mercredi 10 février 2016

Live Report : Persistence Tour @ Gibus, Paris - 18/01/16

Il fallait arriver tôt au Gibus ce soir-là pour profiter au mieux de cette date unique du Persistence Tour en France. Nous n’arrivons sur place que pour la fin du set de Wisdom In Chains, qui sont passés avant Twitching Tongues, contrairement à ce qui avait été annoncé. Nous avons donc manqué le set de Risk It, mais une longue soirée nous attend encore…

Le public est déjà très dense pour Twitching Tongues, qui sont néanmoins accueillis de façon plutôt mitigée : devant, les adeptes motivés, prêts à mosher, et derrière, certains détracteurs n’hésitent pas à faire part de leur antipathie envers le groupe. Toujours est-il que les Californiens présentent un show rôdé et plein d’énergie, qui ne nous transportera peut-être pas mais n’était pas médiocre pour autant. 

On enchaîne rapidement avec Iron Reagan. Et là, l’ambiance décolle vraiment ; dans la foule, des circle pits se forment, les gens se mettent à crowdsurfer en nombre… Sur scène, c’est tout autant la folie, le groupe se donne à fond pour le public parisien, et ce dernier le lui rend bien. Bonne surprise pour les fans : le set dépasse quelque peu la demi-heure, on a droit à dix-sept chansons, dont les incontournables "I Won’t Go", "Miserable Failure" ou "Eyeball Gore" qui vient clôturer le bal dans la sueur et les coups. 

On en est à la moitié de la soirée, il nous reste donc près de trois heures à tenir. Les New-Yorkais de H2O débarquent à leur tour sur la petite scène du Gibus. Le ton est donné très vite : énormément de gens semblent venus pour eux, et on commence très fort avec "Nothing To Prove", de quoi remuer le public français. Les morceaux comme "Use Your Voice" sont repris en chœur par des fans en très grande forme. Sur "Guilty By Association", le chanteur de Wisdom In Chains revient sur scène pour un featuring inattendu, face à une foule en délire. 
Puis nous avons droit à une séquence émotion lorsque le groupe s’arrête un instant, faisant une dédicace aux victimes du Bataclan, qui étaient « à un concert pour s’amuser exactement comme vous ». Ça fout quand même un coup au moral, mais on a pas le temps de trop y penser car H2O enchaînent aussitôt, et finissent leur set en apothéose avec "What Happened". Mad Joe de Wisdom In Chains revient faire un tour sur scène pour accompagner le groupe sur cet ultime morceau rythmé par les slams. Les musiciens tirent ensuite leur révérence pour la soirée sous des tonnerres d’applaudissements et des acclamations tonitruantes. Le hardcore new-yorkais a séduit les foules, cela ne fait aucun doute ! 

La soirée a pris un peu de retard, et lorsque les très attendus Californiens de Terror débarquent, le public est remonté à bloc. Là aussi, on commence fort avec "One With The Underdogs", et Scott Vogel, le frontman, montre très vite qui est aux commandes ici. Il fait comprendre à ses fans qu’ils doivent faire comme chez eux – c’est-à-dire hurler, monter sur scène avant de se jeter à nouveau dans le public… Tout le monde est le bienvenu aux côtés des musiciens de Terror, et les fans s’en donnent à cœur joie. Là encore, le groupe est rejoint sur scène par des « guests » : Taylor Young de Twitching Tongues vient donner de la voix sur le puissant "Spit My Rage", et Gregor de Risk It débarque pour "Mind At War". Les crowdsurfers s’en donnent à cœur joie, et la scène est bientôt envahie par les fans, les musiciens se retrouvant un peu à l’étroit. L’ambiance est à ce moment-là vraiment à son paroxysme, et le groupe achève son set avec "Keepers of the Faith", faisant une dernière fois trembler le Gibus avant de se retirer sous une salve d’applaudissements bien méritée. 

Et là, surprise, la salle se vide. On a l’impression que presque la moitié des spectateurs est partie au moment où Ignite arrive sur scène, c’est un peu triste. Mais d’un autre côté, ça peut se comprendre : la soirée ayant pris du retard, il est déjà tard pour ceux qui dépendent des transports et habitent en dehors de la ville, et il faut avouer que l’ambiance bouillante en prend un coup… On passe d’un hardcore explosif à quelque chose de bien plus mélodique, voire reposant. Forcément, le public est calmé d’un coup, même si le set s’ouvre sur un morceau au titre pourtant prometteur, "This Is A War". 
La prestation est très bonne, le groupe a ses adeptes et la foule finit par retrouver un ultime élan d’énergie, mais il faut croire que le début de soirée a été trop éprouvant, et c’est sur une note quelque peu mitigée donc que s’achève cette unique date française du Persistence Tour. 

Il est quelque peu regrettable qu’une telle affiche n’ait pas réussi à faire tout à fait salle comble à Paris, mais les amateurs de hardcore ont eu droit à une soirée exceptionnelle ce 18 janvier. De tels plateaux se font plutôt rares dans la capitale, pourtant ils attirent un certain nombre de véritables passionnés. 
De ce soir-là, nous retiendrons avant tout H2O et Terror, qui ont été fantastiques sur scène, et qui ont aussi eu droit à un public de première classe.

Texte : Laurie B.

Merci à Teresa et Horca Shows




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