mercredi 13 avril 2016

Live Report : Reckless Love + Santa Cruz @ La Boule Noire, Paris - 23/03/16

Alors que les portes de la Boule Noire tardaient à ouvrir, une importante file s’était déjà formée sur plusieurs dizaines de mètres, et l’on croisait au long du boulevard Rochechouart des fans au look glam-rock très recherché. Ce soir, la salle affichait complet pour accueillir deux groupes finlandais, Reckless Love et Santa Cruz.

Nous baignons dans une ambiance cuir / bière / khôl noir quand les lumières s’éteignent pour la première fois, et que le générique ultra-connu de Pirates des Caraïbes résonne dans la salle. Santa Cruz nous offrent une entrée en scène épique et plutôt originale, enchaînant illico avec Bonafide Heroes. De nombreux fans ont fait le déplacement : des premiers rangs à l’arrière de la foule, on remarque que les Français reprennent les paroles en chœur, brandissant leurs pintes de bière et bougeant en rythme avec la musique.
Les lumières aveuglantes nous obligent souvent à baisser ou plisser les yeux, nous empêchant de profiter au mieux du spectacle. Archie, le chanteur, cherche à interagir avec le public, qui répond avec enthousiasme, mais sans voir grand-chose de ce qui se passe sur scène – heureusement, cela va en s’arrangeant au fil du set. Le frontman parvient à meubler pendant qu’un technicien et le bassiste règlent discrètement quelques problèmes, et cela passe quasiment inaperçu auprès des fans. Même si au niveau du jeu de scène, il n’y a rien d’exceptionnel ou de bluffant, il faut reconnaître que les Finlandais parviennent à éviter les blancs et à dérider leur public en balançant çà et là quelques blagues.

Le groupe, qui n’a pas encore fêté ses dix ans de carrière, a deux EPs et deux albums à son actif, et prépare actuellement son troisième. Nous avons donc majoritairement droit à des morceaux extraits de leur album éponyme, sorti en 2015, et le public français est ravi de scander les paroles de Bye Bye Babylon, Let Them Burn ou encore le très entraînant Wasted & Wounded.
On finit avec un morceau plus ancien, incontournable pour les fans du groupe, qui reprennent en hurlant littéralement les paroles d’Aiming High. Certains en profitent pour s’accorder un petit crowdsurf ou tenter d’ouvrir un pit – tentative avortée, c’est visiblement pas trop au goût du public de ce soir.

Ce set bien plaisant composé d’une dizaine de chansons semble en revanche avoir comblé les attentes de tout le monde, et Santa Cruz quittent la scène sous de fervents applaudissements.

Place aux autres Finlandais de la soirée, encore plus attendus que les premiers. Si, sur le papier, on pourrait croire que la ressemblance entre Santa Cruz et Reckless Love est flagrante, on remarque dès l’entrée sur scène de ces derniers que ce sont de petits détails qui peuvent faire d’énormes différences.
Première différence flagrante : si tous les musiciens des deux groupes portent des cheveux relativement longs, ceux des membres de Santa Cruz paraissent revêches, un peu laissés à l’abandon, alors que les membres de Reckless Love semblent sortir tout droit de chez le même coiffeur que les musiciens de Steel Panther (d’ailleurs, la ressemblance ne s’arrêtera pas là !).
Le groupe vient promouvoir son nouvel album InVader, et le premier single de cet opus, Monster, reçoit un accueil très chaleureux de la part des fans, qui le connaissent sur le bout des doigts. So Happy I Could Die ou Badass sont eux aussi repris en chœur – ce sera d’ailleurs le cas tout au long de la soirée, on comprend très vite que personne dans la salle ne se trouve là par hasard.

Sur scène, le chanteur attire tous le regard. Même si les autres musiciens usent de mimiques, mouvements de cheveux et autres poses théâtrales, Olli est assurément au centre de l’attention. Ses longs cheveux platine lissés à l’extrême puis crêpés, son maquillage qui force toutes les filles de la salle à se remettre en question et ses jetés de jambes à la verticale (oui, un peu comme les danseuses de French cancan du Moulin Rouge, en plus souple) ne laissent personne indifférent. Et parce que le groupe ne mise pas tout sur l’apparence et le côté « visuel », on a également droit à une prestation live de qualité, musicalement parlant. Tout sonne juste, il n’y a aucun couac à signaler. 

Les fans ne rechignent pas à sauter, crier, chanter, il règne dans la Boule Noire une très bonne ambiance. Ils sont venus en nombre et sont bien décidés à faire honneur aux deux groupes présents ce soir-là. Olli les remercie d’avoir fait en sorte que le show affiche sold-out, visiblement ni lui ni les autres musiciens ne s’y attendaient vraiment.

Lunettes de soleil, casquette de policier style YMCA, le frontman joue de lui-même et ça n’en rend le concert que plus appréciable. Si la petite scène ne permet pas d’en faire des masses, au moins les musiciens n’en jouent pas trop, ce qui pourrait tourner au ridicule. Olli ou l’un de ses acolytes offrent parfois des petites blagues ou remarques en-dessous de la ceinture, un peu cliché mais sans être obscènes, et les morceaux comme Scandinavian Girls, Born To Break You Heart ou Back To Paradise s’enchaînent, déclenchant toujours des réactions très positives. 

Quand le quatuor quitte la scène en saluant son public, celui-ci ne tarde pas à le réclamer à grands cris, toujours les pintes de bière levées vers le ciel. Il ne faut que quelques instants aux Finlandais pour mettre fin au suspense et réapparaître sous les projecteurs pour un dernier tour de piste, avec We Are The Weekend et leur tube Hot – avec, en prime, présentation In Real Life des abdos en béton et ridiculement bien dessinés du frontman, qui a fait tomber le haut pour les dernières minutes de spectacle. Et franchement, il y a de quoi apprécier, visuellement parlant.  

C’est ensuite l’heure de donner fin à ce show parisien, qui a contenté tout le monde autant sur scène que dans la fosse. Les glam-rockers repartent ravis, les yeux pétillants (ok, c’est peut-être un peu la bière aussi), et entonnent encore sur le chemin de la sortie les airs de leurs morceaux favoris.

Les deux groupes de la soirée ont livré de très bonnes prestations, interprétant leurs titres cultes et présentant quelques nouveautés. Mais surtout, comme dans tout show glam qui se respecte, l’accent était également mis sur l’esthétique – pas tant au niveau des décors et jeux de lumières, mais surtout au niveau des tenues, du maquillage, et de la gestuelle souvent exagérée à ne surtout pas prendre au premier degré.
Du coup, ça nous donne envie de revoir Steel Panther. Et d’espérer secrètement qu’un jour, ces trois groupes qui ont tant en commun puissent se retrouver sur la même affiche.

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à Alternative Live.

Setlist :
Animal Attraction
So Happy I Could Die
Monster
Beautiful Bomb
Badass
Edge of Our Dreams
Scandinavian Girls
Born to Break Your Heart
Rock It
Back to Paradise
On the Radio
Night on Fire
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We Are The Weekend
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Hot





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