mardi 29 mars 2016

Live Report : Our Theory + The Blackmordia + Xplore Yesterday + Glowin Shadow + Out Of My Eyes @ Backstage By The Mill, Paris - 11/03/16

C’est une longue soirée 100% frenchy qui nous attend ce 11 mars : pour la release party de l’EP Renaissance d’Our Theory, qui sort ce même jour dans les bacs français, pas moins de cinq groupes vont se succéder sur la scène du Backstage By The Mill de Paris. Dans une ambiance familiale très appréciable, ces étoiles montantes de la scène française vont nous prouver qu’ils comptent bien redorer le blason du rock hexagonal ; et ça tombe bien, on n’attendait que ça.

On commence à 19h20 (et un public pas très dense) avec Out Of My Eyes, qui fêtent ce soir le premier anniversaire de leur groupe. Mais cela ne leur porte pas vraiment chance, apparemment : leur bassiste s’est cassé le genou, il n’est pas remplacé ce soir, et le chanteur Corentin affirme être « en train de mourir » et on le surprend à plusieurs reprises en train de cracher ses poumons sur scène. Pas la grande forme, mais bravant la fièvre et poussant sa voix jusqu’aux dernières limites, le frontman a tenu à assurer le show. Ce qui sera largement salué par la foule.

Tout au long du set – qui, heureusement pour lui, ne dure qu’une vingtaine de minutes –, le chanteur tient le coup et ne relâche qu’au dernier morceau, leur reprise de "Break The Rules" de Charlie XCX, alors que plusieurs spectateurs montent sur scène et que le public reprend les paroles en chœur.

C’est ensuite au tour de Glowin Shadow de prendre le relais, eux aussi ont rameuté du monde et entament donc leur set devant un public très honorable. Le jeune groupe propose un rock alternatif aux influences multiples et très variées – néo-métal, post-hardcore – et fait preuve d’un jeu de scène très théâtral, qui n’est pas sans rappeler des groupes comme Set It Off ou Panic ! At The Disco… voire My Chemical Romance.
Ce projet ambitieux semble prendre forme et s’affiner au fil des mois ; le groupe reprend ce soir une partie de son EP Ghosts, Fools & Fakes (rien que ce nom nous donne une certaine idée de l’univers dans lequel les Parisiens évoluent), et nous repérons sans mal quelques adeptes dans la salle. Environ trois ans après leur formation, Glowin Shadow semblent avoir trouvé la voie qu’ils souhaitaient exploiter et y parviennent de mieux en mieux. Si leurs références semblent sauter aux yeux, ce n’est cependant pas une mauvaise chose : ils font appel à l’imaginaire de leurs auditeurs, et on se retrouve sans s’en rendre compte à visualiser les Chevaliers du Zodiaque ou Mister Jack au détour d’un effet de voix ou d’une mélodie.

Glowin Shadow continuent tranquillement de parcourir leur bonhomme de chemin et constituent un espoir plutôt prometteur à en croire les acclamations ultra-enthousiastes qui ont ponctué leur set d’un bout à l’autre.

Xplore Yesterday est le troisième groupe de la soirée, ce qui pourrait surprendre étant donné qu’ils comptabilisent bien plus d’abonnés sur les réseaux sociaux que tous les autres groupes présents… Mais il faut dire que le groupe se fait rare sur les scènes parisiennes, pour la simple et bonne raison qu’il est très, très demandé à l’étranger !

De retour « à la maison », c’est un public néanmoins assez peu connaisseur qui se retrouve face à eux. Mais les barrières ne mettent que quelques secondes à se briser : l’énergie du groupe est littéralement bluffante, et leur mix très mélodieux rock/métal/sonorités électro ultra-entraînant, qui rappelle des groupes comme Asking Alexandria. Après deux albums très « rock », le groupe avait effectué un virage métal qui aurait pu être déstabilisant, mais qui a été réalisé avec brio.

Scéniquement, évidemment, le spectacle est très pointu, les Sudistes font preuve d’une prestance irréprochable, et le pit semble entrer en ébullition.Xplore Yesterday semble avoir conquis la foule ; aussi bien les connaisseurs que les néophytes, et on ne se demande même plus pourquoi le groupe est si demandé ailleurs – mais ce qui serait bien, c’est qu’on ait droit nous aussi à davantage de shows !

Les avant-derniers à grimper sur scène sont les jeunes Parisiens de The Blackmordia, un groupe qui semble évoluer à vue d’œil (et dans le bon sens). Déjà très bien chauffé, le public répond avec enthousiasme au metalcore hybride du groupe, qui interprète entre autres son dernier morceau "Since Then, The Rules Have Changed" – dont le clip était sorti quelques jours auparavant.

Le chanteur Hugo invite la foule à participer, et nous avons même droit à un vrai wall of death (à l’échelle de la salle, certes, mais ça n’en reste pas moins remarquable). Les connaisseurs reprennent les paroles de morceaux comme "No Pain No Gain" ou "Moshpit", le dernier de leur set. Les musiciens encouragent le public à donner tout ce qu’il leur reste d’énergie sur cet ultime titre, et la réaction ne se fait pas attendre : le Backstage se transforme une nouvelle fois en arène pour mosheurs et headbangers.

The Blackmordia offrent une très bonne prestation, à laquelle il manquerait peut-être un soupçon de jeu de scène, qui est cependant rattrapé par les multiples interactions avec le public. Niveau musical, les mélodies aux reflets pop posées sur un son metalcore à tendance électro fonctionnent à merveille, et ne font que s’affiner sur les derniers morceaux en date. En tout cas, c’est de plus en plus propre et le groupe semble disposer des qualités et de la motivation nécessaires pour progresser rapidement. Maintenant, nous sommes nombreux à attendre les nouveaux morceaux qu’ils nous ont fait miroiter… The Blackmordia représente un très bel espoir pour la scène locale, et ont parfaitement rempli leur rôle de la soirée – à savoir, finir de chauffer le public parisien pour l’arrivée de la tête d’affiche.

Our Theory, c’est indéniablement un groupe à suivre. Avec un album et un EP à leur actif, ils parviennent à partir en tournée en Grande Bretagne ou au Japon, et amassent de nouveaux fans partout où ils passent. Alors quand le groupe joue à domicile, on peut être sûr qu’il attire du monde, et leur simple arrivée sur scène provoque des acclamations assourdissantes.

Leur set s’ouvre sur "Mirrors", que tout le monde dans la salle semble maîtriser sur le bout des doigts, reprenant le refrain – au chant clair – en chœur avec Mehdi. Du côté du public autant que celui des musiciens, on se donne à fond, on s’amuse et c’est plutôt flagrant – et surtout, ça fait plaisir à voir. Our Theory nous offrent un show excellent, aussi bien techniquement que visuellement. Release Party oblige, le groupe nous présente les morceaux présents sur leur EP, la plupart étant déjà connus par leur public. Le frontman Alex souligne d’ailleurs le fait que son titre, Renaissance, est particulièrement significatif pour eux : en effet, les anciennes compos du groupe sont entièrement laissées de côté pour aller de l’avant. Une autre preuve qu’Our Theory savent où ils vont, et ne regrettent pas ce qu’ils laissent derrière eux.

Dans la salle, les mosheurs peuvent se faire plaisir dans le pit, les autres restent de côté pour chanter ou observer ce qui se passe sur scène, mais personne ne s’ennuie. Le bassiste Yo s’octroie même un petit bain de foule, se mêlant un moment au public avant de reprendre sa place sur scène. Et même si le set est court (ce qui est le seul « point noir » de ce show), les fans ressortent de la fosse exténués.

Ce n’est pas étonnant qu’Our Theory soient déjà si demandés à l’étranger ; le groupe fait preuve d’une prestance scénique remarquable, et ses morceaux très entraînants, dynamiques et fédérateurs répondent à la demande d’un public très large. Il vaut mieux profiter d’eux tant qu’il est encore temps, car il semblerait qu’ils soient bien décidés à ne pas laisser passer leur chance de percer. On a hâte de connaître la suite, et surtout d’avoir l’occasion de voir Our Theory se produire sur scène pour un set plus long que celui de ce soir !

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à W&S Booking.

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