The Chariot sont une sacré bande de cinglés quand même. Faisant suite au suffoquant Long Live, ce 5ème album, ne fait pas dans la dentelle. Mais là où le prédécesseur ne laissait absolument aucun moment de répit à l’auditeur pour sortir la tête de l’eau, sur One Wing, c’est un peu différent. Une petite incursion chorale féminine impromptue sur "Your", quelques mélodies aussi qui arrivent à surgir derrière les murs de guitares ("First" et son influence western spaghetti juste géniale). Ce nouveau long jeu tutoie donc les extrêmes, rendant le bourrinage en règle réellement subtil ce coup-ci. En accentuant le côté mathcore déjà, avec une bonne louche de Dillinger Escape Plan ("Love." et "In", 1er morceau dévoilé). Puis, les cinq n’ont jamais sonné aussi violent et leur musique n’a, paradoxalement, jamais été aussi mélodique et émotionnelle (le piano/scream "Speak" et l’utilisation judicieuse des claviers). Et là, comment ne pas saluer la performance de Josh Scogin, véritable poumon sur pattes, revenant sans cesse à la charge, comme un rush d’adrénaline constamment renouvelé. On savait qu’il était un sacré frontman, mais on ne soupçonnait pas autant de variété dans son registre ("Not" débouchera tout tympan encrassé). Du coup, la musique suit ce même chemin : ne cherchez pas de structure ou de points d’accroche, il n’y en a pas. Pourtant, derrière ce qui pourrait être un foutoir sans nom, c’est un chaos savamment organisé qui déboule entre nos oreilles. Schizophrène, violent, malsain, explosif, jouissif, One Wing prend constamment l’auditeur à contre-pied (pas toujours très facile d'accès), pour jouer avec nos nerfs et nos cœurs. Le pire dans tout ça, c’est qu’on en redemande ! Le seul reproche serait que certains morceaux utilisent les mêmes ficelles et les mêmes riffs, restant classiques et convenus pour The Chariot. Sinon, c’est une sévère raclée qu’on prend. Une belle baffe qui vous fera cracher toutes vos dents.
4/5
Recommandé si vous aimez : Every Time I Die, Glassjaw, Norma Jean, Dillinger Escape Plan
Guillaume W.
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