vendredi 4 mars 2016

Chronique : Simple Plan - Taking One For The Team

Simple Plan fait partie de ces groupes, qui, à chaque nouvelle sortie, est attendu. Pas vraiment au tournant tant la formule proposée par ce genre de combos est calibrée, mais avec un intérêt certain, afin d’estimer le potentiel tubesque de la chose. Taking One For The Team, cinquième opus du quintet québécois, ne nous le cachons pas, n’atteint absolument pas ses objectifs. De l’aveu même de ses protagonistes, ce nouveau full-lenght se voulait renouer avec le pop-punk direct et pêchu des débuts, tout en gardant les aspects très radiophoniques et
populaires des derniers opus. Mais le problème, c’est que, dans les deux exercices, Pierre Bouvier et sa bande ne convainquent que très rarement.

L’opener "Opinion Overload" laissait pourtant présager de belles choses. Riffs concis, rythmiques puissantes, une énergie débordante et un refrain catchy sans trop en faire, tout ça nous ramenait près de 12 ans en arrière, période Still Not Getting Any..., voire même No Pads No Helmets… Just Balls, cela dit avec une production plus actuelle, de quoi ravir les fans de la première heure. "Boom", premier extrait de l’album, se montre bien plus proche des singles issus de Get Your Heart On!, pour un résultat efficace, qui devrait faire jumper la foule lors de leurs shows.

Dans l’ensemble on pourra trouver que quelques morceaux s’en sortent bien, notamment les quatre premiers titres, dont ceux déjà cités, ainsi que "Farewell" en featuring avec Jordan Pundik, vocaliste des légendes New Found Glory qui vient apporter en crédibilité à la pièce, ainsi que "Kiss Me Like Nobody’s Watching", dont un certain feeling Good Charlottesque se dégage, feeling que l’on retrouvera plus tard sur "I Don’t Wanna Be Sad".

Mais une fois ces premiers brulots passés, on se retrouve face à un gros ventre mou entamé par "Singing In The Rain", en collaboration avec un certain R.City. Avec cette piste, les gars arrivent à faire pire que "Summer Paradise", c’est dire… "I Don’t Wanna Go To Bed" sur lequel se retrouve le rappeur Nelly vaut à peine mieux, et ne nous attardons même pas sur la version française de ce titre, cela vaudra mieux pour tout le monde !
Et en plus de ça, nous avons des titres comme "Everything Sucks", se voulant fun, mais s’avérant simplement niais au final, "I Refuse" tente de proposer un titre pêchu mais gâché par un refrain répétitif et bateau au possible dont les chœurs plus que redondants viennent alourdir le propos. Dommage.

La fin de l’opus est-elle aussi assez décevante, bien que ce ne soit pas la faute aux chansons proposées. Sur les 6 derniers titres, 3 sont des ballades, c’est un peu beaucoup. "Nostalgic" et "P.S. I Hate You" envoient bien le pâté comme il se doit, mais sont vite contrebalancés par la très popisante et sympathique "Problem Child", la très classique "Perfectly Perfect" qui sonne déjà entendu, et par la finale "I Dream About You", plus sombre, dans l’esprit de l’éponyme, sur laquelle apparait Juliet Simms, chanteuse d'Automatic Loveletter.

Avec ce Taking One For The Team, Simple Plan compile le bon, l’inutile et le ridicule. La bande donne même l’impression qu’à 35 ans passés, il est difficile de faire du pop-punk radiophonique avec conviction. On frôle le gâchis, et si quelques titres sauvent le tout du naufrage, il est évident que cet opus est beaucoup trop faible pour un groupe de cette stature. 5 ans (ou 3 ans, si l’on compte l’EP complémentaire Get Your Heart On – The Second Coming !) pour « ça », c’est à la limite du foutage de gueule.

2,5/5

Axel R.

1. "Opinion Overload"
2. "Boom!"
3. "Kiss Me Like Nobody's Watching"
4. "Farewell" (featuring Jordan Pundik de New Found Glory)
5. "Singing in the Rain" (featuring R. City)
6. "Everything Sucks"
7. "I Refuse"
8. "I Don't Wanna Go to Bed" (featuring Nelly)
9. "Nostalgic"
10. "Perfectly Perfect"
11. "I Don't Wanna Be Sad"
12. "P.S. I Hate You"
13. "Problem Child"
14. "I Dream About You" (featuring Juliet Simms d'Automatic Loveletter)

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2 commentaires :

Nico a dit…

Ouch, c'est dur !

Il y a plein de choses intéressantes dans cette chronique (notamment le renvoi au style de GC sur certains titres), mais je vous perds quand on parle de gâchis.

Je suis totalement d'accord, c'est un retour de 12 ans en arrière, et l'album est clairement un gros rappel des deux premiers de Simple Plan. Si c'était bien à l'époque, mais qu'aujourd'hui vous trouvez ça moyen... C'est peut-être vous qui avez vieilli, pas le groupe !

Anonyme a dit…

Absolument pas d'accord avec cette "critique".

Je trouve l'album bien fait, bien produit, et varié. Bien sûr ils utilisent tous les codes du pop-punk mais ce genre se faisant plus discret de nos jours, il est agréable de retrouver ces sonorités qui sentent bon la nostalgie.

35 ans passé trop vieux pour ces conneries ? Je pense pas. Je dirais que l'album est fait avec maturité et expérience même si je pourrais reprocher au groupe de picorer un peu trop dans la popote des autres.

Au final un album qui marie les sonorités du passé avec une touche pop actuelle. Pourquoi pas ?

4/5

Un non fan de ce groupe pourtant...