lundi 11 avril 2016

Chronique : The Word Alive - Dark Matter

Avec Real, leur précédente mouture, The Word Alive avait atteint le sommet de son art. Corrigeant les principaux défauts de Deceiver et Life Cycles, ouvrant également un peu plus le spectre de ses influences en accentuant un côté catchy et accessible sans toutefois relayer au second plan ses assauts post-hardcore, on voyait mal comment le quintet pourrait faire mieux. Dark Matter débarque, et avec celui-ci, le groupe a eu l’intelligence de proposer quelque chose d’autre.


Si leur galette de 2014 montrait un désir de s’orienter vers quelque chose de plus mainstream (le fait d’avoir travaillé avec John Feldmann en plus de Cameron Mizell sur l’album en question n’y étant certainement pas étranger), désormais The Word Alive joue dans une autre catégorie, et s’avère bien plus à classer dans la veine des récentes offrandes de Hands Like Houses, Normandie ou Of Mice & Men. Avec une classe et une efficacité un, voir deux tons au-dessus de la plupart de ses désormais nouveaux « concurrents » directs.

C’est très simple, sur les 12 compositions ci-présentes, il n’y a que du hit. On pourra regretter que le combo ait choisi de céder à la faciliter (encore que) en mettant de côté la fougue et le côté progressif qui les caractérisait alors (et notamment les assauts surpuissants de la double de Luke Holland) pour quelque chose de plus concis et radio-friendly, cependant, le résultat est là. Côté influences nouvelles, il est vraiment difficile de ne pas penser à Linkin Park sur plusieurs des morceaux, cependant, le plagiat est tout de même évité.

Pour les plus de l’album, on peut indéniablement citer la production de Matt Good, jusqu’ici plus célèbre pour être l’un des guitaristes de From First To Last et D.R.U.G.S. que pour ses talents derrière les manettes. Cela dit, il se pourrait bien que le gaillard soit l’un des producteurs en vogue de ces prochaines années (le bougre travaillerait également sur le prochain album de Memphis May Fire). On peut également noter les progrès fulgurants de Telle Smith derrière le micro, vraiment à l’aise sur tout les terrains.

En effet, le frontman est particulièrement en forme et mis en avant tout au long de la galette, que ce soit au travers des compositions les plus heavy telles que "Dark Matter", le premier single imparable "Trapped" ou "Made This Way", que sur les pistes les plus rock comme "Insane", "Forgotten" ou "Suffocating", le travail sur les mélodies est titanesque et résultent des refrains entêtants à retenir dès la première écoute.

On pourra également mettre en avant l’introductif très ambiant "Dreamer" et son renfort symphonique du plus bel effet, "Sellout" que l’on croirait sorti des premiers albums de The Used, "Piece Of Me", sur lequel Alicia Solombrino, vocaliste de Beautiful Bodies fait une apparition discrète, ou encore le particulièrement inspiré "Branded".

Avec un opus tranchant aussi radicalement de ses prédécesseurs, il est évident qu’une partie du public alors acquis à leur cause risque de l’avoir mauvaise .Mais pris pour ce qu’il est, Dark Matter est un excellent renouveau, un virage totalement maitrisé et assumé, et nul doute qu’il va très vite conquérir une nouvelle fanbase. The Word Alive signe là un opus réjouissant en bien des points.

4/5

Axel R.


1 Dreamer
2 Trapped
3 Face to Face
4 Sellout
5 Insane
6 Made This Way
7 Suffocating
8 Piece of Me (feat. Alicia Solombrino)
9 Branded
10 Grunge
11 Dark Matter
12 Oxy

Facebook The Word Alive





2 commentaires :

Une lectrice a dit…

Enfin un avis positif, et heureusement ! Ce n'est pas toujours évident de voir certains nouveaux albums qu'on a apprécié se faire complètement descendre dans la plupart de vos chroniques simplement à cause du "manque de changement" d'un album à l'autre. Bref, continuez sur cette voie ! :)

Axel R. a dit…

Bonjour chère lectrice,

Tout d'abord, je tiens à te préciser si tu n'es pas au courant, qu'une chronique est le fruit d'une analyse de l'album, mais également d'un ressenti, ce qui peut entrainer des divergences d'opinion, qu'il faut savoir accepter. Du coup, "continuez sur cette voie" ... On ne peut pas donner une note positive à un album que l'on a pas apprécié, il faut être honnête.

Axel R, le rédacteur.