mercredi 17 février 2016

Interview : Pærish

Juste après être monté sur scène avant The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die le 5 février dernier au Point Ephémère de Paris, Alternativ News s'est entretenu avec le groupe parisien Pærish. L'interview est à lire dans le post complet.

Alternativ News : Salut les gars. Vous êtes des petits nouveaux sur la scène française et pourtant on commence déjà à vous voir un peu partout. Pouvez-vous vous présenter ?

Martin (basse): En fait on n’est pas si nouveaux que ça, avant on avait un autre nom. On s’appelait Crackity Flynn et maintenant on s’appelle Pærish depuis 6 mois. On a pas mal joué, par exemple au Point Ephémère il y a 4 ans sous ce nom-là, on a enregistré l’album il y a un an sous ce nom-là également. On s’est formé en 2010, à l’époque on n’était que 3, Fred nous a rejoints en 2012. On s’est connu Mathias, Julien et moi en école de cinéma et Fred nous a rejoints via une petite annonce…

Frédéric (guitare) : Sur Zikinf, un truc très classique.

Martin : Du coup, on a un album de prêt, prêt à sortir mais on ne sait pas quand !

Concernant le changement de nom, pourquoi l’avoir décidé ?

Martin : En fait c’est pour un truc très simple, l’album a été mixé et masterisé aux US par Will Yip et Vince Ratti, des mecs qui s’occupent de Title Fight, de Balance And Composure, de Circa Survive et d’autres gros groupes comme ça, et ils ont adoré l’album. Par contre ils nous ont dit que notre nom faisait grincer des dents aux Etats-Unis, qu’il serait peut-être malin de changer. On savait que c’était un nom qui posait problème… 

Julien (batterie) : En France, on nous a déjà dit que c’est très dur à retenir. Quand tu sors de concert, que les gens viennent te voir, qu’ils te disent « oh je vous connaissais pas, c’est quoi votre nom ? » et qu’ils sont presque obligés de l’écrire pour retenir, c’est que c’est assez difficile. 

Martin : Autant quand on jouait en Angleterre ou en Ecosse les gens captaient sans problème, autant en France c’était galère. Alors on a beaucoup cherché et on a trouvé ce nom-là.

Mathias (guitare + chant) : Pour revenir à ta première question, justement on n’est pas tout neuf non plus et ça nous a permis de faire table rase sur énormément de choses. Il y a énormément de dates où on a appris à se connaître et où on était 3. Crackity Flynn ça a commencé à 3, mais Pærish ça démarre à 4, et on sera toujours 4 quoi qu’il arrive.

Julien : Voir 8, si jamais on est chauds (rires) (ndlr : référence à The World Is A Beautiful Place & I Am No Longer Afraid To Die qui est un groupe de 8 membres pour qui Pærish ouvrait ce soir-là).

Vous avez en partie répondu à cette question ce soir, continuerez-vous de jouer des morceaux de Crackity Flynn dans le futur ?

Mathias : Il y en a qui nous le demandent, en fait y a un ensemble de démos qui s’appelle Return To Aerograd qui est sorti en 2010 et c’est vrai que le single "Return To Aerograd" on ne l’a pas joué depuis longtemps et qu’on l’aime beaucoup. Y'a "Cannon" qu’on nous demande régulièrement, qui a été la première chanson sortie en 2010, elle est spéciale mais beaucoup de gens s’y sont attachés et ça fait toujours un single à jouer.

Martin : Si on avait des sets plus longs en fait, si on avait des sets où on était en tête d’affiche je pense qu’on pourrait les rejouer.

Julien : On pourrait également les retravailler, les réarranger.

Martin : Y a juste ce single "Marcel & The Prince" qui est sorti en 2012 qu’on avait arrêté de jouer depuis un bon bout de temps et là on se remet à le jouer depuis quelques mois et on aime bien, les gens aiment bien donc c’est cool ! Même si ce n’est pas Pærish, il y a quand même une identité, il y a le son dedans, il y a tout dedans, donc il n’y a pas de raison qu’on ne la fasse plus.

Julien : Les anciennes on se les garde pour si un jour on fait une tête d’affiche, là pour l’instant on a que des premières parties. On a du contenu de vieilles démos, on les rejouera peut-être dans quelques temps.

Maintenant parlons plus de votre style musical. Vous sortez complètement du genre metal relativement majoritaire en France pour faire quelque chose devenu beaucoup plus marginal chez nous. Comment définiriez-vous alors votre style et quelles sont vos principales influences ?

Martin : Le style c’est compliqué parce que justement on est influencé par beaucoup de choses. On a tous grandi avec les mêmes groupes un peu nineties, les Smashing Pumpkins, Nirvana et des trucs genre blink-182 etc.

Julien : On aime aussi tous le metal et la pop, donc il y a des passages très dansants niveau batterie et basse.

Martin : Des morceaux plus punk car par exemple j’écoute beaucoup de punk hardcore, Julien a écouté beaucoup de metal a une époque du coup on a vraiment un gros mélange de plein de trucs. On sait aussi qu’à Paris le metal et le hardcore sont très majoritaires mais qu’il y a quand même l’émergence d’une scène un peu rock-indie, voire un peu « grunge », avec l’émergence de groupes anglais comme Basement ou même Title Fight qui ont ramené ça un peu à la mode. On a réussi à se faire une place là-dedans alors qu’il y a 3 ans c’était beaucoup plus difficile.

Mathias : C’est en train de devenir un peu cool, mais ça fait 5 ans qu’on joue ensemble, l’album est prêt on est très fiers de le sortir, mais c’est vrai que depuis quelques années on est en train de préparer ce son-là. Ça reste encore assez marginal en France mais j’ai l’impression que, comme dit Martin, c’est en train de grossir un peu et c’est pour ça que ces mecs là (ndlr : les têtes d’affiche de la soirée) on fait quasiment salle comble ce soir. Ça montre qu’il y a une petite place pour l’indie-rock en France, mais je dois avouer qu’en ce moment, pour tout te dire, on est en train de démarcher pas mal les Etats-Unis avec notre musique et notre album, j’ai l’impression que c’est là-bas qu’on a le plus d’audience.



Est-ce qu'on peut dire que vous apportez un second souffle à ce style musical en France ?

Julien : Ce serait classe ouais !

Martin : En France on aimerait bien, si on peut servir, pas de porte-drapeau mais de figure rock en France c’est cool. Parce que quand tu vois les festivals, les grosses scènes françaises, il y a très très peu de rock à guitare, c’est du rock électro avec des synthés et des boîtes à rythmes du coup ce serait bien s’il pouvait y avoir un retour des guitares en France. Je ne juge pas du tout la musique qu’ils font mais en festival ça devient un peu dur, je ne vois pas de gros groupes de rock à guitare français maintenant.

Julien : C’est un peu caricatural, mais on entend souvent le nouveau groupe de rock français et c’est vrai qu’il y a beaucoup de synthé, des guitares très timides, et pour moi c’est triste, une boîte à rythme avec des sons enregistrés… Pour nous ce n’est pas ça le rock (rires). 

Martin : Après, t’as des vrais groupes de rock à échelle réduite. Par exemple t’as Hightower, les Paris most hated, qui fait du punk rock hyper nineties et ça défonce. Ils ont un côté nineties hyper assumé et ça plait à tout le monde, donc c’est cool. Après, ce n’est pas un groupe qui marche à grande échelle mais, en tout cas à Paris, c’est bien de voir ça qui émerge.

Comment construisez-vous et composez-vous vos morceaux ?

Frédéric : Ça vient souvent de Mathias.

Mathias : Ça compose dans ma chambre et puis ça dépend jusqu’où je vais. Ça démarre toujours d’un riff, d’une ligne de voix… Des fois je vais très très loin et la chanson est quasiment terminée, ça se termine en une démo dans une chambre, mais des fois j’arrive en répète et il faut vraiment que ça se termine à 4.

Julien : Souvent il amène un riff, ou une chanson presque finie dans sa structure, et on retravaille ça après en répètes.

Mathias : Ça diffère vraiment, les dernières de l’album qui ont été composées, je sais qu’on a enregistré des démos en 2014 et on s’est dépêché d’en enregistre 4 nouvelles qui sont pour la plupart les singles à venir, il y a "Undone", "Then People Forget" tout ça. Ce sont des chansons qui ont été composées en speed, quasiment prêtes dès l’arrivée aux répétitions, mais des fois il manque des trucs alors pour les parfaire, mieux vaut faire ça à 4. Donc tout démarre de ma chambre, à différents pourcentages et ça se termine en répètes.

Votre premier album devrait sortir au cours de l'année. Pouvez-vous nous en parler un peu ? Quand comptez-vous le sortir ?

Martin : C’est compliqué… En gros l’album est prêt, enregistré, mixé, masterisé depuis quelques mois.

Julien : Ça ne dépend pas de nous en fait.

Martin : A une époque on voulait le sortir en full indépendant et quand on a vu qu’il y avait un intérêt pro, pas en France mais à l’étranger et que Spotify nous a backés et nous a beaucoup soutenus, qu’on a vu que ça a marché, on s’est dit qu’on allait prendre un peu le temps, trouver le bon label, le bon moyen de le sortir. Donc là pour l’instant c’est en stand-by et ça progresse. C’est tout ce qu’on peut te dire.

Mathias : Il y aura de belles choses en 2016, on n’en sait pas plus, mais en ce moment c’est cool pour nous et on croise les doigts.

On a eu l'occasion d'en entendre un peu avec vos singles "Undone" et "Then People Forget". Pourquoi avoir choisi ces morceaux pour faire la promo de votre album ?

Mathias : "Undone", c’est une des 4 dernières à avoir été composées, après les fameuses pré-prods. Elle était propre et elle avait ce côté finalement très simple et très efficace, même dans le choix du nom. A l’époque on s’appelait Crackity Flynn et le nom était déjà tellement compliqué que je voulais le titre de chanson le plus simple possible. Je voulais une chanson très simple pour tout le monde. Il y a un solo ce qui est un peu nouveau pour nous. Il y a un peu ce côté vraiment single FM avec la voix très en retrait et on voulait quelque chose de très typé radio.

Martin : Après "Undone", qui était un tout petit peu shoegaze et qu’on avait peur que ça porte à confusion les gens, on a voulu faire un single un peu plus rentre dedans, plus FM rock. "The People Forget" s’est imposée car elle hyper efficace, il y a un gros riff et qu’on sait qu’elle marche bien.

Mathias : On hésitait un petit peu à sortir les 2 comme ça, elles sont différentes mais on a eu une bonne réception pour chacune d’elles. Il y a des gens qui préfèrent "Undone", d’autres "Then People Forget" et c’est super.

"Undone" justement a atteint les 2 millions d'écoutes sur Spotify. Quel sentiment cela vous procure-t'il ?

Pærish : On ne comprend pas très bien (rires).

Mathias : Effectivement, hier j’écoutais la démo qu’on avait faite dans ma chambre et je n’en reviens pas.

Frédéric : Pareil, j’écoutais cette démo de 2014 qui a été faite entre nos deux chambres et ce truc-là, il y a 2 millions de personnes qui l’ont écouté et je n’arrive toujours pas à m’en rendre compte.

Martin : Ce qui est marrant, c’est qu’on est arrivé à un point où des fois on entre dans un bar et elle passe, c’est rigolo…

Julien : Ou alors des potes nous appellent et disent « Ouais j’ai entendu ta chanson ! ».

Martin : Ce qui est fou aussi, c’est de voir des groupes qu’on adore sur Spotify et de voir qu’ils n’ont pas 2 millions d’écoutes alors que nous on a juste 2 pauvres singles. C’est assez surréaliste comme truc.

Julien : Après, encore une fois on est soutenu par Spotify et leur programme Spotlight donc on est diffusé un maximum.

Martin : Voilà, ça aide beaucoup. On a assez de chance d’avoir ce soutien-là qui apporte autant.

Mathias : On a une chance de oufs, on est vraiment super contents. Pour l’instant on touche du bois, c’est comme pour le manager qu’on a. C’est cool, on croise les doigts.

On a pu vous voir aussi sur scène plusieurs fois sur Paris, notamment en ouverture de No Devotion (cf. notre live-report), mais aussi de Turnover, ce soir avec TWIABP et mewithoutYou et vous avez également fait une petite tournée à Tours, à Lorient...

Mathias : Tours, Lorient et Paris. En fait le soir de Lorient, on a joué deux fois !

Julien : Ouais c’est ça, on a joué à Vannes avant et à Nantes.

Comment avez-vous appréhendé ces dates ?

Martin : Assez sérieusement car on était sur une bonne lancée techniquement et on voulait être hyper carré, hyper sérieux et je pense qu’au fil des concerts, on a déjà fait de grosses dates par le passé, on essaye vraiment d’y aller pour s’amuser, pas de pression.

Julien : Rien n’est abouti pour l’instant, mais plus on reçoit de bonnes nouvelles, que ce soit le label ou autre, plus on se dit qu’il va falloir taffer, taffer, taffer, taffer, taffer, taffer, taffer…

Martin : Du coup on taffe, taffe, taffe, taffe, taffe...

Julien : Et même si c’est dans un bar pourri où le son est dégueulasse, on taffe pour ce bar-là. Comme ce soir, on bosse de la même façon.

Frédéric : J’aimerais ajouter qu’à chaque fois on est surpris de l’accueil en fait.

Justement, quel a été le retour général des différents publics devant lesquels vous avez joués ?

Frédéric : On a beaucoup joué sur Paris, mais c’est vrai qu’on a finalement très peu joué en dehors. A chaque fois qu’on joue en dehors ça se passe vraiment très bien.

Martin : Que ce soit en France ou à l’étranger.

Frédéric : Le public est vraiment très chaleureux, même s’il n’y a pas beaucoup de personnes.

Mathias : En même temps, je vois mal les gens dire « c’est nul ».

Julien : Ils peuvent très bien ne pas réagir ou rien nous dire.

Martin : Là, on arrive à un point où quand on joue, ce n’est pas nos potes qui viennent, ce sont des gens qu’on ne connait pas, soit qui nous connaissent mais qu’on ne connait pas, soit des gens qui ne nous connaissent pas et qui sont là par hasard. Les réactions sont positives donc c’est hyper cool. Heureusement, on n’a pas eu de trucs négatifs ou très peu je crois, pour l’instant.

Julien : A partir du moment où t’as des gens qui viennent te demander des places et que tu ne les connais pas, tu te dis « ouais ça avance ».



Quand on est une formation comme la vôtre, qui n'a pas encore d'album à son actif, faire du live est le moyen le plus important pour attirer du public. Est-ce que ça vous met une certaine pression ? Comment travaillez-vous pour gérer tout ça ?

Martin : Le truc c’est qu’en ce moment on est dans une sorte de bulle, pas de pression, mais une bulle d’excitation avec tout ce qu’il y a autour de l’album, tout ce qu’il y a avec le management, la recherche de label, le « buzz » de Spotify, qui fait qu’on est vraiment concentré à fond, on est hyper excités, on se dit qu’on a une chance de fous. Du coup, on est plus dans l’optimisme, on va prendre toutes ces chances qu’on a et les jouer à fond.

Mathias : Puis on a un ingé-son qui bosse avec nous depuis un petit moment, enfin, il bosse avec nous depuis peu de temps, mais c’est notre pote depuis des années et il a pris vraiment le pas sur notre son live. Entre No Devotion et septembre et maintenant, on nous a dit qu’il y a eu un gros effort sur notre son live et comme en ce moment on n’a pas le droit de sortir cet album, de sortir cet album sur Spotify, en maquette etc. et de vraiment le défendre, on est obligés de défendre des chansons propres en live. On a la chance d’avoir un ingé-son en live qui nous fait bosser le son et qui nous aide à nous améliorer sur scène. C’est la meilleure arme qu’on puisse avoir en ce moment et heureusement qu’on a un cinquième mec qui est là.

Julien : Pour l’instant il nous fait bien avancer, dans le bon sens. Puis il a plein d’idées, pour la scénographie, la mise en scène.

Donc c’est ce genre de choses que vous aimeriez améliorer, notamment sur le live ?

Martin : Ouais, ça et la lumière, faire de la vidéo, apporter quelques samples.

Julien : Pour l’instant les chansons qu’on a à présenter, qui ne sont pas encore sorties, on ne peut que les présenter en live, donc on travaille le live.

2016 va être à coup sûr une grosse année pour Pærish avec notamment la sortie de votre premier album. Qu'est-ce qu'elle vous réserve d'autre ? Y a-t’il 2-3 trucs que vous pouvez nous annoncer ?

Martin : Bah écoute non ! (rires) Désolé, on aurait aimé. Par exemple, on a récemment tourné un clip pour "Then People Forget" et on ne sait pas si on pourra le sortir encore, donc je ne peux rien te dire, vu qu’il y a peut-être de gros labels en jeu, ils ne veulent pas qu’on se mouille.

Julien : On ne peut rien te dire sur les labels car il n’y a rien de sûr. On ne va pas te dire ce label-là, ce label-là, ça ne se fait pas.


Mathias : Il y a juste des « on dit » très cools et on ne sait pas comment ça va évoluer. C’est pour ça qu’on est tout fou !

Et qu'aimeriez-vous qu'il se passe pour vous en cette année ?

Martin : Trouver un label, un tourneur, sortir notre album et tourner toute l’année.

Mathias : Ouais, faire en sorte que 2016 soit l’année où on a vraiment notre album dans les mains, physiquement, en CD, en vinyl… Un deal correct où tout le monde est d’accord et essayer de dépasser la France et, c’est actuellement en discussion, on aimerait beaucoup mettre un pied aux Etats-Unis, même dans des houseshows, des tout petits trucs, mais essayer de taper là-dedans parce que, par rapport à nos statistiques Spotify, le gros de notre audience est là-bas donc on essaye vraiment d’y mettre un pied. On verra !

Merci les gars.

Axel G.





1 commentaire :

Anonyme a dit…

Vu le soir à Lorient, c'était vraiment cool!