ça peut vous rassurer, je suis beaucoup plus sympa dans la vraie vie que sur scène.


Je viens tout juste de découvrir votre prochain album dans son intégralité, et je l’ai adoré ! Comment avez-vous choisi ce titre, All Our Gods Have Abandoned Us ?

Génial, merci beaucoup ! En fait, c’est une réflexion portée davantage sur nous, les humains, que sur les dieux. On a essayé de dénoncer de souligner les erreurs de la race humaine, ce que nous avons pu faire de mal pour en arriver au monde actuel. Les médias commencent à sensibiliser les gens sur les horreurs qui nous entourent, sur lesquelles les gens préfèrent essayer de fermer les yeux au maximum. En plus d’aller dans cette direction, nous voulons également faire comprendre qu’il est possible d’apporter de la lumière à ces « zones sombres ». Nous ne prétendons pas apporter de solution miracle, ni même de solution tout court, mais juste apporter un peu d’espoir aux gens qui en ressentiront le besoin.


Combien de temps avez-vous mis pour écrire et enregistrer cet album ?

Je dirais qu’on a mis quatre ou cinq mois pour l’écriture des chansons, puis nous avons mis sept semaines à enregistrer le tout. On avait tous l’impression de devenir fous, qu’on n’allait jamais sortir de ce studio, mais au final on est très satisfaits du résultat !


C’est toi qui t’es chargé de l’écriture des paroles ?

Non, ce n’est pas moi, c’est Tom. Mais on a pas mal bossé en tandem, Tom trouvait les premières idées puis je le rejoignais et je le conseillais sur le placement de certains mots, je m’occupais des petits détails pour que ça colle avec la musique. On était sans arrêt en contact, on échangeait beaucoup à ce propos, afin de s’assurer que les textes correspondent vraiment à nos envies, à ce qu’on voulait partager.


Vos textes sont souvent très engagés politiquement, j’ai cru comprendre lors de l’écoute que cela restait la visée principale de cet album également ?

Oui oui, on aime creuser dans les sujets qui nous tiennent à cœur, les causes actuelles. J’ai l’impression que les gens n’ont pas conscience de tout ce qui se passe autour d’eux, de la façon dont ils sont manipulés par les politiques. Or la politique touche tout le monde, à tous les niveaux. On essaye d’en parler, de faire en sorte que les gens qui nous écoutent ouvrent davantage les yeux, même si cela ne fait qu’une petite différence, tout changement est bon à prendre.


Est-ce que tu as une chanson préférée sur cet album ?

J’aime énormément "Gravity", et "Gone With The Wind" aussi.



On peut entendre des discours enregistrés sur "From The Wilderness" et "Momento Mori". D’où sortent-ils ?

Sur "Momento Mori", c’est Adam Watts, qui était un homme qui m’inspirait beaucoup. Il est décédé maintenant, mais j’admirais tellement sa façon de voir la vie, sa façon de dire les choses. Nous sommes entrés en contact avec son fils, qui était flatté que l’on veuille utiliser ces extraits de discours. Il a immédiatement donné son accord.
L’autre enregistrement est un extrait d’une discussion qui fait un point sur l’état du monde actuel : il nous compare, les humains, au cancer, dans le sens où notre présence qui ne cesse de prendre de l’ampleur est en train de détruire la Terre. Tout comme un corps sain, la Terre était un endroit parfait pour l’Homme, mais il parvient à tout foutre en l’air et à gâcher ce qui lui avait été offert.


J’imagine que vous allez sortir d’autres chansons avant la parution de l’album. En fonction de quoi choisissez-vous ces titres ?

C’est très difficile en fait, parce qu’on est très heureux de l’ensemble de l’album, chaque morceau a de l’importance et une signification particulière pour nous. Là, on vient de tourner le clip de "Gone With The Wind", et je pense qu’un autre tournage devrait suivre, mais pour le moment on n’arrive pas à se décider quelle chanson sortir ensuite !
[Cette nouvelle vidéo sort d'ailleurs aujourd'hui, 26/05/2016, et il s'agit de "Downfall"]


On a l’habitude d’avoir un nouvel album d’Architects tous les deux ans, environ, cela ne vous laisse pas vraiment le temps de faire de pause entre les enregistrements en studio, les tournées… Est-ce que vous pensez garder ce rythme les années qui viennent ?

Avant Lost Forever, on sortait même un nouvel album tous les ans. C’est seulement après qu’on a décidé d’espacer et de prendre deux ans entre chaque opus, parce qu’on était trop longtemps en tournée ! Mais peut-être que maintenant, on va ralentir un peu, on commence à vieillir, il nous faut un peu plus de temps à la maison [rires]. Mais on aime écrire de la musique. Quand on est chez nous et qu’on a du temps libre, on aime écrire, répéter ensemble… exactement comme on le faisait avant que la musique ne devienne notre job à plein temps. On s’éclate toujours autant ! On a d’ailleurs déjà commencé à plancher sur le prochain album, on a deux ou trois morceaux qui commencent à prendre forme. On aime être occupés, on aime écrire, on n’imagine pas rester chez nous à ne rien faire !


Vous prévoyez une « release party » le 27 mai, jour de la sortie de l’album. C’est la première fois que vous faites quelque chose comme ça ?

On l’avait aussi fait pour Lost Forever, également à Brighton ! Par contre, c’était un show beaucoup plus intimiste. Je pense qu’on va essayer d’en faire une tradition, donner un concert chez nous, à Brighton, le jour de la sortie de chacun de nos prochains albums.


Est-ce que vous vous attendiez à un tel succès ? Parce que le show a été sold-out très rapidement !

Oui, c’est allé si vite ! C’est assez fou : quand on avait joué à The Haunt pour Lost Forever, c’était une salle qui ne pouvait contenir que trois cent personnes, ça avait été sold out en trois minutes. Et pour celui-ci, on jouera au Concord, qui peut accueillir sept cents personnes, et le concert a affiché complet en moins d’une heure. C’est dingue ! Et c’est encore plus dingue parce que cette fois, pour le Concord, on a prévenu les gens la veille de la mise en vente des billets. Ils n’ont eu que quelques heures pour décider de venir, sachant que seuls les premiers auraient une place. 
La gérante du Concord était assez surprise aussi, elle nous a dit que notre concert s’était rempli plus rapidement que celui des Foo Fighters, ce qui est là encore un truc de fou parce que… C’est les Foo Fighters quoi ! J’ai adoré lire cet email.


Que prévoyez-vous pour cette release party ? Vous allez jouer l’album dans son intégralité ?

Je ne suis pas encore sûr qu’on le joue en entier, mais en tout cas on va faire un maximum de morceaux oui. On ajoutera sûrement d’anciennes chansons aussi, on proposera une setlist qui satisfera tout le monde, on l’espère. Ça fait un moment qu’on n’a pas joué à Brighton – la dernière fois, c’était à la sortie de l’album précédent. Alors ce serait cool de jouer des morceaux de Lost Forever qu’on n’a pas encore joués là-bas ! Dans tous les cas, on fera en sorte de passer une bonne soirée, et de faire passer une bonne soirée aux gens qui auront répondu présents.


On aurait pu s’attendre à une grande tournée après la sortie de votre album, mais cet été vous allez enchaîner les festivals… Allez-vous quand même mettre en place une tournée en tête d’affiche ?

Oui ! On a été pas mal pris par le temps ces derniers mois, tout s’est enchaîné très vite. En plus, avec les festivals et tout ça, tu ne peux pas vraiment annoncer de tournée à venir, il y a des contrats qui nous l’interdisent, qui nous contraignent à certaines exclusivités… Mais il y a bel et bien une chouette tournée qui suivra, on est en train de finaliser quelques détails concernant les groupes qui vont nous accompagner, les salles qui sont disponibles et en mesure de nous accueillir… Mais ça prend bien forme, et je pense que ce sera une des tournées les plus cools qu’on n’ait jamais fait ! On a aussi hâte d’interpréter ces morceaux en live et voir ce que ça donne, la réaction des fans…


Vous avez joué au Hellfest en 2011, et vous y retournez en juin…

Oui, j’ai hâte ! Surtout qu’aujourd’hui on est un vrai groupe de métal, plus heavy qu’on ne l’était la fois précédente… La première fois, on venait de sortir The Here And Now, on était un peu en phase de test avec des éléments plus pop, et cette année on revient avec quelque chose de beaucoup, beaucoup plus lourd. Ça va être chouette ! On a toujours aimé ce festival, et il y a tellement de groupes qu’on adore qui y jouent aussi. On va bien s’amuser.


Tout à l’heure tu as évoqué que vous étiez en train de choisir des groupes pour assurer votre première partie lors de votre tournée en tête d’affiche. Est-ce que ce sont des groupes avec lesquels vous avez déjà joué ?

Alors, c’est déjà arrivé qu’on partage une même scène avec certains de ces groupes, mais on n’est jamais partis en tournée sur plusieurs dates avec eux. On les aime bien, et je suis sûr que tout va très bien se passer.


Il y a quelques mois, j’avais rencontré Counterfeit et ils m’avaient dit qu’ils aimeraient tourner avec vous…

Ah, oui ! Jamie [Campbell Bower, le chanteur de Counterfeit] est un très bon ami à moi. Ça ne fait pas super longtemps qu’on se connaît pourtant, mais c’est vraiment, vraiment un mec génial. Je ne sais pas trop si ça fonctionnerait au niveau des genres de nos groupes respectifs, mais ils sont vraiment talentueux !


La dernière fois que vous étiez à Paris, c’était le 11 février avec Parkway Drive…

Oui, à… la Cigale, c’est ça ?


Exact ! Et tu as sauté de la scène pendant "Naysayer", est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ?

Ouais [rires]… En fait, y avait ce mec de la sécurité qui n’était vraiment pas cool avec les fans qui crowdsurfaient, je l’observais du haut de la scène et j’ai remarqué qu’il avait franchi une limite à ne pas franchir, il était beaucoup trop agressif. C’était un vrai enfoiré, on aurait dit que ça l’amusait de torturer nos fans, et je me suis dit que c’était à moi de veiller à la sécurité de notre public… alors j’ai sauté entre la scène et les barrières, je suis allé le voir et lui dire ce que je pensais de ses manières, puis je lui ai demandé de rentrer chez lui. On n’a pas besoin de psychopathe comme ça.


Ça t’arrive souvent de faire des trucs du même genre ?

Oui, plus que ça ne devrait ! Les mecs en ont sûrement ras le bol, mais je ne peux pas rester de marbre quand je vois quelqu’un harceler ou maltraiter quelqu’un d’autre. Je veux que nos fans passent un bon moment, je veux qu’ils se sentent en sécurité avec nous, et ces mecs-là sont justement censés assurer leur sécurité, et pas leur taper dessus. Alors s’ils se permettent de dépasser les limites, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas aller les remettre à leur place.
Et à Paris, quand je suis descendu, j’ai réalisé à quel point les mecs de la sécurité étaient grands… et que je devais pas avoir l’air bien malin là en-bas. Il y en avait trois autour de moi, ils savaient pas du tout ce que je foutais là, à leur aboyer dessus pour qu’ils lâchent le gamin à qui l’un d’eux venait de mettre une tarte. Heureusement, je n’ai pas eu de problème suite à ça, ils ont compris et sont partis.


Parlons maintenant de tout ce qui touche à la politique, à l’environnement, et toutes ces causes qui vous tiennent à cœur… Tous les membres du groupe sont vegans, est-ce que vous avez franchi le pas tous ensemble ?

Oui, c’était il y a cinq ans environ, juste après la sortie de Daybreaker. On a regardé quelques documentaires ensemble, en studio, et ça nous a vraiment ouvert les yeux sur ce qu’il se passait dans les élevages industriels, les abattoirs… Une fois que ces documentaires étaient terminés, on se regardait tous les uns après les autres, et on s’est dit « Bordel… Il faut qu’on devienne des putains de vegans. » On a aussitôt sorti toute la viande, tous les produits d’origine animale de notre frigo, on est allés au supermarché dans la foulée pour refaire le plein du frigo, des armoires de la cuisine… 
Le fait de passer ce cap tous ensemble a vraiment facilité les choses. Ce n’est difficile que si tu te mets en tête que ça l’est, et je suis complétement épanoui avec ce régime alimentaire, et beaucoup plus heureux. En plus, ma copine est une cuistot vegan, ce qui est plutôt cool dans la vie de tous les jours ! Les autres mecs du groupe sont de très bons cuisiniers aussi, alors vraiment, ça ne nous a jamais posé le moindre problème. Bon, j’avoue qu’avoir une petite amie qui me cuisine des plats vegans excellents ça me facilite énormément la vie !


C’est vrai que t’as de la chance à ce niveau-là !

Je peux te la louer si tu veux ! Je te l’envoie quand je pars en tournée, tu seras pas déçue.


Tu connais des restaurants vegans sur Paris ?

Oui, il y a le Gourmet Kitchen, qui est excellent. Le Loving Hut aussi, ou c’est vraiment pas mal. Il y a aussi East Side Burgers, où ils font des putains de burgers, et le gérant connait notre batteur Dan. On y est allés avec Stray From The Path et Northlane, tous ensemble, alors ils se sont retrouvés avec trois groupes dans ce petit espace en sous-sol ! C’est un de mes souvenirs préférés de Paris.


Tu es aussi ambassadeur pour l’association de conservation des océans Sea Shepherd. Pourquoi as-tu choisi de soutenir et de mettre en avant cette cause plutôt que d’autres ?

Je pense que c’est important de focaliser son énergie sur certaines choses en particulier pour faire les choses bien. Sea Shepherd militent pour des causes qui me tiennent vraiment à cœur, et tous les gens qui sont impliqués dans cette organisation partagent cette même passion, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour parvenir à des résultats. Cela ne veut pas dire que je me fous du reste, au contraire, il y a énormément d’associations qui méritent d’être soutenues. Mais je ne dispose que d’un certain temps à consacrer à ces causes, et je veux m’y dévouer « comme il faut ». Et j’aime la manière de faire de Sea Shepherd et de ses membres, ils sont vraiment sur le terrain, ils font bouger les choses, ils ne restent pas plantés sur une place publique avec une pancarte à la main… Je trouve ça beaucoup mieux, plus sincère. J’aime m’impliquer, j’aime côtoyer des gens impliqués, j’aime cet esprit un peu « punk rock » qui anime Sea Shepherd. C’est quelque chose qui m’a attiré dès le début.
L’organisation existe depuis 1977, donc elle avait déjà une certaine importance quand j’ai rejoint les équipes, mais on ne cesse de la voir prendre de l’ampleur, et aujourd’hui de plus en plus de gouvernements autour du monde la soutiennent, comprenant que cette cause de conservation et de protection des océans est légitime. On ne cesse de progresser, c’est très encourageant !


En tant qu’artiste et potentiel « influenceur », est-ce que tu considères que ça fait partie de ton job de sensibiliser tes fans à ces causes ?

Oui, bien sûr. Je trouve que c’est très important de soutenir ces causes, de se soucier de ce qui se passe dans le monde autour de nous. Ce qui est super cool, c’est qu’aujourd’hui on voit des gamins débarquer à nos séances de dédicaces avec des t-shirts Sea Shepherd, et c’est tellement gratifiant de voir que, peut-être grâce à nous, ils ont décidé d’investir ces quelques 20 euros dans l’association. Cet argent servira à faire de bonnes choses, je ne sais pas s’ils en sont toujours conscients, mais ça fait vraiment plaisir de savoir que notre influence peut sensibiliser des fans.
Je pense que davantage de groupes devraient agir ainsi, promouvoir une association, une organisation… Quand j’étais plus jeune, j’apprenais davantage de choses aux concerts de hardcore où j’allais qu’à l’école. Tu apprends ce qui est juste, ce qui est injuste, tu apprends à te soucier des gens qui t’entourent, il y a cette espèce d’ambiance familiale. Je pense que les jeunes ont tendance à écouter davantage leurs idoles que leurs professeurs. Ils ont un certain respect pour les musiciens, ils pensent que ce sont des gens « cools » (si certains pensent que moi je suis un mec cool, je m’en sentirais très flatté !). Quand j’étais jeune, je regardais ces chanteurs que j’admirais et je me disais « Ouais, je vais faire ce qu’il dit, il a l’air d’avoir raison ». Un mec avait dit qu’être écolo c’était cool, alors j’ai trouvé ça cool aussi.
D’un autre côté, il y aura toujours des frontmen qui n’en n’auront rien à foutre « d’éduquer » les fans ou de montrer le bon exemple, mais qui feront toujours en sorte d’être sous le feu des projecteurs, histoire d’avoir l’air cool avec leur look, leur attitude… Ils font ce qu’ils veulent après tout, mais je ne fais pas partie de ces gens-là, je n’aime pas trop me retrouver sous le feu des projecteurs si c’est pour parler uniquement de moi.


As-tu déjà envisagé de partir en mission avec Sea Shepherd ?

Oui, et à plusieurs reprises j’ai été à deux doigts de le faire ! Malheureusement ça ne colle jamais avec les dates de tournée. Mais on a fait pas mal de nettoyage de plages, je fais des discours aux événements organisés par l’association aussi souvent que possible, je fais en sorte qu’on puisse emmener un stand Sea Shepherd avec nous en tournée…


Si tu n’avais pas la carrière que tu as dans la musique, est-ce que tu penses que tu aurais un métier en lien avec la politique ou le militantisme ?

J’aime penser que je serais dans le domaine du militantisme. Le fait d’être dans un groupe, de voyager beaucoup, de rencontrer des gens qui se battent pour diverses causes, tout ça m’a ouvert les yeux sur plein de choses. Peut-être que si je n’avais jamais été musicien, je n’aurais pas été sensibilisé à ces causes de la même façon. Mais si le groupe devait cesser d’exister pour une raison ou pour une autre – je dis bien « SI », il n’en n’est absolument pas question à l’heure actuelle ! – alors je pense que je m’impliquerais corps et âme dans Sea Shepherd et le militantisme.


Que penses-tu de Donald Trump briguant la présidence des États-Unis ?

C’est quelque chose de très, très effrayant. C’est un putain d’enfoiré, et je pense qu’il est dangereux non seulement pour les USA, mais aussi pour le reste du monde. C’est hallucinant de voir combien d’Américains croient à ce qu’il dit, partagent ses opinions, ses « valeurs ». Certains de ses discours sont tellement barbares, ça frôle l’inhumain… J’ai vu une vidéo, sur Facebook je crois, où un type lisait des citations nazies à des personnes présentes à un rallye pro-Trump, puis il demandait à la foule : « Trump a dit ça, est-ce que vous êtes d’accord avec lui ? ». Évidemment, la foule approuvait, acclamait… et au bout d’un moment, le mec finit par dire « Ce sont des choses qu’Hitler a dites. Pas Trump. » Les gens ne savaient même plus où se mettre.
Tout ça pour dire que j’ai l’impression que la plupart des supporters de Trump sont aveuglés par ce qu’il veut faire paraître, par ses slogans, et ne sont même pas conscients qu’au fond, ils ne partagent pas réellement ses idées. À la fin de cette vidéo, une femme disait : « Si Trump avait dit ça, je l’aurais soutenu. Mais si ç’avait été Hitler, je n’aurais pas été d’accord. » Pourquoi les gens n’ont-ils pas leur propre opinion ?
Je pense que Bernie Sanders a toujours ses chances. En tout cas, je l’espère, pour tout le monde.


Imagine que tu te présentes à une élection présidentielle. Quels seraient les points principaux de ton programme ?

Euh… Je pense que beaucoup de gens me haïraient parce que j’interdirais l’élevage industriel, et au bout d’un certain temps tout le monde serait contraint de devenir vegan – rien qu’avec ça, personne ne voterait pour moi ! J’interdirais la pêche, je ferais disparaître SeaWorld et tous les parcs du même genre, les zoos aussi. Mon programme serait vraiment axé là-dessus !


Je suis sûre qu’au fil du temps tu trouveras de plus en plus de supporters ! En tout cas, avant de te lancer dans la politique, merci d’avoir répondu à nos questions, félicitations pour ce superbe album et… à très bientôt !

Merci à vous, Alternativ News, merci à notre public français d’être toujours aussi fidèle, et on se voit au Hellfest, à Strasbourg, ou ailleurs ! On sera très vite de retour.


Propos recueillis en face à face par Laurie B. le 29 mars 2016.
Merci à Charles et HIM Media. 




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