mardi 23 février 2016

Interview : Betraying The Martyrs

Pendant les fêtes de fin d'année, Alternativ News est allé à la rencontre de Baptiste Vigier, guitariste des metalleux français de Betraying The Martyrs. Notre interview est à lire dans le post complet.

Salut Baptiste, tu es guitariste rythmique de Betraying The Martyrs, peux-tu nous présenter un peu le groupe ?

Baptiste : Hello ! Nous sommes un groupe de metal basé à Paris, nous nous sommes formés en fin 2008 et regroupons des membres de plusieurs nationalités (française, russe, anglaise). Nous avons fait plus de 600 concerts à travers le monde et sommes signés sur le label américain Sumerian Records. Nous jouons une musique mélodique mais agressive, qui prend toute son ampleur en live !

Vous avez 2 albums (Breathe In Life sorti en 2011 et Phantom sorti en 2014) et un EP (The Hurt, The Divine, The Light sorti en 2009) à votre actif tous réalisés avec un line-up différent. Même s’il y a une certaine continuité dans les sonorités de vos CDs, il y a quand même une évolution de celles-ci, Phantom est bien plus mélodique que son prédécesseur. Cette évolution est-elle accentuée par les changements de line-up ?

C'est exact. En plus d'être plus mélodique, Phantom est aussi beaucoup plus poussé techniquement parlant. Il représente assez justement notre évolution, aussi bien en tant qu'individus que musiciens. Nous avons donné énormément de concerts depuis 2011, ce qui nous a évidemment apporté une expérience non négligeable, à tous niveaux ! Nous avons toujours voulu jouer la musique que nous aimerions entendre. Avec les années, les goûts de chacun évoluent, et c'est pour cela que notre musique change également.
Dans BTM, nous avons toujours voulu faire participer tous les membres de la formation lors de l'écriture musicale, et ce depuis le début du groupe, il est donc normal que les sonorités changent lorsque de nouveaux membres arrivent et donnent leur touche/signature aux morceaux. C'est vraiment notre définition du "groupe" de musique: une entité formée de plusieurs personnalités, travaillant ensemble sur plein d'idées d'horizons divers et variées. 

Le line-up restera à priori le même pour votre prochain album, à quels types de sonorités peut-on s’attendre pour celui-ci ? Son écriture a-t-elle déjà commencée ?

L'écriture de notre troisième album a bel et bien commencée, puisque à l'heure où je vous écris, nous avons déjà plus de 10 morceaux complets entièrement pré-produits !
A vrai dire, nous aimons beaucoup composer et essayer de nouvelles choses et pour être tout à fait franc et honnête, l'écriture de ce troisième disque a commencé le jour même de la sortie de Phantom ! Nous étions dans le van aux États-Unis, et avions déjà envie d'écrire de nouvelles songs tous ensemble, alors j'ai sorti ma guitare, et commencé à jammer, la gratte sur les genoux, quelque part au beau milieu du Texas ! 
Pour ce prochain disque, nous avons vraiment voulu prendre notre temps et prendre un certain recul par rapport à notre manière de composer. Nous avons travaillé les morceaux à fond, les avons remanié de nombreuses fois lorsque des parties ne nous plaisaient pas complètement... J'ai vraiment hâte d'avoir votre avis dessus !
Evidemment ça reste du "BTM", il y a toujours des orchestrations épiques, du blast-beats, des moshparts violentes etc... Mais en plus "cadrés" et encore et toujours plus efficaces !

Comment comptez-vous produire ce prochain album ?

Cette fois-ci, nous voulons vraiment aller nous enfermer en studio avec un producteur. Par le passé nous avons toujours beaucoup fait les choses seuls, Lucas (D'angelo - guitare) étant ingé-son lui-même, a énormément travaillé pour le projet, à n'en plus dormir pendant des mois, s'enfermant en studio 6 jours sur 7.
Ce coup-ci, nous voulons nous concentrer sur la musique et avoir une oreille extérieure capable de nous diriger sur la production et le mixage de nos titres. Nous allons entrer en studio en Angleterre fin février, pour un mois. Les batteries seront enregistrées à Londres, et le reste à Reading (UK).

Vous dites souvent que vos morceaux prennent toute leur dimension en live. Comment expliques-tu ce phénomène ?

Depuis tout jeune, nous adorons les représentations "live". C'est super de regarder les clips de ses artistes préférés sur YouTube, mais je trouve vraiment qu'il y a une certaine "magie" qui s'opère lorsque tu vois ces mêmes musiciens "en vrai", juste en face de toi.
Dans BTM, ça a toujours été une priorité de se donner à 200% pour chaque prestation. Nous avons commencé en écrivant de la musique dans ma chambre, et le fait que des personnes soient prêtes à se déplacer, parfois faire plusieurs heures de route, donner de leur temps et de leur personne, pour écouter ces mêmes morceaux en live, et chanter les paroles avec nous, nous donne une énergie incroyable, c'est super motivant !
Nous jouons du metal, une musique incroyablement riche et pleine d'énergie. Et ce qui est génial avec ce style, c'est que le public apporte tout autant : plus les gens bougent et sautent dans tous les sens, et plus il est possible de se nourrir de cette force et de se donner encore plus sur scène.
Je dirais aussi que le fait d'avoir joué beaucoup de shows est vraiment quelque chose qui forge. Nous avons pu apprendre ce qui fonctionne le mieux en live (ou moins bien), vu des milliers de groupes, partagé l'affiche avec les pointures du style, et avons appris beaucoup simplement en regardant et en écoutant.

D’ailleurs, quel est le morceau que tu préfères jouer sur scène ?

Sur scène j'aime beaucoup jouer "Where The World Ends"... "Love Lost"... "Life Is Precious"... Ce sont des morceaux qui fonctionnent vraiment bien et les réponses sont toujours positives !



Y-a-t-il un morceau que tu aimerais arrêter de jouer au profit d’un autre ? Si oui, lequel ?

Il y a toujours des morceaux qui fonctionnent un petit peu moins bien en live, c'est le cas pour "Tapestry Of Me" ou "Jigsaw" par exemple, qui sont plus techniques et moins rentre dedans. C'est pourquoi nous ne les jouons pas souvent ! (rires)

En parlant de concerts, 2015 a été assez chargée à ce niveau de votre côté. Peux-tu nous la résumer un peu ?

2015 a été une super année pour nous ! Nous avons fait notre première "vraie" grosse tournée en tête d'affiche, dans toute l'Europe, en tourbus, où nous avons pu inviter des formations que nous apprécions.
Nous avons également donné les plus gros concerts de nos vies, notamment lors des festivals de cet été ! On a fait la Main Stage du Graspop devant 45.000 personnes et avons pu jouer dans de nouveaux pays pour la première fois, ce qui est toujours très excitant pour nous !

Tu as joué dans de nombreux pays avec Betraying The Martyrs (Allemagne, UK, USA, Mexique, Russie, France évidemment…). Y-a-t-il un concert qui t’a particulièrement marqué ?

Chaque concert est unique, et c'est ce qui fait le charme de tourner autant, mais si je devais en garder seulement deux... je dirais: lors du Mayhem Festival, à Chicago, en ouverture de Slipknot. C'était vraiment la première fois ou nous jouions devant un océan de personnes jusqu'à l'horizon... C'était très impressionnant!
Le deuxième serait en première partie d'Asking Alexandria à Londres, devant une Brixton Academy sold-out à craquer. Les gens criaient tellement fort lorsque nous sommes montés sur scene qu'il nous était impossible d'entendre notre propre intro et on a failli se planter sur le départ ! (rires)

Quel public t’a semblé le plus réceptif à votre musique ? Et quel est le plus dingue ?

Il n'y a pas un public, ou un pays en particulier qui soit plus réceptif qu'un autre. Mais je dirais que l'Allemagne et la Belgique sont ceux où les gens bougent le plus !
Il y a toujours une émotion particulière lorsque nous jouons à Paris également. C'est notre maison, là où nous avons grandi (pour la plupart) et tous nos potes et famille viennent nous voir, c'est sympa !

Quel pays dans lequel BTM n’a jamais joué peut-on vous souhaiter d’aller tourner ?

Nous n'avons jamais eu la chance d'aller au Brésil et au Japon... c'est vraiment les deux destinations qui m'attirent le plus à l'heure actuelle alors j'espère qu'on aura la chance d'y aller en 2016 !

Vous êtes sponsorisés par pas mal de marques : Schecter pour les guitares et basses, Valentin (votre bassiste) vient de recevoir une guitare Skervesen custom, Mark (votre batteur) est endorsé Peace Drums. Pourquoi avoir choisi ces marques ?

Pour la plupart, ce sont de super marques qui font du matériel de qualité (et Dieu sait que c'est important lorsque tu tournes 200 jours par an !) mais surtout qui nous ont fait confiance depuis le début. Leurs suivis d'artistes est vraiment intéressant pour nous, par exemple lorsqu'ils nous fournissent des instruments sur d'autres continents car les frais pour transporter nos instrus et notre matériel est souvent très élevés quand on prend l'avion.

Le groupe lui-même est sponsorisé. Que vous apportent des marques comme Monster, Fvneral Apparel ?

Comme la plupart des endorsements / sponsorings, il s'agit d'un partenariat : la marque apporte des produits, ainsi qu'un soutien financier au groupe, et en échange, le groupe aide à la promotion de la marque.
C'est très intéressant et bénéfique pour les deux parties : par exemple, une jeune marque de t-shirts fournit des vêtements au groupe, ainsi qu'une certaine visibilité sur des évènements ou des réseaux sociaux que les fans du groupe n'auraient pas forcement en commun, et inversement, le groupe va porter les t-shirts sur scène et aider la marque à se développer auprès de son public.

BTM est un groupe qui, notamment en signant chez Sumerian Records il y a quelques années, a activement participé à la reconnaissance de la scène française si bien que certains groupes qui débutent voient en vous des modèles à suivre alors que vous êtes relativement jeunes ! Qu’est-ce que ça te fait ?

Ça fait super plaisir ! Nous avons grandi en étant tous fans de plein de formations différentes, en prenant exemple sur eux, en affichant des posters de nos groupes préférés dans nos chambres, maintenant, c'est parfois nous qui nous retrouvons affichés sur des murs ! C'est assez fou !
Nous avons toujours eu pour objectif de sortir de nos frontières, de chanter en anglais, et de jouer partout dans le monde, et ce, déjà en 2008. Ça prouve que même un petit groupe de potes basé en France peut réussir à percer, c'est vraiment motivant ! Je pars du principe que TOUT dans la vie est question de motivation et d'envie. Quand on veut réellement et sincèrement quelque chose, on se donne les moyens de réaliser ses rêves. L'important est de rester humble et la tête sur les épaules lorsque tu réussis à faire quelque chose, mais la route est longue et difficile et ça te fait relativiser. Il faut énormément de temps, de travail, mais aussi beaucoup de chance. Et j'ai conscience que nous en avons beaucoup !

Tu as été un moment actif au sein de An Insane Management (management de groupes français), peut-être est-ce encore le cas d’ailleurs, quels groupes, qui n’existent peut-être plus aujourd’hui, avez-vous propulsés sur le devant de la scène ?

En ce moment j'ai d'autres projets et motivations pro que le management d'artistes, mais c'est quelque chose qui m'a toujours passionné et attiré. A force d'essayer des choses avec Betraying, j'ai beaucoup appris par moi-même et c'est ça qui m'a donné envie de partager mon savoir-faire avec des groupes que j'apprécie.
Aaron, Victor et moi avons notamment aidé quelques jeunes groupes à se professionnaliser. Promethee ont signé chez LifeForce, et tournent de plus en plus, Novelists sont aujourd'hui chez Nuclear Blast, Early Seasons ont eu un deal avec Artery etc. 

Peux-tu nous citer 3 groupes français et 3 groupes étrangers à absolument suivre en 2016 ?

Alors, en groupes français, je dirais: Novelists, Gravity et Checkmate qui sont tous d'incroyables musiciens vraiment talentueux en plus d'être des gens très sympas !
En groupes étrangers.... Je choisirais: Polar, Sworn In et Bad Omens !

Comment qualifierais-tu la scène française actuelle ?

Je découvre sans arrêt de nouvelles formations vraiment bluffantes, ça fait vraiment plaisir de voir que la France se réveille enfin niveau metal et hardcore ! Je trouve qu'il manque cependant encore un peu de vraies grosses structures qui organisent des concerts dans tout le pays. Et il faut que les gens se bougent voir les groupes qu'ils aiment pour les soutenir. Car sans public, malheureusement il n'y a pas de scène possible.

On a vu votre page Facebook se couvrir de noir le 13 novembre dernier. Comment les évènements de cette funeste journée vous ont marqués ?

Ça a été un véritable choc pour nous étant donné que le monde du "rock" de manière générale a été ciblé ce soir-là, dans notre capitale, dans notre ville, en plein cœur de notre pays.
Nous avions de très bons amis sur place, et pas mal de connaissances, qui ont été prises pour cibles.
Je peux d’ores et déjà vous annoncer qu'un de nos nouveaux morceaux parlera de cela...
Évidemment ces tristes évènements marqueront nos cœurs et notre mémoire à jamais, mais nous ne sommes pas non plus le genre de personnes à se laisser abattre. Il faut aller de l'avant et continuer à vivre, à profiter des personnes qui sont encore à nos côtés, à ne pas rentrer dans le jeu des terroristes et ne pas succomber à la peur.

Le Bataclan fut une cible privilégiée lors des attaques, cette salle est un symbole fort pour l’ensemble des fans de musique, de spectacles (cf. notre article hommage au Bataclan). Qu’est-ce que cette salle représente pour toi ?

C'est une superbe salle dans laquelle je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de jouer moi-même, mais j'ai été voir de nombreux concerts là-bas. (Lamb Of God, August Burns Red, Dagoba, Bring Me The Horizon, Architects et bien d'autres...) j'en garde évidemment un excellent souvenir et ne laisserait pas quelques extrémistes ternir les bons moments que j'ai pu passer dans cet endroit magique.

Pour repartir sur une note un peu plus positive, que nous prévoit Betraying The Martyrs pour 2016 ?

Plein de concerts, de nouvelles musiques qui déchirent, de beaux clips vidéos, de playthrough en tout genre ! L'année 2016 s'annonce réellement comme un retour en force pour nous, après ces quelques mois à composer le nouvel album, il va y avoir beaucoup beaucoup de nouveautés de notre côté, on espère que ça va vous plaire et que les gens vont continuer à nous soutenir comme ils le font si bien actuellement ! Nous sommes plus motivés que jamais, et on compte bien vous le démontrer dans les mois à venir...

Quel a été ton album de l’année 2015 ?

L'album que j'ai préféré, et que j'ai écouté le plus l'année dernière est sans nul doute That's The Spirit de Bring Me The Horizon. Les morceaux et l'approche du genre par le groupe sont peut-être un peu plus "simplistes" qu'avant mais la production est incroyable et les arrangements tout simplement géniaux... Chaque morceau est un tube en puissance ! J'adore.

A l’instar de l’industrie musicale, l’industrie du cinéma a été très active cette année. En effet, on a pu assister à de très grosses sorties comme American Sniper, Mad Max, Jurassic World, Spectre, Terminator ou encore Star Wars. Bien que le cinéma ne soit pas notre domaine de prédilection chez Alternativ News, quel film t’a particulièrement marqué cette année ? On vous sait relativement fans de Star Wars chez BTM, qu’as-tu pensé du septième épisode de la saga (sans spoil)

J'ai été voir au cinéma les derniers James Bond et Star Wars récemment, et je dois avouer que j'ai beaucoup aimé les deux ! Je suis, de manière générale, assez bon public niveau films, et retrouver deux univers qui me plaisent énormément me fait toujours autant rêver. Je vous les recommande ! 

Enfin, quelle sera ta bonne résolution de l’année 2016 ?

J'aimerais me mettre à la photographie!
Je vais lancer d'ici quelques jours un site internet de photographies que je prends lors des tournées avec BTM, j'espère que cela vous plaira ! N'hésitez pas à me suivre sur Facebook ou Twitter pour plus d'informations !

Merci de la part de toute l’équipe d’Alternativ News.

Merci à vous une fois de plus et merci aux gens qui ont pris le temps de me lire ! J'espère vous retrouver en concerts (BTM ou autres sur Paris) ou sur la route très bientôt !

Interview : Axel G.





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