On avait quitté les Offspring en 2008 avec Rise And Fall, Rage And Grace, un album certes imparfait mais qui avait le mérite de les voir explorer enfin de nouvelles pistes. 5 ans plus tard et un nouveau batteur en la personne de Pete Parada (ex-Saves The Day) nous parvient Days Go By, 2ème album produit par Bob Rock.
Le temps qui passe semble être un sujet de prédilection pour le groupe. En effet, comme si vieillir n'était pas assez difficile,
ils entendent constamment les fans leur rappeller la période Smash et combien c'était mieux avant. Ils avaient déjà abordé le sujet avec le nouveau titre composé pour leur Greatest Hits en 2005, « Can't Repeat » en disant : « ces jours sont passés et on ne pourra jamais les rattraper ». Il semble que ce démon les rattrape à nouveau désormais si l'on en croit les thèmes de plusieurs titres de la galette.
ils entendent constamment les fans leur rappeller la période Smash et combien c'était mieux avant. Ils avaient déjà abordé le sujet avec le nouveau titre composé pour leur Greatest Hits en 2005, « Can't Repeat » en disant : « ces jours sont passés et on ne pourra jamais les rattraper ». Il semble que ce démon les rattrape à nouveau désormais si l'on en croit les thèmes de plusieurs titres de la galette.
Tout d'abord, depuis 1994 et des titres comme « Gotta Get Away », Offspring n'est plus seulement un groupe punk-rock mais un groupe rock tout court. Ainsi ce nouveau disque apporte son lot de tubes rock, à commencer par le morceau éponyme, « Days Go By » (les jours passent), préalablement intitulé « You Will Find A Way » en live. Un morceau qui puise son inspiration du côté des Foo Fighters, de leur morceau « Times Like These » plus particulièrement, pour sa ligne de guitare. Rappellons que Dexter est un gros fan de Nirvana, et que ce n'est pas la 1ère fois qu'il emprunte un riff à Kurt/Dave (cf : celui de « Come Out And Play » pompé sur celui de « Love Buzz » et celui de « Self Esteem » sur celui de « Smells Like Teen Spirit ».) Si le refrain original était plus efficace « you will find a way, I know, I know », le morceau demeure à la fois énergique et nostalgique (« those days go by, and we all start again, what you had and what you lost, they're all memories in the wind »).
Si « Half-Truism », le morceau d'ouverture de leur album précédent, était une véritable tuerie, on peut dire de même ici de « The Future Is Now » (qui ne doit sûrement pas son titre à l'album du groupe de rap Non Phixion mais c'est toujours de bon goût de les citer.) Intro mélancolique, refrain tubesque, entre souvenir du passé (« flashback 1984 ») et moment présent, le groupe semble tirer sa réverence pour laisser place à la jeune génération : « and I'm turning off the lights, 'cause the future is here, and this is how I disappear ». Le pont final au piano nous fera dire que le groupe continu à essayer de se diversifier et garde les acquis de RAFRAG.
Toujours dans le même registre, si « Turning Into You » n'est pas leur meilleur titre, il confirme la tendance : cet album n'est pas un autre Americana et le groupe propose vraiment des mélodies nouvelles (fini de réutiliser le riff de « The Kids Aren't Alright » à toutes les sauces) et un chant différent.
« Secrets From The Underground », qui alterne couplets lents (écoutez le piano en fond) et accélérations punks, offre un refrain vraiment terrible : « hey you, no, I'm not gonna go away, I've got something more to say, kicking, screaming, knocks you down, it knocks you down » qui nous rappelle le groupe qui ouvrait autrefois sa bouche : « this is not an anthem, or a threat in someone's name but a promise that tomorrow will rot and burn if things don't change ».
A noter que Pete Parada n'est pas le seul batteur du disque, Josh Freese (The Vandals), a lui aussi enregistré quelques morceaux, on le connait pour sa frappe lourde (Splinter, c'était lui !), on ne sait pas qui a participé à quel morceau mais peut supposer que Pete cogne tout aussi fort, en tout cas la batterie est excellente et supérieure au jeu assez basique de Ron Welty (le batteur original).
Ce qui nous amène aux morceaux vraiment punks. Pas des masses. Deux. Mais quels morceaux ! A commencer par « Hurting As One ». C'est simple, on croirait entendre le groupe de l'époque Smash, et le refrain en « oh oh oh oh » est quasiment similaire à celui de « Something To Believe In » sur Smash. On peut reprocher le manque d'originalité pour le coup, mais la plupart des fans réclamant un Smash bis ne pourront que prendre leur pied d'entendre un tel morceau.
Le second, « Dividing By Zero », est encore plus surprenant, plus speed, plus punk, c'est simple on croirait que c'est un morceau de l'album Ignition, la mélodie ne sonne pas du tout radio-friendly comme c'est le cas depuis 1994, et on se rapproche plus d'un « Tehran » en plus énergique. On a même le solo de guitare façon oriental, qui rappellera tant de souvenirs.
Et qu'en-est-il de la nouvelle version de « Dirty Magic » ? Pas d'énorme changement, le morceau était et reste un tube. Pour rappel il s'agit d'une chanson mélancolique qui parle d'un homme qui se fait utiliser par une femme, et qu'il aime tout en détestant. Plus de patate, des choeurs en oh plus insistants, le véritable intérêt est surtout de refaire découvrir le morceau à une nouvelle génération (1992, Ignition, en effet, ça remonte à loin pour certains).
The Offspring en profite aussi pour se faire plaisir et continuer l'expérimentation de RAFRAG. Le meilleur exemple est le morceau qui a déjà fait polémique : « Cruising California (Bumpin' In My Truck) ». Synthé kikoolol, autotune emprunté à Katy Perry, Dexter qui « rappe » plus ou moins, biatches qui chantent dans le refrain, les han han de Dexter comme sur « Pretty Fly », tout est ici est à prendre au 1000ème degré tant il s'agit d'un foutage de gueule de la part du groupe, et je pense que ça se devine dès les 1ers mots de la chanson et l'intonation que prend Dexter dans son « hey ho let's go » (Ramones dédicace). Ils se payent en plus le luxe d'en faire un morceau accrocheur. Haters gonna hate, mais Offspring n'a plus rien à prouver de toute façon.
Toujours aussi décalé, « OC Guns », avec beatbox, scratches, trompettes mexicaines et chant rappé en espagnol, ceux qui pensaient que « Cruising California » était l'OVNI de l'album vont avoir une grosse surprise. Là c'est pareil, encore un morceau qui va diviser, pas indispensable mais kiffant juste par le mérite d'avoir été osé. A ne pas confondre avec « OC Life », piste bonus de RAFRAG, reprise punk du groupe D.I.
Enfin, il y a la ballade, « All I Have Left Is You ». Offspring s'était essayé à la ballade pour la 1ère fois sur leur dernier album avec « Fix You » et « Kristy, Are You Doing Okay? ». On ne peut pas dire que ce fut un grand succès ; même si les chansons n'étaient pas dégueulasses pour autant, elles demeuraient bien trop gentillettes et peu poignantes, finalement le groupe était plus émouvant sur la fun « Spare Me The Details » (Splinter.) Même symptôme ici, le principal intérêt revient finalement à entendre Dexter s'appliquer à chanter, le morceau part vite en rock de toute façon, comme si le groupe ne voulait pas s'enfoncer dans un style qu'il maîtrise encore mal. Néanmoins, reconnaissons l'effort, allez au prochain coup ils nous feront enfin une ballade qui déchire ! La version piano de « Gone Away » jouée en live est bien chialante comme pas deux !
Terminons sur ce qu'il y a de moins bon sur le disque, les morceaux power-pop. Un critique disait déjà à propos de morceaux comme « Nothingtown » ou « Rise And Fall », l'un pop punk à la Sum 41, l'autre Green Day-like, qu'on se demandait qui était l'élève et qui était le maître. Hormis montrer un côté « jeune », ces morceaux super pops sont indignes d'un groupe comme Offspring. Pourtant ils sont là : « I Wanna Secret Family (With You) » qui sonne encore comme du Green Day ou le final « Slim Pickens Does the Right Thing and Rides the Bomb to Hell », pop punk en diable, avec ses gang vocals vénères dans le refrain : « dance fucker dance, let the motherfucker burn -hey! ». On a beau leur en vouloir de ne pas en avoir fait de meilleurs morceaux, on les apprécie finalement, parce que, quand-même, c'est catchy, merde !
On regrette malgré tout l'absence de morceaux longs à la « Pay The Man » - laissant respirer les instruments - ou planants comme « Vultures », vu le titre à rallonge du dernier morceau, on pouvait espérer quelque chose d'un peu plus « épique ».
Il est finalement très difficile d'évaluer ce Days Go By. Dans la forme, c'est un condensé de chansons qu'on va aimer écouter et écouter en boucle. Dans le fond, il y souffle un vent nostalgique, plus encore que sur leurs autres productions, et comme Noodles l'avait annoncé, il y a en effet de véritables inspirations vieilles de 20 ans. En plus de tout ça, on voit un groupe continuer d'avancer et d'expérimenter, un peu moins timidement qu'avant, et sortir de sa zone de confort. C'est finalement lorsqu'on situe cet album dans la carrière du groupe qu'on soulève le plus de points noirs : ce n'est le chef-d'oeuvre espéré et non ce n'est pas avec cet album que Offspring se redonnera une seconde jeunesse comme a su le faire Green Day il y a quelques années. Il est temps de se faire une raison, nos Californiens n'ont pas la même ambition que nous avons pour eux, et veulent bien essayer de nouvelles choses, mais faire un disque de chansons funs et accrocheuses leur suffit amplement. On se contentera alors de ça car Days Go By est tout aussi varié et bon que son prédécesseur. Après tout les Offspring n'ont jamais sorti un album qui soit mauvais.
4/5
Sylvain L.
2) Secrets From The Underground
3) Days Go By
4) Turning Into You
5) Hurting As One
6) Cruising California (Bumpin' In My Trunk)
7) All I Have Left Is You
8) OC Guns
9) Dirty Magic
10) I Wanna Secret Family (With You)
11) Dividing By Zero
12) Slim Pickens Does The Right Thing And Rides The Bomb To Hell
http://www.facebook.com/Offspring
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9 commentaires:
Très bonne chronique!
Mais malheureusement, il y a une grossière erreur sur la fin:
"On se contentera alors de ça car Days Go By est tout aussi raté que son prédécesseur. Après tout les Offspring n'ont jamais sorti un album qui soit réussi."
Mieux comme ça!
C'qui est chiant avec internet c'est que quand un crétin fait un commentaire aussi pathétique y'a pas vraiment moyen de faire recracher ses dents comme il le mérite
Ou de péter ta gueule de gros connard!
Allez les gars, faites comme moi, vous prenez pas la tête, il a le droit de donner son avis, d'ailleurs y'en a plein à la rédaction qui comme lui ne sont pas fans du tout d'Offspring.
Néanmoins n'hésitez pas à donner votre avis sur la chronique et sur le disque, c'est ça que j'attends.
Sylvain L.
Je m'adressais à Rocket!
Ah c'est bien de montrer à tous que certains n'ont jamais écouté "ignition". On peut ne pas aimer un artiste, subjectivement je déteste certains génies musicaux (Lenny es-tu là?), ça n'empêche pas qu'objectivement je sais qu'ils ont du talent (auquel je n'accroche pas, là est un autre débat).
Bref tout ça pour dire qu'en effet The offspring n'ont jamais sorti un album mauvais (quoi que, splinter, c'était l'enfermement dans leur style) heureusement qu'ensuite ils ont sorti RAFRAG et Days by Go, qui sont loin d'être els tueries d'antant mais qui ont le mérite d'explorer de nouvelles pistes (qui diviseront), mais j'adhère à la démarche (et au fon de certaines chansons aussi, Half-truis et Future is now sont de vrais tueries).
crusing California fleure bon la chanson détét et le raod trip californien: 0% recherche muscical, 100% fun. Bouge ton boule cet été en boîte, ça changera de Micka ( big grils you are beautiful:D).
Excellente critique du début à la fin. Ca fait plaisir une review d'album de la part de quelqu'un qui sait de quoi il parle...
Salut!
J'ai du mal à croire qu'on ait écouté le même disque tellement je me suis ennuyé du début à la fin!
Il faut croire que je fais partie des fans de l'époque punk qui ne digèrent pas l'évolution récente et que, hélas, j'attends en vain un nouveau Smash ou Americana dont je sais qu'il ne viendra jamais...
@Guillaume: fan de l'époque punk ou bien d'Americana ? Faudrait savoir, c'est juste le quasi-opposé...
Perso je trouve justement que l'époque americana/conspiracy/splinter est la moins bonne ; depuis RAFRAG ils se sont réveillés, et d'ailleurs sur ce dernier album il y a quelques pépites punks comme le signale l'auteur de l'article.
Ce que je ne comprends pas aussi, c'est qu'on puisse s'ennuyer sur cet album, qu'on apprécie ou pas, toutes les pistes sont très diférentes...
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