mardi 20 mai 2014

Dossier : Non, nous n’arrêterons pas d’écrire sur ce groupe que vous détestez (par Alternative Press)

Le mois dernier, Altenative Press publiait un article intéressant sur le fait de continuer à poster des articles sur des groupes alors que (certains) lecteurs les détestent au plus haut point. Alternativ News vous a traduit ce texte et c'est à lire dans la suite. 



Pendant longtemps, le genre musical que nous couvrons a – à tort – été considéré par certains comme le centre de l’univers. Et ce phénomène, tel une épidémie, ne fait que s’intensifier par le biais des fans, qui interagissent entre eux sur les réseaux sociaux.

Notre scène est depuis longtemps atteinte d'une épidémie de « nombrilisme » qui ne fait que s'étendre et s'intensifier avec les discussions en ligne entre porteurs du virus ou avec des non-infectés par le virus.

Chacun des articles que l’on poste, sur n’importe lequel des centaines (milliers?) de groupes dont nous parlons dans notre magazine, l’un de ces fans se sentira forcément obligé de se démarquer, bousculant au passage certains spectateurs innocents.

« Hm, hm », il s’éclaircit la gorge avant de se lancer dans un pamphlet disant que « nous ne couvrons que ce groupe-là », et à quel point « il ne le mérite pas » et qu’il y a « tant d’autres groupes qui mériteraient davantage » mais que, malheureusement, « personne ne les aime ».

Brisons la glace, si vous le permettez ?

1. “Alternative Press ne parle que de [nom du groupe que vous détestez].”

C’est faux. Nous couvrons activement le plus grand nombre possible d’artistes, sur les milliers qui existent. Ce que tu veux dire, c’est : « Je ne prête attention à votre mag’ que lorsque vous parlez de ce groupe, parce que c’est lui qui me sert de punching-ball sur Internet, et j’ai bien besoin de me défouler quelque part »

2. “[Groupe que vous détestez] ne mérite pas qu’on parle d’eux” / “Vous devriez plutôt parler de [Groupe que vous aimez].” 

Premièrement : c’est bien de constater que tu puisses aimer quelque chose. Nous ne savions pas qu’il restait une part de bon en toi, toi qui passes la moitié de ton temps à balancer des insultes homophobes à certains musiciens qui semblent t’offenser rien qu’en portant de l’eye-liner, l’autre moitié à prétendre que tous les autres groupes craignent à fond. On insiste d’ailleurs sur ce second point, car la critique positive semble être en voie d’extinction sur Facebook.

Penchons-nous sur le terme « mériter », juste une seconde. C’est un mot que j’ai banni de mon vocabulaire car attribuer le « mérite » (que ce soit de façon positive ou négative) à un tiers semble être un acte très égoïste. Mais pour répondre à cet argument, je vais faire comme si je croyais au concept du « mérite ». 

Dans l’univers d’AP, le « mérite » se justifie par les conditions suivantes : le groupe en question a créé quelque chose qui, artistiquement parlant, est susceptible de plaire à nos lecteurs. Il a réussi à rassembler une fanbase conséquente qui le soutient et souhaite lire davantage d’articles le concernant. Il a des qualités comparables à celles de certains artistes que vous appréciez déjà. Il a fait quelque chose qui soit juste assez fou/décalé pour fonctionner, et nous admirons leur prise de risque et espérons que vous la relèverez vous aussi. (En général vous le faites trois ans plus tard – ressortez vos anciens exemplaires des « 100 groupes que vous devez connaître » si vous voulez des preuves). 

En principe, le « mérite » est une donnée incontestable, une chose que l’on peut mesurer et que vous ne pouvez pas vraiment discuter. Cela réside dans une popularité que l’on peut observer, une évolution dont on a été témoin, un contexte culturel qu’on a relevé, une « arme secrète » créée et utilisée par un groupe. Cela réside dans plusieurs points, et même si vous n’approuvez pas, ça ne change rien aux faits.

Alors quand vous dites des choses comme :

3. “Personne n’aime [nom du groupe que vous détestez].”

Ce que vous voulez dire, c’est : « Je ne les aime pas, et je pense que les 1,5 millions de gens qui les apprécient ont tort ».

Maintenant, nous avons une théorie. Ça peut paraître insensé, mais nous pensons que cela peut nous aider à résoudre notre problème.
Peut-être que, si nous parvenions à transformer toute notre négativité en une énergie positive, nous saurions voir où se trouve le véritable centre du monde (si vous n’avez pas encore saisi la nature de cette épidémie, il se trouve que de nombreuses personnes sont persuadées que les étoiles et le ciel tournant autour d’elles).

Revenons-en à cette « popularité », gage de « mérite ». Quand quelque chose suscite une réaction, nous en prenons note pour nous rappeler que « Eh, les gens ont réagi à ce truc ». Que ce soit de façon positive ou négative, cela n’en reste pas moins une réaction.

Repensez à chacun de vos commentaires laissés sur le net, constituent un « vote » pour l’artiste en question. Positif ou négatif, ce vote compte, car Internet n’est après tout qu’un flux de nombres et de rumeurs. Et si, au lieu de « voter » contre des artistes que vous détestez, vous vous focalisiez plus sur ceux que vous appréciez, voire même que vous fassiez quelque chose de complétement dingue en accordant une chance à des inconnus, ou à quelque chose de nouveau ? 
Comme il a été dit précédemment, nous citons souvent des artistes en pensant que vous allez les apprécier. Parce que nous avons remarqué que vous les appréciez déjà. Parce que nous avons constaté que vous avez réagi. Vous voyez où se trouve le point commun maintenant ? C’est vous.

Vous êtes le centre de notre monde. Et entre nous, je vais vous confier un truc : nous n’arrêterons pas de parler de certains groupes lorsque ceux-ci provoqueront une vague de réactions négatives. Nous arrêterons de parler d’un groupe lorsqu’il n’engendrera que peu, voire plus du tout de réactions de votre part. 

Aussi simple que ça.

L’opposé de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence. L’opposé d’être apprécié n’est pas d’être détesté, mais d’être ignoré.

Et donc, vous voudriez sincèrement que l’on parle plus de ce que vous, vous appréciez, sur notre site ? Alors encouragez-nous, et encouragez les artistes que vous appréciez avec des commentaires positifs, et contentez-vous d’ignorer les choses que vous détestez.

Nous avons comme l’intuition que vous vous sentirez bien mieux si vous prenez le temps de voir ce qui est bon. Nous avons aussi l’intuition que les choses ne vont pas vraiment changer, pas seulement parce que c’est bien trop demandé aux humains que d’être sympa sur le net, mais parce que « Personne n’aime [groupe que vous détestez] » signifie vraiment « Je ne les aime pas, et je pense que les 1,5 millions de gens qui les apprécient ont tort ».

Alternative Press

Traduction : Laurie B.



1 commentaire :

Anonyme a dit…

Messieurs vous avez tout faux, les gens ne vous critiques pas parce que vous parler de tel ou tel groupe... tant qu'il fait partie de la musique Aternative et ses dérivés (rock metal punk etc) mais quand vous parlez de de certains "artisites" comme lady gaga là vous faites fort.. et je pense que dans ce cas la grogne est légitime c'est comme si on avait dans "rapMagazine" un article sur Patrick Sebastien.

En tout cas je parle pour ma paroisse. Abdess