Troisième album sur la major Universal pour Anberlin après le décevant Dark Is The Way, Light Is A Place, et retour au producteur Aaron Sprinkle, un musicien qui les connait bien puisqu'il avait déjà produit les 3 premiers albums du groupe, soit leurs 3 meilleurs. On attendait maintenant que la bande redresse la barre, on peut déjà dire que c'est chose faite, et avec quel brio !
Stephen Christian l'avait promis et il a tenu parole : le groupe
revient, après un album un peu mou, à un son plus rentre-dedans. On retrouve donc les riffs typiques du groupe et l'énergie des deux premiers albums sur les singles « Self Starter » (où on prend notre claque durant le pont entre la batterie exemplaire de Nathan Young, le chant haut-perché parfait de Stephen et le passage crié sur la fin) et « Someone Anyone », un chant énervé comme rarement sur « Little Tyrants » et ses choeurs punk, et puis « Desires », petit chef d'oeuvre tour à tour planant sur fond de basse et hyper énervé entre son avalanche de riffs et son refrain en gang vocals (« A Liar! A Liar! That's what you made of me »), et enfin, accessoirement le morceau le plus bourrin du groupe à ce jour. Aussi remarque-t-on que les refrains sont un peu plus inspirés que ceux de Dark Is The Way qui se contentaient de répéter la même phrase, voire le même mot en boucle, en témoigne celui de « Self Starter » : « I still can’t feel nothing, just want to hold something, tell me again what’s real, tell me again what to feel, why do you stay until you see blood ? Why does the weight fall upon us ? ». On reconnaît également leur attrait, depuis New Surrender, pour des thèmes plus politisés et leur fascination pour la révolution, notamment sur « Little Tyrants » : « You are the king of an island of one, alone in a world that lost it's only black son ».
revient, après un album un peu mou, à un son plus rentre-dedans. On retrouve donc les riffs typiques du groupe et l'énergie des deux premiers albums sur les singles « Self Starter » (où on prend notre claque durant le pont entre la batterie exemplaire de Nathan Young, le chant haut-perché parfait de Stephen et le passage crié sur la fin) et « Someone Anyone », un chant énervé comme rarement sur « Little Tyrants » et ses choeurs punk, et puis « Desires », petit chef d'oeuvre tour à tour planant sur fond de basse et hyper énervé entre son avalanche de riffs et son refrain en gang vocals (« A Liar! A Liar! That's what you made of me »), et enfin, accessoirement le morceau le plus bourrin du groupe à ce jour. Aussi remarque-t-on que les refrains sont un peu plus inspirés que ceux de Dark Is The Way qui se contentaient de répéter la même phrase, voire le même mot en boucle, en témoigne celui de « Self Starter » : « I still can’t feel nothing, just want to hold something, tell me again what’s real, tell me again what to feel, why do you stay until you see blood ? Why does the weight fall upon us ? ». On reconnaît également leur attrait, depuis New Surrender, pour des thèmes plus politisés et leur fascination pour la révolution, notamment sur « Little Tyrants » : « You are the king of an island of one, alone in a world that lost it's only black son ».
Outre le retour aux sources d'un son plus violent, on constate dès le 1er titre la présence d'un synthé très présent et qui fait son petit effet pour accentuer le catchy des morceaux rapides. Chez Anberlin, le synthé n'est pas vraiment nouveau, on l'entendait déjà sur Cities (« There Is No Mathematics To Love And Loss »), il a permis au groupe d'exploser avec leur reprise de New Order, « True Faith », et enfin on se souvient également de leur excellente reprise d'« Enjoy The Silence » de Depeche Mode. Autant dire que le groupe était à l'aise avec, sans jamais l'avoir pourtant vraiment exploité plus que ça. C'est pourtant sur leur dernier album que le groupe s'en servait de façon plus intimiste, sur le morceau « Closer », qui prenait vraiment une dimension cold-wave. D'autres morceaux comme l'excellent «Pray Tell » développaient une ambiance plus planante également.
Le groupe, cette fois très influencé par le groupe d'electro français M83, a vraiment pris le temps de développer ces ambiances. Parfois au milieu de morceaux rocks comme « Other Side » avec son synthé glacial tout droit sorti d'un « Stranger In A Strange Land » de 30 Seconds To Mars ou encore l'excellent « Modern Age », avec son intro qui rappelle le thème d'Highlander composé par Michael Kamen, avec un refrain explosif qui n'a rien à envier à leurs reprises de New Order ou Depeche Mode.
Point de ballades acoustiques ici mais des chansons calmes au synthé comme « Innocent», lente, aérienne, qui nous touche grâce aux détails du texte, ces petites attentions du quotidien comme les content si bien La Dispute et qui font tout le charme des relations : « I'll never know if you saw me, did your eyes ever meet mine? We see what we want to see sometime ». Encore plus réussie, « Type Three », entre synthé et guitare sèche, avec un chant intense sans pourtant trop forcer, et un texte qui nous parle d'une fille qui se moque de lui et de sa foi : « Maybe I just wanna hold something that was never meant to be mine. I look to Heaven to save me! And you call me naive. Rather be a hopeless lover, then cursed with disbelief ».
Enfin, le piano rock (réussi) de « Orpheum » nous rappelle que Anchor & Braille, le side-project de Stephen, est passé par là, on apprécie particulièrement le fameux chant de fluet, ici sur un tempo plus rapide, puis « Gods, Drugs & Sex » essai, comme « *Fin » et « Miserbile Visu » avant lui, de clore le disque sur une touche épique. Bien moins grandiloquent que ses prédécesseurs mais aussi moins religieux dans le thème, on se laisse toutefois bercer par le chant lancinant et le rythme tribal de la batterie, premier duo de l'histoire d'Anberlin avec la présence féminine de Christie DuPree, petite soeur des soeurs DuPree qui composent le groupe Eisley : « If you could go back to yesterday, would you change it all for me, if you thought we could be together, would you believe it ? ».
Un mot sur les pistes bonus de l'édition deluxe exclusive aux magasins américains Best Buy : « Said Too Much » est un excellent morceau moitié synthé moitié rock puissant, avec un très bon passage énervé final « I can't be what you want me to be! », et « No Love To Speak » est un autre bon morceau piano/rock. 2 autres inédits sont encore trouvables sur la toile, un pour l'édition australienne, l'autre sur iTunes.
Un peu comme Papa Roach l'a fait récemment, Anberlin puisent le meilleur de ce qu'ils ont fait dans le passé et de ce que les fans aiment chez eux (et tous ces nouveaux tubes valent largement ceux qu'ils ont fait avant), tout en continuant à progresser et en exploitant à 200% les influences electro qui avaient commencé à pointer le bout de leur nez. Le résultat se veut à la fois puissant, planant et accrocheur ; Anberlin prouvent une fois de plus que s'ils font parti de la scène, ils en sont la locomotive, et signent avec Vital leur meilleur album depuis Cities.
4,5/5
Sylvain L.
1. Self-Starter
2. Little Tyrants
3. Other Side
4. Someone Anyone
5. Intentions
6. Innocent
7. Desires
8. Type Three
9. Orpheum
10. Modern Age
11. God, Drugs, & Sex (featuring Christie DuPree)
http://www.facebook.com/anberlin
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