dimanche 10 janvier 2016

Chronique : Escape The Fate - Hate Me

Lorsque l’on fait face à des périodes durant lesquelles l’actualité musicale est très chargée, certains albums passent un peu à la trappe, et ce même si il s’agit d’un groupe majeur. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec la dernière livraison d'Escape The Fate, qui a récemment publié sa cinquième offrande intitulée Hate Me. Et avouons-le, si cette sortie a été mise de côté, ce n’est pas pour rien.

De la formation originale, il ne reste que Robert Ortiz
(batterie), fidèle au poste, tandis que son ancien comparse Bryan « Monte » Money a préféré quitter le navire et former Beyond Unbroken, notamment avec son frère Michael (lui aussi ex-membre d'ETF, par la même occasion). Inutile donc de préciser que le son de la bande changera également, Monte étant alors le principal compositeur de la troupe.

Depuis l’éviction du charismatique Ronnie Radke (aujourd'hui à la tête de Falling In Reverse), suite à ses années passées en prison, la tournure musicale prise par le groupe de Las Vegas était bien plus rock que leurs débuts emo/punk-rock. S’enchaînèrent alors plusieurs opus, certes légers, mais toujours soucieux de proposer quelque chose de différent par rapport à ce qu’ils ont pu faire, mais surtout, de balancer du tube à la pelle. Ungrateful en étant d’ailleurs le parfait exemple. C’est simple, ça sonnait, ça allait à l’essentiel.

Sauf qu’ici, et bien ça loupe le coche. Les compositions n’ont plus le même impact. Pire, on ressent même que les gars n’y croient plus. Et pourtant, l’opener "Just A Memory" n’est pas désagréable, avec un lead principal sympathique, des riffs tranchants et un solo correct, mais voila, il manque quelque chose. Et ce n’est pas les compositions suivantes qui vont apporter la touche manquante au schmilblick. La plupart des riffs sont sans saveur (on fait difficilement plus bateau que celui de "Get Up, Get Out"). "Live For Today" est tout juste sauvée par un refrain qui devrait faire son effet en live.

Ce qui est plus gênant, c’est le manque d’unité de l’opus. Si Ungrateful était très varié, on y trouvait une certaine cohérence. Ici, on passe de titres metalcore (ce sont d’ailleurs ceux qui s’en sortent le mieux, certainement dû au fait de l’expérience acquise entre Craig (chant), TJ (désormais à la basse et guitare rythmique) et Kevin (guitare lead) dans le domaine au sein de The Dead Rabbitts), à des titres rock alternatif sans saveur ("Alive", "Remember Every Scar") et même à de la pop imbuvable (la ballade "Let Me Be" est une sacrée purge).

Et pourtant on sauvera volontiers quelques titres. "Breaking Me Down" a une énorme touche Papa Roach pas désagréable (en même temps, Jacobby Shaddix et Tobin Esperance ont participé à l’écriture du morceau), "Hate Me" et son aspect plus lancinant fonctionne bien, "Les Enfants Terribles" et son aspect sauvage fait énormément de bien, au même titre qu’"I Won’t Break" et son riff percutant.

Il serait également dommage de passer à côté des bonus tracks "Redline" (pourvue d’un riff très Papa Roach-ien encore une fois, et enfin d’un solo digne de ce nom) et "End Of The World", venant gonfler un album jusqu’ici assez pauvre. D’ailleurs, on ne peut même pas dire que la production soit un argument vendeur tant celle-ci s’avère plate, alors qu’elle est l’œuvre du très renommé Howard Benson (P.O.D., Papa Roach, Three Days Grace).

Même pour ceux ayant adhéré jusqu’ici à l’ère Craig Mabbitt, il vous sera bien difficile de ne pas sortir de l’écoute de ce Hate Me avec un goût amer dans la bouche. Même si tout n’est pas à jeter, Escape The Fate semble partir sur une pente descendante, qu’il faudra vite remonter.

2,5/5

Axel R.

1. "Just a Memory"
2. "Live for Today"
3. "Remember Every Scar"
4. "Breaking Me Down"
5. "Alive"
6. "Get Up, Get Out"
7. "Hate Me"
8. "Les Enfants Terribles"
9. "I Won't Break"
10. "Let Me Be"

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