mercredi 24 février 2016

Live Report : Sum 41 + Newdrive + Hollerado @ Le Trianon, Paris - 23/02/16

Le retour des Canadiens de Sum 41 était très attendu par les fans français : leur concert du 23 février au Trianon a affiché complet en quelques minutes à peine, et une seconde date avait alors été rajoutée la veille. Nous avons eu la chance de prendre part au deuxième show parisien du groupe, et notre live report est à lire dans la suite de ce post.

Ratant de peu Hollerado, premier groupe à jouer ce soir-là, nous arrivons pour le set de Newdrive, un groupe suédois qui, physiquement, ressemble à un étrange mélange entre Good Charlotte et blink 182/Sum 41. Musicalement parlant, c’est à peu près ça aussi. Leur punk-rock fait sauter la foule du Trianon, qui répond avec ferveur aux sollicitations des musiciens. Le chanteur (celui avec le look Good Charlotte, cheveux noir corbeau lissés sous sa casquette) interagit sans cesse avec les fans, se baladant un peu partout sur scène avec sa guitare.
Si cela n’a rien de révolutionnaire, Newdrive nous propose une formule qui marche à tous les coups, et leur énergie communicative fait son petit effet dans la fosse. C’est une très bonne mise en bouche pour ce qui nous attend un peu plus tard dans la soirée – et qui, de toute façon, nous fera oublier tout le reste.
À la fin de leur set, les musiciens de Newdrive sont acclamés comme des rois, ils remercient le public parisien et motivent les fans à scander « SUM 41 ». Ce qu’évidemment, ils se font un plaisir d’exécuter.

Un peu avant 21 heures, les lumières s’éteignent dans la salle, nous avons droit à une intro de quelques minutes qui semblent interminables avant que les musiciens de Sum 41 ne débarquent enfin sur scène, visiblement en pleine forme. Le concert débute avec le morceau "Reason To Believe", nous déstabilisant quelque peu : nous n’avions pas pu nous empêcher de nous auto-spoiler en allant chercher la setlist de la veille, qui commençait avec le titre "Over My Head" (celui-ci arrivera quelques minutes plus tard). Une excellente surprise, donc : le groupe a décidé de jouer deux sets différents, deux soirs de suite. Rares sont ceux qui relèvent le défi, mais nous n’en sommes qu’au début et un tas de petites surprises vont encore ponctuer la soirée.

Dès les premiers instants, la prestance et le dynamisme du groupe font plaisir à voir. Sum 41 effectuent là leur première tournée depuis trois ans, et ces dernières années ont été tristement marquées par la dérive du leader Deryck Whibley. Mais le dénouement ressemble pas mal à un conte de fées : sous nos yeux, Deryck semble avoir rajeuni de dix ans, Cone est toujours fidèle à lui-même, et surtout, pour le plus grand bonheur des fans « old school », le guitariste Dave Baksh avait repris ses fonctions au sein du groupe. Rappelons que Baksh avait quitté Sum 41 en 2006, après dix ans de bons et loyaux services, et que son retour avait été annoncé l’été dernier. Seul le batteur Steve Jocz manque à l’appel, remplacé par un excellent Frank Zummo (mais qui sait, peut-être finira-t-il lui aussi par revenir).

Bien chauffé par les premières parties, le public est vraiment au taquet, les paroles sont reprises en chœur, les mouvements de foule font vibrer le plancher, et les premiers accords de "The Hell Song" font hurler les fans. Cela fait à peine une dizaine de minutes que le concert a commencé, mais on sait déjà qu’on ne regrettera pas d’être venus. Au contraire : on s’en voudra d’avoir osé douter du groupe. Certains chanceux seront même choisis par Deryck himself pour monter sur scène et assister au concert depuis la side-stage.
Les musiciens enchaînent avec "Skumfuk" et "Makes No Difference", puis on constate une légère accalmie sur scène. Les jeux de lumières se font plus doux, Deryck et sa bande s’assagissent et cessent de courir dans tous les sens. Et là, énorme surprise (la plus belle de la soirée en ce qui me concerne) : alors qu’elle ne figurait pas sur la setlist d’hier, Sum 41 interprètent "With Me". Un joli cadeau pour les fans français (évidemment, en contrepartie, certains autres titres ont été sucrés ce soir-là).

Mais on a tout juste le temps de reprendre son souffle que le rythme effréné de cette soirée reprend, avec d’abord "Mr. Amsterdam", puis les incontournables "We’re All To Blame" et "Walking Disaster". Encore une fois, la foule saute à l’unisson, et l’on ne peut qu’applaudir la performance du groupe. Honnêtement, la moitié de la salle devait s’attendre à un show un peu décousu ou d’une qualité moyenne, si l’on en croit les « on dit » qui couraient depuis l’annonce du retour de Sum 41 sur scène. Mais il n’en est rien ; évidemment, comme chaque artiste lors de chaque concert, on relève quelques petites fausses notes, mais aucun moment de relâchement pendant plus d’une heure. Aucun moment où les fans se sont tournés les pouces, aucun moment où on a haussé les sourcils en se demandant ce qu’on foutait là. Le concert est appréciable à tous les niveaux, et malgré les setlists changeantes chaque soir, il n’y a aucun signe d’hésitation, aucun raté de la part des musiciens.

À plusieurs reprises, Deryck s’adresse à son public français, exprimant toute sa gratitude envers les fans si fidèles, qui ont patiemment attendu leur retour et continué de croire en eux. Il annonce également que, dès la sortie du nouvel album du groupe, Sum 41 repasseront par Paris, ce qui provoque l’hystérie collective.
Le deuxième moment mignon de la soirée, c’est quand Deryck demande au public de se concentrer, parce qu’il va interpréter la chanson qu’il préfère parmi toutes celles qu’il a pu écrire : "Pieces". Même s’il n’en n’a nullement besoin, le public lui vient en aide, reprenant les paroles de ce tube à l’unisson avec le chanteur. C’est un très beau moment rempli d’émotion, un second « calme avant la tempête », et la dernière occasion de reprendre son souffle avant de retrouver l’étuve de la fosse.
"Screaming Bloody Murder", l’un des derniers morceaux en date du groupe (qui remonte quand même à cinq ans…), redonne un coup de fouet aux fans, qui rouvrent un pit sur le parquet du Trianon, qui ne doit pas être très habitué à ce genre de spectacles. Les Canadiens continuent avec "Sick Of Everyone", qu’ils dédicacent à Donald Trump (qu’ils ne semblent vraiment pas porter dans leurs cœurs) puis "Welcome To Hell", et Deryck ne rate pas une occasion pour attirer l’attention sur son ami Dave au moindre semblant de solo de guitare. Le chanteur est visiblement ravi d’avoir retrouvé son acolyte, et compte bien le lui faire comprendre. 

Ensuite, c’est au tour de Frank Zummo de se retrouver seul sous les projecteurs. Ayant intégré Sum 41 en 2015, c’est là sa première tournée européenne, et il est l’heure pour lui de se présenter aux fans parisiens. Il a donc droit à ses quelques minutes de gloire et signe un solo de batterie très honorable, avant que les autres membres du groupe ne refassent leur apparition pour interpréter un medley de différentes chansons de Metallica (la veille, ils avaient repris "We Will Rock You" de Queen). Nous avons donc droit à "For Whom The Bell Tolls", "Enter Sandman" et "Master Of Puppets", réaménagés à la sauce punk sans bafouer l’esprit metal des interprètes originaux. Là encore, Dave a un rôle important à jouer, et le remplit à merveille.

Cela fait une heure que le Trianon est en ébullition, mais ça ne va faire que s’amplifier lors des dernières minutes de ce set d’anthologie. En effet, pour conclure, Sum 41 nous offrent un combo magistral de “Still Waiting” et "In Too Deep”, deux des morceaux les plus connus du groupe (même les passants qui se trouvaient par hasard devant le Trianon à ce moment-là ont dû reprendre les paroles en chœur). Il était impossible de passer à côté de ces deux-là, et non seulement on retrouve sur scène les Sum 41 de cette époque-là (les glorieuses années 2001-2002), mais en plus ils ont gagné en maturité et offrent un spectacle de meilleure qualité. C’est très paradoxal : d’un côté, l’évolution est flagrante, tandis que de l’autre, les musiciens autant que les fans renouent avec leurs âmes d’ados.
Plus que jamais, profitant des derniers instants de la soirée, les fans scandent les paroles, sautant dans tous les sens, n’hésitant pas à aller crowdsurfer (là encore, c’est pas tous les jours qu’on voit ça au Trianon) ou à ouvrir un dernier circle-pit pour la route.

Et puis les musiciens remercient leur public, visiblement impressionnés par la dévotion des Parisiens, et quittent la scène qui se retrouve plongée dans le noir. La foule hurle d’une même voix « SUM 41 », et les Canadiens n’ont de toute façon pas d’autre choix que de revenir pour deux ultimes morceaux dans ce beau théâtre du Trianon.
Manquaient encore à l’appel deux incontournables du groupe : tout d’abord, "Underclass Hero", issu de l’album du même nom, l’avant-dernier en date du groupe. Puis on replonge dans la période qui a lancé la carrière du groupe avec "Fat Lip", le tube qui avait propulsé Sum 41 sur le devant de la scène. 
Sur scène, les musiciens semblent à peine fatigués – et nous, même s’il fait une chaleur quasi-insoutenable dans la fosse, on en reprendrait bien encore une petite dose. Mais il est l’heure de dire au revoir à Sum 41, qui remercient chaleureusement leurs fans.

On sent que la gratitude du groupe est sincère ; après tout, suite aux problèmes de santé de Deryck en 2014, qui avaient remis en question l’avenir de Sum 41, beaucoup auraient pu leur tourner le dos. Mais le chanteur a repris du poil de la bête, et c’est bien peu de le dire ! Plus aucune trace de sa descente aux enfers ; face à nous, c’est le Deryck Whibley des années 2000 que nous retrouvons, avec la même énergie, la même volonté de bien faire et de satisfaire son public.

Mission accomplie pour Sum 41, qui ont (re)conquis leurs fans français ces deux soirs de février, en leur offrant en prime deux soirées uniques, remaniant leur setlist qui mêlait des morceaux de toutes époques confondues. À tous les niveaux, ce concert a largement dépassé nos attentes. Il faut croire que Sum 41 ne sont pas revenus pour « un dernier tour de piste », mais qu’ils sont bel et bien remontés en selle, et pour un long moment. Il ne reste qu’à espérer que ce nouvel album arrive au plus vite, afin que le groupe puisse revenir rendre visite à son public parisien.
Une chose est sûre : il faudra répondre présent. Sum 41, c’est bien loin d’être de l’histoire ancienne.

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.
Merci à Julie, Hélène et Nous Prod.

Setlist :

Reason To Believe
Motivation
Over My Head (Better Off Dead)
The Hell Song
Skumfuk (intro Blood In My Eyes)
Makes No Difference
With Me
Mr. Amsterdam
We’re All To Blame
Walking Disaster
Count Your Last Blessings
Pieces
Screaming Bloody Murder
Sick Of Everyone
Welcome To Hell
Medley Metallica (For Who The Bell Tolls/Enter Sandman/Master Of Puppets)
Still Waiting
In Too Deep
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Underclass Hero
Fat Lip





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