jeudi 7 janvier 2016

Live Report : The Browning + Silent Screams + Capture The Crown + Walking With Strangers @ Le Batofar, Paris, 06/12/2015

En cette fin d’année relativement chargée niveau concerts, nous nous retrouvons au Batofar pour une soirée qui s’annonce plutôt prometteuse. The Browning sont de passage dans la capitale française pour leur Winter Tour, sur lequel ils ont emmené Silent Screams, les Suédois de Walking With Strangers, et les très attendus Australiens de Capture The Crown.

Si le concert n’est pas sold-out en ce dimanche de Saint Nicolas, on assiste à un phénomène assez particulier : alors que la tournée est menée par The Browning, une majorité de personnes semble être venue pour Capture The Crown, regrettant que le groupe n’ait pas droit à une date en tête d’affiche.
Mais on ne tarde pas à se prendre une première claque, qu’on n’a pas vraiment senti venir. 

Quand Walking With Strangers débarque sur scène, on ne s’attend à rien de particulier – peu de personnes connaissaient ce jeune groupe suédois, qui effectuait d’ailleurs sa première tournée avec son nouveau chanteur, le talentueux Joel Holmqvist (qui est aussi le frontman du groupe Oceans Red). Les musiciens ne se laissent pas déstabiliser par le peu de fans présents dans la cale du bateau, et Joel les incite bien vite à se rapprocher de la scène. Curieux, le public parisien se laisse rapidement conquérir par ces inconnus, et répondent aux quelques sollicitations du chanteur – ne connaissant pas les paroles, ils se rattrapent en tapant dans les mains et en acclamant le groupe à la fin de chaque morceau, ce qui est déjà très appréciable. 

Le frontman n’hésite pas à sauter au pied de la scène, allant faire un petit tour dans un pit un peu timide avant de reprendre place auprès des musiciens, qui maîtrisent leur set de main de maître. Un set qui se finit d’ailleurs bien trop vite ; Walking With Strangers est un groupe bien sympathique et très prometteur, que l’on a déjà hâte de revoir dans l’Hexagone – et cette fois-ci, nul doute que l’on sera plus nombreux à connaître les paroles.

Le public parisien est relativement surpris de découvrir que Capture The Crown est le deuxième groupe à monter sur scène ; pour des raisons un peu obscures, il semblait clair à beaucoup de monde que les Australiens allaient passer en avant-dernière partie de soirée. D’un coup, le Batofar semble se remplir, car comme nous le disions plus haut, nombreux sont ceux à être venus en priorité pour eux. Les lumières s’éteignent et le groupe prend place sur scène avec “Reign Of Terror”, morceau-titre de son dernier album. Très vite, le pit se réveille, les adeptes reprennent les paroles en chœur avec Jeffrey Wellfare, frontman et seul membre fondateur du groupe restant. 

Capture The Crown a connu de très nombreux changements de line-up jusqu’à très récemment (le batteur Joe Abikhair a intégré le groupe courant 2015, tandis que le lead-guitariste a quitté Capture The Crown il y a seulement quelques mois, remplacé au pied levé pour la tournée), et le chanteur était jusqu’à ce jour la seule « valeur sûre » de la formation. Mais l’alchimie semble avoir opéré, et le nouveau combo fonctionne à merveille sur scène. 

Le groupe interprète en majorité des morceaux issus de son dernier album en date, sorti en 2014 et évoqué plus haut. Certains titres, comme l’excellent “Firestarter”, provoquent l’euphorie dans le Batofar, et le très charismatique chanteur semble plutôt satisfait de son public parisien, auquel il fait face pour la première fois. Alternant avec beaucoup de maîtrise screams et chant clair, il profite de pauses entre deux morceaux pour s’adresser aux fans, qui ne réagissent pas forcément au quart de tour, mais qui n’en apprécient pas moins le show. On s’en prend plein les oreilles, et les plus sceptiques ou les non-connaisseurs sont bien forcés d’avouer que pour une première partie de soirée, c’est une sacrée claque ! 

Juste après “When I Get Home”, extrait de l’EP Live Life sorti lui aussi en 2014, le set s’achève sur l’incontournable “You Call That A Knife? This Is A Knife!” qui avait plus ou moins lancé la carrière du groupe. Et c’est déjà l’heure pour les Australiens de se retirer, bien trop tôt au goût de la plupart des personnes présentes. En espérant les retrouver vite sur une scène parisienne pour une date en tête d’affiche !

Une petite demi-heure plus tard, c’est au tour de Silent Screams de prendre place face à un public étonnamment réduit. L’ambiance est sacrément retombée, même si le groupe est bon aussi, les Français ne semblent pas vraiment accrocher – en plus de tout cela, de légers problèmes techniques viennent un peu ternir le show. 

Le groupe post-hardcore américain mené depuis seulement deux ans par Joel Heywood met beaucoup de bonne volonté dans son set, mais il faut se rendre à l’évidence : à la base déjà, le public ne connaissait que très peu ce groupe, et même s’il répond aux quelques sollicitations du chanteur, la sauce ne prend pas. En même temps, difficile de convaincre une foule encore chamboulée par les prestations des deux premiers groupes…

C’est donc un Batofar bien calmé qui accueille le groupe tête d’affiche de la soirée, The Browning. La formation, originaire de Kansas City, propose un surprenant mélange de metalcore et d’électro, avec en guise de chef d’orchestre le chanteur au look 100% métalleux Jonny McBee (à l’origine, The Browning était d’ailleurs son projet solo et devait mêler métal et rap). Le groupe n’a que deux albums à son actif, sortis en 2011 et 2013. 

Les gens sont revenus, ça bouge beaucoup plus que pour le groupe précédent, et il faut admettre que même si ce style musical atypique est très osé et pourrait paraître douteux, on se laisse embarquer. La bonne ambiance est de rigueur, les musiciens et les Parisiens s’éclatent. Des morceaux comme “Industry”, “Time Will Tell” ou encore “Gravedigger” sont accueillis par le public avec un enthousiasme débordant, ce qui semble presque surprendre le groupe. 

Après tout de même quelques longueurs, The Browning achèvent leur show avec deux autres titres chouchous des fans, Bloodlust et Standing On The Edge, et repartent sous des acclamations sincères de la part des spectateurs du Batofar.

Ce qu’il faut retenir de cette soirée, ce sont les excellentes prestations des très attendus Capture The Crown et des quasi-inconnus de Walking With Strangers, bien plus convaincants que les deux groupes au plus haut de l’affiche. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour revoir bien vite les deux formations sur le sol français !

Texte : Laurie B.
Photos : Mathilde M.

Merci à Alternative Live.




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