jeudi 14 avril 2016

Chronique : Otep - Generation Doom

Ce n’est un secret pour personne, Otep Shamaya a une vie perturbée, autant que sa musique, impactant sur la qualité de ses œuvres. Après un Hydra frôlant le ridicule malgré un concept intéressant, la troupe devait tirer sa révérence, mais la blonde est revenue sur sa décision et accouche d’un septième et nouvel album, Generation Doom, à paraître via Napalm Records.

Avec ce nouvel opus, tout porte à croire qu’Otep prend un nouveau départ. Notamment via un nouveau line-up
accueillant une session rythmique carrée en les personnes de Corey Wolford à la basse, et un batteur en chair et en os cette fois-ci, Justin Kier. On dirait même que l’agression commise par Chad Armstrong, alors vocaliste de Terror Universal (groupe comprenant Ahrue Luster et Dave Chavarri, respectivement guitariste et batteur de Ill Niño) ne l’a pas tant affectée que ça à l’écoute de l’oeuvre.

En effet, ce nouvel opus tranche assez radicalement de ses prédécesseurs en proposant quelque chose de plus lumineux. Et pour ça, la cover ne trompe pas ! Si le nu-metal décapant est toujours de la partie, il côtoie de nombreux éléments bien plus mélodiques, à la frontière de la pop. Si The Ascension, troisième galette de la troupe, montrait des désirs de quelque chose de plus mélodieux, le résultat n’était au rendez-vous, et ces trop rares moments furent vite avortés pour passer à quelque chose de plus alternatif sur Smash The Control Machine, avant de revenir à du très brutal avec Atavist.

Ici, le tout semble assumé, puisque plusieurs titres font preuve de ce revirement. Bien que la majorité de la galette envoie le pâté comme il se doit avec des titres concis et puissants, tels que l’opener "Zero", flirtant avec le Slipknot d’antan lors d’un refrain ravageur, ou ayant le groove d’un Coal Chamber des plus inspirés sur "Feeding Frenzy", ou montrant toute la schizophrénie de la demoiselle comme les éprouvants "God Is A Gun", mais surtout "Generation Doom", d’autres morceaux montrent clairement une face plus radio-friendly. A commencer par le très accrocheur "In Cold Blood" très rock alternative/indus avec quelques touches goth dans la veine des titres les plus mélodiques des récents albums d’In This Moment. Mais ce sont surtout des ballades comme "Lie", très pop/rock légèrement grungisante sur le refrain, et la finale "On The Shore", toute en nuances qui surprendront le plus. Jamais on n’aurait cru l’artiste capable de tant de douceur et de faire preuve d’autant de musicalité. Et les surprises ne s’arrêtent pas là.

Si le hit en puissance qu’est "Lords Of War" est plus classique, il montre une ambiance apocalyptique travaillée sur les couplets pour éclater sur un refrain aux lyrics percutants et aux riffs râpeux comme il faut. Des morceaux comme "Down" et "No Color" et ses parties en double pédale sur le refrain, sont deux petites bombes de néo plus mélodique aux refrains excellents que n’auraient pas renié des combos comme Korn. "Royals", reprise de Lorde, sauce Otep, devrait faire son effet lors des représentations live, mais la palme viendra de "Equal Rights Equal Lefts", un titre hip-hop, très trap music, bourré de punchlines, sur lequel la femme revendique son homosexualité à bien des égards (« One thing straight, I’m not », « I’ll always get more pussy than you »).

Targué d’une excellente production mettant bien en avant la nouvelle facette très catchy du groupe signée Howard Benson (Papa Roach, P.O.D. etc.), ce Generation Doom fait figure de surprise. Une très bonne surprise même, venant de la part d’un groupe dont on n’attendait absolument plus rien. Et avec ce nouveau full-lenght, nul doute qu’Otep réussira à conquérir un nouveau public, qui, comme moi, n’en avait alors pas grand-chose à faire d’eux.

3,5/5

Axel R.

1 Zero
2 Feeding Frenzy
3 Lords Of War
4 Royals (Lorde cover)
5 In Cold Blood
6 Down
7 God Is A Gun
8 Equal Rights, Equal Lefts
9 No Color
10 Lie
11 Generation Doom
12 On The Shore

Facebook Otep



Aucun commentaire :