Toute l'équipe de AN remercie chaleureusement Clément, fan invétéré d'Iggy & The Stooges, qui a accepté notre invitation. Il nous offre aujourd'hui ce passionnant et copieux report. Nous remercions également Charlène de Pression live, l'actualité musicale de Kronenbourg grâce à qui nous avons pu couvrir cet événement.
Paris, 25 Septembre 2012, 19h.
Paris, 25 Septembre 2012, 19h.
Dépression ambiante et ciel terne au dessus la capitale, morosité palpable dans la ligne 13 du métro qui nous mène doucement vers le
9e arrondissement. Et pourtant, je suis extatique. James Newell Osterberg et ses comparses déboulent au Casino de Paris pour régler leurs comptes (en banque).
9e arrondissement. Et pourtant, je suis extatique. James Newell Osterberg et ses comparses déboulent au Casino de Paris pour régler leurs comptes (en banque).
Les grands pères du punk, je parle bien sûr d'Iggy & the Stooges, viennent divertir un public de 800 chanceux, tous invités par la firme de la "bière vraie et authentique", aussi connue comme la bière "qui bourre et qui débourre", la bien nommée Kronenbourg. Celle-ci a d'ailleurs repeint pour l'occasion tout le Casino à sa gloire et à celle de son application "Pression Live", qui, en gros et si j'ai bien compris, échange tes "Likes" facebook contre des tickets de concert gratos.
Ce show privé était donc uniquement sur invitation. Le simple mortel voulant profiter de cet événement devait télécharger l'application en question sur son cellulaire intelligent et partager des liens via Facebook (et surtout avoir un cul bordé de nouilles). Personnellement, n'ayant pas eu spécialement envie de m'afficher ouvertement comme un crevard dans les newsfeed de tous mes potes, je m'en étais abstenu. Aussi votre serviteur fut-il bien en joie de se voir proposer un pass presse pour se rincer gratuitement et à volonté le gosier et surtout prendre au passage une formidable petite claque. (Merci à AN et à Martin G. de m'avoir pris comme copilote.).
Afin de vous éviter le plus pénible, j'en parle une fois et ensuite on y revient plus : oui, l'iguane a vendu une énième parcelle de son cul au démon capitaliste. Mais au fond, qu'est ce qu'on en a à foutre ? Chanter dans un téléphone pour un opérateur mobile d'accord. Voir sa silhouette sur un pack de bière acheté par un hippie en L1 Sociologie à l'Université de Rennes 2, ou sur une canette vidée par un clochard jonchant le trottoir parisien, ce n'est certes pas ce qu'il y a de plus glam, mais on a tous des impôts à payer, qu'on soit une icône du punk-rock ou pas. A bientôt 70 hivers il n'existe plus l'Iggy sauvage et provocateur, le chantre de l'esprit punk pour toute la jeunesse seventies américaine à la ramasse et désillusionnée. Mais la qualité est toujours au rendez vous. Et on lui pardonne tout.
20h30.
Fin de l'apéritif dînatoire, pas piqué des hannetons il faut le reconnaître, entrecoupé d'un discours corporatif des responsables de la boîte devant un parterre de VIP et de journalistes déjà guillerets. C'était aussi l'occasion de tailler une bavette avec les gars de RockYourLife durant un open bar abusif de Kro, réminiscence certaine de mon passé d'ado breton fauché. On se laisse doucement diriger vers la salle de concert. Courte réflexion et le choix est pris de se réfugier au balcon, réservé pour ceux qui ne veulent pas ou qui ne veulent plus mouiller leurs belles chemises repassées. C'est ainsi que par le hasard des choses mes miches se retrouveront calées entre le journaliste rock le plus célèbre du PAF Philippe Manoeuvre et le musicien-romancier-journaliste-ex-junky Patrick Eudeline. Chouette ambiance.
Fin de l'apéritif dînatoire, pas piqué des hannetons il faut le reconnaître, entrecoupé d'un discours corporatif des responsables de la boîte devant un parterre de VIP et de journalistes déjà guillerets. C'était aussi l'occasion de tailler une bavette avec les gars de RockYourLife durant un open bar abusif de Kro, réminiscence certaine de mon passé d'ado breton fauché. On se laisse doucement diriger vers la salle de concert. Courte réflexion et le choix est pris de se réfugier au balcon, réservé pour ceux qui ne veulent pas ou qui ne veulent plus mouiller leurs belles chemises repassées. C'est ainsi que par le hasard des choses mes miches se retrouveront calées entre le journaliste rock le plus célèbre du PAF Philippe Manoeuvre et le musicien-romancier-journaliste-ex-junky Patrick Eudeline. Chouette ambiance.
21h.
La musique d'attente se tait, la lumière envahit la scène et les clameurs montent d'une fosse prête à bondir. Les papys sortent alors de nulle part pour se ruer vers leurs instruments et entament les premières notes de "Raw Power", chanson éponyme de l'album sorti en '73, tandis qu'Iggy s'avance en frappant ses pectoraux, devant un public surchauffé qui n'attend que de se faire déflorer par ce gorille en rut. Côté line-up, Mike Watt et Steve Mackay sont fidèles à leurs postes respectifs de bassiste et de saxophoniste-claviériste. Surprise cependant, car pas de Scott Asheton à la batterie ce soir, ni sur la tournée d'ailleurs, à l'écart pour cause de maladie. Espérons que ce ne soit pas grave, il est trop tôt pour que tu rejoignes ton regretté frangin, Scott.
La musique d'attente se tait, la lumière envahit la scène et les clameurs montent d'une fosse prête à bondir. Les papys sortent alors de nulle part pour se ruer vers leurs instruments et entament les premières notes de "Raw Power", chanson éponyme de l'album sorti en '73, tandis qu'Iggy s'avance en frappant ses pectoraux, devant un public surchauffé qui n'attend que de se faire déflorer par ce gorille en rut. Côté line-up, Mike Watt et Steve Mackay sont fidèles à leurs postes respectifs de bassiste et de saxophoniste-claviériste. Surprise cependant, car pas de Scott Asheton à la batterie ce soir, ni sur la tournée d'ailleurs, à l'écart pour cause de maladie. Espérons que ce ne soit pas grave, il est trop tôt pour que tu rejoignes ton regretté frangin, Scott.
Deuxième occasion pour moi donc, après le Hellfest 2010, de voir les Stooges avec le remplaçant de Ron Asheton à la guitare, le vétéran WIlliamson, bien connu des fans d'Iggy en solo. Sa réintégration dans le groupe fut d'ailleurs l'occasion de varier un peu la setlist, avec quelques chansons des premiers efforts de l'Iguane, mais évitant désormais soigneusement l'album The Weirdness, composé avec les deux frangins absents.
Deux constats qui m'amènent à la question suivante : peut-on sans paranoïa évoquer le risque de ne plus voir en The Stooges qu'un simple back-band ("orchestre" oserais-je dire) pour Monsieur Pop ? Probable. Le changement de nom du groupe en Iggy & The Stooges n'est d'ailleurs pas anodin. Mais évitons de sombrer dans le "c'était mieux avant" et retour au son.
Pas d'interruption après la sympathique mise en jambe qu'était "Raw Power" et le concert continue à toute blinde avec la décoiffante "Search and Destroy", toujours du même album. Juste le temps pour Iggy de nous accueillir "Nous sommes les Stooges" et de nous insulter cordialement "Thank you for coming to this shit" en levant le doigt du milieu, que commence ensuite la plus calme mais tout aussi efficace Gimme Danger, puis "Shake Appeal", qui donnera lieu à la traditionnelle Stage Invasion. Notons qu'il est toujours aussi marrant de voir une sécurité débordée lors d'un concert d'Iggy. Pas très flair play, cette dernière savatera allègrement les retardataires et réfractaires à quitter la scène.
On passe ensuite au second album du groupe le temps de deux morceaux, d'abord la très sexy "1970" ou Iggy nous conte, avec la même fibre depuis 40 ans, son samedi soir torride, puis elle laisse place au groove de l'épique "Fun House", avec son saxopone entêtant. Un - rare - discours viendra ensuite introduire les deux prochains titres, tirés justement de la carrière solo d'Iggy Pop, que je dois admettre connaître assez mal.
Le groupe nous assène ensuite "I Got A Right", suivie directement de l'intemporelle "I Wanna Be Your Dog", tirée du premier album, The Stooges, brûlot révolutionnaire écrit en 48h à peine, chef d'oeuvre qui influencera plusieurs générations de punk-rockeurs, rares sont ceux qui peuvent s'en targuer. Toute la tribune était levée et dansait depuis longtemps, mais l'excitation atteint à ce moment là son paroxysme dans la salle. Notre monsieur muscle adoré est en très grande forme ce soir et s'en donne à coeur joie, se déhanchant comme un damné, se jetant même dans le public, m'amenant à me demander sincèrement qui de lui ou de moi a 65 ans.
Une dernière pour la route, avec l'autobiographique "Open Up and Bleed", et le groupe prend sa retraite, le vieillard Mike Watt boitant et se tenant le dos, mais avec un sourire jusqu'aux oreilles, à l'instar de nous tous.
Pop réapparaît quelques instants plus tard pour chauffer une foule déjà totalement acquise à sa cause, puis aboie à son groupe de revenir pour un Encore qu'on n'aurait voulu ne jamais voir finir : "Penetration", "No Fun", "The Passenger", "Cock in my Pocket", et une reprise d'un classique de Richard Berry, "Louie Louie", qui secouera la touffe de Manoeuvre devant moi comme jamais. Enchaînement final monstrueux pour la performance d'un groupe hors normes, précurseur et révolutionnaire en son temps, aujourd'hui vénéré comme des prophètes. Que c'est mérité.
22h15.
Dernier retour sur scène d'Iggy sous les ovations, hélas simplement rappelé à ses obligations commerciales, pour un peu de promo. "I want my f*cking beer. Where's the beer with my f*cking face on it ?" et de se vider la canette de 50cl sur la tête avant de la balancer sur les premiers rangs.
Dernier retour sur scène d'Iggy sous les ovations, hélas simplement rappelé à ses obligations commerciales, pour un peu de promo. "I want my f*cking beer. Where's the beer with my f*cking face on it ?" et de se vider la canette de 50cl sur la tête avant de la balancer sur les premiers rangs.
On repart. Iggy garde son titre.
Texte : Clément P. pour AN
Photos : Philippe Mazzoni pour Pression Live
Vidéo : Martin G.
Merci à Charlène de Pression Live, l'actualité musicale par Kronenbourg.
https://www.facebook.com/iggyandthestooges?ref=stream&fref=ts&rf=106030512771218
https://www.facebook.com/pression.live?fref=ts
Setlist :
Raw Power
Search and Destroy
Gimme Danger
Shake Appeal
1970
Fun House
Night Teme
Beyond the Law
I Got A Right
I Wanna Be Your Dog
Open Up And Bleed
Encore :
Penetration
No Fun
The Passenger
Cock in My Pocket
Louie Louie (Richard Berry Cover)
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