mercredi 9 mars 2016

Interview : Asking Alexandria

Nous avons eu l'opportunité de nous entretenir avec Ben Bruce, guitariste et fondateur d'Asking Alexandria, il y a quelques semaines. Séparation d'avec Danny Worsnop, arrivée de Denis Stoff, nouvel album bientôt dans les bacs, tournées passées et en prévision, projet solo : il n'y a aucun tabou pour Ben. Interview à lire dans la suite du post. 

Alternativ News : Salut Ben, on est Alternativ News, on t’appelle de Paris !
Ben Bruce : Oh, salut ! Ca fait plaisir de vous entendre.

Avant tout, je tenais à prendre quelques secondes pour te féliciter pour votre nouvel album, The Black. Ça fait plusieurs semaines que je l’écoute en boucle !
Merci beaucoup ! Chaque retour positif me touche énormément, tu ne peux pas imaginer à quel point c’est important pour moi et pour le groupe que cet album soit apprécié.

Quand exactement avez-vous commencé à travailler sur ce nouvel opus ?
J’ai commencé à écrire il y a un long moment, je dirais il y a déjà deux ans et demi environ. Puis quand Danny a quitté le groupe, il a fallu recommencer, je suis quasiment reparti de zéro, en gardant quand même certaines idées, mais le plus gros a été fait l’année passée.

Denis est donc arrivé entre temps, est-ce qu’il vous a apporté un truc en plus ?
Il a débarqué avec une énergie toute nouvelle, qui nous a tous reboostés. On était tous fatigués, éteints, on allait de désillusion en désillusion depuis un moment. On ne savait plus où aller, en fait. C’était dur d’avoir un chanteur qui n’en n’avait plus rien à faire du groupe, qui ne s’investissait plus et critiquait tout ce qu’on faisait. Denis est arrivé et constituait un nouvel espoir, une nouvelle chance pour nous. Dès le début il s’est montré extrêmement motivé, et ça nous a fait du bien à tous.

Cet album comprend une nouvelle fois des influences très diverses, mais garde toujours cet "esprit Asking Alexandria".
Oui, bien sûr ! A chaque fois qu’on écrit un nouvel album, on essaye évidemment de faire le meilleur album possible, mais tout en restant fidèles à nous-mêmes, à ce que nous aimons, à là d’où nous venons. Alors on se repasse nos anciens CDs, on relève ce qu’on préfère et on note les points négatifs, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, si on peut dire ça comme ça. Avec le temps, on affine nos goûts et on s’améliore, c’est une sorte de progression naturelle. On devient de meilleurs compositeurs, de meilleurs paroliers, et aussi, je pense, de meilleurs êtres humains. 

Et tu as même droit à « ta » chanson, "Gone"…
Oui, c’est moi qui chante sur celle-ci ! Je l’ai entièrement écrite et composée, c’était quelque chose de très personnel.

Tu avais expliqué que lors de vos précédents enregistrements, c’était toi qui enregistrais toutes les parties guitare, c’est toujours le cas ?
Oui, on a procédé de la même façon, je compose les morceaux, puis j’enregistre mes parties et celles de Cameron. Je ne lui apprends ses parts qu'à la fin de notre travail en studio, quand on répète pour partir en tournée. 

Vous étiez sur le Vans Warped Tour tout l’été, ce n’était pas trop dur de trouver le temps d’aller en studio ?
Si, justement, c’était vraiment pas évident… On avait eu le temps de commencer les enregistrements avant le Vans Warped Tour, et ensuite dès qu’on avait du temps libre on essayait d’enregistrer, et à peine le Warped était fini qu’on est retournés en studio. Il fallait qu’on boucle tout avant de partir en tournée.

Je ne voulais pas trop en parler au départ, parce qu’à force ça doit être lassant de répondre toujours aux mêmes questions, mais cela reste un sujet important que vous abordez beaucoup dans cet album… Quand Danny a annoncé qu’il quittait Asking Alexandria, avez-vous envisagé, rien qu'une seule seconde, d’arrêter le groupe ?
Non ! Non, vraiment à aucun moment. On sentait Danny partir à la dérive depuis tellement longtemps qu’on était conscients que ce n’était qu’une question de semaines ou de mois avant qu’il ne nous laisse tomber – même si au bout du compte, on se sent toujours trahis et un peu pris au dépourvu. Mais ce groupe, Asking, c’est mon bébé, je ne me vois pas exister sans ça. C’est la partie la plus importante de moi-même, alors pas une seule seconde je ne pourrais envisager une vie sans ça. On a évoqué l’éventualité de devoir faire une pause, de reporter certains de nos plans au cas où nous ne trouverions pas de chanteur, mais arrêter ? Jamais.

Appréhendais-tu la réaction des fans à l’annonce du départ de Danny ?
Un peu, évidemment. C’est toujours bizarre quand un membre d’un groupe le quitte après plusieurs années, mais c’est encore différent quand c’est le chanteur qui s’en va. Les gens s’étaient habitués à sa voix, c’est souvent lui qui est le plus mis en avant, ils ont l’impression de perdre un repère, un pilier. Mais nos fans sont incroyablement loyaux depuis toujours, ils nous soutiennent dans les moments les plus difficiles et ils sont extrêmement compréhensifs. Encore une fois, ils nous ont prouvé qu’ils nous aideraient à traverser cette épreuve et nous ont envoyé des tonnes de messages positifs pour nous encourager à rebondir. Ils ont été géniaux.

J’imagine que vous avez ressenti la même chose, le même soutien, au moment de dire que Denis allait le remplacer ?
Oui, même si dans l’absolu c’était une « bonne nouvelle », que ça signifiait qu’on se remettait sur les rails, et que ça aurait dû sembler logique que la nouvelle soit bien accueillie. Je suis éternellement reconnaissant envers nos fans, qui nous ont apporté un amour et un soutien inconditionnels. Ils ont rendu cette transition tellement simple !



Tu parles ouvertement de cette transition dans le morceau "Sometimes It Ends", qui comprend des enregistrements vocaux dans lesquels tu expliques comment Denis t’a aidé à surmonter ce sentiment d’abandon. S’il n’avait pas été là, l’album aurait été très différent j’imagine ?
Oui, je pense qu’on y aurait entendu beaucoup plus de « rage », autant au niveau instrumental que dans les paroles. J’ai écrit le morceau "Undivided" directement après avoir appris que Danny s’en allait, certains passages de la chanson sont très agressifs, presque insultants, et je pense que c’est une bonne chose que Denis soit arrivé pour « calmer mes ardeurs », en quelque sorte, parce que comme je le dis dans "Sometimes It Ends", j’étais vraiment focalisé sur ma colère, je ne voyais plus rien d’autre.

Ca fait maintenant deux ans que tu parles de sortir un album solo, mais tu ne l’as pas encore fait pour le moment… Qu’en est-il ?
C’est vrai que c’est un projet qui traîne un peu, mais l’année passée je n’ai pas eu une seule minute à y consacrer, je préférais garder mon énergie pour Asking, qui est et restera ma priorité. Je ne voulais surtout pas qu’il y ait la moindre confusion pour nos fans, alors j’ai laissé ce projet en sourdine cette année. Chaque chose en son temps !

Mais c’est toujours dans tes plans ?
Oui, je n’ai pas laissé tomber ! Dès qu’Asking Alexandria aura du temps libre, je m’y attèlerai à nouveau à 100%, pour y mettre le meilleur de moi-même.

Tu as aussi dit que tu voudrais faire un album de blues avec ton père…
Oui, j’adorerais ! C’est vraiment une idée qui me trotte dans la tête mais pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour. Je considère mon père comme l’un de mes meilleurs amis, il aime la musique autant que moi, et si ce n’était pas pour lui, je ne sais pas si je me serais donné à fond comme je l’ai fait pour arriver où je suis aujourd’hui. C’est lui qui m’a acheté ma première guitare, il m’a encouragé à poursuivre mes rêves, ce que je fais aujourd’hui. Non, vraiment, sans lui et son soutien je ne serais pas là aujourd’hui.

Tu as aussi d’autres « projets solo », dont ton label KBB Records. As-tu encore le temps de t’en occuper ?
Oui, j’arrive à gérer pas mal de trucs en parallèle, il y a évidemment KBB Records, mais je viens également de lancer une nouvelle marque de vêtements, Serpent and co, et de sortir une ligne de bijoux pour la marque Never Take It Off. J’aime bien faire des trucs comme ça en parallèle de la musique, même si parfois c’est difficile de jongler entre tout ça, mais j’imagine que je dors moins que la plupart des gens !

En fait t’es une sorte de « business man » ?
Oui, carrément, mais c’est quelque chose que j’aime faire. J’ai toujours ressenti le besoin de faire plusieurs choses pour évacuer ma créativité en quelque sorte, j’essaye de m’occuper comme je peux ! Je déteste tourner en rond ou m’ennuyer, alors je me lance sans cesse de nouveaux défis. 


Pour en revenir à Asking Alexandria ; vous êtes actuellement en tournée aux États-Unis, puis vous allez partir en Asie, mais est-ce qu’une tournée européenne est au programme des mois à venir ?
Oui, on en est encore au stade du booking, on vérifie notre agenda et ceux des salles dans lesquelles on pourrait jouer. Bien sûr que nous prévoyons de revenir en Europe ! Si tout va bien, on sera de retour cet été, puis une nouvelle fois avant la fin de l’année, il ne reste plus qu'à espérer que tout se passe comme prévu et qu'on parvienne à trouver les arrangements nécessaires. Quoi qu'il en soit, on devrait annoncer quelque chose dans les prochaines semaines !

Est-ce qu’on peut espérer vous voir sur la scène d’un festival français ?
Il me semble que rien n’a été conclu, du moins pour le moment. Malheureusement, parce qu’il y en a certains que j’aurais bien aimé faire !

Qu’as-tu pensé du dernier concert que vous avez joué à Paris il y a quelques mois ?
C’était le meilleur concert qu’on ait jamais fait en France ! En tout cas, c’est de loin celui que j’ai préféré. La France – et les Français – sont plutôt difficiles en général, c’est un public très exigeant. Lentement mais sûrement, on se créé une petite fanbase chez vous, c’est de mieux en mieux au fil des ans. La dernière fois qu’on était là, le public s’est montré très accueillant, c’est bon signe pour la suite !

Ça veut donc dire que votre prochaine tournée comprendra un passage par Paris ?
Absolument, oui ! 

L’année passée a été très mouvementée, quel est ton meilleur souvenir de 2015 ?
Ouh là, je ne sais pas… Il y a eu tellement de bons moments. Ce qui me vient à l’esprit tout de suite, c’est l’incroyable soutien que nous avons reçu de la part de nos fans et auquel, pour être honnête, on ne s’attendait pas. Et le fait de pouvoir rejouer à travers le monde avec ce « nouveau groupe », de repartir sur de bonnes bases, c’était presque inespéré. Tout s’est passé beaucoup mieux que dans nos rêves les plus fous. Je serais incapable de sélectionner un souvenir précis !

Et qu’attends-tu le plus de cette année 2016 ?
La sortie de notre nouvel album, le 25 mars ! J’ai extrêmement hâte d’entendre les réactions de nos fans par rapport à The Black, qui marque une certaine « revanche » et qui, surtout, nous permettra de tourner la page une bonne fois pour toutes.

On te transmettra les avis de nos lecteurs quand ils auront pu écouter l’album, alors ! Merci beaucoup, et à bientôt à Paris alors ?
Merci beaucoup à vous, et oui, on se voit très vite !


Propos recueillis par téléphone par Laurie B. le 19 février 2016.
Merci à Charles et HIM Media. 





1 commentaire :

Anonyme a dit…

Sympa merci