mardi 24 mai 2016

Chronique : Knola - To The Rhythm

Lequel/laquelle d'entre vous n'a pas eu ses instants "feels" en écoutant William Bonney, Merchant Ships ou Midwest Pen Pals, ces trois groupes montés par des adolescents puis de bien jeunes adultes, presque cultes au sein de la scène emo actuelle, dont les kids parlent encore avec un grand respect ? Probablement pas grand monde, pour les emokids qui liraient ces pages. À ma très grande surprise, j'ai découvert le nouveau projet de Jack Senff, chanteur de ces trois formations, accompagné du batteur de Midwest Pen Pals à la basse, et du bassiste du génial groupe Xerxes
(meilleur groupe screamo influencé post-punk de tout l'univers) à la batterie. Et c'est depuis l'an dernier que ce projet a émergé avec le déjà superbe EP The Black Beach. Ça s'appelle Knola, leur premier album s'appelle To The Rhythm, et c'est tout simplement beau.

To The Rhythm ne se contente pas d'être un disque d'emo/indie tendre et émouvant comme a pu l'être l'EP. Il est relevé par des effets d'ambiance et de réverb' disposés par-ci par-là par Jack, qui a probablement lui aussi revu ses classiques shoegaze entre temps (d'ailleurs, l'interlude "Earth Noise" aurait pu être composée par This Will Destroy You). L'ambiance générale reste cependant toujours centrée sur une musique simple, sans artifices, sortie du cœur. L'emo tel qu'on l'aimait il y a 5-6 ans, quand Count Your Lucky Stars Records était the place to be. Les garçons ont grandi, mais l'âme reste assurément adolescente, la voix aussi d'ailleurs. Et puis lyricalement, on retrouve des thèmes récurrents sur lesquels on a tous nos repères quand il s'agit d'emo : le doute de soi, les peines de cœur, l'anxiété... "I wish I could tell you the truth. But I don't want to let you down. And I wouldn't know where to start. How do I say, 'I want escape' from the perfect life we lead? That I can't play house forever. That there's somewhere else I should be. I wish there was a way for you to see inside my chest. That my heart's still for you, but if I leave it's 'for the best'." ("House")

C'est vraiment pas objectif, mais sérieusement, ce disque : quel bonheur... Et un gros +1 pour la production très propre de cet album, laissant entendre clairement chaque instrument, aucun sentiment d'étouffement ne vient gêner l'écoute. Ce qui donne encore plus de bonheur. Avec le léger fuzz de la guitare qui ajoute de la chaleur à l'ensemble, ce disque est un petit bout de fragilité, de sentiments mis à nu, de voyage, de soleil, qui consolera n'importe quelle âme en peine en venant te faire un câlin virtuel. J'ai quasi-compulsivement acheté ce disque le lendemain de la découverte de ce dernier, c'était plus fort que moi (d'autant plus qu'un titre bonus est présent sur le vinyle et uniquement sur celui-ci). Si vous voulez quelque chose de sensible, doux et ensoleillé pour redonner quelques couleurs à ce printemps pas très éclatant jusque là, allez sur le champ écouter ce disque. Qui n'aime pas les câlins en 2016 ?

4/5

Guillaume D.

1. Moving Along
2. Weight
3. Cottage Grove
4. Fabric
5; Ruby Beach
6. Earth Noise
7. House
8. Winter Skin
9. Fireworks





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