mardi 8 mars 2016

Live Report : Mayday Parade + Have Mercy + Beautiful Bodies @ Backstage By The Mill, Paris - 17/02/16

Quasiment deux ans jour pour jour après leur dernier passage par la capitale française, Mayday Parade étaient de retour à Paris pour présenter leur nouvel album Black Lines le 17 février dernier.
Accompagnés de Have Mercy et de Beautiful Bodies, le concert n’affichait pas complet, mais promettait tout de même une bonne soirée.

Ce sont les tout jeunes Beautiful Bodies qui donnent le coup d’envoi de la soirée. Originaires du Missouri, le trio mené par Alicia Solombrino avait été révélé en 2013 en emportant la « Battle Of The Bands » organisée par le Vans Warped Tour, à laquelle on avait pu recenser pas moins de 32 000 participants – rien que ça. L’année passée, Beautiful Bodies ont signé chez Epitaph et y ont sorti Battles, leur premier album.  

Peu de spectateurs semblent connaître le groupe, ou du moins leurs chansons, mais la salle réserve un accueil chaleureux aux jeunes musiciens qui débarquent en trombe sur la scène. Le ton est donné dès les premières secondes : le guitariste Thomas Becker saute dans la foule, se mêle aux fans qui, surpris, sont aussi et surtout immédiatement séduits par ce vent de fraicheur. Restée sur scène, Alicia n’est pas en reste. Sous ses airs d’Avril Lavigne, elle fait preuve d’une énergie et d’une gestuelle qui accrochent le regard et, de toute évidence très à l’aise sur scène, elle n’hésite pas à en jouer des tonnes et à poser pour les photographes. 

Les morceaux sont plutôt entraînants, même si l’on regrette que la voix de la chanteuse soit trop souvent couverte par les instruments. Et même si c’est un tantinet répétitif, le public français accroche plutôt bien. On remarquera tout de même certains fans dans les premiers rangs, qui reprendront les paroles d’Invincible en chœur avec la jeune chanteuse.
Une nouvelle fois, Thomas saute dans la fosse et s’offre un petit tour d’honneur dans la salle. Il est bientôt suivi par Alicia, qui ne résiste pas à l’envie de partager elle aussi davantage avec son public français, rencontré pour la première fois ce soir-là. 

Le groupe propose ensuite une reprise de I Love You All The Time des Eagles Of Death Metal, puis le set touche à sa fin et on préfère ne retenir que le positif : ce jeune groupe ultra-dynamique est très proche de ses fans, et a largement rempli son contrat de « chauffeur de salle ». S’ils continuent sur leur lancée, de beaux jours semblent se présenter à Beautiful Bodies.

Arrive ensuite le tour de Have Mercy. On passe de la sensibilité et de la voix de midinette d’Alicia Solombrino à une bande de sacrés gaillards barbus originaires du Maryland. Alors qu’ils donnent l’impression d’avoir beaucoup plus de bouteille (et on ne parle pas de celle qui circule sur scène), il est assez étonnant d’apprendre que le groupe s’apprête à peine à souffler sa cinquième bougie.
La foule semble s’étoffer au fur et à mesure, et les sympathiques musiciens dévoilent leur rock-indie à une salle plutôt réceptive, bien que l’engouement ne soit pas non plus mirobolant. C’est vrai qu’après le set punchy du premier groupe, on se retrouve face à quelque chose de beaucoup plus statique – musicalement bon, certes, mais qui « envoie » moins en live, pour le coup. 

Have Mercy disposent d’une trentaine de minutes pour présenter des extraits de leurs deux albums, sortis en 2013 chez Topshelf Records et 2014 chez Hopeless Records, et annoncer qu’ils travaillent actuellement sur leur prochain opus et entreront en studio dès la fin de cette tournée. Très détendus, les musiciens profitent des pauses entre chaque morceau pour glisser des petites blagues, répéter qu’ils sont heureux d’avoir l’opportunité d’accompagner Mayday Parade… Le public rit, applaudit, mais on ressent une certaine lassitude vers la fin du set. On n’en est pas au point de s’ennuyer, mais les chansons se suivent et se ressemblent tout de même beaucoup, et comme nous n’avons pas de véritable spectacle sous les yeux, c’est vrai que cela donne l’impression que le show tire sur la longueur. 

Mais quand les sympathiques Américains quittent la scène, ils ont évidemment droit à une salve d’applaudissements méritée.

Quand le quintet Mayday Parade arrive sur la petite scène du Backstage, c’est l’euphorie dans la salle. Nous nous retrouvons face à un Derek Sanders aussi souriant que d’habitude, qui semble irradier d’ondes positives. On entame directement avec One Of Them Will Destroy The Other, un morceau issu du dernier album en date du groupe, Black Lines.
Et là où l’on peut sentir que le public du groupe est majoritairement composé de « fidèles », c’est quand on entend l’engouement que les premières notes de Jamie All Over et When You See My Friends provoquent dans l’assemblée. 

Sur scène, les effets de lumière sont vraiment excellents et mettent joliment en valeur le groupe ; les musiciens semblent être un peu à l’étroit dans ce petit espace et ne peuvent pas franchement gesticuler dans tous les sens. Les spots permettent donc de donner du relief à ce set bien sympathique, alors que seul Derek s’autorise des déplacements d’un côté à l’autre de la scène. Le chanteur ne loupe pas une occasion de remercier ses fans, et nous offrira un large sourire tout au long du set. 

Quand il annonce « l’un des plus anciens morceaux du groupe », on sait d’emblée qu’il s’agit de l’incontournable Three Cheers For Five Years, et à en entendre les acclamations du public, certains ne semblent être venus que pour ce titre-là. Ça remue pas mal dans la fosse – mais tout en restant très gentillet quand même. Le combo Hollow/Letting Go du nouvel album ne déclenche pas la même hystérie, mais les fans semblent être à jour et reprennent les paroles en chœur avec le chanteur. C’est plus tard, avec Black Cat et Stay, que le fol engouement sera de retour. 

Et juste après, nous arrivons au morceau « mignon » (et acoustique) de la soirée. La ballade que tout le monde, sans exception, connait par cœur, et qu’on fredonnait au collège ou au lycée (avouez) : Miserable At Best. Le sourire de Derek ne fait que s’élargir quand il aperçoit les flammes des briquets et flashs des téléphones illuminer la salle. Le public chante presque plus fort que le frontman, se balançant d’un même geste d’un pied sur l’autre. Malgré toutes ces années, la chanson ne semble pas avoir pris une ride et déclenche toujours la même émotion auprès des fans – mais aussi des moins-fans.

Voilà que nous arrivons au bout de notre soirée, et les derniers instants du set raviront la foule rassemblée au Backstage. Les autres musiciens reviennent sur scène pour jouer deux derniers morceaux : les très appréciés Kids In Love et Jersey. Et puis il est déjà l’heure pour les fans, après s’être époumonés une dernière fois, de dire au revoir à l’un de leurs groupes favoris. Mayday Parade quittent la scène après un énième discours de remerciements, le sourire des musiciens plus large que jamais.

C’est toujours un plaisir de voir Mayday Parade sur scène, même pour ceux qui ne suivent pas spécialement l’évolution du groupe et ne connaissent pas leurs derniers morceaux. Se retrouver face à une telle énergie et une telle bonne humeur pendant un set d’un peu plus d’une heure, ça donne vraiment l’impression d’avoir fait une cure de vitamine D – en plein mois de février, ça fait toujours du bien.


Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à Alternative Live.

Setlist Mayday Parade :
One Of Them Will Destroy The Other
Jamie All Over
When You See My Friends
Keep in Mind, Transmogrification Is a New Technology
Three Cheers For Five Years
Hollow
Letting Go
Terrible Things
Oh Well, Oh Well
Let’s Be Honest
Black Cat
Stay
Miserable At Best
Kids In Love
Jersey





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