mardi 22 mars 2016

Live Report : Crossfaith + The One Hundred @ Trabendo, Paris - 14/03/16

Voilà l’une des soirées les plus attendues de ce mois de mars : ce lundi 14 marque le retour dans la capitale des Japonais de Crossfaith. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, non, un concert de Crossfaith n’est pas exactement un rassemblement comme la Japan Expo, mais bel et bien une réunion de métalleux de tous bords. Retour sur cette très bonne soirée dans la suite du post.

C’est un Trabendo quasi-comble (d’ailleurs, pourquoi ne l’est-il pas ?) qui bout d’impatience ce soir-là, alors que les Londoniens de The One Hundred envahissent la scène. Inconnus au bataillon ou presque, les jeunes musiciens font en revanche très, très vite l’unanimité. 

Leur très habile – et osé – mélange d’éléments métal, rock, hip-hop et dance ne sont pas sans rappeler des groupes comme Limp Bizkit, voire Linkin Park, et déclenche une irrémédiable envie de danser. Les Britanniques correspondent parfaitement au public de Crossfaith, qui le leur fait bien ressentir. C’est plutôt rare, dès la première partie, d’assister à de tels mouvements dans le pit, or déjà les premiers crowdsurfers s’en donnent à cœur joie, ce qui enchante le groupe. Présentant leur premier EP Subculture, ils en profitent également pour présenter au public certains morceaux inédits, et tous font l’unanimité. 

The One Hundred font preuve d’une énergie communicative et leur chanteur en impose pas mal par son charisme (point bonus pour son jogging et sa casquette vissée à l’envers qui nous donneraient presque l’impression d’être à un concert de hip-hop). Vers la fin du set, le frontman se permettra même de quitter la scène et de la contourner pour venir se mêler à la foule. 

Une première partie comme on en voit rarement, et il faut avouer qu’on est plusieurs à avoir eu un véritable coup de cœur pour The One Hundred, à qui l’on souhaite d’avoir rapidement l’occasion de revenir sur les terres françaises. Quand le groupe quitte la scène, il a droit à un tonnerre d’applaudissements et des acclamations amplement méritées. C’est incontestablement un groupe à garder à l’œil, et dont on risque de vous parler sur Alternativ News !

Après cette première claque, le public est dans les meilleures dispositions possibles pour accueillir les Japonais de Crossfaith. Un compte à rebours maintient les fans en haleine : une voix féminine décompte les minutes qui nous séparent du début du show. Et quand les lumières s’éteignent, les hurlements fusent et nous avons droit à une intro à rallonge, qui semble ne plus finir, puis les membres du groupes déboulent en trombe sur scène, chacun ayant droit à ses quelques secondes de gloire au centre de celle-ci, avant d’aller rejoindre sa position attitrée. 

Fidèles à leur réputation, les Japonais montrent dès ces premiers instants qu’ils ne prennent pas l’expression « faire le show » à la légère. Chacun des membres a un charisme hallucinant, si bien qu’on en vient à se demander si Kenta, le chanteur, est véritablement le « frontman ». Chacun d’eux en impose, les cinq musiciens sont quasiment sur la même ligne, ce qui est une chose très rare dans un groupe. 

Dès les premiers instants, on retrouve la même énergie dans la fosse que pour The One Hundred ; les fans semblent surmotivés. Crossfaith a une fanbase très fidèle et particulièrement dévouée, bien décidée à montrer aux Japonais qu’ils sont les bienvenus dans la capitale française et à les remercier comme il se doit. On entame le set avec d’emblée trois morceaux issus du dernier album en date du groupe : Xeno (titre éponyme), Raise Your Voice et Ghost In The Mirror. Le public danse, chante, participe autant que possible à cette grande fête menée par les spectaculaires Japonais. Que ce soit le bassiste Hiro, le DJ/claviériste/choriste/homme-à-tout-faire Teru, le guitariste Kazu ou même le petit batteur Tatsu, caché derrière son kit, tous jouent avec le public et font preuve d’une remarquable gestuelle scénique. Comme dit plus haut, Kenta n’était de loin pas le seul showman de la soirée ! 

La foule réserve un accueil ultra-enthousiaste au morceau Eclipse, qui fait encore une fois jumper et danser tout le monde. Teru est assez impressionnant quand il prête main-forte à Ken pour les screams, allant même jusqu’à délaisser ses claviers divers pour s’avancer plus près des fans. Wildfire fait également son petit effet, mais l’on sent que les fans sont particulièrement ravis de retrouver d’anciens morceaux comme Photosphere ou Scarlett, scandant les paroles comme s’ils cherchaient à couvrir la voix de Ken. 

Mais là où le groupe fait l’unanimité et relance l’ambiance festive, c’est avec Devil’s Party, un titre de leur dernier album en date, Xeno, qui fait danser les Parisiens. Dans la fosse, les mouvements se font relativement violents alors que sur la scène, les musiciens se déchaînent tous. On sent qu’on en arrive, après une heure de set, à la fin de ce dernier – mais pourtant, on est loin d’imaginer ce qui nous attend encore !
"Countdown To Hell" vient clôturer cette setlist d’avant les rappels, et Crossfaith quittent la scène sous des acclamations amplement méritées.

Au moment où les lumières s’éteignent à nouveau, l’ensemble de la salle se met à scander d’abord « Crossfaith », puis « Jägerbomb », l’un des morceaux phares des Japonais. Après quelques instants de suspense, une silhouette se glisse discrètement derrière la batterie : Tatsu revient pour un majestueux solo de batterie qui s’étire sur la durée, puis Teru vient le rejoindre, et sans qu’on remarque vraiment, le batteur s’éclipse et vient tranquillement s’adosser aux escaliers du Trabendo, bière à la main, derrière une foule si focalisée sur la scène qu’elle ne le remarque même pas (sauf nous… faut dire qu’il était vraiment juste derrière nous, pour le coup). Il s’octroie un bref repos du guerrier, bien mérité suite à ces prouesses, et observe un instant ses camarades sur scène, certains fans commençant à le remarquer et venant lui demander des photos. Il se prête au jeu avec un grand sourire, puis file retrouver le reste du groupe pour les dernières minutes. 


Une fois le groupe au grand complet sur scène, les premières notes d’Omen, la reprise de The Prodigy, font frémir le Trabendo. Des acclamations euphoriques retentissent dans la salle, et plus que jamais ça saute dans tous les sens. Dans l’absolu, il faut dire que niveau électro, la version de Crossfaith n’apporte rien de plus à celle d’origine, il n’y a que les quelques screams qui changent la donne, mais dans tous les cas, on est toujours contents quand il s’agit de The Prodigy.
Heureusement pour les Japonais, les fans étaient pleins d’énergie et prêts à donner de leur personne jusqu’au bout du set, qui s’achève avec Monolith (et toujours sans trace de Jägerbomb, au grand dam de la plupart des personnes présentes). Mais Monolith c’est très bien aussi et tout le monde semble s’en accommoder, reprenant les paroles en chœur. 

Les derniers slammeurs atterrissent sur scène (avant de se faire éjecter illico par la sécurité), les derniers mouvements de foule retournent le Trabendo… Et voilà qu’il est l’heure de dire au revoir à Crossfaith. Les applaudissements et cris tiennent sur la longueur, preuve que le show a fait son petit effet et comblé les fans du groupe nippon. 

Un rappel aussi touffu que celui-ci, c’est une chose plutôt rare et vraiment très appréciable. Les Japonais sont vraiment des bêtes de scène et savent à merveille divertir leur public et faire de leur set une véritable pièce de théâtre, sans que leur musique n’en souffre le moins du monde.

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.
Merci à Roger, Olivier et HIM Media.
 
Setlist :

Intro : System X
Xeno
Raise Your Voice
Ghost in the Mirror
Eclipse
Wildfire
Photosphere
Scarlett
Devil’s Party
Countdown to Hell
--- Solo batterie ---
Omen (cover The Prodigy)
Monolith






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