mercredi 2 mars 2016

Chronique : The 1975 - I Like It When You Sleep, For You Are So Beautiful Yet So Unaware Of It

L’un des albums les plus attendus de 2016 fait enfin son apparition. Et oui, The 1975 est de retour pour le plus grand plaisir des fans qui n’attendaient que ça. C’est donc avec une excitation mêlée à une fébrilité certaine que l’on peut enfin poser les oreilles sur le successeur d’un des albums de l’année 2013. 

La pochette, similaire à leur album éponyme (avec pour seul différence un fond clair et un peu de rose ce coup-ci), laisserait-elle donc présager d’un son dans la continuité de
ce qu’ils ont déjà proposé dans le passé ? Les titres balancés sur la toile représentent-ils l’album dans son ensemble ? 

C’est assez simple en fait. La réponse à ses 2 questions est NON. "Love Me", sorte de mix entre Prince et The Cure, fait l’effet d’un petite bombe en ouverture, suivi par l’ultra poppy et catchy "UGH", on sait déjà qu’on va passer un moment unique. Et quand arrivent les tubes "She’s American" (bordel de dieu ce refrain !) et "The Sound" (qui va les propulser vers l’infini et au-delà, c’est un fait) on sait que le groupe a absolument tout compris car ils sont capables de tout. Chaque chanson fourmille de mille idées différentes, qui pour tous les groupes donneraient un bordel sans nom, mais chez eux, tout fonctionne, s’en est presque hallucinant : voix, guitares, claviers, batterie, basse, machines, tout se mélange. 

Mais The 1975 ne s’arrêtent pas là, puisque si certains titres sont dans la continuité du S/T ("Somebody Else", 80’s à souhait en est un parfait exemple), le groupe a réussi la performance de proposer ces titres le plus accessibles et pousser leur côté pop jusqu’au bout mais aussi ces morceaux les plus expérimentaux : "If I Believe", transe gospel de plus de 6 minutes, avec un solo de saxophone pour couronner le tout est une chanson simplement bluffante et proprement incroyable. 

Ailleurs, "Please Be Naked" ne renierait pas Sigur Rós (oui, oui vous avez bien lu), tandis que "Lostmyhead" pourrait trouver une place de choix sur un album de Explosions In The Sky : post-rock jusqu’au bout des guitares. Et pour finir par, "Nana" et "She Lays Down", 2 ballades acoustiques, dans leur appareil le plus simple, avec la voix magnifique de Matthew Healy (sa performance est à saluer, car il réussit le pari de savoir tout chanter, d’avoir un contrôle total de sa voix, passant d’une fragilité et d’une sensibilité déconcertantes à des lignes folles sur d’autres parties). 

Où est la cohérence dans tout ça ? Sincèrement, il n’y en a pas. Mais, ça n’a jamais été un problème pour eux, puisque ils en ont toujours fait qu’à leur tête. Encore plus ici, car tout va plus loin : la pop est plus pop, les influences 80’s sont encore plus prononcées, l’électro est plus électro, les guitares sont plus subtiles et puissantes que jamais, les passages atmosphériques le sont encore plus qu’auparavant. 17 chansons qui qui partent dans tous les sens, sans jamais exploser en plein vol, bien au contraire. Tout est maîtrisé de bout en bout, et la production énorme donne cette homogénéité dans le son. 

Dur de ne pas être emballé devant un telle œuvre. Accessible, accrocheur, expérimental, pop, rock, I Like It When You Sleep, For You Are So Beautiful Yet So Unaware Of It est tout ça, et bien plus encore. The 1975 est une bande de doux dingues qui transcendent les genres et les modes. Ces 17 (!!!) titres sont un condensé de tout ce que le groupe aime, et on prend un pied indescriptible à l’écouter malgré ces 70 minutes au compteur. Oui, mille fois oui, le groupe de Manchester va remplir des stades et vient de sortir un des albums de 2016, peut-être même bien l’album de l’année.

4,5/5

Guillaume W.


1. The 1975
2. Love Me
3. UGH!
4. A Change of Heart
5. She's American
6. If I Believe You
7. Please Be Naked
8. Lostmyhead
9. The Ballad Of Me And My Brain
10. Somebody Else
11. Loving Someone
12. I like it when you sleep, for you are so beautiful yet so unaware of it
13. The Sound
14. This Must Be My Dream
15. Paris
16. Nana
17. She Lays Down

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