jeudi 18 février 2016

Live Report : Stick To Your Guns + Stray From The Path + Counterparts + Wolf Down @ La Flèche d'Or, Paris - 13/02/16

Voici un plateau qui réunit quatre groupes parmi les meilleurs de la scène hardcore moderne, chacun avec son style un peu propre et qui, sur le papier ravi les fans parisiens qui se sont donnés rendez-vous ce samedi 13 février à la Flèche d'Or de Paris. L'on y rencontre une foule pleine de "hardcore kids" venus en groupes de potes ou en couple pour cette pré-St Valentin et on note qu'il y a presque autant de filles que de garçons ce soir venus remuer les cheveux aux doux sons des guitares. 

L'ouverture des portes se fait relativement tôt (18h30) et nous manquons hélas Wolf Down qui sillonne les routes d'Europe avec son nouveau line-up rempli de testostérone même si leur ancienne chanteuse donnait définitivement plus de cachet aux Allemands jusqu’à l'album clin d'œil nommé Stray From The Path

Counterparts joue dans la foulée pour présenter ses titres un peu plus mélodiques et les Canadiens, que l'on voit très souvent sur les affiches de concerts hardcore ces derniers temps, en finissent de chauffer l'atmosphère déjà torride de la salle bien remplie et toute ouïe pour l'arrivée des New Yorkais de Stray From the Path qui s'occupent de faire eux-mêmes leur sound-check en faisant rugir leurs instruments avant de monter officiellement sur scène. 

C'est là que la folie démarre sans pitié avec "The New Gods" puis "Outbreak", le titre d'ouverture de leur dernier excellent album, Subliminal Criminals, dont le refrain est repris en chœur par la Flèche d'Or qui est venue en connaissance de cause. Le pit s'affole avec l'enchaînement des chansons au groove imparable car il est impossible de ne pas danser et bouger sur ces riffs. Face à l'énergie dégagée par le quatuor de Long Island, qui a sorti un des meilleurs albums dans le style, ce dernier prouve ici que la scène lui va a ravir : ce mélange de hardcore oldschool, la musicalité et le son de guitare empruntés à Tom Morello, une section rythmique accablante avec ce flow type hip-hop nous donne un mix pouvant représenter ce qu'aurait donné Rage Against The Machine si ils avaient grandi dans le Lower East Side aux côtes d'Agnostic Front avec cette touche de modernité et de fraîcheur : le mélange est fulgurant et ne tombe dans la pâle copie. 

Le set de soir est bluffant, Drew York tend son micro pour faire chanter les fans du premier rang, incite tout le monde sauter, lever les bras sur les passages les plus groovies, il déambule en faisant des signes de main façon rappeur américain tant le style musical s'y prête, avant de lancer plusieurs circle-pit que la foule exécutera sans sourciller. Il fait un break et demande de l'écouter, et nous dit qu'ils sont un groupe engagé et qu'ils montent sur scène pour raconter des choses qui ont un sens et non pas gagner des followers Instagram, puis rend hommage aux victimes du Bataclan, mais nous dit aussi combien ils sont heureux de voir le courage que nous avons de venir aux concerts et qu'ils en sont d'autant plus honorés ce soir avant de lâcher la RATMesque "Shot Fire". Avant les deux dernières chansons il fait signe à la foule de s'approcher et se retourne debout dans la fosse tendant son mirco et criant pour le final, n'hésitant pas à haranguer et motiver les troupes sur le final "Shut The Fuck Up". Un prestation implacable et beaucoup trop courte au vu de sa qualité. Tout le monde va prendre l'air ou une bière pour s'extirper un peu de cette fournaise avant l'arrivée du headliner.

Sick To Your Guns viennent présenter leur cinquième album, Disobedient, sorti il y a juste un an, avec un son énervé et mélodique plaçant des refrains chantés très marqués, et c'est tout en mélodie que le combo attaque son concert, avant de nous rentrer dans le lard et d'envoyer du rythme dès la seconde chanson avant d'envoyer les hits "We Still Believe" ou "Nothing you can do", eux aussi chantés à l'unisson par l'assemblée, entre lesquels Jesse Barnet lance un "fuck the system". 

C'est un enchaînement de tubes et de hits hardcore, on a bien sur droit ici aussi à de nombreux circle pit dans une salle déchainée et  les sing-along STYG nous montrent qu'ils ne sont pas en tète d'affiche ce soir pour rien (même si à titre personnel j'aurais mis Stray from the path à leur place, question de goûts) mais les kids d'Orange County tiennent l'assemblée de fort belle manière entre deux speechs bien placés.

Jesse nous confie qu'à l'adolescence il a arrêté de croire en un possible Dieu qui est la source des problèmes des gens plutôt que l'inverse, qu'il a arrêté de croire ce qu'on voulait lui apprendre à l'école, qu'il a commencé à vivre par lui-même, ne pas se faire contrôler et qu'il était temps de se reconnecter en tant qu'humain, puis pose la question de réfugies aujourd'hui sur un fond de larsen de guitare avant d'envoyer sa rage sur les planches. 

Les cinq Californiens en imposent ce soir et clôturent cette soirée hardcore sans ambiguïté, prouvant qu'il reste un groupe motivé, engagé, et intègre malgré ce que certains labels osent nous servir. Un très belle soirée comme on en redemande signée Alternative Live !

Texte : Antoine D.
Photos : Mathilde M.

Merci à toute l'équipe d'Alternative Live.



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