jeudi 23 août 2012

Chronique : Echoes – With An Eye On The Shoreline & A Hand To The Sea (EP)

Formé en 2010, Echoes pratique un post-metal novateur et chargé en émotions. Après un premier album, "Transcendent", passé quasiment inaperçu dans la sphère underground, ils ont beaucoup travaillé afin de faire murir leur son et mieux digérer leurs influences. C’est donc un nouveau départ que prennent ces jeunes Anglais en cette année 2012. La stratégie semble bien rodée : un EP 3 titres distribué gratuitement en digital sur Internet depuis le 26 mars dernier afin de faire patienter les fans avant la sortie d’un véritable
album d’ici la fin de l’année. Court, mais costaud, c’est les qualificatifs que l’on pourrait employer pour décrire cet EP annonciateur d’un album de qualité. A noter que l’artwork est absolument magnifique, épuré, spatial et mélancolique, il laisse entrevoir tous les traits qui caractérisent leur musique.

With An Eye On The Shoreline & A Hand To The Sea débute par “Leaving None Behind”, un morceau épique, autant le dire dès le début. En l’espace de 20 secondes, la courte intro ambiante cède la place à un riff puissant. Très vite, les screams désespérés de Joshua sont mêlés à des harmonies explosives venant apporter toute la dynamique que l’on attend de ce style. La puissance de “Leaving None Behind” se trouve particulièrement décuplée lorsque l’on visionne la vidéo illustrant ce titre. Echoes établi ici la parfaite synergie entre une musique puissante et un travail épuré de l’image. Un mélange complexe composé d’une sensation d’oppression couplée à un sentiment de liberté vient alors brouiller les repères de votre esprit.

“Rivers”, la deuxième piste, commence d’entrée de jeu par un riff encore plus puissant et percutant que la track précédente, le temps de pause est quasi inexistant pour l’auditeur qui n’a pas eu le temps de digérer la première salve. La frontière entre les deux pistes se trouve de ce fait complètement effacée. Bien heureusement ce nouvel épisode orageux ne dure que 28 secondes. L’arrivée d’un pont mélodique amène alors toute la fraicheur nécessaire qui permet de se ressourcer. Mais ne vous croyez pas pour autant arrivés à la fin de votre périple, la lumière que vous apercevez au bout du tunnel est encore bien loin… 

La troisième et dernière track débarque sans prévenir, à l’image des précédentes. Cette fois-ci l’ensemble sonne très aérien avec une rythmique beaucoup plus lente qui ne renie pas pour autant la puissance qui caractérise leur musique. L’instrumentation planante de « Safe It Seems » renforce le coté émotionnel tout en maintenant ce contraste saisissant entre joie et peine. Une accalmie est amenée lors d’un break mélodique de toute beauté. Ce dernier constitue en réalité le point de départ vers l’ascension finale. Une montée crescendo, toute en harmoniques qui nous libère d’un voyage pesant, mais dont les souvenirs qui persistent une fois l'écoute achevée, nous donnent envie de recommencer.

Ces 3 morceaux sont d’une telle profondeur que l’on ne se lasse guère d’un style qui pourrait à première vue paraître plutôt monotone. Tout au long de l’EP, on assiste à une incessante bataille entre des arpèges de guitares lumineux et un chant lourd et ténébreux, où le groupe révèle un potentiel énorme qui, on l’espère, se verra confirmé dans son format album. Pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait, vous devriez courir vous procurez cet EP le plus rapidement possible sur leur site. Mais attention ! Vous risquez de ne pas en sortir indemne...

4/5

Martin G.

01. Leaving None Behind
02. Rivers
03. Safe It Seems

http://www.facebook.com/echoesuk



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