mercredi 17 février 2016

Chronique : Bloc Party - Hymns

Etrange carrière que celle de Bloc Party. En effet, le quatuor anglais a, dès ses débuts, joui d’un capital sympathie important. Chose confirmée, et amplifiée grâce à la sortie de Silent Alarm, premier opus du quatuor, qui fait figure, encore aujourd’hui comme une référence du genre. Et au lieu de rester sur ses lauriers, BP préfère innover, surprendre, intégrant de très nombreuses touches électroniques à sa musique tout en gardant cette fougue et ce génie. En résultera A Weekend In The City. Album d’un grande qualité, presque au niveau de son prédécesseur.
Intimacy débordait lui de ces sonorités électroniques, mettant les guitares en retrait, tandis que Four montrait des influences rock très prononcées, alors inédites pour le groupe… Un break, un remaniement de line-up conséquent, et voilà que débarque Hymns en ce début d’année.

Et avec le départ de sa section rythmique originelle, le moins que l’on puisse dire, c’est que Bloc Party a perdu de son identité. Ne passons pas par quatre chemins, du groupe que l’on a adulé, il ne reste rien, ou presque. Exit les envolées de guitares, les rythmiques survoltées, les roulements de toms endiablés, les mélodies envoutantes. Par contre, ce à quoi nous avons sur ce nouveau full-lenght, c’est à un indie-pop mâtiné d’électronique minimaliste, le tout s’avérant très vite soporifique, malheureusement.

Même après un premier extrait, "The Love Within" volant assez bas, une lueur d’espoir subsistait. On se souvient effectivement d’un "Octopus" assez insipide et pas du tout révélateur de la teneur de l’album en question. Cela dit, le problème, c’est qu’ici ce single est assez représentatif de ce à quoi nous avons droit sur ce Hymns. Ainsi, les lyrics « Lord gave me grace and dancing feet » introduisant la galette et faisant directement écho au "Prayer" d’A Weekend In The City n’étaient absolument pas prémonitoires. On se demande alors pourquoi un tel hommage… A moins que ce soit un manque d’inspiration à ce niveau aussi.

"The Love Within" ouvre donc le bal, et si on notera un certain attrait pour le refrain à la mélodie sautillante, le reste du morceau, et notamment sa boucle électronique principale sont vite insupportables. "The Good News" tente d’apporter quelques riffs, mais le titre ne décolle jamais, et ce n’est pas ce refrain bateau au possible qui changera la donne. "Fortress" et la finale "Living Lux" s’avèrent, elles, totalement dénuées d’intérêt.

Même des morceaux comme "Into The Earth" ou "Exes", aux sonorités plus classiques pour le groupe, ne parviennent pas à susciter l’effet escompté, c’est dire. Et malgré tout, le fiasco est évité de justesse, grâce à des morceaux comme "My True Name" et son intro efficace sur fond de math-rock, la planante "Different Drugs", la très pop "Virtue" au refrain addictif, ou encore "So Real" et "Only Can Heal Me" aux canons intriguants. Cela dit, même si ces pistes s’avèrent correctes, elles ont du mal à faire le poids comparées à ce dont était capable Bloc Party jadis.

Au final, on ne sait trop que dire sur l’intégration des deux petits nouveaux, à savoir Louise Bartle à la batterie et Justin Harris à la basse, tant leurs prestations respectives se contentent du strict minimum. Espérons qu’ils fassent le job pour les futures représentations live, car l’énergie et la puissance risquent d’en pâtir sur les vieux morceaux. Hymns est un album décevant, c’est un fait. Peut-être sera-t-il un album charnière pour un groupe qui tente de reconsolider un line-up stable ? Espérons-le. Car si la troupe n’est pas capable de faire mieux par la suite, cela deviendra un problème. Car de Bloc Party, sur cet opus, il n’en reste que trop peu d’éléments.

2,5/5

Axel R.

1. "The Love Within"
2. "Only He Can Heal Me"
3. "So Real"
4. "The Good News"
5. "Fortress"
6. "Different Drugs"
7. "Into the Earth"
8. "My True Name"
9. "Virtue"
10. "Exes"
11. "Living Lux"





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