dimanche 30 novembre 2014

Interview : Aurélie Communier (OUI FM)

Pour les cinquième année consécutive à lieu le Bring The Noise festival à Paris organisé par la radio OUI FM. Alternativ News s'est entretenu avec Aurélie Communier, animatrice et programmatrice de la manifestation rock de cette fin d'année. Interview à lire après le saut.

Alternativ News : Par rapport au festival tout d’abord, et plus particulièrement sur cette année : vous semblez avoir particulièrement axé le festival sur des groupes français, notamment sur la deuxième date avec Lofofora, Tagada Jones, et AQME, alors que vous aviez par exemple choisi Papa Roach ou encore Airbourne pour la première édition.

Aurélie : En fait, sur toutes les éditions tu as une date française. Sur la première édition, on avait les No One Is Innocent, Die On Monday, Empyr aussi. Sur les cinq éditions, on a toujours une date 100% française. C’est un truc qu’on a voulu faire dès le début puisqu’au final Bring The Noise, et on le répète assez régulièrement, est là pour défendre la scène française. On est très très fiers de notre scène ; on a énormément de groupes talentueux. Donc ce serait vraiment dommage de ne pas mettre en avant cette scène-là ! En plus, cette année, on a eu énormément de chance puisque Lofofora fêtent leurs vingt-cinq ans de carrière et sortent un nouvel album. Tagada Jones ont sorti « Dissident » aussi, je crois que c’est leur dix-neuvième album, donc on a quand même deux piliers. Et du coup, Aqme, qu’on a décidé de réinviter, parce qu’ils étaient déjà venus…

Eux aussi ont sorti leur dernier album !

Voilà ! Donc ils reviennent avec ce nouvel album et également un nouveau chanteur, Vincent, qui est là depuis un an, un an et demi. Du coup, c’est réellement l’occasion pour nous d’avoir cette nouvelle formation d’Aqme sur le festival. Mais tous les ans, c’est un point d’honneur que l’on s’est fait de proposer une date 100% française, et en général, ce sont ces dates-là qui marchent le mieux, donc c’est ça qui est assez cool. La date de Lofofora est par exemple la plus demandée par les auditeurs dans les concours !

Il y a également Royal Blood, le groupe du moment, que vous avez annoncé en dernier groupe et qui sera sur la troisième et dernière date du 18 décembre.

Ouais ! En fait, on l’a annoncé un petit peu en « groupe secret » puisque Royal Blood était callé au festival des Inrocks et on ne voulait pas concurrencer le festival ; on n’est pas là pour ça. Par contre, on est assez contents de les avoir récupérés, puisque c’est LE groupe du moment, et je pense que c’est la dernière chance que l’on va avoir pour nous, français, de les voir dans une salle de taille humaine puisque ce sera au Point Ephémère exceptionnellement ; on a souhaité changer. 

Du coup, Royal Blood, c’est vraiment une très bonne surprise d’autant qu’on a eu beaucoup de chance puisque le chanteur a été malade ces derniers jours et qu’on a eu un petit peur, mais ça va, il va mieux ! 

Oui, j’ai vu ça, ils ont effectivement annulé des dates récemment ! C’est ça ! On a eu le groupe en interview la semaine dernière et le batteur nous a rassurés concernant leur santé ; ça va mieux, ils sont en forme et seront là le 18 décembre.

Quel est ton avis sur ce groupe, justement ? Trouves-tu qu’ils remettent au goût du jour le stoner ?

Oui et non ; c’est du stoner mixé avec du garage. Après on a tendance à mettre des étiquettes sonores sur tout en ce moment. C’est vrai que ça fait partie de leurs influences, mais je trouve qu’ils ont plus un côté garage, un côté très Death From Above 1979, qui évolue également sous cette même formation basse/batterie, et c’est justement l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu caller en première partie de Royal Blood deux autres groupes français qui sont mes coups de cœur de cette année : Spark Gap et Loading Data. Spark Gap sont dans une lignée plus punk rock, plus énervés que ce qu’ils faisaient avant, et Loading Data qui est plus un groupe de stoner et se rapproche un peu plus de Royal Blood. Je trouvais que les deux groupes collaient assez bien avec Royal Blood, et comme c’est le groupe qui fait sensation, je me dis que ça fera peut-être découvrir aux fans de Royal Blood des groupes français mortels et qui pourraient peut-être leur plaire aussi !

Je voulais aussi revenir sur le choix des salles ! Vous aviez certaines années choisi une seule salle de concert et cette année vous oscillez entre le Divan du Monde et le Point Ephémère.

Oui, c’est même la troisième année consécutive avec le Divan du Monde ! On va dire que c’est une salle que l’on apprécie beaucoup au sein de Oui FM. Quand on a commencé à faire le festival cette année, on s’était posé la question de le faire dans une plus grande salle, et, au final, on s’est rendu compte qu’en le faisant dans une plus grande salle on risquerait de perdre l’esprit de ce festival, qui est plus un côté intimiste. On avait envie de garder une salle de taille humaine pour pouvoir rencontrer les auditeurs, pouvoir discuter avec eux, que les auditeurs puissent discuter et rencontrer les groupes ; ce qui est plus facile au Divan du Monde vu qu’il n’y a pas vraiment de loges. C’est vraiment une salle de taille humaine que l’on aime beaucoup et d’autant plus que la salle est magnifique ; le son est lui aussi niquel. On a eu de très très bonnes surprises lors des trois dernières éditions que l’on a faites. Même au niveau de l’accueil des groupes, des auditeurs, ou même du staff de Oui FM, tout s’est toujours super bien passé. Donc on s’est dit : pourquoi aller chercher autre part alors que le Divan est dispo ? Il y a juste cette dernière date que l’on va faire au Point Ephémère. 

Ce dernier choix est plus une question de planning donc ?

Oui, c’est surtout une question de planning. On a beaucoup de mal à faire des dates qui se suivent, ce qui est en général le cas lors de festivals. On avait réussi à le faire lors de la première édition, mais après on s’est rendu compte que c’était un peu compliqué et que ce n’était pas si grave que ça. En même temps, ça permet de faire une petite pause, de reprendre des forces pour la semaine d’après. (rires) Et puis comme le Point Ephémère est une autre salle avec laquelle on a pas mal travaillé cette année, c’est l’occasion de tester un nouveau lieu et de voir ce que ça va donner, et ce même si la salle est un tout petit peu plus petite puisque ça permettra d’avoir peut-être une ambiance différente.

C’est donc bien une forme de changement de rythme de programmer plusieurs salles différentes plutôt que de choisir un Bataclan pour les trois dates, par exemple.

Après je trouve que le Bataclan serait beaucoup trop grand. On préfère rester sur des salles autour de cinq cent personnes. Mais étonnes-toi, on pourrait avoir de bonnes surprises sur le remplissage d’un Bataclan ! (rires) Après ça dépend évidemment des groupes qu’on a aussi.

Sur les dates françaises, vous tablez sur un sold-out du coup ?

Oui, sachant que le festival est gratuit, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas complet. Je sais que toutes les dates de l’année dernière ont été complètes, parce qu’on est avant tout là pour offrir un maximum de places et faire plaisir à un maximum de monde, et on a jamais eu une date qui a foiré totalement. Mais justement, je touche du bois que ça n’arrive pas, parce que si les gens ne viennent pas, c’est que les groupes ne les intéressent pas, et ça voudrait dire que j’ai mal fait mon boulot. Mais pour l’instant la programmation a l’air de plaire, donc j’espère que tout le monde sera au rendez-vous !

Pour revenir un petit peu sur la scène française dont on parlait au début : c’est une scène qui a pas mal explosé et qui est à un niveau assez important aujourd’hui (je pense par exemple à Merge ou encore Our Theory côté post-hardcore, que vous avez déjà reçu et passé sur Bring The Noise plusieurs fois). Par rapport à ce milieu plus indé : c’est très important pour vous aujourd’hui d’être toujours rattaché à ce milieu-là ?

On va dire que c’est même une question de principe : on est une émission de rock alternatif française. Je suis extrêmement fière de la scène française, que ce soit en métal, en stoner, en post-hardcore, même si ce n’est pas vraiment mon style, je l’avoue. (rires) Avec Alex et Tim, qui font partie de mon équipe le Dimanche, on essaie de dégotter de la nouveauté et de soutenir la scène française. On est là pour ça, c’est notre boulot. De diffuser le dernier Queen Of The Stone Age, de diffuser de la nouveauté internationale : oui, évidemment. 
Mais après je mets, moi, une priorité sur le fait de diffuser la scène française, que ce soit des groupes comme Lofofora qui ont une fanbase monstrueuse, ou encore Director’s Cut, un groupe de Lyon que j’ai diffusé hier. Ils doivent avoir trois cents fans sur Facebook. Les gars m’ont envoyé leur dernier album qu’est une tuerie. Et quand on voit des gamins comme ça qui arrivent, dans leur garage, à autoproduire leur album et à le faire masteriser à Toronto par le mec qui a fait les Flatliners, on et je me sens obligée de les diffuser. Je suis super admirative de ces mecs-là parce qu’ils se sortent vraiment les doigts du cul, ont envie de faire un vrai son, viennent de sortir un clip, et, se donnent les moyens de faire quelque chose de bien tout en étant tellement passionnés ! Je trouve ça super beau et ça serait tellement dommage de ne pas en parler.

C’est clair qu’il faut donner un maximum de visibilité à ce genre de groupes.

Carrément, et j’espère même qu’au fur et à mesure, d’autre radios le feront !

Et du coup, lorsque tu compares par rapport à quelques années auparavant (je pense forcément à la Team Nowhere [ndlr : Enhancer, Pleymo, AqME, et Wunjo]), qu’en penses-tu ?

Eh bien, au final, on compare souvent à la Team Nowhere, mais je me rends compte que les groupes sont assez liés, et même avant la Team Nowhere. Il y avait par exemple dernièrement le Bal des Enragés, qui est un parfait exemple. Il y a pleins de groupes comme Black Bomb A aussi qui étaient reliés à ça et faisaient des tournées, des reprises, etc…

Que vous avez d’ailleurs sur le fest, également !

Oui, en première partie de Danko Jones vendredi ! On pourra même écouter leur premier album en exclu parce qu’on a réussi à les sortir de leur studio ; ils sont encore en train de bosser dessus actuellement. Donc on est assez contents d’avoir réussi à les choper ! Mais pour revenir sur les groupes français, je pense qu’ils ont toujours été très soudés les uns les autres. J’ai eu en interview le chanteur de Tagada Jones cet été au Xtreme Fest, et même lui m’expliquait qu’il avait une association et qu’il bossait lui aussi pas mal avec les groupes français, notamment les Butcher’s Rodeo. Je pense que les groupes français sont liés, qu’il s’agisse des plus jeunes comme des plus vieux. Je le vois avec Alex, qui est dans The Prestige : lorsqu’il part en tournée, il embarque des potes ; lorsque ses potes partent, ils l’embarquent lui. Bref, je pense que les groupes s’entraident, en définitive, et heureusement qu’ils le font, parce qu’il n’y avait pas cette entraide-là, les groupes français tourneraient beaucoup moins.
Par contre, les dernières réponses que j’ai beaucoup eues lors des dernières interviews de groupes français que j’ai, c’est qu’ils ont beaucoup plus de facilité à se trouver des dates en Europe plutôt qu’en France, et je trouve ça vraiment dommage qu’il y ait de moins en moins de salles qui puissent accueillir des groupes. Notamment à Paris où les accueils sont pas forcément cools, surtout pour des petits groupes, soit parce que le matos n’est pas bon, soit parce que les salles demandent de l’argent. Mais savoir que ces groupes-là fonctionnent à l’étranger veut aussi dire qu’il y a un truc, qu’il y a du talent et que l’on aime leur musique. Mais il faut espérer que les Français se mettent à apprécier la scène que l’on a ici parce qu’on a véritablement de tout ! Que ce soit du stoner, du punk, du hardcore : on a pleins d’associations qui sont toutes soudées, et c’est super beau !

Revenons un peu sur l’émission également, qui est diffusée du lundi au vendredi de 23h à 1h et le dimanche de 22h à 1h…

Héhé, tu as bien appris ta leçon ! (rires)

Je vous lis et vous suis comme c’est nécessaire ! Mais par rapport à votre ligne éditoriale qui est très large et va de tout ce qui se rapproche du rock alternatif jusqu’au métal, en passant par le punk, etc…

Effectivement, on a tendance à également souvent parler de Bring The Noise comme une émission métal et j’aimerais remettre les choses au point : c’est une émission alternative rock. C’est vrai qu’alternative rock, cela veut tout dire et rien dire à la fois. On a un panel de musique tellement large, mais on va tout de même plus être dans l’alternatif que dans le métal. Je vais diffuser du métal, puisque j’ai également pas mal de chroniqueurs qui viennent : le métalliste, un chroniqueur qui vient parler de black métal de temps en temps, le mec des Stone Gathering qui vient me parler de la scène stoner/doom, ou encore Manu qui vient parler de la scène punk, même si le punk est un sujet que je maîtrise tout de même. Mais pour ce genre de musiques que je ne connais pas vraiment, même en écoutant plein plein de choses, je préfères avoir un mec qui aura grandi avec ça, qui va être passionné et va pouvoir en parler avec beaucoup d’émotion plutôt que de me présenter avec mes petites recherches qui vont être beaucoup plus froides. Je préfère être sincère avec les auditeurs et leur dire par exemple : « Le black métal est un style que je découvre et que je trouve mortel, mais j’ai un pote qui s’y connait et qui en parle super bien, et je préfères le faire venir dans l’émission pour qu’il nous fasse découvrir cet univers, et il le fera beaucoup mieux que moi qui serait carrément plus bancale et, encore une fois, froide avec mes petites notes. »
On m’a toujours dit, un point d’honneur en radio : ne jamais parler de choses que l’on ne maîtrise pas, car l’auditeur s’en rend compte à un certain moment. On ne peut pas mentir aux gens car cela s’entend, se remarque, et on n’est pas là pour cela. On est une grande famille qui est là pour parler musique ; j’ai même des fois des auditeurs qui me font découvrir des styles musicaux et des groupes, et cet échange et véritablement quelque chose que j’apprécie beaucoup.

Toujours sur la ligne éditoriale de Bring The Noise : à quand un BTN à heure de grande écoute, en après-midi ?

Eh bien écoutes, demandes à mon patron ! (rires)

Je veux dire : trouves-tu que les radios sont bridées aujourd’hui ?

Non, je ne dirais pas que les radios sont bridées, mais il faut se remettre dans le contexte : la France n’est pas un pays rock. Elle est connue pour apprécier la chanson française, et le rock est tout de même un style de niche. On adore ça, et même si beaucoup de choses se passent autour du rock n’ roll, c’est un style bien particulier. Sur Oui FM, un Bring The Noise en journée serait mortel, évidemment. Il y a des groupes que je diffuse le soir et qui se retrouvent dans la playlist l’après-midi : on l’a vu avec Biffy Clyro, avec Royal Blood, ou encore Linkin Park, même si ce n’est pas le meilleur exemple vu ce qu’ils sont devenus. (rires)
Je dirais pas que l’on est formatés, mais plutôt que l’on s’adapte au public : mettre un Bring The Noise le matin serait par exemple gênant parce qu’il y a pleins de gens qui n’ont pas forcément envie de se réveiller avec du métal. C’est vrai que l’on est sur un créneau assez tardif, et je ne te cache pas que si je pouvais éviter de rentrer à une heure du matin en vélo chez moi, ça m’arrangerait aussi. (rires) Mais on a ce créneau, et on a tout de même treize heures sur toute la semaine réservées à l’alternative rock ! Or il n’y a malheureusement pas beaucoup de radios qui ont les couilles de passer ce genre de programmes aujourd’hui…

Il y en avait ! Quand je vous écoute, je pense beaucoup au Mouv’ et à l’émission métal de McFly qu’il y avait le dimanche soir dans les années 2000.

Ils avaient réessayé l’année dernière, d’ailleurs ! Il s’agissait d’une heure le dimanche, il me semble. Par contre la ligne éditoriale était très précise : très métal et bien lourd, et il n’avait donc pas vraiment de concurrence puisqu’il avait une playlist assez pointue. Je trouve ça dommage justement que ce soit fini.
On me posait hier la question de la concurrence, à savoir quelle serait ma réaction quant à l’émergence d’autres émissions d’alternative rock sur d’autres radios. Je trouverais ça super cool, parce que je pense d’abord que la concurrence permet de te faire évoluer. J’écoute beaucoup les radios américaines et anglaises pour me tenir au courant et savoir ce qui se fait. Avoir de la concurrence permet donc de me dire qu’il y a de plus en plus d’émissions d’alternative rock sur la bande FM, et donc que ce style est de plus en plus apprécié par les gens. Or mon boulot, c’est également ça. C’est ma passion et j’adorerais pouvoir un jour allumer ma radio et tomber sur un Machine Head à 14h. C’est le début, mais on va y arriver ! (rires)

Selon toi, comment pourrait-on faire décoller un genre musical sans médiatisation ?

C’est très compliqué. Par rapport à Bring The Noise, j’essaie moi-même d’enlever cette image que les gens ont de l’alternative rock, ce cliché assez brut du métal habillé en noir. J’essaie de passer au-delà de ces clichés-là, déjà par le fait que je sois une nana pas forcément « fringuée métal ». J’ai ensuite une façon d’animer presque un peu enfantine, voire même nunuche par moments, je l’avoue, mais j’essaie surtout de faire comprendre aux gens que l’on n’est pas qu’une bande de fous furieux qui vont pogoter. Oui, on aime bien ça de temps en temps pour se lâcher. Mais il n’y a pas de secret : soit ce style plaît et les gens accrochent, soit les gens n’aiment pas et on fait un truc de notre côté !

Dernière petite question, la question piège et sournoise : comment définirais-tu l’alternative rock, le métal à quelqu’un de sourd ?

Oh, c’est super compliqué ! Tout d’abord je lui ferai cela (ndlr : elle fait un cœur avec ses mains). Ensuite, je lui montrerai probablement une pochette d’Iron Maiden. C’est très compliqué, je lui décrirais peut-être la musique en lui disant qu’il y a plein de guitares qui couinent, mais que c’est super mignon ! (rires) Mais effectivement, je prendrai une pochette d’Iron Maiden, celle de « Peace Of Mind », et je lui dirai que ce sont des guitares qui crient, mais que ça parle beaucoup d’amour. Et de monstres aussi un petit peu. (rires)

Merci à toi !

Interview réalisée par Alexandre M. dans les locaux de OUI FM à Paris le mercredi 26 novembre 2014.

Merci à Olivier Garnier.






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