mercredi 27 mai 2015

Interview : Anti-Flag

En journée promotionnelle le 7 avril dernier à Paris, Alternativ News s'est entretenu avec Chris #2, bassiste-chanteur du groupe de punk-rock enagagé américain Anti-Flag. Interview à lire dans le post complet.

Alternativ News : Salut Chris 2, et merci de répondre aux questions d’Alternativ News. Ca fait plus de trois ans que le dernier album, The General Strike, est sorti. Alors question simple : vous avez fait quoi depuis ?

Chris : Evidemment, on a passé ce temps à travailler sur American Spring. Il y a eu un effet boule de neige depuis que l’on a quitté une major pour aller chez Sideonedummy. On y a sorti deux albums très rapidement, l’un après l’autre, en ayant quasiment une seule et longue tournée pour les deux. 
Là, cela fait 3 ans et demi que The General Strike est sorti. On a consacré environ deux ans pour écrire ce nouvel album. On voulait vraiment se retenir un peu, ne pas se précipiter et ne pas s’autoriser à revenir avant d’avoir ce que l’on sentait être le meilleur album d’Anti-Flag. C’est un disque qui commente l’actualité, la société et le paysage politique. Tout ce qu’on peut attendre d’Anti-Flag donc… Mais c’est un peu différent cette fois, il y a une nouvelle perspective par rapport aux précédents albums. On en est très satisfaits, surtout à ce moment de notre vie. Il s’agit du premier album après l’anniversaire des dix ans du groupe, c’est notre dixième album en tout. Ca nous semblait être une étape, une borne dans le temps. Et ça nous a forcé à nous concentrer, à travailler encore plus dur que sur les albums précédents.

Vous allez sortir American Spring. Que peut-on attendre de ce disque en terme de son ?

Je dirais que c’est le petit frère de The Terror State et de For Blood And Empire, deux de nos albums sortis l’un en 2003 l’autre en 2006. On a ce sentiment de repartir à zéro, d’avoir fait le point dans notre vie et d’avoir réalisé qu’il nous restait bien plus à faire. Il y a de ça dans ce disque. Lorsqu’on a commencé à écrire l’album on a travaillé et retravaillé, jusqu’à ce qu’on sente que les morceaux étaient prêts à être enregistrés. On n’avait pas travaillé de la même façon depuis For Blood And Empire probablement. Ce qui explique pourquoi il y a une certaine proximité entre les albums.

L’artwork détonne un peu de ce que l’on attend d’Anti-Flag. Tu peux nous l’expliquer ?

Dès le départ nous souhaitions appeler l’album American Spring, en s’inspirant librement des printemps arabes et des révolutions survenues au Moyen-Orient. On a la chance de pouvoir regarder en arrière, de se retourner sur l’Histoire et de reconnaître qu’une chose a marché, que cette autre chose a été un échec, comment on peut faire quelque chose et comment ne pas la faire. Quand les printemps arabes sont arrivés, quand on a vu des personnes utiliser twitter et les nouveaux moyens de communication pour se rassembler et commencer le mouvement au tout début, c’était très positif. Ensuite c’est devenu violent en Egypte et on s’est rendus compte que ça allait tourner de la même manière qu’à chaque fois que l’on a utilisé la violence comme forme de révolution. On ne peut pas sortir indemne de ce genre de situations. Il s’agit pour nous de voir de quoi l’on peut s’inspirer et de quoi il ne faut pas suivre l’exemple. Cela mène à la pochette. On avait cette imagerie de printemps, de renouveau, de renaissance, de fleurs. Comment amener ça à un autre niveau ? On a trouvé cette idée d’explosion hyperréaliste de fleurs, avec des archétypes d’humains au second plan : une femme musulmane, un soldat américain, un officier de police, un enfant afro-américain. Ils représentent tous des filtres différents à l’artwork, et ils sont tous individuellement réactionnaires. Si tu es une mère au foyer vivant dans l’Ohio, que tu regardes Fox News tous les jours, tu vois une femme voilée tu penses directement au terrorisme, à la peur qu’elle t’inspire. Si tu vois un enfant noir avec une veste à capuche, tu penses à la mort de Michael Brown et à la violence policière. Si tu es un jeune punk rocker, que tu vois un policier tu penses à l’autorité et à lui dire « vas te faire foutre ». On a tous nos préjugés sur ces personnes. On voulait que tout le monde se remette en question, se sente dérangé par l’artwork, pas seulement les gens de droite ou les gens de gauche.

Tu dirais que c’était un pari risqué, en considérant votre fanbase ?

D’un côté oui, surtout que ce n’est pas l’esthétique habituelle d’Anti-Flag. Ce n’est pas rouge avec du noir et blanc. Il y a du rose, du bleu, des formes tridimensionnelles. On trouvait juste que c’était une belle oeuvre d’art, qu’elle pourrait parler aux gens. C’est ce qu’on voulait, plutôt qu’un truc graffé sur un mur. J’aime autant avoir cette oeuvre qui va frapper les gens qu’un truc où ils penseront « Ouais je peux dessiner ça facilement sur mon carnet ».

Qui a eu l’idée de la pochette à customiser sur le site internet ?

C’était une idée collective. Dans le livret de l’album, on met cette fleur devant différents visages. On s’est dit que ça pouvait être intéressant de voir ce que les fans pourraient en faire. On a eu des images de la maison blanche, de George Bush, de Barack Obama, de chats, on a eu tout ce que tu veux ! C’était un processus très sympa, d’avoir les gens impliqués comme ça, ça nous donnait d’autres perspectives.

Vous allez en faire quelque chose ?

Oui ! Définitivement, on les collecte tous, on les rassemble et on verra. Mais déjà, on va en appeler certains, leur envoyer des autocollants, on veut récompenser les gens qui nous ont aidés et ce sont impliqués aussi tôt avant la sortie de l’album !

Peux-tu nous expliquer tous les changements de labels dernièrement ?

En fait il s’agissait avant tout d’abandonner notre petit confort, la suffisance que l’on a en travaillant toujours avec les mêmes personnes. Ce que l’on a pu remarquer dans notre passé, en tant que groupe, c’est qu’en sortant deux ou trois albums sur un même label, les gens finissent par se donner moins de peine. Ils savent ce qu’on attend d’eux, ils savent à qui ils vont vendre l’album, et c’est leur seul but. Ils ne tentent pas d’aller chercher de nouveaux publics. Partir de Side One Dummy pour nous rapprocher de Spinefarm, c’était vraiment pour toucher de nouvelles personnes. On sait comment trouver ceux qui connaissent déjà Anti-Flag, que ce soit grâce à internet et notre mailing list. On a une sacrée base de personnes à qui l’on peut parler. Spinefarm a été dans cette situation au début, puis c’est devenu un label international, et c’est quelque chose d’important car nous souhaitons que nos chansons touchent le monde entier.

Comment en êtes vous arrivés à collaborer avec Tim Armstrong, de Rancid, et Tom Morello de Rage Against The Machine ?

Tim chante sur "Brandeburg Gate". Cette chanson, d’après moi, revient à l’essence du punk rock de la fin des années 70, aux Clash. Les percussions sont très groovy, parfois à la Elvis Costello, sans être trop agressives ni abrasives. C’est un morceau de pop complètement tordue ! Et Tim est doué pour ce genre de choses. Quand on l’a appelé pour lui dire « Hey tu veux en être ? », je n’avais que quelques idées de paroles genre « She was searching for salvation » [« Elle cherchait le salut »] et je voulais que Tim chante un texte à partir de ça.
Ensuite Morello c’est vieux pote. On le connaît depuis 1999, lorsque Rage Against The Machine nous avait pris en tournée. Il a été très important pour nous, il nous a introduit à beaucoup de gens et il a produit un de nos albums, The Terror State. D’ailleurs sur cet album il a vraiment changé ma façon d’écrire la musique. Il y avait ce morceau, "Post-war Breakout". Je me rappelle qu’il nous envoyait des morceaux de Janet Jackson en nous disant « Ecoute cette batterie, vous devriez utiliser ça ». Maintenant, ce nouveau morceau, "Without End", a un groove similaire, une esthétique proche. Je sais que je n’aurais pas fait ce morceau sans lui. Donc logiquement on l’appelé et on lui a dit « Hey mec, ce morceau n’existerait pas sans toi, il faut que tu joues dessus ». Il était en studio pour enregistrer le prochain disque de The Nightwatchman, et il a pris un peu de temps pour enregistrer le solo. Et je pense que ça ressort vraiment bien !

Les albums d’Anti-Flag parlent de sujets d’actualité, comme le mouvement Occupy Wall Street sur le dernier, ici ce sont les printemps arabes. De quoi d’autres parlez-vous sur ce nouveau disque ?

Il y a évidemment un paquet de politique, on parle notamment de la France. On a voulu parler des évènements de Charlie Hebdo, ou le fait que Barack Obama ait été élu comme un président anti-guerre alors qu’il est finalement devenu le président des drones. On commente aussi la misère à Ferguson, le meurtre de Michael Brown, cette idée que la police est intouchable aux Etats-Unis aujourd’hui, qu’elle ne peut subir aucune répercussion pour ses actes. Donc, il y avait beaucoup de choses sur lesquelles on voulait écrire. Mais on essaie de faire ça tout en insistant sur le fait que, malgré tout ce qui va mal en ce moment, il faut aller au-delà de ça.

Votre message est plus vrai aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été, lorsque l’on voit la situation actuelle. Penses-tu que l’état du Monde a empiré, ou que notre point de vue est biaisé par les médias ?

Ouais, je trouve qu’il est dur de dire si le Monde est pire ou meilleur qu’avant. On vit dans le moment. Je dirais qu’avec internet, qu’avec nos moyens de communication, on a du pouvoir au bout des doigts, plus que jamais auparavant. Un pouvoir important. Il faut ne pas le prendre pour acquis, ne pas se voir museler et essayer de l’utiliser comme un outil. Ceci étant dit, on ne peut pas ne pas revenir sur la déception qu’est Barack Obama, sur le fait que la guerre en Irak a tourné au bordel en Afghanistan, développant l’Etat Islamique, donnant Charlie Hebdo, etc. N’est-ce pas avant tout nous, l’Occident, qui avons foutu le bordel plutôt qu’autre chose ? Tout est tellement interconnecté. Tu regardes l’économie, l’environnement : toute les dévastations arrivent car notre monde est basé sur les énergies fossiles, ce qui nous amène à parler du Moyen-Orient et de leur pétrole. De là, du fait de nos actions, on engendre nous même le terrorisme dans ses régions. Donc si on essaie de détourner un peu notre attention du profit à tout prix, et qu’on dévoue notre énergie vers plus d’empathie, je pense que beaucoup de choses peuvent changer.

Presque tous vos morceaux parlent de politique. Vous n’avez jamais envie de parler de choses plus légères ?

Oui, c’est vrai que de manière générale, tout dans Anti-Flag est tourné dans cette optique, même quand c’est pour le fun. Tu sais, un jour quelqu’un a dit que "Blue Suede Shoes" [le morceau d’Elvis Presley, ndlr] était la chanson la plus politique au monde. Quand tu y penses, « don’t step on my shoes » [« ne marche pas sur mes chaussures »], c’est une belle idée, c’est contre l’invasion de l’espace privé ou un truc comme ça. Je crois que tout peut être transformé en politique, surtout les chansons d’amour. Donc même si l’on est en train de faire les cons sur scène, c’est toujours pour une bonne raison.

La relation entre l’art et la politique est intéressante. Peux-tu nous en dire plus sur votre processus de création ? Est ce que parfois vous vous retenez un peu, après tout un morceau de musique doit d’abord plaire aux gens ?

On aime ce qu’on fait, on aime jouer à des concerts, on aime toute cette énergie que les gens nous renvoient. Donc on fait attention au type de morceau que l’on écrit. Il ne s’agit pas d’écrire pour quelqu’un nécessairement, mais je crois qu’on est aussi des membres du public qui écoutons nos morceaux, quelque part. J’entends souvent des musiciens dire « Je n’écris pour personne d’autre que moi, si les gens n’aiment pas ma musique alors tant pis ». Nous on veut que les gens aiment nos albums, qu’ils soient super catchy. On veut qu’ils traitent des problèmes importants du moment. On veut qu’ils s’impriment dans vos cerveaux. On veut se battre contre Fox News qui eux vous divertissent. On veut parler de ce qui est vrai, et se battre contre la publicité qui te dit que tu n’aies pas assez bien, pas assez beau car t’es des boutons d’acné et qu’aucune fille ne voudra de toi. On voudrait être aussi audibles qu’eux, c’est le but de nos morceaux et notre but en tant que groupe.

Passons à un autre sujet. Vous pensez que l’accueil est différent en fonction des pays que vous visitez ? Est ce qu’un drapeau américain renversé sera plus populaire en Russie, en Amérique du Sud, qu’en Europe ou aux U.S.A ?

Ho oui, complètement. Ca change vraiment. Je crois que la Russie est un très bon exemple, car c’est un pays qui veut s’éloigner des Etats-Unis. Là-bas les gens seront plus réceptifs à Anti-Flag car ils pensent que nous sommes anti-Américains. Ce qui est faux, nous sommes contre le nationalisme, ce qui inclut leur nation russe ! On essaie toujours de l’expliquer aux concerts. Mais ça se ressent surtout lorsque l’on interagit avec des gardes-frontières lorsque l’on voyage. C’est là que l’on voit l’effet des bisbilles à cause du concept de nations. Ils nous disent « Ho vous êtes Anti-Flag, et vous voulez aller au Canada » et ça leur déplaît. Toujours pareil lorsque l’on revient aux Etats-Unis. Mais lorsque l’on débarque en Europe, ils s’en foutent. Pour parler que de nos concerts, je pense que les gens sont plutôt au courant de nos opinions, peu importe dans quel pays. Je ne crois pas que les gens viennent nous voir en pensant qu’on est spécifiquement anti-Américains ou anti-un drapeau en particulier.

Donc tu penses que peu importe le pays que tu visites, les gens dans le public partagent vos opinions ?

Non, ça change, le pourcentage va varier. Des fois, tu joues un concert et tout le monde est d’accord avec toi, parfois très peu le sont. Et c’est pas grave, c’est l’opportunité de parler avec eux, d’essayer de leur apprendre quelque chose, d’ouvrir certains esprits qui sinon resteraient étriqués. Tous les shows sont importants. C’est pour ça qu’on joue en festivals, qu’on s’embarque sur le Warped Tour, qu’on a fait le Hellfest, etc. On veut se retrouver hors de notre zone de confort, pas juste jouer devant un public acquis tous les soirs, sinon comment toucher de nouvelles personne ?

Et vous avez toujours des problèmes aux frontières, même 14 ans après les évènements du 11 septembre ?

Oh oui, juste l’autre jour en allant au Canada, ils voulaient nous taxer d’anarchistes et nous barrer la route !

Parlons de toi. Comment s’est passé ton introduction au punk-rock ? Qu’est ce qui a fait de toi un musicien ?

J’ai toujours été politisé. Ca vient du fait que je suis né à Pittsburg, une ville ou beaucoup d’aciéries et d’industries ont été délocalisées, retirant leurs travails aux gens, dont beaucoup de proches de ma famille et d’amis, ne leur laissant que peu de jobs et mal payés. Voir ça jeune ça m’a marqué, j’ai remis en question l’avidité du monde, je me suis demandé si il était normal de voir des gens qui ont passé toute leur vie à travailler pour quelque chose et de ne se voir rien offrir en échange.
Ensuite il y aussi eu mon frère, ses déboires avec la police. Il était toujours du mauvais côté de la loi, toujours à chercher les ennuis. Un jour, j’ai entendu la chanson « Fuck the police » par NWA, j’avais 9 ans et je me suis dit « enfin un morceau qui me parle ! C’est bien mieux que MC Hammer et ils disent le mot fuck » (rires)… De là, j’ai découvert mon premier groupe de punk-rock, c’était Bad Religion. Mais c’était peut-être trop éduqué pour moi, je ne comprenais pas tout. Quand j’ai écouté les Dead Kennedys, ça m’a rappelé à niveau d’NWA, « Fuck the police ». Ca m’a ouvert les yeux. Mais ce n’est pas avant d’avoir entendu Green Day que j’ai pensé à jouer moi même de la musique. Ils ont rendu le punk accessible, lorsque Bad Religion et les Dead Kennedys avaient l’air trop complexes, je ne pensais que c'était faisable. Green Day a ramené tout ça à un niveau humain, et je pense que c’est leur contribution majeure à la scène. Ils ont réussi à faire croire que tout le monde pouvait le faire. Ils sont très talentueux, mais ils ont quand même réussi à faire tomber la barrière entre le public et le groupe.

Depuis le départ, tu souhaitais que ta musique soit engagée ? Ou tu t’es posé la question plus tard ?

Oui, vraiment depuis le début, c’était le genre de chanson que j’écrivais. Même si j’étais fan de Green Day et que j’aurais voulu écrire une chanson comme « When I come around », je n’y arrivais pas. Tout finissait par en revenir à la politique, toujours avec cette colère, cette remise en question de tout.

Depuis, tu as toujours le temps d’écouter la scène musicale ? Il y a des trucs qui te plaisent en ce moment ?

J’écoute beaucoup de groupes. Et on est très chanceux, on dirige un label très cool qui sort beaucoup d’albums. Ca nous met en contact avec pleins de groupes, plutôt de notre région d’origine. Il y a ce groupe, Homeless Gospel Choir, que j’adore. Il y a aussi Edhochuli, un groupe de metal, ou Endless Mike And The Beagle Club, un orchestre de rock’n’roll avec 9 ou 10 personnes dedans. Ils sont tous excellents. J’ai essayé de m’éduquer sur la scène française, les gens m’ont balancé pleins de noms depuis que je suis là mais ils ne les écrivent jamais, je ne sais pas si je vais les retrouver un jour !

Anti-Flag a maintenant 22 ans, qu’est ce qui vous attend dans le futur ? Allez-vous continuer à sortir des disques jusqu’à que vous n’en ayez plus envie ?

Oui, je crois que c’est à peu près ça. On entre dans un nouveau chapitre avec American Spring, on ne prévoit rien derrière, ce qui n’est pas pour casser l’ambiance mais c’est la vérité. On croit vraiment en cet album, on va continuer de travailler autour car il y aura bien deux ou trois ans de tournée avec. Ensuite il faudra se décider : fait-on un nouvel album, est-ce qu’on continue à faire des concerts en jouant les vieux albums, ou est-ce qu’on fait une pause ?

Vous n’avez pas joué à Paris depuis cinq années, vous devez avoir hâte d’être à La Maroquinerie en juin prochain ?

Oui, carrément. Je n’arrive pas à croire que ça fait cinq ans. J’ai l’impression que c’était hier. Même quand on était pas loin en festivals, ça ne vaut pas l’expérience d’un show en club. Je pense que ça va être un super concert.

La Maroquinerie est une petite salle, avec un public souvent énergique et démonstratif, vous avez pas peur des invasions de scène et des slams ?

Ca nous va, on adore ça !

Qu’est ce que tu préfères, les festivals ou les petites salles ?

Les deux sont différents bien sûr. Surtout pour un groupe politisé comme nous. Le festival est l’occasion d’éduquer les gens. On aime cette opportunité de devoir bien jouer pour convaincre les gens et leur dire « Hey, au fait Anti-Flag est un groupe qui s’oppose au racisme, au sexisme, à l’homophobie, à l’intolérance et on pense que tout le monde devrait être d’accord avec ça, si vous ne l’êtes pas, allez vous faire voir » ! Alors que quand tu joues dans un petit club, où tu sais que tout le monde connaît Anti-Flag, c’est plus une célébration « on s’est tous retrouvés, faisons la fête » !

Et pour finir tu as quelque chose de prévu avec ton autre groupe, White Wives ?

Non, Roger [Harvey] est en tournée avec Against Me! Il ouvre pour eux, je crois qu’ils vont jouer à Paris [concert le 3 mai dernier à la Flèche d'or, ndlr]. Je bossais et bosse toujours beaucoup sur le nouveau Anti-Flag, donc rien de prévu. On a sorti un 7" l’année dernière, c’était je pense notre meilleur morceau. On voudrait vraiment en faire d’autres un jour, mais on ne sait pas quand. C’est plutôt un groupe que l’on fait pour nous, donc on ne suit pas les standards et on n’a pas les mêmes obligations que les groupes normaux !

Merci Chris ! 

Interview réalisée à Paris par Clément P.





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