Trois ans après Felt, entre deux albums d'Anberlin et un retour sur son label de toujours, Tooth & Nail, Stephen Christian trouve encore le temps et la nécessité d'ajouter une seconde pierre à l'édifice Anchor & Braille, son side-project plus ou moins solo. Plus ou moins solo car, à l'instar d'Anthony Green accompagné du groupe Good Old War sur son 1er album, Anchor & Braille inclut également d'autres compositeurs en fonction du lieu de l'enregistrement, Stephen ayant déclaré aimé choisir des musiciens locaux, cette fois à Nashville.
Mais Anchor & Braille, c'est avant tout Stephen, seul, avec un piano, une guitare, qui livre ce qu'il a sur le coeur dans la pénombre. Du moins c'est l'image que j'en ai, c'est comme ça qu'il a commencé sur son 1er 7". Le résultat est très beau, très triste, mais peut-être pas assez attrayant.
Dès Felt, Aaaron Marsch de Copeland (producteur et compositeur sur l'album), a enrichi la panoplie du projet en apportant d'avantage d'instruments pour un rendu parfois proche de Copeland, justement, c'est à dire davantage pop indie que folk tristounnet. Le résultat était assez convainquant, même si certains morceaux un peu gentillets comme « Like Steps In A Dance » avaient de quoi surprendre.
Non content de largement poursuivre dans cette voie avec ses 2 nouveaux compères, Micah Tawlks et Kevin Dailey, Stephen se permet de rendre les morceaux de ce type bien meilleurs.
En effet dès « Goes Without Saying », sur fond de boite à rythme et de piano, le côté pop est encore davantage mis en avant, et Stephen, tout en conservant un chant léger, n'hésite plus à forcer sur sa voix de crooner et monter en intensité. Que ce soit « In With The New » avec son côté Mutemath ou « Find Me », juste menée par une guitare acoustique et une batterie, chaque morceau up-tempo de ce type se veut plaisant tout en se différenciant de son précédent.
En milieu d'album, « If Not Now, When » amorce la deuxième partie de l'album, qui elle ressemble beaucoup plus à Felt et à ce que faisait le groupe à ses tous débuts, c'est à dire quelque chose de beaucoup plus intime. C'est lorsqu'on écoute « Collapse » qu'on se dit que, ça y est, on touche à l'essence même du groupe dans toute sa simplicité et sa fragilité. Un piano, une batterie calme, et un chant proche des larmes, sur un final orchestré de toute beauté qui finira de faire dresser les derniers poils qui n'auraient pas encore succombés. Puis simplement au piano, « A Hymn For Her », nous rappellant la très belle « Wedding/Funeral », et peu importe si c'est écrit pour la fille d'un de ses amis qui était sur le point de devenir papa, n'importe quel mec céibataire se retrouvera dans « I don't wanna find someone I can live with, I just want to find someone that I can't live without ».
On en oublierait presque de parler de l'OVNI volontaire de l'album, « Kodachrome ». En grand fan de Radiohead, Stephen a voulu inclure ce genre de morceau complètement à part mais qui, par conséquent, se veut indispensable. Des guitares lancinantes, et un chant difficile à décrire, mais lointain, nonchalant, totalement différent de ses habitudes.
The Quiet Life est finalement un recueil de ce qu'il est arrivé dans la vie de Stephen Christian durant ces trois dernières années. Pour lui, c'est la recherche du bonheur, perpétuelle (thème abordé dans "Find Me"), et impossible à trouver pour un musicien qui constamment cherche à se surpasser, en se demandant ce qui arrive ensuite. Nous, en tout cas, on sait qu'on tient là un très beau disque, plus varié et un poil meilleur que son prédécesseur, et que le Anberlin arrive bientôt.
4/5
Sylvain L.
2. Knew Then Know Now
3. Find Me
4. In With The New
5. If Not Now When
6. Kodachrome
7. Collapse
8. Hymn for Her
9. Everybody Here Wants You
http://www.facebook.com/anchorandbraille
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