mardi 23 février 2016

Live Report : The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die + mewithoutYou + Paerish @ Le Point Éphémère, Paris - 05/02/16

C'est le deuxième passage dans la capitale pour l'un des groupes les plus intéressants de la scène emo actuelle : The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die. Et pour les accompagner, c'était un groupe qui quand à lui faisait sa toute première date parisienne, et ce n'était ni plus ni moins que mewithoutYou, un influent groupe américain issu de la scène post-hardcore underground et ayant depuis ouvert ses horizons à la baroque pop et à la folk, entre autres. Une telle affiche ne pouvait que nous procurer des sensations fortes, et ce rendez-vous a bien tenu ses promesses... Et ce même si l'on découvrait tout juste mewithoutYou, comme ce fût mon cas. Et l'honneur est revenu à Paerish, nos héros locaux de l'emo-grunge, d'ouvrir la soirée.

A 20h30, les lumières se tamisent et les membres de Pærish entrent sur scène. Le groupe entame son set à l'aide de riffs assez agressifs, surprenants à chaque fois et qui annoncent le ton de la soirée. Le public est de suite réactif à la musique proposée par la formation locale : on voit des têtes se balancer, des personnes sauter, et même quelques pogos se créer… Pas de doute, la soirée a commencé.
Pærish enchaîne sans se démener les morceaux qui seront présents sur leur premier album qu’on espère voir paraître cette année alors que l’audience, très réceptive, les applaudit chaleureusement à chaque fin de chanson. A noter qu’on voit également très peu de téléphones portables dans la fosse, signe que la foule profite pleinement de la prestation proposée. Cette prestation est d’ailleurs bien plus travaillée que lors des précédents concerts du quartet (No Devotion par exemple), le groupe a vraiment pris de la bouteille grâce aux quelques dates enchaînées ces derniers mois et ça n'est pas pour nous déplaire.
Les garçons communiquent énormément avec le public, ils jouent un set sans bavure au cours duquel nous avons évidemment le droit à leur titre phare "Undone" (qui a atteint les 2 millions d’écoutes sur Spotify) et même "Marcel & The Prince", leur titre qui a le mieux fonctionné, composé alors qu'ils s'appelaient encore Crackity Flynn. Martin nous raconte d’ailleurs avant d’interpréter ce morceau qu’ils ont joué sur cette même scène du Point Éphémère il y a de ça 4 ans sous le nom de Crackity Flynn, que Frédéric n’était pas encore au sein de la formation, et que cette date avait donc quelque chose de spécial pour eux. Le public ne manquera pas d’applaudir une fois encore cette intervention. Pærish continuera son set tout aussi proprement et le clôturera par le second single de l'album, "Then People Forget" à l'issue duquel le groupe reçoit une énorme ovation. Pas de doutes, Pærish a conquis Paris ce soir, comme il le fait de plus en plus depuis l'an dernier avec ses apparitions multiples lors des premières parties de concerts de groupes emo en France.

Une parfaite entrée en matière pour chauffer le public et le préparer à l'étape supérieur de la soirée. Et je fais partie de ces gens qui n'ont pas connu cette période ou mewithoutYou faisaient chavirer les cœurs des kids et partageaient un disque avec Norma Jean, je n'ai que très peu écouté jusqu'à présent [A→B] Life qui contient "Bullet To Binary", ce morceau avec un couplet en français... Que je pensais peut-être entendre ce soir, et je n'ai sûrement pas été le seul. Il n'aura pas été sur la setlist, mais celle-ci aura comblé l'ensemble du public, piochant dans chaque disque que le groupe a sorti jusqu'à Pale Horses en 2015. Et que peut penser un kid qui découvre mewithoutYou de nos jours, et qui les voit en live dans le même temps ? Eh bien il en ressort impressionné. Surpris de voir qu'après plus de 10 ans de carrière, les garçons sont toujours autant acharnés et passionnés à jouer un genre musical qui pourtant est assez dur à exécuter avec une telle constance sur une telle durée. Aaron Weiss, le frontman, gesticulait et dansait sans jamais se fatiguer, sans jamais que cela nuise à son chant, ses cris. Les garçons maîtrisent complètement leur sujet, ont donné leur leçon aux plus jeunes, et ont fait forte impression pour leur premier concert parisien…

Comment pourra donc faire TWIABP pour rivaliser ? Lors de leur premier passage à Paris en 2014 avec Empire ! Empire ! (I Was A Lonely Estate) et We Came Out Like Tigers, les messieurs dames semblaient déjà avoir fait forte impression, retravaillant ses compositions pour les rendre encore plus introspectives et puissantes de par une certaine densité, une certaine lenteur supplémentaire. Pour sa deuxième fois sur les planches parisiennes, le groupe n'a pas dérogé à son habitude et a au passage considérablement amélioré son set, nous faisant encore croire par moments que nous assistions à un concert de funeral doom, par exemple sur "Heartbeat In The Brain" où les passages instrumentaux ont été ralentis, pour offrir un rendu plus lourd, plus… Hypnotisant ?

C'est plutôt vers les derniers morceaux de la bande, ceux de l'album Harmlessness, que s'est logiquement axée la setlist de la soirée, avec le titre "January 10th" en guise d'ouverture. D'emblée, le premier rang s'est prêté au jeu du sing-along, un titre plutôt adéquat pour cela, quand on sait sa portée émotionnelle et son impact lyrical : un pamphlet contre le viol et une ode assumée aux vengeresses telles que "Diana The Hunter". Le collectif ce soir composé de 7 membres (le line-up du groupe évolue régulièrement) a bien défendu ses morceaux, et nous a offert certains des meilleurs titres de Whenever, If Ever., on retiendra d'ailleurs la brillante interprétation de "Picture Of A Tree That Doesn't Look Okay". Par chance, leur son a été bien mieux mis en valeur qu'au Glaz'art, même si il paraissait toujours un petit peu écrasé. On ne dirait vraiment pas à l'écoute de leurs morceaux, mais le son de la bande est réellement massif. 

Au final, cette soirée fût tout simplement irréprochable. Un groupe influent toujours au top de sa forme, et la relève prenant toujours plus d'assurance, de talent. Découvrir mewithoutYou dans ces conditions fût un honneur certain, et il est fort à parier que pour les fans français, ce fût un moment privilégié et mémorable. Tout autant que de voir TWIABP sous son meilleur jour, un groupe totalement épanoui musicalement, qui nous a montré qu'il n'avait en aucun cas peur des barrières.

Textes : TWIABP / Mewithoutyou par Guillaume D.
Texte : Paerish par Axel G.

Merci à Alternative Live.





2 commentaires :

Tyler a dit…

Bon report de votre part,y'aurais t-il moyen d'avoir la setlist de TWIABP?

Alternativ News a dit…

Apparemment la même que sur la tournée US.

Sébastian D.