mardi 28 avril 2015

Live Report : Lagwagon + The Flatliners + Western Addiction @ Petit Bain, Paris - 22/03/15

Des jolies dates punk-rock on en a eu sur Paris et d'autres arrivent aussi d'ailleurs, mais des plateaux de cette qualité sur chacun des trois groupes présents rappellent les "Fat Tour" du label mythique Fat Wreck Chords d'il y a quelques années, parce que réunir Western Addiction, The Flatliners et Lagwagon sur une même tournée c'est du joli et c'est précisément le programme que nous propose We Care Booking pour cinq dates françaises et cette escale parisienne au Petit Bain du dimanche 22 février.

Avant le concert nous avons eu la chance de converser avec Joey Cape, le frontman des désormais légendaires Lagwagon en tête d'affiche ce soir, et l'interview sera à suivre sur Alternativ News.

Il y a une queue de plusieurs mètres devant la péniche du Petit Bain ce soir vers 19h30, les punk-rockeurs et punk-rockeuses attendant patiemment l'ouverture des portes dans le froid parisien. Tout le monde rentre petit à petit et c'est vers 20h30 que démarre Western Addiction, pour leur première fois à Paris et même en France, autant dire qu'il il y a pire affiche à partager pour une première tournée européenne. Le quatuor est composé par des employés du label Fat Wreck Chords ceci pouvant expliquer cela. Mais pas que : c'est un des groupe favoris de Joey Cape de Lagwagon et ils ont aussi sorti l'album I’m Not The Man That I Thought I’d Be qu'ils viennent défendre ce soir.
La salle est déjà bien remplie et tout le monde est à l'écoute de leurs titres très punks à la voix criée, on retourne dans les 80's niveau son et leur jeu est très propre et très carré mais il va manquer quelque chose ce soir à Western Addiction pour convaincre tout le monde, peut être un peu de communication ou simplement de prestance. Le bassiste Tony Texeira arbore un instrument estampillé en gros lettrage "STRESS" et Jason Hall à la guitare/chant répète à plusieurs reprises combien ils sont heureux d'être là ce soir mais il reste très timoré quand il n'est pas en train de jouer, il délaissera cependant sa guitare pour venir terminer le set dans la fosse au premier rang et finir de s'égosiller. Il se donne à fond sur ce final et on entend même un "sorry buddy" qu'il lance à un fan qu'il à cogné malgré lui. Le groupe quitte les planches après 30 minutes d'une prestation efficace mais un peu trop lisse autant musicalement qu'énergiquement, et l'on va sentir la différence rapidement avec l'arrivée de The Flatliners, avec Cris Cresswell leur chanteur guitariste que l'on aperçoit derrière la scène préparer consciencieusement sa guitare durant le set de Western Addiction.

Le temps de reprendre une bière au bar et les Canadiens se mettent en place en faisant plusieurs soundcheck devant nous avant d'entamer leur show avec fougue, du moins pour la moitié du groupe... En effet le batteur et le guitariste ont l'air un peu à part, plus introverti, à la limite de l'ennui, alors que du coté de la basse de Jon Darbey et bien sûr de Cris Cresswell c'en est tout autrement souriant et motivés. Ils nous jouent leur meilleurs titres du dernier album Dead Language comme "Casket Full" ou "Drown In Blood", que le Petit Bain un peu plus rempli se met en entonner, et se laisse aller à faire tanguer la péniche sur la nouvelle "Fangs" issue de Resuscitation Of The Year, sortie en single il y a peu. 
Cris remercie à de nombreuses reprise la foule parisienne avec des "Merci Paris" parfaitement prononcés, y ajoute quelques blagues en s'accordant, et commence à chauffer tout le monde pour l'arrivée de Lagwagon. Le leader des Flatliners est impressionnant vocalement tant il alterne les chants mélodiques, les vibratos mais aussi sa voix criée très justement placée sur ses riffs de guitare. Il est aussi de plus en plus actif musicalement, collabore beaucoup avec Joey Cape de Lagwagon, et c'est une question que nous n'avons pas eu le temps d'aborder lors de l'interview, mais nul doute que Cris Cresswell étant encore jeune, va devenir l'un des futurs piliers de la scène punk-rock internationale. Il nous le prouve encore une fois ce soir tenant à lui seul la baraque Flatliners avec charisme et simplicité. Les Canadiens terminent avec la désormais oldschool "Eulogy" qui fait toujours son petit effet, mais on regrette, ayant été pressés par le timing, qu'ils ne nous aient pas jouées leur superbe reprise "Fireball" de feu-Tony Sly.

Le Petit Bain est désormais complètement rempli, la fosse est compressée pour l'entrée de Lagwagon sur scène qui se fait attendre sur le fond de la bande-son épique de la série de notre enfance "L'agence tous risques" puis les Californiens entrent un à un sur scène, Joey Cape le chanteur présente le groupe, puis chacun des membres s'y met, et c'est Joe Raposo à la basse qui aura le mot final avec le plus de répondant sur son "Hey Paris, Give it up for fucking Laggwwaagoonn !" crié, les bras en l'air. Ils entament avec "After You My Friend", 
enchaînée avec "Falling Apart", l'ambiance est encore montée d'un cran et la salle entière secoue la tête, le pit est en transe alors que les vieux morceaux "Island Of Shame" et "Violins" en remettent une couche. 
Durant ce concert de 24 hymnes, Lagwagon va mêler aux classiques plusieurs titres issus de leur nouvel album Hang (sorti chez Fat Wreck Chords et chroniqué ici) qui s'intègrent parfaitement à la setlist, tant cet album signe le renouveau du groupe (tout du moins au niveau composition) : ainsi on a "Obsolete Absolute" et "
Made Of Broken Parts" entre un "Sick ", ou un "Western Settlements" entre "Coffee And Cigarettes" et "Heartbreaking Music". Avant ces deux chansons d'ailleurs Joey parle de son addiction au café et à la cigarette, qu'il a arrêté depuis peu et gobe une pastille de Nicorette en guise de clope, puis il dédiasse "Heartbreaking Music" à leur ex-batteur et ami, feu-Derrick Plourde.

Les Californiens alternent comme sur leur disques, fun et moments plus sérieux, mais sont heureux et souriants, chacun se baladant à gauche et à droite de la scène, Joe sautant partout en nous délectant de ses lignes de basse rapides et groovy, les trois guitaristes se retrouvent en devant de scène sur des solos façon heavy metal, et le guitariste géant Chris Flippin, visiblement alcoolisé, y va de ses nombreuses blagues au micro que Joey essaye de rattraper ensuite avec son compère aux cheveux bleu, Chris Rest à l'autre 6 cordes. Dave Raun à la batterie est un monstre de technique, impressionnant à voir jouer de si prêt tant il joue en nuance et précision ce punk-rock survitaminé, et ce même si il souffre de quelques soucis au niveau de sa caisse claire. Le quintet est donc en forme, Joey Cape a de la voix et de la prestance et nouveauté sur ce concert, par rapport à leur venue au Trianon de Paris (en support de NOFX) en août dernier, chacun des membres possède un micro et les chansons son beaucoup plus remplies en cœurs et backing-vocals qui donnent de l'ampleur aux titres, à la façon de Bad Religion. 
On ne s'ennuie pas une seule seconde et "May 16" sonne déjà la fin du concert. Les punks quittent la scène, mais c'est sans compter sur le public qui entonne un chant de rappel, encouragé depuis le coté de la scène par le batteur de The Flatliners, et au bout de quelques minutes Joey seul sur scène avec sa guitare acoustique pour nous proposer une version inédite et oh-combien émouvante de "International You Day" de son ami feu-Tony Sly (No Use For A Name) que toute la salle reprend en cœur y compris en accapella, puis il est rejoint par Cris Cresswell de The Flatliners, des "Tonnyyy" criés arrivent de parts et d'autres de l'assemblée, et The Caper (aka Joey) en a du mal à finir la chanson sans trembler.
Celui-ci conserve son instrument et entame " Burden Of Proof" en solo avant d'être rejoint par ses compères sur "Reign", toutes-deux ouvrant leur nouveau disque, avant de finir en beauté avec "Sleep" et "Razor Burn" (avec Rafik du groupe punk-rock parisien Hogwash) qui scellent la fête. Tout le monde, saute, slame, et chante ensemble à l'unisson "Come all be faithful, joyful and triumphant, I am a new man, I have a beard of shame" et c'est après une grosse heure et demi que les (ex) kids de Santa Barbara quittent définitivement les planches parisiennes après un speach de remerciement pour le public et l'organisation We Care Booking, même si tout le monde ce soir aurait bien signé pour une heure de plus.

Après 25 ans de carrière Lagwagon est revenu au somment de sa forme y compris sur scène, n'en déplaise aux nouvelles générations du type The Flatliners qui viennent cependant les titiller, et ils restent parmi les leaders du mouvement punk-rock, couleur Californie.

Merci à Manux et We Care Shows, Vanessa et Oise de Fat Wreck Chords.

Texte : Antoine D.
Photos : Cyril Chastenet

Vidéos : Gresle Photography (https://www.facebook.com/greslephotography)

Setlist Lagwagon : 

1. After You My Friend 

2. Falling Apart 

3. Island of Shame 

4. Violins 

5. Never Stops 

 6. Obsolete Absolute 

 7. Made of Broken Parts 

8. Sick 

9. Give It Back 

10. Coffee and Cigarettes 

11. Western Settlements 

12. Heartbreaking Music 

13. The Cog in the Machine 

14. Drag 

15. Alien 8 

16. Making Friends 

17. Burning Out in Style 

18. Mr. Coffee 

19. May 16th 

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20. International You Day 
(No Use for a Name cover avec Chris Creswell)
21. Burden of Proof 

22. Reign 

23. Sleep 

24. Razor Burn 
(avec Rafik de Hogwash)



1 commentaire :

Anonyme a dit…

C'est plus Sam Johnson à la basse dans Western Addiction, c'est Tony Texeira, qui s'en sort pas mal d'ailleurs. Même si rien ni personne ne remplacera le bassiste hurleur d'origine (Chicken de Dead To Me putain !).
Ouais je sais, je suis un enculeur de mouche, mais pour un nerd comme moi, c'est le genre de détail essentiel, si je rétablis pas la vérité, ça me provoque des TOCs ;-)
(NB : j'ai plus de 30 ans, donc j'ai le droit d'utiliser des smileys desannées 2000)

Très bon report et super interview, sinon !

Au plaisir