lundi 26 janvier 2015

Chronique : Funeral For A Friend - Chapter & Verse

Pas facile de se renouveler quand on a été un groupe majeur de son courant musical ? C’est pourtant ce que tente de faire Funeral For A Friend depuis maintenant trois albums. Contribuant fortement à démocratiser le style post-hardcore/emocore dans les années 2000, le groupe a connu depuis, de nombreux et importants changements de line-up. Sans jamais se laisser déstabiliser, les Gallois, emmenés par le charismatique Matthew Davies-Kreye, ont continué à sortir de façon quasi métronomique des albums. Quand on réécoute la discographie, on perçoit de nombreuses évolutions dans leur son.

Explosant grâce à leur album Casually Dressed & Deep In Conversation (2003) suivant des structures bâties autour de mélodies et de double chant crié, ils reviendrons deux ans plus tard sous un visage différent. Conservant leur énergie intacte grâce aux guitares et à une double pédale plus efficaces que jamais tandis que les voix screamées disparaissent. Matthew allant même jusqu’à déclarer dans une interview promotionnelle de l’époque qu’il sentait qu’il avait maintenant passé l’âge de crier.

Après avoir montré une facette de leur son plus accessible avec les albums Tales Don’t Tell Themselves et Memory And Humanity, ils amorcent à nouveau un virage à 180°, les voyants réincorporer les éléments plus agressifs de leurs débuts. Le batteur Ryan Richard, resté mué depuis des années, relèvera le défi haut la main à l’occasion d’un dernier tour de piste sur l’album Welcome Home Armageddon, nous offrant un savoureux double chant bien trempé et solide. 

2015, sortie de Chapter & Verse et septième album du groupe qui résulte directement de cette nouvelle direction. Poussant encore un cran plus loin l’exercice de Conduit (2013) avec des structures plus courtes et des lignes de chant directement inspirées du hardcore des années 90, le groupe semble se faire plaisir avant tout. Malheureusement c’est là où ça pèche car si l’on ne peut que se réjouir d’une recherche constante d’évolution, le résultat parait bien maigre à la vue de leurs efforts précédents. C’est d’autant plus dommage que cette touche plus brute avait été correctement intégrée sur Conduit, tout en conservant les lignes mélodiques que l’on affectionne tout particulièrement chez FFAF. 

La voix de Matthew a du mal à convaincre lors des passages plus agressifs qui se multiplient et parait de plus en plus limite sur les refrains. La rythmique de batterie se veut rapide mais reste trop basique. Les guitares survoltées et mélodiques avec lesquelles se mariait à merveille la voix ont définitivement perdues de leur superbe. Même le single 1%, censé nous rappeler les grandes heures du groupe, nous laissera sur notre faim. 

Alors certes l’ensemble reste cohérent mais décevant. En tant que fan et grand adorateur de leur période plus mélodique, je garde espoir en me demandant ce qu’aurait donné une poursuite de cette voie.

2.5/5

Martin G.



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