mercredi 12 novembre 2014

Chronique : Foo Fighters - Sonic Highways

J’aime Dave Grohl. Je suis fan des Foo Fighters depuis que je suis gosse (je ne suis plus un gosse). The Color And The Shape et Nothing Left To Lose sont très probablement dans mon top 50 de mes albums favoris de tous les temps. C’est pas rien. Mais qu’en est-il de ce Sonic Highways

Il s’agit de leur 8ème album studio. Le groupe n’a plus rien à prouver depuis bien longtemps et remplit des stades dans son sommeil, en un claquement de doigt. Ici, chaque chanson a son invité et a été enregistrée dans un studio
différent. Butch Vig a chapeauté le tout comme pour Wasting Lights, le prédécesseur sorti il y a maintenant 3 ans. 

Et peut-être que notre ami Dave devrait se concentrer un peu uniquement sur les Foos au lieu de découcher constamment et de s’adonner à tellement d’autres projets parallèles où son talent n’est évidemment plus à prouver (Them Crooked Vultures, Sound City, Probot...). C’est un peu le problème principal de cette dernière sortie du groupe. Tout le monde aime Dave, tout le monde veut être cool comme Dave Grohl, tout le monde veut être le pote de Jack Black, bref Dave c’est le BFF de tout le monde. 

Il y avait déjà eu l’alerte Echoes, Silence, Patience & Grace où quelques titres forts côtoyaient de (trop) nombreux morceaux dispensables. On ne peut pas sans cesse vivre dans le passé. Le groupe a évolué vers un rock à grosses guitares qui fait sold-out à chaque sortie, c’est évident. Une fois qu’on a écrit un "My Hero" ou un "Everlong", on est attendu au coin du bois. Et la bande a toujours répondu présente avec des mélodies inoubliables ("Best Of You", "Learn To Fly", "The Pretender", on pourrait en citer 10 fois plus) et d’excellentes réalisations. 

Mais revenons à nos moutons. Sonic Highways est la suite logique de Wasting Lights. Il est même carrément collé à Wasting Lights niveau son. Avec quelques escapades dans leur glorieux passé, cet album est avant tout un album plaisir où le groupe s’est fait plaisir en invitant plein de gens cools et prestigieux sur chacun des 8 titres. Les Bad Brains s’incrustent sur l’agressif "The Feast And The Famine" dont le petit riff, et même le morceau entier, rappelle "Monkey Wrench" sur The Color And The Shape. On aime l’ouverture "Something From Nothing" pour son côté rentre dedans. Mais où est ce bon sang de refrain accrocheur ? Oui ça crie, ça sue, ça joue comme des dieux, on aura rarement vu une section rythmique de ce niveau. Mais il manque ce petit truc qui nous faisait tomber amoureux d’une chanson ou d’un album dès la première écoute et chanter comme des Foos avec les copains. On le retrouve parfois comme sur l’excellent ''Congregation'' ou encore "Outside" où Joe Walsh (guitariste des Eagles, entre autres) vient poser son super solo. Le final "I Am A River" vaut son pesant de cacahuètes, et est probablement un des plus beaux titres de la bande, et la chanson la plus personnelle de cet album (avec "What Did I Do? / God As My Witness" et son influence southern rock à la Lynyrd Skynyrd). Pleine d’émotions et de fougue, c’est juste beau. A plus de 7 minutes qui plus est, dont aucune seconde n’est de trop. 

Et là on touche du bout du médiator un autre problème de ce nouvel effort. La longueur des morceaux. Un seul s’éloigne des 5 minutes, pour tout le reste, ça s’étend. Un solo par-ci, un pont à rallonge par-là, bref on a vu les choses en grand et on s’est encore une fois fait plaisir en laissant de la place aux guests. Mais parfois, comme on dit de l’autre côté de l’Atlantique, "less is more". Là, il est clair que Dave a voulu tout mettre, tout caser, quitte à casser parfois la dynamique de la galette. 

Au final, Sonic Highways est un projet parallèle de Dave Grohl qui sonne comme les Foo Fighters. Et ça c’est con parce que, malgré tout le talent des forces en présence, le son, et les compos qui tiennent la route (ce n’est pas une bande de manchots hein), on sent que ce ne sont pas les chansons l’attrait principal de cet album, mais les collaborations qui en ont découlé. On est content pour eux d’avoir pu réunir autant de noms ronflants, d’avoir pu enregistrer partout aux USA, d’avoir pu collaborer avec  certaines de leurs idoles (et d'en avoir fait une superbe série télévisée portant le même nom). Mais on regrette que tout ça ait abouti à 8 titres presque dispensables au regard de leur carrière. Alors Dave, si tu lis cette chronique, je t’aime toujours, mais bon, arrête les conneries maintenant, et reviens la prochaine fois avec un album qui tue, avec plein d’hymnes qui nous donneront envie de sauter, de pleurer, de chanter avec toi. Merci à toi.

3/5 

Guillaume W.

1. "Something from Nothing" feat. Rick Nielsen de Cheap Trick
2. "The Feast and the Famine" feat. Bad Brains
3. "Congregation" feat. Zac Brown du Zac Brown Band
4. "What Did I Do? / God As My Witness" feat. Gary Clark, Jr.
5. "Outside" feat. Joe Walsh des Eagles
6. "In the Clear" feat. Preservation Hall Jazz Band
7. "Subterranean" feat. Ben Gibbard de Death Cab For Cutie
8. "I Am a River" feat. Tony Visconti

Facebook Foo Fighters



1 commentaire :

Jeremy.F a dit…

Je pense qu'il ne faut pas écouter cet opus comme un autre album des Foos. C'est d'abord un album projet, dont les paroles ont été inspirées des rencontres faits dans chaque ville durant l'enregistrement de la série du même nom que l'album. Finalement, l'un ne va pas sans l'autre.

C'est la soundtrack d'un tour des USA et d'une série. Peut être pas un side project, mais c'est un album conceptuel qui remplit son contrat!

Djé.