lundi 8 février 2016

Live Report : Counterfeit + Tigercub @ La Maroquinerie, Paris, 15/01/2016

Counterfeit, ça vous dit quelque chose ? Si la réponse est non, il est l'heure de vous rattraper, on vous jure que ça vaut le coup. Petit aperçu dans le live report de leur premier concert à Paris, le 15 janvier dernier, à lire dans la suite du post.

Ce 15 janvier 2016, on se rendait à la Maroquinerie sans trop savoir à quoi s’attendre pour le tout premier concert de Counterfeit sur le sol français. Cela fait à peine quelques mois que le groupe a pris ce nom (avant cela, trois d’entre eux faisaient déjà partie d’un groupe appelé The Darling Buds), leur premier album n’est pas encore sorti et c’est là leur toute première mini-tournée européenne… et pourtant, la file d’attente est impressionnante, et les premiers fans sont arrivés dans la matinée pour être sûrs d’avoir le premier rang. Pourquoi une telle folie ? Sans doute parce que le frontman de Counterfeit n’est autre que Jamie Campbell Bower, également acteur pour des séries à succès comme Twilight, Harry Potter, The Mortal Instruments, et ayant joué aux côtés de nuls autres que Johnny Depp ou Alan Rickman (pour ne citer qu’eux).
Alors forcément, la plupart des personnes – essentiellement des filles en effet, on ne peut rien vous cacher – à faire la file depuis des heures sont venues voir « le groupe de Jamie Campbell Bower » plus que Counterfeit. Et c’est bien dommage, parce qu’il s’est passé quelque chose d’exceptionnel dans l’écrin de la Maroquinerie ce soir-là…

La soirée s’ouvre avec Tigercub, un trio originaire de Brighton drivé par nul autre que le producteur du groupe-sensation Royal Blood. Plutôt prometteur, mais même si le show semble plutôt bien parti, les trois artistes aux looks décalés se font rapidement voler la vedette par un Jamie Campbell Bower surexcité qui vient se mêler à la foule. Prises au dépourvu, les fans se mettent à pousser des cris stridents, les appareils photos et autres téléphones se braquent sur le chanteur-acteur, qui semble d’un coup être le seul à vraiment profiter du spectacle sur scène. (Il faut préciser que la tournée s’achève ce soir, et que Counterfeit nous ont confié plus tôt, lors de notre interview, qu’ils comptaient bien vivre à fond chaque seconde de cette soirée, on avait donc été mis en garde).
Néanmoins, cette rapide apparition de Jamie aura l’effet escompté ; l’ambiance est assurée pour le reste du set, car après qu’il se soit éclipsé à nouveau, on remarque que son enthousiasme euphorique a conquis les fans, qui applaudissent à tout rompre et hurlent à pleins poumons à la fin de chaque chanson. Un bon point pour le trio anglais, qui semble ravi de l’accueil qui leur est réservé.
Au bout d’une demi-heure de rock au parfum de vieux cuir et aux teintes dance, pas toujours ultra-convaincant, on arrive à la fin du set, et Jamie revient faire un tour dans la fosse, accompagné de certains autres musiciens de Counterfeit, et ils parviennent même à mettre en place un circle pit, ce qui est plutôt drôle à voir. La tête d’affiche qui vient soutenir la première partie avec tant d’entrain, ça fait plaisir à voir. Mais le groupe – déjà en sueur – doit retourner dans les loges pour se préparer.
Le frontman de Tigercub, chanteur-guitariste de presque deux mètres de haut, portant une tignasse très touffue et une franche qui ferait pâlir Mireille Mathieu, remercie le public parisien et annonce le retour imminent du groupe dans la capitale – seulement quatre jours plus tard, avec Dilly Dally.



Et puis, après un changement de plateau qui semblait ne plus en finir, voilà que les haut-parleurs crachent un son rap/hip-hop alors que les lumières se tamisent à nouveau. Vient le tour des cinq musiciens de Counterfeit de prendre la scène d’assaut – littéralement. On part au quart de tour, sans avoir véritablement le temps de réaliser ce qui nous arrive. C’est une très grosse claque, même pour ceux qui connaissaient les quelques morceaux qu’avaient partagés Counterfeit sur leur EP Come Get Some. Le show démarre sur les chapeaux de roue et – spoiler alert – l’ambiance ne retombera pas d’un iota tout au long de la soirée. Honnêtement ? Je n’osais pas espérer un tel accueil de la part du public français.
Sur scène, on se demande comment certains des musiciens arrivent encore à garder leurs vestes en cuir ou gros gilets. Jamie, qui ne tient pas en place plus de trois secondes d’affilée, se met à escalader les amplis, s’accroche aux conduits qui frôlent le plafond de la salle, demandant à des fans de le tenir au niveau des chevilles alors qu’il est en suspension au-dessus du public, continuant de chanter Hold Fire, son chant rauque et envoûtant parfois ponctué de petits screams très maîtrisés.

Mais il n’est pas le seul qu’il faut saluer ; sur scène, son petit frère Sam Bower, Roland Johnson et Tristan Marmont assurent les chœurs, aucun d’eux ne restant statique très longtemps. Leur passion est communicative, et ça fait vraiment plaisir de ressentir quelque chose d’aussi fort. La musique de Counterfeit prend aux tripes – personne présent ce soir-là ne pourra dire le contraire. Au point que, quand Jamie demande aux fans (sans prendre de gants) de remballer leurs téléphones et de profiter du show avec leurs yeux, presque tout le monde lui obéit illico. Presque, oui, parce que certaines ont préféré immortalisé leur proximité avec le chanteur par plusieurs centaines de clichés, histoire d’être sûres d’en avoir quelques-unes qui valent le coup, sans doute.
Et soudain, les gros riffs se taisent, et Jamie fend le public, accompagné de son micro et d’une guitare acoustique. Il se poste au milieu de la salle, demandant aux gens de lui laisser un peu d’espace et de respecter un certain silence. La chanson qu’il s’apprête à interpréter, Letter To The Lost, évoque le suicide d’un ami proche, et l’on sent dans la voix de Jamie que, même s’il chante ses paroles tous les soirs, elles sont toujours aussi puissantes pour lui. Et pour le reste de la salle également, il est difficile de ne pas laisser échapper une petite larme à l’écoute des talents lyriques du chanteur.


On retrouve le dynamisme du groupe sur Family Suicide, Jamie étant remonté sur scène aux côtés de ses acolytes. Il prend ensuite une bonne minute pour revenir, lui aussi, sur les attaques qui ont frappé Paris en novembre. Il explique que ça a bouleversé tous les membres du groupe, et qu’il trouvait important de se mobiliser contre cette forme de barbarie, mais également qu’il tenait à rendre hommage aux Parisiens, qui se sont immédiatement rebellés contre de tels actes et ont décidé de continuer à vivre, à sortir, à venir aux concerts. C’est là qu’est né le morceau Enough, prenant les attentats du 13 novembre en toile de fond. Ce titre inédit est accueilli avec beaucoup de gratitude de la part des fans, et l’on sent que Jamie a pris tout cela très à cœur.
Viennent ensuite Addiction et Lost Everything pour se défouler une dernière fois, on assiste à des tentatives de moshpits dans la fosse, les gens slamment avec Jamie, qui n’hésite pas à prendre un énième bain de foule avec sa guitare, pour le plus grand plaisir des fans. Les musiciens remercient leur public et s’éclipsent, alors que leur « gros » single Come Get Some manque à l’appel. Les fans ne réagissent pas, malgré la bonne ambiance qui règne depuis le début de la soirée personne ne semble percuter que le groupe attend un rappel en bonne et due forme. Quand, enfin, le public se met à scander « COME GET SOME », les artistes réapparaissent pour un dernier tour de piste.
Ce titre phare ultra-énergique est repris en chœur par la salle, et il n’y aurait pas eu meilleur moyen de clôturer ce show exceptionnel. Après une heure de spectacle au cours de laquelle les Britanniques ont donné tout ce qu’ils ont, ils se rejoignent pour saluer les fans… et leur montrer leurs fesses. Ils semblent sincèrement surpris et ravis de l’accueil qui leur a été réservé par les fans français – ils appréhendaient un peu ce concert, l’un des seuls à ne pas afficher sold-out.


Counterfeit, c’est l’un de ces petits groupes que l’on aimerait garder pour soi, mais en même temps ils sont si bons qu’on a envie de le crier sur tous les toits. Alors un conseil, si vous tombez sur ce report par hasard : n’attendez plus, regardez les quelques vidéos qui trainent sur Youtube, abonnez-vous à leur page Facebook pour guetter l’arrivée de leur album, et surtout, courez acheter des billets la prochaine fois qu’ils passeront en France, ça vaut vraiment le détour !
Il ne faut pas s’arrêter à la belle gueule de Jamie, ou au public féminin pas très connaisseur et qui casse un peu les oreilles : ce groupe a un vrai potentiel, et il est animé d’une furieuse envie de donner le meilleur de lui-même tous les soirs. C’est le genre de perle rare sur lequel on ne tombe pas à chaque pleine lune. Un concert coup de cœur dont on ressort un peu ébahi, pas vraiment conscient de la claque qu’on vient de se prendre.


Texte : Laurie B.
Photos d'illustration : Underground Photo - info@undergroundphoto.co.uk 

Merci à Julie de Nous Productions.




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