lundi 15 février 2016

Live Report : Parkway Drive + Architects + Thy Art Is Murder @ La Cigale, Paris - 11/02/16

C’est une soirée que beaucoup d’entre nous attendaient avec impatience. Initialement programmé dans la salle du Bataclan, le concert de Parkway Drive avait pu être déplacé à La Cigale le même jour. Amenant avec eux les Britanniques d’Architects et leurs comparses de Thy Art Is Murder, les Australiens avaient réussi à attirer les foules. Retour sur cette soirée qui confirme que, niveau concerts, 2016 commence vraiment très fort.

Il est 19 heures quand les lumières s’éteignent une première fois, et la salle de La Cigale est déjà pleine à craquer. La foule compacte accueille Thy Art Is Murder avec de bruyantes acclamations pendant que le groupe se met en place sur scène. C’est l’occasion pour eux de présenter au public français leur nouveau chanteur, Nick Arthur, « en poste » depuis le départ de CJ en décembre 2015. Le groupe entame son set avec "Absolute Genocide", et les fans répondent de façon très positive, ne tardant pas à mosher et à former un circle pit deux secondes à peine après que le chanteur l’ait demandé.
Niveau ambiance, la foule est au taquet. Niveau spectacle… Même si la prestation est bonne, il faudra repasser. On pourrait peut-être l’expliquer par sa récente arrivée au sein du groupe, justifiant une période d’intégration, mais il faut dire que Nick Arthur ne dégage pas vraiment de prestance scénique, et qu’on s’éclate plus à regarder les fans dans la fosse que le chanteur, beaucoup trop statique.
Mais comme dit, la performance n’en reste pas moins honorable, et si vous prévoyez de vous rendre au Hellfest en juin, allez donc vous défouler un peu sur Thy Art Is Murder, l’ambiance sera sans doute au rendez-vous. Et Nick Arthur semble être un excellent remplaçant pour le groupe, il assure à la perfection du début à la fin – même si, comme dit plus haut, il pourrait améliorer son jeu de scène. On lui pardonne pour cette fois. 
Le set d’à peine sept morceaux s’achève sur "Holy War", repris en chœur par les fans. C’est un début de soirée très prometteur, et le groupe quitte la scène de la Cigale sous des applaudissements mérités. 

Après une brève pause qui permet aux mosheurs de reprendre leurs esprits, c’est au tour des très attendus Architects de prendre possession de la scène. L’intro reconnaissable entre mille de "Gravedigger" plonge la salle dans un dernier instant de répit avant que la voix de Sam Carter ne vienne couvrir les cris du public.
Chauffés par Thy Art Is Murder, les fans ne mettent qu’un très bref instant avant de former un énorme mosh pit. On enchaîne avec "Broken Cross", puis "The Devil Is Near" et "Dead Man Talking". Le chanteur s’octroie de petites pauses entre deux morceaux pour s’adresser au public, le remerciant d’être venu ce soir-là, et exprimant son bonheur d’être retour à Paris, pour la première fois depuis les attentats. Le groupe a toujours été bien accueilli dans la capitale française, et ce discours est applaudi par l’ensemble de la foule.
Comme à chaque fois, la prestation est très propre, et Sam Carter en impose par le charisme qu’il dégage, mais également par sa performance vocale alors qu’il se balade d’un bout à l’autre de la scène. Le frontman enchaîne chant plus ou moins clair, screams plus ou moins poussés, piochant dans son impressionnante palette vocale, et ça a l’air d’être un jeu d’enfant pour lui.
Arrive le tour de l’un des morceaux chouchous des fans, "Naysayer", un titre qui fait un malheur en live. Les fans ne se privent pas de mosher et de crowdsurfer, jusqu’à ce que l’on voit Sam Carter sauter de scène, arrêtant de chanter. Sur le coup, on ne comprend pas trop, on pense tous qu’il est tombé, et les musiciens arrêtent de jouer pour s’approcher du rebord de la scène, têtes baissées vers l’endroit où a disparu leur chanteur. En fait, la sécurité avait quelque peu malmené les fans qui crowdsurfaient, les menaçant d’expulsion. Refusant que ses fans soient traités de la sorte, Carter s’était donc interposé et avait exigé que ces agents de sécurité laissent leur place au crew de son groupe, laissant donc les slammeurs retourner dans la fosse en un seul morceau.
Le chanteur remonte ensuite sur scène sous une nouvelle salve d’applaudissements de la part des premiers rangs – qui sont les seuls à avoir pu comprendre l’histoire. Le groupe se concerte, puis Carter annonce au public qu’ils vont tenter de reprendre le morceau là où ils s’étaient arrêtés. Ça semble presque être mission impossible pour un titre comme "Naysayer", mais pas pour Architects. Dans une parfaite synchronisation, les musiciens et le chanteur reprennent le morceau exactement là où il avait été stoppé. C’est explosif, et il y a franchement de quoi en rester bouche bée. Chapeau bas !
Le groupe arrive au bout de son set, l’achevant avec "C.A.N.C.E.R" et "These Colours Don’t Run". Les fans font preuve d’énergie jusqu’aux dernières secondes, autant dans la fosse qu’aux balcons, et les musiciens ont l’air sincèrement émus au moment de remercier Paris, donnant eux aussi rendez-vous à la foule au Hellfest.
Architects a prouvé ce soir qu’il restait un groupe très fiable, sur lequel la scène et les fans pouvaient compter coûte que coûte. Et les Parisiens ont prouvé en retour qu’ils étaient toujours heureux de retrouver la bande de Sam Carter sur scène. C’était là un très beau set, bourré de qualités et de talent ; nous, on ne se lasse pas de voir Architects. 

Mais nous n’avons pas vraiment le temps de nous attarder sur le beau spectacle qui vient d’être donné ; il est – presque – l’heure d’accueillir les rois de la soirée. Alors que tout le monde est en place, que les derniers réglages scéniques sont en cours, "Bohemian Rhapsody" résonne dans les entrailles de La Cigale. Le tube de Queen est repris en chœur par un public bouillant, et très vite ça dérape – mais de la meilleure des façons possibles. Quand chanter ne suffit plus à combler les fans impatients, certains décident de crowdsurfer, et même d’ouvrir un pit. Sur Bohemian Rhapsody. De Queen. C’est hallucinant, mais c’est un tellement beau spectacle qu’on pourrait faire ça pendant des heures. Cependant, on a un programme à respecter. Quand les dernières notes viennent s’essouffler dans la salle, à 21h10, les fans s’applaudissent entre eux, et c’est à ce moment précis que les lumières s’éteignent à nouveau. 
Les acclamations ne font que s’amplifier alors que des silhouettes apparaissent derrière l’immense drapeau aux couleurs du dernier album de Parkway Drive. Les premiers accords de "Destroyer" retentissent, et la foule scande « Destroy » d’une même voix, puis la voix de Winston McCall rugit littéralement, en même temps que le drapeau tombe, dévoilant les musiciens sur scène, et qu’une tempête de confettis souffle sur le public. Ça, c’est le genre de « top départ » qui donne le ton pour le reste du set.

Nos yeux sont tout aussi gâtés que nos oreilles – à l’image d’Architects, Parkway délivre une performance qui ferait presque rougir les versions studio de leurs morceaux. Cette introduction a suffi au groupe pour se mettre le public dans la poche, et quand ils enchaînent avec "Dying to Believe" puis "Carrion" – l’un de leurs morceaux phares – l’ambiance explosive des premières secondes ne faiblit pas.
Les effets de lumière sont époustouflants, on a rarement l’occasion d’en voir de tels. Pour la petite anecdote – j’ai un peu honte de l’avouer mais bon – c’est ce soir mon premier concert de Parkway Drive. Et il ne leur a fallu que quelques secondes pour me dégainer une sacrée claque. Je n’imagine même pas ce que ça aurait été si leurs effets pyrotechniques n’avaient pas été interdits par la salle…
Les Australiens ont face à eux un public très fidèle, qui accueille chaque nouveau titre avec un enthousiasme renouvelé. Le cultissime "Karma" déclenche une hystérie dans la fosse, qui n’en finit plus de mosher. Le groupe enchaîne avec deux morceaux tout aussi appréciés des fans, "Dark Days" et "Deliver Me", avant d’embrayer avec un morceau issu de leur dernier album Ire, "Vice Grip", ultra-énergique et qui visiblement enchante la foule autant que les précédents. Sur scène, les musiciens délivrent un spectacle très agréable à regarder, mis en valeur par les jeux de lumières gérés d’une main de maître – sur lesquels on se doit de s’attarder un peu.
Winston McCall tiendra à son tour à remercier le public parisien comme il se doit, rappelant que ce concert était initialement programmé au Bataclan. Il salue les fans de musique qui ne se sont pas laissés intimider par les terroristes et qui continuent de fréquenter les salles de spectacle, et son discours est conclu par un tonnerre d’applaudissements.
Pour conclure le show, le groupe mêle ses anciens titres à des nouveaux comme "Bottomfeeder", qui fait lui aussi l’unanimité dans la salle. Après le plus ancien "Swing", Parkway Drive salue la foule et les lumières s’éteignent à nouveau. Les fans n’attendent pas pour rappeler leurs idoles à grands cris, faisant trembler le parquet de La Cigale jusqu’à ce que Winston et sa troupe reviennent pour deux ultimes morceaux, prenant visiblement très à cœur la gratitude et l’enthousiasme de la foule de ce soir-là. 
Nous avons donc droit à "Crushed" et "Home Is For The Heartless", et puis ce sera l’heure pour les Australiens de tirer leur révérence, l’excellente ambiance ayant tenu bon jusqu’aux dernières secondes du show. 

On sort de ce concert lessivés, mais comblés. Parkway Drive ont été fidèles à leur réputation et délivré un show d’une qualité incontestable, soutenus par deux premières parties qui se sont montrées bien à la hauteur de nos attentes, mention spéciale pour Architects qu’on ne se lasse pas de voir et de revoir, et qui assurent à chacun de leurs passages. Il ne fallait vraiment, vraiment pas louper cette soirée-là.
Tous les spectateurs semblent repartir des étoiles plein les yeux, encore un peu sous le choc de ceux qu’ils viennent de vivre – notamment pour ceux qui n’avaient encore jamais vu ces groupes en live. On remet le couvert quand vous voulez, et si vous n’aviez pas pu être de la partie ce 11 février, surveillez bien votre calendrier à l’avenir, il ne faudrait pas laisser une telle occasion passer deux fois !

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à toute l'équipe d'Alternative Live !

Setlist Parkway Drive :

Destroyer
Dying to Believe
Carrion
Karma
Dark Days
Deliver Me
Vice Grip
Idols and Anchors
Dedicated
Wild Eyes
Bottom Feeder
Swing
---
Crushed
Home Is for the Heartless



3 commentaires :

Sow Ay a dit…

Ah, dommage pour les effets pyrotechniques. C'était juste dingue à Lyon. Et je m'attendais aussi à ne pas les voir.

Anonyme a dit…

Je n'ai pas lu dans l'article que le réglage du son durant le show de Architects était très mauvais, payer pour entendre du bruit plutôt que le son des instruments me pose un problème personnellement

Anonyme a dit…

Personne n'a la vidéo sur la pause entre Architects et Parkway drive sur ce fameux Bohemian Rhapsody de Queen ???
Un mot pour définir ce moment = MAGIQUE !!! Je pense que ça va rester l'un des meilleurs moments que j'ai passé ! J'ai jamais vécu ça, un magnifique bordel joyeux, sans haine, juste vivre l'instant présent avec des inconnus !!! Pffouah ça fait chaud au cœur
Juste un Merci aux personnes présentent