mardi 19 avril 2016

Live Report : At The Drive-In + Le Butcherettes @ Le Trianon, Paris - 29/03/16

"Hein ? Quoi ? Mais je... Pincez-moi !" Ce sont plus ou moins les mots qu'on a tous lâchés ce 20 janvier 2016 en voyant sur le site web d'At The Drive-In une courte vidéo annonçant le retour du groupe, avec de nouvelles dates de concert mais aussi de la nouvelle musique cette année ("ATDI – World tour, new music, 2016").

En tant que gros fan du quintet d'El Paso je ne peux que m'en réjouir dans un premier temps, n'ayant jamais eu l'opportunité de voir en live ces bêtes de scène aux compositions implantées dans mon ADN musicale. Puis on devient un peu sceptique, est-ce en effet de bon ton de revenir après un retour pas si magistral en 2012 (beaucoup de critiques émises sur le manque d'énergie et d'envie des compères sur les planches dès leur concert de réunion à Coachella) et surtout a-t-on besoin d'entendre du nouveau son de la part d'ATDI, ceux-ci nous ayant laissé sur le chef-d'œuvre de 2000, Relationship Of Command

Mais en tant que fan et forcément curieux, on fonce lorsqu'est faite l'annonce des dates de la tournée qui passe par l'Europe (Yes !) et le Trianon de Paris qui sera très vite sold-out, car rappelons-le, leur dernier passage du groupe dans la capitale date de février 2001, soit il y a 15 ans ! Cette date du 29 mars est aussi la quatrième de la tournée après un tour de chauffe à Los Angeles, puis deux dates en Angleterre, autant dire que les cocos seront frais et c'est un bon point (car au bout des 40 dates ça ne sera sans doute pas la même énergie...). Le rendez-vous est donc pris mais quelques jours avant leur première représentation un statut Facebook annonce que Jim Ward, cofondateur, guitariste et deuxième voix du combo, ne sera pas la partie. On peut lire sur la toile qu'il n'était pas au courant de ces nouvelles dates. Se sont-ils à nouveau embrouillés, n' a-t-il pas été convié, ne souhaitait-il pas participer, a-t-il quitté le navire avant le début de l'aventure ? On ne sait pas, et toujours est-il que cette nouvelle est un bémol pour beaucoup de monde car ATDI incomplet n'est pas ATDI. Il est remplacé par l'autre guitariste de Sparta, Keeley Davis, le groupe fondé par Jim Ward suite au split de ATDI en 2001.

Quoi qu'il en soit, on se rend excité comme un kid de 15 ans ce mardi soir dans la salle du quartier de Pigalle pour en avoir le cœur net après un tel feuilleton, on a quand même hâte !

Une salle archi-complète pour laquelle il est difficile de trouver le précieux sésame pour cette soirée qui voit The Butcherettes ouvrir le bal : le groupe, ou plutôt projet de Teri Gender Bender qui n'est autre que la petite protégée d'Omar Rodrigez Lopez (guitariste pour ATDI) qui a joué avec elle et produit sa musique, et que nous avions pu voir en ouverture du show d'Antemasque à La Gaîté Lyrique en octobre 2014 (NDLR : dernier né des projets des deux touffus d'El Paso : Omar et Cédric), et quelle prestation mémorable ! Un vraie bête de scène la Teri. Nous manquons hélas sa prestation de ce soir, mais on peut être certain qu'elle était aussi incroyable, électrique et déjantée, car la foule est opérationnelle pour l'arrivée tant attendue – et le mot est faible – d'At The Drive-In.

Tout le monde est placé pour ne pas perde une miette du spectacle qui nous attend, puis les lumières s'éteignent et une intro de musique de film d'horreur se fait entendre durant de longues minutes à peine plus forte que les cris du public. Les musiciens entrent sur scène et se placent, commencent un brouhaha avec leurs instruments alors que le chanteur Cedric Bixler-Zavala allume un encens à coté des amplis, et se met à agiter les maracas synonyme de l'introduction de l'intense "Arcarsenal", chanson qui ouvre aussi leur dernier album culte Relationship Of Command : la folie est instantanée lors qu'explose le morceaux et les cris du vocaliste repris par le Trianon, c'est parti et de la plus belle des manières et ça continuera durant 1h15.

Omar Rodriguez-Lopez à la six-cordes a retrouvé sa fougue d'il y'a 15 ans, lui qui avait été critiqué lors du retour du combo en 2012 de n'être que très peu présent sur scène, en comparaison bien sur de la grande époque des lives des années 2000, où il était pour le coup surexcité avec sa guitare et possédé face à son ampli Orange. Omar Rodrigez-Lopez au chant et aux acrobaties, qui bien qu'il ait prit un peu d'embonpoint dans son pantalon et sa veste en jean noir moulant, touffe de cheveux hirsute comme son compère guitariste, nous gratifie des jetés de micros en mode rodéo, de grands-écarts aériens et autres roulades au sol ou sur les amplis !

La section rythmique n'est pas en reste, avec une basse-batterie imparable et groovie ; c'est lourd et les musiciens se déchaînent aussi à leur façon. Tout comme le remplaçant Keeley Davis à la guitare qui est loin de rester seul dans son coin, il secoue la tête, tout comme sa Rickenbecker et s'égosille au micro lors des refrains les plus endiablés. Personne n'est statique, y compris dans la fosse qui est déchaînée, l'ambiance est folle et les "slameurs" se font plaisir et ce n'est pas les "Sleepwalk Capsules" que tout le monde connait visiblement mieux que les quelques titres issus de Vaya ("Ursa Minor", "Proxima Centauri") ou d'In/Casino/Out ("Lopsided") mais qui n'en sont pas moins sacrément efficaces, avant de nous offrir une pause méritée sur la mystique et mythique "Invalid Litter Dept." et son phrasé que nous reprenons tous "dancing on corpses' ashes", accompagnés des gimmicks planants d'Omar, tout ça avant l'incroyable "Enfilade" puis "Cosmonaut", une apothéose dans l'apothéose tant elles représentent le groupe, sa force mais aussi le concert de ce soir.

Tout au long du show on ressent les bonnes vibrations que donne et reçoit le quintet, au-delà de la rage de la musique, Omar est souriant, il communique nous fait quelques blagues. Il nous dit à quel point il adore Paris, et que certains événements lui brisent le cœur (cf. Les attaques du 13 novembre) et qu'il est ravi de tous nous voir ce soir "Why get high when you have Paris ?!". Il s'excusera au micro auprès d'un fan du premier rang après avoir lui avoir fait tomber son pied de micro dessus, suite à une réception douteuse lors d'un jeté de celui-ci, puis parle de ses enfants qui sont jumeaux, et nous dit qu'on ne peut comprendre le mystère de la vie si on n'a pas eu de jumeaux, puis enchaîne avec le reste du concert.

Le set alterne ensuite des morceaux atmosphériques et d'autres plus agressifs "Quarantined" et "Catacombs" quand le refrain "this is foreveeeer" de "Napoleon Solo" est à nouveau scandé et nous signale une fin proche du concert qui dure depuis déjà plus d'une heure. Et le frontman nous lâche "cette chanson est pour vous tous, merci encore Paris !" avant de lancer le grand final de "One Armed Scissor" tant attendue qui voit la salle entière devenir une fois de plus et une fois pour toute complètement dingue, qui saute comme des ados, histoire aussi de perdre la voix vu que Omar nous tend encore son microphone et de finir retourner Pigalle. Le combo remercie à nouveau l'assemblée, mains en l'air et sourires jusqu'aux oreilles et réciproquement, un rappel est demandé pendant de longues minutes mais rien n'y fera les techniciens éteignent les amplis et At The Drive-In aura tout donné durant 1h15 de show incroyable, sincère allant bien au-delà de nos attentes. Je ne m'en suis toujours pas remis : This Station IS operational.

Texte : Antoine D.
Photos : Lofanax (blog : http://gconcertcesoir.com) merci !!!

Setlist :






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