lundi 18 avril 2016

Interview : We Came As Romans

We Came As Romans étaient de passage à Paris en décembre dernier pour assurer la première partie de ONE OK ROCK à l'Olympia (live report à lire ici). Nous avions rencontré Kyle Pavone et Dave Stephens, les deux chanteurs du groupe originaire de Détroit, et nous partageons cet entretien un peu moins de deux mois avant le retour du groupe sur les terres françaises, à l'occasion du Download Festival. Ne les loupez surtout pas !

Salut Dave, salut Kyle, nous sommes Alternativ News, bienvenue à Paris !
Merci beaucoup, on est super heureux d’être de retour ici.

Votre dernier album, sorti plus tôt en 2015, est un album éponyme. Pourquoi ?
Kyle : On a juste gardé « We Came As Romans » parce qu’on estimait que c’était la meilleure option pour nous cette fois-ci ; le reste n’avait aucun sens.
Dave : Oui, on avait essayé d’en trouver un autre au départ, mais au final, on a trouvé que le nom de notre groupe, tout simplement, parce que cet album nous représentait particulièrement bien, il véhiculait des valeurs importantes à nos yeux.

En général, c’est Joshua qui écrit la plupart des paroles, avez-vous procédé de la même façon cette fois ?
Dave : Non, pas vraiment, lui et moi nous sommes quasiment partagé le travail à 50/50. J’ai écrit 3 chansons tout seul, lui en a fait 4 de son côté, puis on en a écrit 3 ensemble. En ce qui concerne l’écriture, c’est vrai que je suis quand même encore plus lent que lui… Mais c’est le genre de trucs qui s’améliore au fil du temps. C’est la première fois que j’ai pu écrire autant pour l’un de nos albums, et c’est vraiment cool d’avoir autant de mes mots dans cet opus ! C’était une toute nouvelle étape pour moi, en tant « qu’écrivain ».

Sur Internet, on a pu lire que certains fans avaient été déçus de l’album, vous reprochant d’avoir voulu faire évoluer votre musique… Comment avez-vous réagi en lisant cela ?
Dave : Je ne pense pas que cela soit quelque chose d’exceptionnel. Nous avons toujours cherché à faire évoluer notre musique d’un album à l’autre, ils ont tous quelque chose de différent. En tant que groupe, on est obligés de faire ça, parce qu’aujourd’hui les gens râlent parce qu’on a changé, mais ce sont les mêmes qui auraient dit, si cela n’avait pas été le cas, que notre groupe sonne toujours pareil et qu’on devrait sortir des sentiers battus. On ne peut pas plaire à tout le monde, et puis nous devons continuer à faire ce que nous aimons, sinon tout cela n’a plus aucun sens.
C’est vrai que cet album s’éloigne davantage de ce que nous faisions à nos débuts, mais je pense que pour chaque fan que nous perdons aujourd’hui, nous en gagnons deux ou trois nouveaux. C’est bête que certains qui étaient avec nous depuis le commencement nous lâchent maintenant, mais dans l’absolu, cet album reste un succès. Et si nous n’avions pas sorti précisément ce CD, je pense que nous ne serions même pas sur cette tournée, avec ONE OK ROCK. Ils ne nous auraient sûrement pas embarqués avec eux ! Si cet opus nous ouvre de nouvelles portes, c’est tout bénéf.
Pour en revenir aux fans que nous « perdons », je pense que nous n’avons pas de reproches à nous faire… Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes, nous continuons à écrire la musique qui nous correspond, mais nous avons évolué, nos vies ont changé, alors forcément notre musique sonne un peu différemment.

Quel est le message que vous voulez partager avec cet album ?
Dave : C’est dur de n’en citer qu’un seul… Chaque chanson a une histoire différente, mais pour résumer : au moment d’écrire, Josh et moi passions par des périodes assez difficiles, des ruptures, des déceptions… On a décidé de trouver le côté positif là-dedans, la force qui nous animait et qui nous aidait à traverser ces épreuves. Plutôt que d’écrire des chansons pleines de rage ou de rancœur, on a choisi de nous focaliser sur tout ce qu’on pouvait en tirer de positif, en sortir un message encourageant.

Jusqu’à aujourd’hui, vous avez sorti un album tous les deux ans. Cela veut-il dire qu’on peut attendre le prochain pour 2017 ?
Dave : Cette fois je crois que ça ira encore plus rapidement en fait. On arrive à la fin de notre contrat avec Equal Vision. On va donc signer avec un nouveau label, et une fois que ce sera fait, ils voudront qu’on leur fournisse un album au plus vite. Je pense qu’on en aura pour 18 mois cette fois-ci, pas 24. On se remettra à écrire dès qu’on rentrera de cette tournée.

Wow, ça fait un sacré rythme !
Dave : Oui, c’est beaucoup de travail… J’essaye de me préparer psychologiquement, je sais que je vais devoir me remettre dans le bain de l’écriture très rapidement.

Vous écrivez aussi sur la route, du coup ?
Kyle : C’est vraiment très compliqué d’écrire quand on est en tournée…
Dave : Oui, j’essaye de prendre des notes de ce qui me passe par la tête, mais je n’aime pas écrire sur la route, c’est trop dur de se concentrer. On a toujours un planning très serré, je ne supporte pas d’avoir la pression, quand je me dis que je n’ai qu’une heure devant moi pour pondre un truc…Je préfère prendre mon temps au calme, à la maison.

De tous les albums que vous avez sortis jusqu’à présent, y en a-t-il un dont vous êtes particulièrement fiers ?
Kyle : A mes yeux, c’est vraiment le dernier en date. Avant tout parce que chacun de nous s’y est impliqué plus que jamais, on a tous apporté notre patte. C’est un album qui nous ressemble, qui correspond à chacun de nous.
Dave : C’est vrai qu’on est fiers de chacun de nos disques, mais plus encore du dernier en date, parce qu’évidemment on essaye de s’améliorer au fil du temps, on devient de meilleurs paroliers, de meilleurs musiciens…

Y a-t-il une chanson à laquelle vous êtes particulièrement attachés ?
Dave : Chacune a une autre signification, mais évidemment celles qui sont le plus importantes à mes yeux sont celles que j’ai écrites moi-même… Là tout de suite, je répondrais que je suis vraiment fier de la chanson "Tear It Down", présente sur notre dernier album, et qu’on joue sur cette tournée. D’ailleurs, quand on joue ce morceau, certains membres de ONE OK ROCK nous rejoignent sur scène, c’est vraiment chouette. C’est le morceau que je préfère dans notre set. Mais ça change tout le temps !
Kyle : Pour moi, ce serait la chanson "12:30". Au moment où on enregistrait notre dernier album, je bossais beaucoup en parallèle sur des projets perso, et j’avais fait quelques compos qu’on a pu réutiliser sur ce morceau. J’ai eu l’opportunité de produire et mixer, de vraiment apporter ma patte à cette chanson, et j’en suis très fier.

Qu’est-ce que vous préférez dans cette « aventure » qu’est We Came As Romans ?
Dave : En dehors du fait qu’on a l’opportunité de faire des concerts, je dirais que c’est le fait de voyager à travers le monde pour partager notre musique avec nos fans. Je me souviens, quand j’étais jeune j’apprenais l’allemand à l’école, et un jour je me suis demandé : « Mais est-ce qu’un jour j’aurais au moins l’occasion d’aller en Allemagne ? ». Et voilà qu’on en revient, on a pu y aller une dizaine de fois. Et tous ces endroits où je ne me serais pas douté une seconde que j’allais un jour y mettre les pieds : l’Asie du Sud-Est, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Russie… Voir mon passeport aussi gros, rempli de tampons, j’adore ça. C’est quelque chose que je n’aurais jamais pu faire dans un autre contexte, si j’avais eu un autre job – à moins que je ne devienne pilote de ligne ou steward.
Kyle : La même chose ! Personne ne voyage autant que nous, et voir que des fans nous attendent dans tellement d’endroits différents, c’est fou.

Dave, tu as un projet parallèle, Crucible, avec d’autres membres de WCAR. Pourquoi avoir ressenti le besoin de créer cet autre groupe ?
Dave : Josh écrit beaucoup de chansons de son côté, Kyle a son propre projet solo, Sequoia, qui est plus axé électro, et Andy, Lou et moi nous voulions juste quelque chose d’un peu plus « heavy ». On est très influencés par des groupes hardcore, heavy-metal, et on cherchait un moyen de se défouler, en quelque sorte. Cette musique-là ne correspond pas à l’esprit We Came As Romans, on n’aurait pas pu faire ce genre de morceaux dans le cadre du groupe actuel, alors nous avons décidé d’en fonder un nouveau ensemble. Une part de moi adore ce qu’on fait avec WCAR, et je ne pourrai jamais tirer un trait dessus, mais une autre part de moi a besoin de faire de la musique heavy. Pouvoir combiner les deux, c’est vraiment génial. Crucible, c’est une sorte d’échappatoire, pour le fun. Et au niveau des paroles, on aborde certains thèmes et on utilise un vocabulaire qui ne collerait pas avec WCAR.
C’est vraiment chouette de pouvoir faire ça, même si ça reste vraiment très secondaire pour le moment. On a eu l’occasion de faire un show à Detroit en novembre, on s’est retrouvés sur une petite scène, dans une petite salle, devant tous nos proches, ça nous a rappelés nos débuts ! Et puis après ça s’est terminé en beuverie générale [rires]. C’était vraiment fun, sans pression, sans contraintes. We Came As Romans, c’est devenu notre carrière. Même si on prend toujours beaucoup de plaisir à faire ça, évidemment, il y a quand même que l’on se comporte comme des pros. Alors qu’avec Crucible on n’a pas vraiment d’engagements, on peut s’éclater autant qu’on veut !

Et toi, Kyle, est-ce que tu peux nous présenter Sequoia, ton projet solo ?
Dave : On vient toujours le voir à ses shows aussi !
Kyle : Oui c’est vrai ! Sequoia, c’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. J’ai grandi à Détroit, et là-bas, la techno, la house, ce sont vraiment des musiques prédominantes. Je voulais toujours faire partie de cette scène-là également. Cela me permet de sortir de la sphère WCAR, parce que ce sont deux univers musicaux extrêmement différents, et deux expériences tout aussi différentes. J’ai toujours ressenti l’envie de composer de la musique house, pour moi c’est ça mon monde parallèle, mon « échappatoire » !
Dave : Je déteste la musique électro en général, mais je vais le voir à chaque fois et je trouve ce qu’il fait vraiment top !

Parlons un peu de tournées et de festivals… Vous avez joué avec un nombre impressionnant d’autres groupes ces dernières années. Y a-t-il une tournée qui vous a marqués plus que les autres ?
Dave : Chaque tournée est particulière et a ce petit truc qui la rend inoubliable. Les tournées qui m’ont le plus marqué ont été celles avec le plus de gens, ce sont celles où on s’éclate le plus. Je pense que notre actuelle tournée avec ONE OK ROCK restera dans les annales ! Tout d’abord, parce que ce groupe nous offre une opportunité exceptionnelle de tourner en Europe devant de si grandes foules chaque soir, et ensuite parce que les membres de ONE OK ROCK sont vraiment super drôles ! Tous les jours, on a hâte de se retrouver, on se balance des vannes tout le temps, ils débarquent sur scène et jouent avec nous… C’est vraiment l’un des groupes avec lesquels on s’amuse le plus.
Une autre qui m’a marquée est la première tournée que nous avons faite en Europe, avec Parkway Drive. C’était la première fois que l’on visitait tous ces pays, et je me souviens à quel point c’était excitant de découvrir tous ces fans. Il y a aussi la première fois que l’on a joué le Warped Tour, aux Etats-Unis, c’était vraiment un truc mémorable. On n’avait aucune idée de ce dans quoi on s’engageait, et on s’est retrouvés propulsés dans un tourbus pour tout l’été, à traverser le pays ! C’était vraiment chouette… même si c’était le bordel !
Chaque tournée est une nouvelle étape dans notre carrière.

Avec qui aimeriez-vous partir en tournée ?
Dave : [se tourne vers Kyle] On le dit à 3 ? 1, 2, 3…
Dave et Kyle en chœur : LINKIN PARK !
Dave : Dans notre groupe, on est unanimes : s’il n’y avait qu’un seul groupe au monde avec qui on aimerait jouer, ce serait sans conteste Linkin Park. Bien sûr, ils sont si importants qu’ils n’ont pas besoin de nous, s’ils nous demandaient de les accompagner ce serait uniquement pour nous rendre service.
Kyle : On sait jamais, on continue de croiser les doigts ! Peut-être qu’un jour…
Dave : Un jour, à force de le répéter, Linkin Park entendront parler de nous ! En second choix, je pense que 30 Seconds To Mars ça pourrait être cool aussi. Ou alors Slipknot, ce serait vraiment génial, mais il faudrait que l’on joue uniquement nos morceaux les plus heavy, parce que leurs fans sont très exigeants et intransigeants : ils veulent voir Slipknot, ils n’en n’ont rien à foutre des autres.

Vous avez une anecdote de tournée à raconter ? Un truc vraiment cool qui vous est arrivé ?
Dave : La première histoire qui me vient à l’esprit, c’est quand on était en Suisse et que j’avais emporté mon snowboard avec moi. J’ai demandé au chauffeur de notre tourbus d’aller aussi près des montagnes que possible. Il m’a déposé près d’une gare très tôt le matin, j’ai pris un train pour monter aussi haut que possible, dans une station de ski – ça a pris une ou deux heures. Puis j’ai fait du snowboard toute la journée, tout seul – personne d’autre n’avait eu l’idée d’emmener son snowboard, et aucun n’avait eu la motivation de se lever assez tôt pour m’accompagner !
Kyle : Ouais je sais, j’ai merdé !
Dave : Puis j’ai rejoint le bus vers 15 heures, on est arrivés à la salle vers 17 heures, et le soir j’ai chanté sur scène comme si de rien n’était. Je crois bien que c’était l’un des plus beaux jours de toute ma vie. Tout était tellement beau, il y avait de tellement bons spots pour faire du snow !
Kyle : De mon côté, je dirais que c’était la première fois où on a joué sur la mainstage du Warped Tour. C’est quelque chose dont on rêvait tous depuis si longtemps, et quand on s’est retrouvés là-dessus, face à une marée de spectateurs, on a tous eu l’impression d’avoir accompli un rêve de gamins. Et le jour où on a joué sur cette scène à Detroit, c’était quelque chose ! Ce concert était plein d’émotions pour nous tous, au point où on avait les larmes aux yeux au moment de prendre une photo de groupe avec tous les fans qui avaient fait le déplacement pour nous ce jour-là. Je me rappelle de ce moment comme si c’était hier.

Et à l’inverse, quelle serait la pire anecdote de tournée ?
Dave : Oh, là aussi je pense qu’on a des trucs à raconter… Mais je pense que le pire, c’était lors de l’une de nos tournées en hiver, et Josh est tombé gravement malade. Il avait une méningite bactérienne, qui est une maladie très sérieuse qui peut avoir des conséquences dramatiques, jusqu’à causer la mort. Heureusement, ils ont diagnostiqué tout ça relativement tôt, il a été hospitalisé mais il est tombé dans le coma. Pendant plusieurs jours, il est resté inconscient et on ne savait vraiment pas comment tout cela évoluerait. On devait continuer à tourner, et on n’avait pas énormément de nouvelles, mais on devait prendre des antibiotiques qui nous faisaient nous sentir très mal, qui nous retournaient l’estomac.
Kyle : Oui, tout le monde faisait des réactions très bizarres à ces médicaments, et à chaque nouveau symptôme on se disait : « Est-ce qu’on est malade aussi, maintenant ? » On avait tous peur qu’il nous arrive la même chose, c’était vraiment une période super flippante pour nous tous.
Dave : C’est une maladie très contagieuse qui se transmets dans des espaces fermés… Et nous, on était tous ensemble dans un tourbus ! C’était vraiment l’endroit idéal pour qu’une bactérie se propage. On avait très peur pour Joshua, aussi. Une autre fois, on a manqué un avion au départ de Paris pour nous emmener à un festival où on avait un très gros cachet, et qu’on ne pouvait absolument pas manquer. En fait, on attendait au terminal de départ, certains d’entre nous dormaient, et quand ils ont changé le numéro de porte du vol ils ne l’ont annoncé qu’en français, personne n’a compris. Quand on s’est réveillés et qu’on a réalisé qu’on aurait déjà dû procéder à l’enregistrement, on a réalisé que la porte de départ avait été changée, et le temps qu’on arrive à la bonne, l’avion était déjà parti. Et comme on a loupé ce festival, on n’a pas été payés pour les trois semaines de tournée que l’on venait de faire… C’était très déprimant, on avait tellement la rage !

Kyle, il me semble que tu as aussi été blessé il y a quelques semaines à Nashville…
Kyle : Oh, ouais, je me suis pris une guitare dans la face ! On était sur scène, je m’éclatais comme toujours, mais à un moment je n’ai pas dû faire attentions à ce qui se passait autour de moi, j’ai senti une horrible douleur dans mon visage, mon œil, mon arcade, ma tête… et je me suis retrouvé par terre. Je saignais énormément et je ne pouvais plus rien voir, alors j’ai dû être emmené à l’hôpital, ils m’ont recousu sur la paupière, et en-dessous aussi, à l’intérieur de l’œil. C’était pas vraiment une partie de plaisir. En plus, la tournée venait de commencer, je crois que c’était la quatrième date seulement.
Dave : C’est arrivé au bout de quelques minutes de show à peine… On a dû assurer l’heure de show qui nous restait sans lui. Le jour d’après, heureusement, c’était un day off, et Kyle a pu rejouer dès la journée qui suivait. Mais il ne pouvait presque rien voir, il n’arrivait pas vraiment à ouvrir l’œil, c’était encore tout gonflé et bleu… Et quatre jours plus tard, on a tourné la vidéo de "Pray For Me". Si vous faites attention, notamment dans la première scène où on le voit, on remarque que l’œil de Kyle est à moitié fermé et encore un peu enflé. Malgré les tonnes de maquillage qu’on lui a foutu pour que ça se voit moins, ça ne passait pas inaperçu !

Cet été, vous allez jouer un certain nombre de festivals… Y en a-t-il un que vous attendez avec plus d’impatience que d’autres ?
Dave : Oui, je crois qu’on vient d’annoncer Rock Am Ring, et ça c’est un gros truc pour nous, on a hâte d’y être ! En Grande-Bretagne aussi, on a certains trucs sympas, mais je ne sais pas si on a déjà le droit d’en parler… Et on attend certains retours encore !

Le Download, par exemple ? [Au moment de l’interview, We Came As Romans n’avaient pas encore été annoncés à l’édition française du Download Fest]
Dave : On ne le fera pas, pour diverses raisons… Quand tu fais le Download, tu dois signer une clause qui t’interdit de faire certains autres festivals, et même si Download est génial, on préfère faire plusieurs festivals que de se retrouver limités à cause de Download cette année.

Mais cette année, pour la première fois, nous aurons aussi une édition du Download Fest à Paris ! Alors peut-être que les règles seront différentes ici…
Dave : Ahh, c’est bon à savoir ! Je ne me souviens pas avoir entendu parler de celui-là, il faudrait que je checke mes emails, ce serait bien d’avoir un festival en France aussi…

[Et quelques semaines plus tard, We Came As Romans annonçaient donc leur venue au Download de Paris ! Vous pourrez les voir à l’Hippodrome de Longchamp le vendredi 10 juin 2016]

L’année dernière, vous avez fait le Hellfest aussi... Y a-t-il quelque chose qui vous a marqués, là-bas ?
Dave : Je me souviens qu’on a eu une vidéo géniale de notre prestation ! On était tous très fatigués ce jour-là, mais une fois qu’on est montés sur scène plus rien d’autre ne comptait, le public s’est montré génial, on a pris beaucoup de plaisir à jouer ce festival, ce serait cool d’y retourner un jour !

Kyle, tu es le dernier à avoir rejoint le groupe – même si ça remonte déjà à plusieurs années. Peux-tu nous raconter comment tu as rencontré les autres membres ?
Kyle : En fait, j’étais au lycée avec Andy. Il a rejoint le groupe en premier, deux ans avant moi je crois, et je suis devenu fan de ce groupe. J’étais prêt à partir en vacances quand Andy m’a appelé pour me demander si je voulais faire partie du groupe, je ne me suis même pas posé de questions avant de lui répondre « OK ! » Et me voilà, sept ans plus tard, à Paris !

A quoi ressemblaient vos vies avant le groupe ?
Dave : La moitié d’entre nous allait à la fac. Eric finissait le lycée, je voulais devenir un chef [cuisinier], j’allais dans une bonne école, j’avais un bon job, puis j’ai décidé que je ferais une année de pause dans mes études pour me consacrer au groupe. Ma famille a pensé que j’étais fou, mais ils ont accepté, on a loué un van, récupéré Eric à la sortie du lycée et c’était parti ! Au fil de cette année « test », on a réussi à trouver un manager, un label, décrocher un contrat avec un label… Et même si c’est allé relativement vite, on a mis du temps avant de vraiment décoller et de pouvoir gagner nos vies avec la musique. Ça fait aujourd’hui six ans que nous sommes « pro », comme on pourrait le dire.

Vous arrive-t-il parfois de regretter votre vie d’avant ?
Dave : Euh… La seule chose qui me manque c’est de passer du temps à la maison, tranquille, avoir de vrais breaks. Même si on a pas d’horaires de bureau, on « travaille » environ de 14 heures à 1 heure du matin, au minimum, et tous les jours. Ce qui fait quand même long. J’aimais mon job d’avant, j’aimais cuisiner, mais j’aime ce job encore plus !

Où seriez-vous sans le groupe, à votre avis ?
Dave : Toujours en train de cuisiner !
Kyle : Je serais toujours dans le milieu de la musique, sûrement en tant que producteur.

Avez-vous un dernier mot pour nos lecteurs français ?

Dave : Bien sûr ! On est très heureux d’être de retour dans cette magnifique ville, de retrouver notre public français, et on espère vous revoir tous très vite ! Merci d’être de plus en plus nombreux ici à nous soutenir, ça nous fait énormément plaisir ! 

Propos recueillis en face à face par Laurie B. le 21 décembre 2015.
Merci à Roger et Replica Promotion.





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