Qu'attendre d’un nouvel album de NOFX ? Si loin dans leur carrière (il s’agit là de leur 11ème galette), les 4 dudes de San Francisco n’ont absolument plus rien à prouver. Ils jouent pour leur pomme, et continuent à sortir des albums à intervalles réguliers, certes sans surprise, mais c’est toujours un plaisir de les retrouver, tout en sachant très bien ce qu’on va y entendre. Aucune évolution notable, NOFX fait du NOFX, sans chercher à expérimenter ou même à se renouveler. Self Entitled ne fait pas exception.
Pas une trace de ska ce coup-ci, la trompette d’El Hefe étant bien dans son étui. Rapide et sans fioriture, le groupe se la joue simple et se veut efficace. Même si on peut regretter l’absence de cette trompette qui a pondu des tubes inoubliables, on ne peut nier le sens de la mélodie toujours aussi affuté de leurs compos. D’ailleurs, de nombreux titres sonnent familiers, à tel point qu’on a l’impression de les avoir entendus auparavant (le riff d’intro de "Secret Society" est le même que celui de "Dad’s Bad News" sur So Long And Thanks For All The Shoes). "Down With The Ship" servira de bande son à tous les skaters en herbe et se veut un hommage probablement inconscient à No Use For A Name, tandis que "Cell Out" joue sur un texte hilarant d’un groupe qui sait se moquer de lui-même : "She asked me if I was a singer, then called me has-been/ She said she really liked my band in the early 90’s". Sur fond de punk melo, cela va s’en dire.
Mais sous cette bonne couche de connerie assumée, Fat Mike est un artiste concerné par le monde qui l’entoure et les textes, aussi second degré peuvent-ils être, restent engagés. Le bonhomme n’est pas là pour se faire des amis, et à la manière de War On Errorism qui avait bien égratigné George Bush fils, cette nouvelle livraison ne fait pas dans la dentelle. "72 Hookers" fera grincer des dents et narre avec un aplomb désarmant son point de vue sur les attaques du 11 septembre. Et cette ligne assassine pour couper la chique de tout le monde : "When everybody is getting blowjobs, we’ll finally have world peace".
Sans être leur meilleur album, Self Entitled est plaisant et s’apprécie pour ce qu’il est : une sortie d’un des groupes les plus influents de la scène punk rock de ces 20 dernières années. Les NOFX s’en branlent d’ailleurs bien de ne plus être aussi gros que dans leur période de gloire (ils remplissent encore très facilement les salles, pas de soucis pour eux), et savent très bien que ces 12 titres ne leur apporteront pas de nouveaux auditeurs. Les fans savent à quoi s’attendre et s’en accommodent avec joie. Self Entitled est fun, engagé, loufoque, un concentré d’énergie et de mélodie, soutenus par des textes toujours aussi bien torchés. Ni plus, ni moins. Et franchement, c’est plus que suffisant.
3,5/5
Guillaume W.
01. 72 Hookers
02. I Believe in Goddess
03. Ronnie & Mags
04. She Didn’t Lose Her Baby
05. Secret Society
06. I, Fatty
07. Cell Out
08. Down with the Ship
09. My Sycophant Others
10. This Machine Is 4
11. I’ve Got One Jealous Again, Again
12. Xmas Has Been X’ed
https://www.facebook.com/pages/NOFX-Official-Page/180985116576
Tweeter






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire