jeudi 21 janvier 2016

Interview : Novelists

Le 15 janvier, les Novelists (sans Nicolas) accueillaient AlternativNews lors d’une répétition pour répondre à quelques questions. Intégralité de l’interview à lire dans la suite ! 

Alternativ News : Salut à tous les 4, comment présenteriez-vous Novelists ?

Matteo : Salut, on est Novelists, un groupe de metal de Paris, né début 2013.

Flo et Amaël vous étiez déjà dans un groupe avant NVT (Dacryma), pareil pour Charly, Matt et Nico (A Call To Sincerity). Du coup vous aviez chacun une expérience de la vie de groupe, dans quelle mesure cela vous a-t-il aider à évoluer en tant que Novelists ?

Matteo : Pour ma part, A Call To Sincerity était mon premier groupe sérieux. Ça m’a permis de faire mes premières dates, de prendre de l’expérience.

Charly : Je pense que ce que ça a apporté à chacun, c’est l’expérience de live.

Florestan : A Call To Sincerity ça a vachement servi à Nico en fait (ndlr : le bassiste). Ça lui a appris à gérer le groupe, le côté marketing, la scène.

Charly : Aujourd’hui, si on devait comparer Dacryma et A Call, en limitant Dacryma aux frères Durand, ça leur a apporté plus au travail de la musique elle-même. Et nous, avec ACTS, c’était plus l’expérience du milieu de la musique. Du coup Novelists c’est un mix des deux qui fonctionne bien.

Amaël : Le gros de l’expérience on l’a appris en créant Novelists.

Florestan : Ouais Dacryma ça nous a surtout apporté au niveau de la dynamique du groupe, les répètes en studio, pas mal de concerts. La composition, on a plutôt bossé tout seuls ce qui allait devenir Novelists, notre premier groupe qu’on avait créé avec un pote.

Amaël : C’était en parallèle de Dacryma, on avait déjà un projet pour lequel on destinait nos premières compos.

Justement, comment vous-êtes-vous trouvés ?

Matteo : Une annonce sur Zikinf (rires). Après une année sans projet ma copine m’a dit « trouve-toi un groupe » et elle m’a inscrit sur Zikinf. J’ai fait un tour et j’ai vu leur profil Soundcloud, j’ai adoré ce qu’ils faisaient alors je leur ai envoyé un mail « Hey vous avez besoin d’un chanteur ? ». Ils m’ont répondu le soir puis je les ai rencontrés. La première fois qu’on s’est vu, on s’est super bien entendus. Il nous manquait un bassiste et un guitariste, alors j’ai appelé Nicolas je lui ai dit « C’est mon nouveau projet on a besoin d'un guitariste si ça t’intéresse ».

Amaël : A la base Nicolas devait faire la guitare, on avait trouvé un bassiste mais ce n’était pas sérieux donc Nico est passé à la basse et Charly a pris la guitare à ce moment-là, car il voulait continuer à faire de la musique.

Quand on écoute Dacryma et ACTS, ça n’a pas grand-chose à voir, comment et pourquoi évoluer vers ce type de sonorités aujourd’hui ? 

Amaël : Dacryma ce n’était pas du tout nous qui composions la musique.

Florestan : L’univers musical ne nous correspondait pas du tout en fait, ce n’était pas trop ce qu’on cherchait à la base. C’était plutôt pour l’expérience de groupe

Amaël : On est arrivé avec Novelists avec une identité qu’on avait déjà à la base et qu’on avait travaillé en parallèle.

Charly : Ce qui est venu d’ACTS, c’est surtout Nico pour le côté management, marketing etc. Nous on n’en avait aucune idée. 

Matteo : Et Charly avec ses dessins magnifiques. 

Novelists est un groupe de metal qui porte un grand soin à la mélodie. Pourquoi cette importance ?

Matteo : On a tous je pense bouffé du metal hardcore où tu te prends une pluie de parpaings dans la gueule. Au niveau de l’identité sonore, on ne voulait pas s’enfermer dans un truc où tu as du scream et du scream et du scream… On a la chance d’avoir deux compositeurs qui sont différents, Amaël pour le côté un petit peu lourd et Florestan pour le côté un peu techy, mélodique. Et malgré le fait qu’ils soient frères, ils ne travaillent pas toujours ensemble et je pense aussi que c’est pour ça qu’on a une diversité qui est pas mal exploitée à travers nos morceaux. On n’aime pas faire la même chose encore et encore.

Amaël : Après je pense que le côté mélodique et ambiant il est venu du fait qu’on a acheté un Axe FX (NDLR - simulateur d'amplis guitare en rack)

Matteo : Ça joue beaucoup ouais (rires)

Amaël : Non mais c’est vrai, on a trouvé tout de suite les sons d’ambiance, les reverbs, et du coup ça nous a lancé là-dessus.

Florestan : Bon après y a plein de groupes de Djent avec des reverbs dans tous les sens et ils ne sont pas super mélodiques. Je pense que le côté mélodique, c’est parce que j’ai toujours aimé les choses qui sont belles, je n’aime pas le bourrin-bourrin, ça m’a toujours fait chier. Alors que dans les groupes que j’écoutais genre Periphery et TesseracT, y a un vrai travail de beauté du son et je trouve ça beaucoup plus intéressant.

Mais vous ne cherchez pas à démontrer un quelconque talent de musicien. Vous jouez vraiment pour vous faire plaisir, ce n’est pas une démonstration.

Charly : Flo y a pas besoin de le démontrer, c’est une évidence (rires).

Matteo : Non, à la base on cherche plus le côté feeling dans les chansons que le côté « ouais faut qu’on fasse 4 minutes de sweep et un break avec une rythmique qui leur fait tous tourner un œil ». On veut raconter quelque chose via ce qu’on fait et ce n’est pas juste histoire de dire « on sait faire ça », c’est plus « on veut vous montrer que il peut y avoir des trucs sympas aussi sans avoir à se taper 30km de shred ».

Florestan : La technique elle dessert plutôt la musique qu’autre chose, sur "Gravity", le riff est compliqué mais c’est parce qu’il sonne bien qu’il est là, pas du tout dans le but de faire un truc compliqué pour rien. Y a pas du tout ce côté de démonstration, d’ailleurs on vise plutôt à faire de plus en plus efficace.

J'ai chroniqué votre album Souvenirs pour Alternativ News, du coup je l'ai vachement écouté et j'ai remarqué qu'à son écoute on passe par plusieurs ambiances sonores, parfois même au sein d'un seul morceau, si bien qu'au final l'album s'écoute tout seul d'une traite comme si on faisait un voyage. Comment avez-vous travaillé tout ça ? Vous pouvez nous parler un peu de toutes ces ambiances ?

Florestan : J’ai toujours aimé avoir les chansons qui s’enchaînent, que ça fasse un gros bloc avec un début et une fin. Du coup on a essayé d’arranger ce qu’on avait pour que ça fasse bien un bloc, mais ce n’est pas aussi travaillé que ce qu’on veut faire plus tard, c’est-à-dire faire un truc qui est vraiment pensé dès le début, dans un but de faire vraiment une continuation.

Matteo : Ce qu’il faut savoir c’est que sur l’album y a des chansons qui datent d'il y a 3 ans, qui ont été écrites il y a 3 ans.

Amaël : On a un milieu ambiant qui est créé grâce à l’utilisation des mêmes sons d’ambiance, du coup ça a créé une unité. On a un bon univers et du coup on joue dessus sur toutes les chansons peu importe que ce soit des riffs différents, plus ou moins bourrin, plus ou moins technique.

Comment l’ordre de vos chansons a-t-il été établi ?

Charly : On a débattu je me rappelle pour l’ordre. Parce qu’en fait les chansons n’ont pas été composées en même temps, du coup à la fin, comme beaucoup de groupes, on était là « qu’est-ce qu’on met en premier ? Qu’est-ce qu’on met en dernier ? ».

Amaël : Bon, en premier on ne s’est pas posé la question, y a une chanson d’intro. Mais après l’autre questionnement c’est surtout qu’on ne voulait pas mettre toutes les chansons techniques ensemble, toutes les chansons bourrins ensemble, du coup on essayait de faire une alternance et un équilibre, voir quelles chansons s’enchaînaient bien.

Florestan : Y a aussi les tonalités qui ont jouées, que t’aies des fondus enchaînés avec des chansons qui marchent bien ensemble. Y avait ça et on s’était battu aussi pour savoir si c’était "Souvenirs" qui finissait l’album ou pas, je suis toujours pas convaincu par la décision finale d'ailleurs haha.

Charly : Tu ne voulais pas mettre "Souvenirs" ?

Florestan : Non, je voulais mettre "Lichtenberg" à la fin !

On parle beaucoup des mélodies avec Novelists mais le rythme joue beaucoup aussi. Je pense notamment à un pont dans "Souvenirs" où Amaël tu t’éclates sur la China (une des cymbales de la batterie), un peu avant le solo. Mattéo aussi apporte sa touche en n'hésitant pas à expérimenter pas mal de trucs, même parfois proches du rap ("Heartfelt"). Comment travaillez-vous ça ?

Matteo : On vient tous de milieux différents. Moi je viens plus du milieu du rap et je déteste les placements linéaires. Du coup j’essaye de trouver un rythme qui change un peu. De temps en temps d’accord, mais genre si t’as un riff très mélodieux et très long et qu’en plus tu fais des placements genre « hiiiin ahrrrr » ça devient trop langoureux.

Charly : Essaye de trouver des vrais mots quand tu t’exprimes, ça va être retranscrit après.

Matteo : Langoureux c’est un vrai mot (rires).

Florestan : Nan, Matteo fait toujours des placements hyper travaillés, Il passe vraiment le temps à chercher certains mots pour que ça fasse un certain rythme. Je pense que ça s’entend vachement bien dans "Muchos Touché", le début est très rythmique, c’est super intéressant. Des fois je la réécoute et je suis surpris !

Vos 2 premiers morceaux duraient 4-5 minutes. Quand "Heartfelt" est sorti, vous avez surpris tout le monde avec une durée de plus de 7 minutes. Il s'est avéré que ce n'est pas le seul "long" morceau que vous ayez sorti. Pourquoi faire des morceaux longs ?

Charly : Ce n’est même pas une décision en soi. A partir du moment où ça ne devient pas chiant et qu’on continue à faire sonner… 

Florestan : Moi je n’ai jamais trop aimé les chansons qui durent 3 minutes qui sont super bien et t’es déçu parce que c’est déjà fini. Du coup j’aime bien faire des chansons un peu longues.

Amaël : Après ça dans l’album, ce n’est pas compliqué. Mes chansons sont courtes parce que je n’ai pas la prétention d’être aussi bon que Flo en guitare et je suis vite essoufflé au niveau des idées. Toutes mes chansons font entre 3 et 4 minutes.

Charly : Tant qu’on considère qu’on a des choses à dire, que ça ne devient pas répétitif et qu’il y a des choses qui se passent on continue.

Nicolas a mixé votre album, c'est un moyen pour vous de marquer cette identité Novelists ?

Charly : Ça coûte moins cher déjà (rires). Y a un gros côté financier.

Florestan : Y a Amaël qui aide pas mal au mix, sur les sons de batterie et tout.

Amaël : Non sur l’album je n’ai quasiment rien fait (Nico: c'est pas vrai il a fait 90% de l'enregistrement ce petit modeste!!!). Mais c’est plus une question de budget que d’identité en fait. On a tout fait tout seuls depuis le début, tout ce qui est design, sons etc.

Florestan : On préfère mettre les sous qu’on a gagnés dans des clips et des trucs comme ça que de payer de la prod et du mix alors qu'Amaël et Nico le font très bien.

Charly : L’identité elle se fait hyper facilement en fait car le mix se fait très naturellement, il n’y a pas une recherche particulière d’identité à travers ça.

Matteo : Ah si !! Car on a bouffé quand même pas mal des mixs différents de toutes les chansons.

Florestan : L’idée c’était un peu de se détacher de toute la prod metalcore moderne justement. On voulait faire un truc plus rock avec des sons plus chauds. Ce que j’aime bien c’est que ça se détache de pas mal de mixs en fait, c’est beaucoup plus médium, chaud.

Amaël : Avoir quelque chose de pas ultra traité, pas trop chirurgical. Un son plus médium, pas très saturé, une batterie pas ultra process. Quelque chose de plus naturel. Y a pas plein de fréquences qui viennent te tabasser, je ne dirais pas que c’est le meilleur mix de l’année, mais c’est quelque chose qui s’écoute très bien et qui est agréable.

Charly : Qui est équilibré.


L'identité visuelle entre les démos et l'album a un peu évoluée. Vous pouvez nous expliquer pourquoi en 2-3 mots ?

Charly : Elle n’a pas tellement changé, car au début il fallait qu’on mette notre logo en avant pour se faire identifier, donc il fallait qu’il soit assez gros sur tous les singles pour que les gens, quand ils voient le logo, arrivent à définir qui est le groupe. Du coup, au début, le logo était assez présent et on est arrivé à un moment où on s’est dit qu’on voulait quelque chose de sobre car l’image du groupe a toujours été sobre. Du coup pour l’album, quitte à faire un truc sobre, on ne s’est même pas posé la question. Un petit mot en bas, le nom du groupe et de l’album et la cover, c’est suffisant pour annoncer quelque chose qui était sobre et c’est ce qu’on voulait. Donc ça a évolué mais dans le sens où on a gagné encore plus en sobriété parce qu’on voulait plus attirer l’attention sur la musique elle-même. Sur le visuel, même nous on ne se met pas trop en avant, on n’est pas du genre à faire des défilés et s’habiller comme des rockstars, comme on est relativement sobres comme personnes on ne va pas faire des covers avec des placentas qui sautent dans tous les sens. On veut un truc clean qui nous représente un peu.

Amaël : Puis après l’identité qu’on avait au début on la garde toujours sur le merch, même si on ne l’a pas mise sur la cover de l’album.

Florestan : On voulait aussi développer le petit logo NVT qui est sur le slim de l’album.

Vous vous démarquez pas mal des autres groupes français. Est-ce que vous pensez que vous apportez un second souffle dans la scène française ?

Matteo : Cette question est difficile.

Amaël : Y a plein d’autres groupes qui font des trucs bien, par exemple la dernière chanson de The Dali Thundering Concept… Pour moi ça vient avec l’arrivée de la scène djent/prog, des gens qui ont des Axe fx, des gens qui savent plus faire de la production et qui sont musiciens. Y a plein de petits groupes qui font des trucs biens, nous je pense qu’on a eu la chance d'arriver au bon moment.

Matteo : Puis les gens s’intéressent de plus en plus à la scène française depuis que Betraying The Martyrs, Chunk etc. ont ouvert des portes. Donc c’est vrai que les gens commencent à chercher un peu plus en se disant « ah ils font peut-être des trucs pas mal par là-bas ». On ne va pas dire qu’on a été pris par la vague mais ça s’est fait un peu naturellement.

Florestan : Apporter un second souffle je ne sais pas car déjà on ne joue pas beaucoup en France et ensuite on n’a pas un gros public… En France on a dû jouer 10 fois max dont 5 fois à Paris, un truc comme ça, mais en Allemagne on y va super souvent, les gens sont souvent plus engagés là-bas.

Vous êtes un des groupes français ayant gravi les échelons le plus rapidement et vous avez un rayonnement à l'international assez important. Quel sentiment cela vous procure-t-il ?

Matteo : C’est toujours un peu bizarre.

Charly : Je trouve qu’en fait on a tellement tous bossé qu’au final c’est mérité.

Florestan : Eux (Nicolas, Matteo et Charly) ils doivent beaucoup plus sentir le trajet que nous. Avant qu’on (Amaël et moi) commence ce projet-là, on n’a pas du tout imaginé qu’on arriverait à faire quelque chose en fait, alors qu’eux ils en ont chié pendant 4 ans avec ACTS pour que ça grossisse. Nous on est arrivés, au final Nicolas savait déjà tout faire, le développement sur Facebook etc... Charly savait faire les logos. Du coup au bout de 5-6 mois on avait 10.000 fans. 

Charly : Je ne sais pas si au bout de 6 mois on les avait.

Florestan : Immedicable on avait 10.000 fans et c’était au bout de 6 mois, c’est vraiment monté hyper vite mais c’était super simple pour Amaël et moi, on ne se rendait pas compte du travail que ça a demandé aux autres qui ont bossé vraiment en amont pour avoir ce niveau-là.

Charly : Au final ouais c’est le travail, car il y a plein de groupes qui ont beau être très bons, s’ils n’ont pas la connaissance du milieu et qu’ils n’ont pas une idée globale de comment communiquer leur musique, ils ne vont pas avancer. Nous, on a eu de la chance d’avoir une expérience avant de faire Novelists, ce qui nous a permis d’aller plus vite.

Florestan : Et je pense qu’on a eu aussi beaucoup de chance sur le moment, il s’est passé plein de trucs.

Amaël : Y a eu Beheading The Traitor aussi, on a posté les vidéos là-dessus ça a décollé, à l’époque où ça marchait vraiment bien. Ça nous a lancés.

Matteo : On a su faire quelque chose qui a plu aux gens et c’est tant mieux. Même nous on est un peu surpris quand y a 30 personnes qui viennent à la table de merch et qu’elles te disent qu’elles adorent ce que tu fais.


Souvenirs a reçu un accueil très positif, on n'a pas réussi à trouver de critique négative dessus encore.

Amaël : ItDjents n’ont pas été très tendres... ce n’était pas agressif mais ils disent « c’était bien mais en fait c’est pas bien mais c’est très bien mais c’est pas très bien du coup on met une note pas très bien » (rires).

Mais le fait d’avoir tant de retours positifs, ça ne vous met pas la pression pour la suite ?

Matteo : Ça motive !

Amaël : Ah si ! Pour nous qui composons, on a peur de la panne sèche. Lui (Florestan) a peur de faire moins bien qu’avant, c’est la pression quand même.

Florestan : Quand tu sors un premier album bien, le deuxième est souvent une déception. Mais ce qu’on peut dire par rapport à la sortie c’est qu’elle a été un peu ratée à cause de différents facteurs. On a plein de retours positifs mais on est un peu déçus. Si tout était sorti d’un coup on aurait eu une plus grosse réponse au final. La réponse n’est pas dégueulasse mais je pense qu’on a le droit de dire qu’on s’attendait à mieux. Au final, la moitié de notre public n’a pas été atteinte encore car les Etats-Unis n'ont pas encore accès à l'album... l’Australie je crois que ça ne marche pas non plus…

Amaël : Si, l’Australie c’est bon, c’est juste Etats-Unis, Canada, Mexique.

Florestan : Oui, enfin les Etats-Unis c’est quand même la moitié de notre public. Du coup, ça nous a quand même pas mal blasés mais tous les commentaires sont positifs et ça fait vachement plaisir.

Vous avez fait pas mal de concerts en France et à l'étranger ? Un en particulier qui vous a marqué ?

Matteo : Ca dépend des évènements qui se passent pendant le concert. Il y a une fois où on jouait en Hollande où je me suis cassé la gueule sur la batterie d’Amaël et on était morts de rire tous les deux et personne n’avait capté.

Amaël : Je ne suis pas sûr que ce soit un très bon souvenir (rires).

Florestan : Le truc c’est qu’on ne vit pas tous forcément le même concert quoi.

Amaël : En Hollande on avait tous kiffé, c’était une de nos premières headlines, la première date. Il n’y avait pas énormément de monde mais un public réceptif. Sinon après pendant la tournée, y avait des dates super bien.

Charly : Sinon l’Espagne c’était cool !

Florestan : En Allemagne, c’était bien aussi.

Charly : C’est compliqué d’avoir juste une date en fait, chaque date qui nous marque, marque pour des trucs différents. Au final les gens qui se déplacent sont contents de ce qu’on a fait je pense, et c'est le principal.

Florestan : Puis chacun est marqué par des dates différentes. Souvent quand il y a des gros événements, je pense à la dernière date qu’on a faite à Munich où après y avait une soirée énorme un peu comme le RockMyThursday à Paris mais en 5 fois plus gros, peut-être même 10 fois plus gros, puis c’est un gros complexe, t’as une grande salle à côté, une autre grande salle à côté. Donc t’es vraiment plongé dans l’ambiance, c’est vraiment sympa comme concert.

Vous jouez demain à Nantes, mais c’est une date un peu isolée, est-ce que jouer ce type de concerts vous donne envie de repartir en tournée ?

Amaël : Ça dépend du concert, mais je pense qu’en général on préfère vraiment tourner plutôt que de faire des dates uniques. Surtout pour moi, car les autres se posent dans le van et moi je dois conduire, quand il n’y a pas Nicolas. Je dois conduire tout seul et me taper des allers-retours, comme ça en deux jours ça peut être un peu énervant.

Charly : Maintenant les dates uniques comme ça, on les fait si on sait que ça nous apporte quelque chose. Là on est payés suffisamment pour pouvoir rentrer dans nos frais, puis on a pas souvent joué à Nantes donc ça va être cool !

Votre album Souvenirs contient quelques morceaux de vos démos mais pas tous. Pourquoi avoir choisi que ceux-là ?

Florestan : On a mis "Antares" et "Souvenirs" dans l’album parce qu’on trouvait qu’ils se mariaient bien avec tout le reste.

Amaël : Et puis aussi "Antares" on l’aimait beaucoup et elle n’avait pas eu une très grosse réponse sur YouTube. On était persuadé qu’elle marcherait bien, du coup on voulait la remettre pour toucher du monde.

Florestan : "Souvenirs" c'est pareil, on avait des problèmes avec la production qui n’avait pas été terrible donc on a voulu la reproduire mieux. Après Nuclear Blast nous a demandé de mettre des bonus tracks, on n’avait pas grand-chose puis on s’est dit que le but de l’album c’est de toucher le plus de monde possible, plein de gens qui ne nous connaîtraient pas, du coup on a mis "20 Years", qui est quand même notre premier single. Concernant "Heartfelt", on l’aimait tous bien et ce qu’on s’est dit avec Nicolas, c’est que, comme pour "Antares", elle n’avait pas énormément marché sur YouTube et qu’on y tenait quand même pas mal. Après, il reste "Immedicable"…

Justement, pourquoi ne pas avoir mis tous les morceaux démos ?

Florestan : Les gens ne voulaient pas qu’on mette tout l’EP et qu’on rajoute des chansons. Après c’est vrai que ça aurait fait des chansons en plus… C’est vrai qu’on aurait pu le faire.

Charly : Ça aurait fait un gros album quand même.

On vous taxait parfois de ACTS 2.0 au tout début du groupe, vous avez même dû répondre parfois à certains…

Charly : Pas tant que ça au final.

Matteo : Si quand même, puis c’est vrai qu’on avait un certain suivi avec ACTS. Du coup il y a eu quelques commentaires. Et je pense que les fois où on a répondu c’était pour mettre les choses au clair, expliquer que c’est vraiment un nouveau projet, qu’on voulait repartir sur quelque chose de neuf. Et surtout que ça n'avait rien à voir avec ACTS vu que c'est les Durand qui composent dans Novelists alors que Charly composait tout dans ACTS. Après peut-être qu’un jour ACTS 2.0 verra le jour si jamais Nico retrouve les pistes et si on a le temps car Novelists nous prend pas mal de temps. On verra...

Et donc, Charly et Matteo vous êtes ok pour finir l’album ?

Charly : Moi ça me ferait marrer qu’il pose sa voix et à la limite on sort l’album comme ça.

Matteo : Pourquoi pas ! A Call c’est quand même une grosse partie de ma vie, quand on a rejoint Novelists avec Charly et Nico, on s’est dit qu’on allait récupérer les tracks, les réenregistrer et qu’on les posterait mais juste pour le kiff. Ça nous faisait chier de laisser un truc inachevé, car y avait pas mal de choses qui étaient prêtes, puis l’album quand Steve (ndlr : Steve Garner de The Bridal Procession) m’a remplacé, n’a jamais vu le jour, alors on voulait se dire que ce truc-là était achevé et qu’on n’était pas déçus de ne pas avoir sorti telle ou telle chose. Après on a eu des problèmes de temps et pour retrouver les pistes.

Charly : En gros, on aimerait bien le faire, on n’a peut-être pas le temps de le faire. Mais si jamais un moment il se révèle qu’on retrouve les pistes et qu’on trouve du temps et bien ce sera fait.

Florestan : Ça dépend surtout de, enfin Nico n’est pas là, il t’en parlera mais c’est un gros boulot de tout réenregistrer. Il faut qu’il mixe l’album, fasse la production… Puis il est de moins en moins dans le metal, ses goûts évoluent beaucoup…

Charly : Honnêtement, je ne pense pas qu’il le fera car ça prend du temps, il a beaucoup de travail à côté… Si ça peut se faire un jour, why not ? On vous laisse le suspens.

Si je vous demande un souvenir depuis la fondation de Novelists, vous me dites ?

Charly : C’est marrant ça « souvenirs » et « fondation » dans la même phrase (ndlr : le premier album d’A Call To Sincerity s’appelle Foundations) !

Ah je n’ai pas fait gaffe, souvenir c’était volontaire mais fondation pas du tout !

Matteo : Moi je me suis pété la gueule sur la batterie d’Amaël à un concert et j’étais mort de rires. Qu’est-ce qu’on a eu d’autre ?

Florestan : Mattéo ce qui l’a marqué c’est qu’il est tombé sur la batterie d’Amaël, il ne s’en remet pas ! (rires)

Charly : C’est difficile car c’est très large, depuis que le groupe existe on en a vécu des trucs ensemble…

Matteo : Y a eu la fois avec la marmite de chili et Nico, ça on peut le raconter (rires). Une fois on était à un festival en Belgique, on jouait avec Born Of Osiris, BTM tout ça et une fois le concert fini, y avait une marmite vraiment énorme de chili. Nico qui avait « un peu bu » la regarde et il fait style qu’il va se la verser dessus et un moment dans la soirée en fait il l’a vraiment fait et il y en avait partout… Et c’était mon pull. Et en plus 4 minutes avant, ça faisait à peu près une demi-heure qu’Amaël essayait de se faire chauffer son assiette de Chili, il regarde le micro-onde et son assiette avec un grand sourire et là Nico arrive et il tape dans son assiette, tu la vois qui vole et Amaël qui en a plein la chemise, c’était n’importe quoi.

Amaël : Les bons souvenirs, les anecdotes c’est quand on est en soirée.

Charly : On garde ça pour nous !

Et si je vous demande ce que vous espérez pour 2016 ?

Charly : Des putes et de la coke (rires).

Amaël : Je voulais dire la même chose !

Matteo : Un peu d’argent s’il vous plait, qu’on puisse rentrer positif financièrement de tournée. Ça ferait plaisir...

Charly : On a beau être signés ou quoi que ce soit, on dépense toujours plus d’argent qu’on en gagne.

Florestan : Non mais il ne faut pas parler d’argent !

Matteo : Des tournées cool, du fun…

Amaël : De bonnes tournées, de l’inspiration pour le prochain album et beaucoup de plaisir.

Et enfin, pourquoi dans le clip d’"Echoes", Nicolas se met nu au moment du solo ? 

Florestan : A la base c’est un solo de Pierre Danel de Kadinja et ce jour-là il devait venir faire le clip mais il avait 40 de fièvre et il n’a pas pu se déplacer. Du coup on a trouvé une solution alternative…

Matteo : De foutre quelqu’un à poil !

Florestan : Au début, on voulait que ce soit Matteo qui fasse un solo comme il ne fait pas d’instrument...

Matteo : Le truc c’est que je n’avais qu’un pied de micro et un pied de micro pour cacher un sexe ça reste relativement petit.

Florestan : ...Mais Matteo avait pas le courage de le faire.

Charly : Aussi parce que sa copine lui en aurait voulu.

Matteo : Aussi, puis Nicolas est toujours partant pour se foutre à poil, du coup c’est lui qui l‘a fait.

Florestan : Et ça rend plutôt bien, on peut le dire.

Matteo : Moi le truc qui m’a fait beaucoup rire c’est que plus de 45% des commentaires sur "Echoes" c’est « Hey c’est un solo de basse, elle sonne vachement haut la basse ! ».

Florestan : Et surtout y a des gens qui ne se rendent pas compte qu’il est à poil on dirait ! Y a très peu de gens qui en parlent.

Charly : Ça a duré 24 heures à peu près avant qu’un mec en parle. Un des commentaires c’était « S’il vous plait, personne va relever qu’il y a un mec à poil dans le clip ? ».

Et bien merci les gars ! 

Novelists : Merci à toi !


Interview : Axel G.

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