jeudi 5 février 2015

Chronique : Cowards - Rise To Infamy

Cowards, c'est un quartet parisien de sludge/hardcore assez discret mais qui n'a pas vraiment envie qu'on soit trop cools avec eux, ni de l'être avec toi. Quand tu les vois en concert, la gentillesse devient hérésie, la froideur devient plus perçante que dehors en hiver, et une fois le concert fini, tes aux revoirs, tu peux te torcher le cul avec, les mecs ont autre chose à faire. Sur disque, c'est tout aussi douloureux, c'est lourd, c'est cradingue, et ce depuis leur premier disque. Au chant, on retrouve Julien, chanteur de Sickbag et de Death Mercedes, les rejetons directs d'Amanda
Woodward. Sur leur nouveau disque nommé Rise To Infamy, les Parisiens ont tenu à pousser à l'extrême leur son déjà pas bien réconfortant, le faisant devenir presque gênant à écouter, mais jouissif à pousser à blinde dans les couloirs du métro.

À titre d'exemple et sans trop vous teaser pourquoi, "The Birth Of The Sadistic Son" peut déclencher à elle seule la troisiième Guerre Mondiale à mains nues (sinon c'est moins rigolo). Une barbarie sonore, quelque part entre sludge, hardcore et black metal (la version rance et boueuse du style), humant la crame, la haine et la gadoue, ouverte par un "Shame Along Shame" illustrant particulièrement bien cette sauterie meurtrière, où le frontman s'égosille d'une voix écorchée probablement au cutter imbibé d'acétone, qui lui est parfois hors de contrôle, rappelant les vociférations violentes de chez Kickback (on les a souvent rapprochés à eux avec cet album, et c'est pas moi qui vais briser la chaîne, désolé !), une influence qui ressort aussi dans ces quelques cassures hardcore saccadées qui feront débarquer au galot dans le pit les mecs qui auront passé une sale journée.
10 patates au poing américain rouillé, qui prennent parfois un tournant chaotique ("Never To Shine", ou la véloce "Frustration Is My Girl"), une violence urbaine aromatisée au vitriol, distillée avec une application macabre à la tâche dans un cocktail Molotov que te jette les messieurs en pleine gueule. 

Un disque qui te met véritablement dans un sentiment d'inconfort, le même que quand tu déambules dans les rues en banlieue parisienne à 2h du matin quand t'es seul. Cowards n'évoque pas grand chose de plus, avec eux tu peux oublier les aurores et les mélodies, leur ciel est frelaté et leur univers sonique est putride, asphyxiant, lancinant, du gaz lacrymogène puant qui rentrerait dans tes oreilles pour que ton esprit te fasse entendre des voix disant "va te faire foutre, ton monde est aussi pourri que toi".

C'est un album violent, bas du front, crée dans l'unique but d'extérioriser et d'exorciser toute la saleté et la pourriture qui grandit chaque jour en chacun d'entre nous. Au final, le seul truc qui inspire quelque chose de positif chez eux, c'est que dans le line-up, il y a un mec au caractère complètement METOL sur scène, de quoi réconcilier les chevelus à clous avec les hipsters en noir. En gros, si tu as trouvé le I Am King de Code Orange trop gentil et que tu n'en peux plus d'attendre le prochain Xibalba mais que tu trouves les growls un peu too much, ce disque est fait pour toi.

4/5

Guillaume D.


L'album sort le 5 février 2015.


1 Shame Along Shame
2 Never to Shine
3 Frustration (Is My Girl)
4 Beyond My Hands
5 Birth Of The Sadistic Son
6 Low Esteem
7 Anything But The Highroad
8 Wish For Infamy
9 Bend The Knee
10 So Easy

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