mardi 26 janvier 2016

Live Report : ONE OK ROCK + We Came As Romans @ L'Olympia, Paris - 21/12/15

Ce 21 décembre 2015, nous nous rendons à ce qui sera pour nous le dernier concert de cette année 2015 très, très chargée. Et il faut dire que nous finissons en beauté : ce soir-là, rendez-vous sous les néons rouges de l’Olympia pour applaudir le combo We Came As Romans + ONE OK ROCK, un concert qui affichait complet depuis de longues semaines déjà, et qu’il ne fallait vraiment pas rater.

Ce sont les Américains We Came As Romans qui accompagnent le groupe japonais tout au long de leur tournée. Alors que – avouons-le – je suis là davantage pour eux que pour les Nippons, je remarque avec un peu de surprise que nous sommes assez rares dans ce cas-là. Honnêtement, je ne pensais pas que ONE OK ROCK bénéficiaient d’une telle notoriété chez les Français, et me retrouver au milieu d’une foule grimée à la mode manga/kawai/visual me donne un peu l’impression d’être à la Japan Expo. 

Quand We Came As Romans débarquent sur scène, on pourrait s’attendre à ce que les fans réagissent peu, conservant leur énergie pour leurs idoles. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on s’est bien plantés ; l’assemblée réagit au quart de tour et accueille les Américains à grands cris, ce qui est plutôt de bon augure. C’est le morceau punchy "Regenerate" (premier titre du dernier album en date de la formation) qui ouvre la soirée, et cela commence très fort. Kyle Pavone, au chant clair, ne tarde pas à s’offrir un bain de foule, se faisant porter par les fans des premiers rangs alors qu’il continue de chanter. Il n’en faut pas plus au public pour tomber sous le charme du groupe.

Les Français semblent également accrocher au tube punchy "Fade Away" et à son rythme entraînant. Ballotés entre les couples screamés par Dave Stephens et les refrains chantés par Kyle, les fans acclament le groupe et participent autant qu’ils peuvent. Et quand We Came As Romans entament "The World I Used To Know", des cris stridents plutôt inattendus emplissent l’Olympia. On comprend très vite pourquoi : certains membres de One Ok Rock – y compris le chanteur Taka – sont venus rejoindre les Américains sur scène. Les deux groupes fusionnent parfaitement, on sent qu’une réelle complicité a eu le temps de s’établir entre eux, et ça rend très bien en live. 

On a presque du mal à croire que les fans s’emballent autant pour la simple présence sur scène de leurs idoles, c’est plutôt drôle. Les Américains expliquent que One Ok Rock sont devenus de très bons amis lors de leur tournée, et qu’ils voulaient profiter des dernières dates de celle-ci pour passer autant de bons moments que possible ensemble. C’est très réussi ce soir-là ; autant sur scène que dans la fosse, on s’éclate. 

Alors quand on ressort les gros riffs et les screams plus puissants sur "Tear It Down", personne ne semble en tenir rigueur, continuant d’acclamer la formation US, qui enchaîne ensuite avec leur dernier single "Who Will Pray ?" dont la vidéo est sortie quelques jours auparavant. Là, Kyle demande au public parisien de crier « Pray for me » à chaque fois qu’il dira « Who Will »… et alors qu’à d’innombrables autres concerts, on a pu se retrouver au milieu d’une foule mollassonne et aphone, ici les fans ne se font pas prier, encore une fois, et obéissent au doigt et à l’œil au très sympathique chanteur, qui a l’air presque surpris par un tel enthousiasme. 

Et puis c’est déjà l’heure de dire au revoir aux Américains, qui semblent avoir conquis le public de l’Olympia, hurlant à pleins poumons. C’était un set tout en puissance, la prestation de We Came As Romans était remarquable sur tous les plans – vivement leur retour dans l’hexagone ! 

Et puis nous arrivons à la deuxième partie de soirée, et ONE OK ROCK prennent possession de la scène face à un public chaud bouillant. C’est vraiment – et c’est très peu de le dire – l’euphorie dans la salle : les hurlements stridents sont désarçonnants, et couvrent presque la musique (un peu dommage, pour un concert). Les Japonais sont accueillis comme des Messies, et même si leurs fans ne sont pas trop adeptes des moshpits et autres pogos, on sent que ça pousse de tous les côtés. 
Sur scène, les musiciens offrent un show assez carré, qui rappelle davantage un concert de musique pop que de rock, les musiciens sont ultra-synchros dans leurs mouvements, mais l’ambiance est si bonne qu’on n’a pas vraiment le cœur à casser quoi que ce soit. Il faut dire que Taka et sa bande savent comment se mettre la foule dans la poche ; le frontman n’a qu’à ouvrir la bouche pour provoquer une hystérie, qu’il parviendra à entretenir tout au long du set. Sur des morceaux tubesques comme "Take Me To The Top" ou "Clock Strikes", les fans scandent les paroles en chœur, ne s’interrompant de chanter que pour hurler chaque fois que l’un des membres du groupe s’approchait un peu trop près du bord de la scène.
C’est une ambiance comme on n’en voit pas souvent dans le milieu du rock (en ce qui concerne le volume sonore des fans, on se rapproche quand même beaucoup du public de One Direction), c’est d’ailleurs relativement surprenant de constater un tel engouement de la part du public français pour ces Japonais. Les titres s’enchaînent, Taka profitant de certaines pauses pour s’adresser à ses fans, les remerciant d’être venus et revenant brièvement sur les attaques terroristes ayant frappé la capitale le mois précédent – et évidemment, chacune de ses interventions déclenche une hystérie collective. 
Le groupe propose des morceaux très entraînants, presque dansants, un interlude instrumental, et quelques screams pour ponctuer le tout. Tous les appareils photos et téléphones sont de sortie, pour ne surtout pas manquer une seule seconde du spectacle, qui tient très bien la route, même si cela manque quelque peu de puissance. 
Andy Glass, le bassiste de We Came As Romans, a lui aussi le droit de venir faire un tour sur scène. Là encore, la complicité entre l’Américain et les Japonais saute aux yeux, et le jeune musicien parvient à merveille à s’intégrer à One Ok Rock. 

Et puis le show continue, avec seulement peu d’échanges entre les musiciens et leurs fans, qui ne semblent cependant pas leur en tenir rigueur et continuent inlassablement de scander les paroles. Nous avons même droit à un pogo sur "Mighty Long Fall", même si cela reste très gentil. 
Et après ce morceau, le groupe quitte la scène de l’Olympia… et les cris du public ne se font pas attendre pour le rappel. En revanche, One Ok Rock se font désirer et laissent les fans s’égosiller de longues minutes avant de réapparaître. C’est d’ailleurs pour un morceau acoustique que les Japonais font leur retour, et les fans « profitent » du show à leur manière, c’est-à-dire – pour la grande majorité d’entre eux – en enregistrant les dernières minutes du concert sur leurs téléphones. Puis arrive "No Scared", qui sera (vraiment) le dernier morceau de la soirée, et sur lequel les musiciens balanceront de gros ballons dans la foule hystérique. 
Les Japonais tirent ensuite leur révérence sans se répandre en remerciements, se contentant de saluer leur public, très en forme ce soir-là. Les fans de ONE OK ROCK sont repartis de la salle mythique de l’Olympia des étoiles plein les yeux, des souvenirs plein le téléphone, et sûrement aphones pour la plupart. 

Le groupe japonais a un jeu de scène très recherché et offre une prestation de qualité, qu’il faut saluer, mais ce soir-là, ce sont les Américains de We Came As Romans qui nous ont conquis. Difficile de faire la transition entre leur rock ultra-énergique, bourré de screams, à la pop-rock bien plus gentille de ONE OK ROCK, qui ont néanmoins assuré le show tout de même et largement comblé ceux qui n’étaient venus que pour eux. 


Texte : Laurie B. 
Photos : Apolline M. (plus de photos du concert ici)

Merci à Roger et Olivier de Replica Promotion.

Setlist ONE OK ROCK
3xxxv5 
Take Me To The Top 
Memories 
Deeper Deeper 
Stuck In The Middle 
Clock Strikes 
Last Dance 
Instrumental [Toru, Ryo, Tomo] 
Cry Out 
Heartache Decision 
Suddenly 
The Beginning 
Mighty Long Fall 
---
Be The Light 
The Way Back 
No Scared




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