A peine 1 an après la sortie de The Here And Now, qui a propulsé le groupe sur le devant de la scène médiatique, Architects nous revient déjà avec Daybreaker. Le délai ultra court pourrait faire penser à un album bâclé, mais il faut connaître les motivations qui se cachent derrière : si The Here And Now a largement élargi la fanbase du groupe, il s'est également attiré les foudres des fans d'origines pour qui le groupe devenait trop mainstream et s'éloignait du mathcore des débuts. Après avoir reconnu que leur album précédent
manquait de couilles, Architects essaye maintenant de se rattraper tout en contentant tout le monde.
manquait de couilles, Architects essaye maintenant de se rattraper tout en contentant tout le monde.
Contenter tout le monde n'est pas le terme juste, puisqu'ici le groupe n'a pas simplement fait marche arrière pour contenter les anciens fans - ce fut été stupide de cracher sur l'évolution - ni même n'a conservé des éléments mélodiques pour garder les nouveaux fans, non, le groupe a simplement ramené sa musique vers ce qu'elle était autrefois tout en conservant les meilleurs acquis et supprimant les moins bons. Explications.
La première différence est dans le son des instruments, plus lourds que sur l'album précédent. On retrouve des vrais morceaux de bourrin à l'ancienne comme « Alpha Omega » où la mélodie est mélée à la technique, « Fether Of Lead » ou « Outsider Heart » et son martèlement frénétique, on reconnaît d'ailleurs le chant écorché de Drew York de Stray From The Path sur ce morceau. Oli Sykes de Bring Me The Horizon vient aussi pousser la gueulante sur « Even If You Win, You're Still A Rat ». Ces titres sont proches d'avoir leur place sur Hollow Crown, à quelques différences près : ils sont quand même plus accrocheurs dans leur structure et le chant clair est encore présent.
D'ailleurs le chant parlons-en. Si sur Hollow Crown Sam Carter s'essayait pour la 1ère fois au chant clair, il était, la plupart du temps (sauf la ballade finale), très écorché et ressemblait finalement plus à des cris. Ce n'est que sur The Here And Now que le chant clair devenait véritablement clair. Ici on fait machine arrière et on reprend ce fameux chant clair crié, les fans old-school seront contents d'être débarassés des refrains pop.
Ainsi le chant clair véritable n'est pas si présent, et la plupart du temps on retrouve les "cris clairs" comme c'était le cas à l'époque sur un titre comme « Follow The Water ». Et lorsque ici il se lache vraiment dans le chant, ce n'est pas pour en faire un titre racoleur mais un titre post-hardcore plein d'émotion comme « Truth, Be Told », appuyé par un piano et des envolées puissantes où la voix vous fait frémir : « what if they say isn't true? What if they want isn't best for you ? ».
Et lorsqu'il l'utilise à nouveau sur le très bon « Devil's Island », c'est pour le mêler aux riffs les plus dissonants de la galette, là encore, difficile de le tenir pour responsable (le chant clair) de la décadence du groupe quand il est utilisé à si bon escient : « this is your country, this is your home, this is the house were you grew up alone ». On repense au clip du morceau utilisant des images des émeutes de Londres, et quelle intensité on ressent à son écoute avec ces images dans la tête (le clip a depuis été mis offline pour cause de problèmes de droits d'auteur, mais il est toujours disponible sur Vimeo).
On remarque d'ailleurs qu'un gros travail a été effectué sur les textes. Le groupe n'hésite pas à parler de politique, de religion, avec une excellente plume. Le meilleur exemple reste le supertube « These Colors Don't Run » dont le clip avec les paroles de la chanson peut se regarder en boucle, rempli d'images fortes : « in the land of the free, you know nothing comes for free », « if there was a god, you will be the death of him » ou encore « I'm struggling to find any poetry in this » sans oublier le génial break « you fucking pigs ! » qu'on s'éclate à gueuler en choeur, y'a pas à dire, dans le fond ou la forme ce morceau rageur a tout pour cartonner.
Enfin le groupe travaille quelques ambiances planantes, entre Deftones et le dernier UnderOath, surtout sur les morceaux d'ouverture (« The Bitter End » avec un synthé grandiose) et de fermeture, (« Unbeliever », où le groupe se revendique athée : « our story began in the heart of a star, we've lost our way, forgotten what we are » ). Le groupe s'est exprimé en disant : « nous ne sommes pas un groupe fait pour passer sur les radios la journée », qu'on peut interpréter par « plus de ballades radio frendly à la An Open Letter To Myself », et donc l'accent est plutôt mis, comme on vient de le voir, sur le côté ambiant et léger comme sur « Behind The Throne ». Néanmoins, on remarque que ces 3 titres réutilisent la formule du morceau « Hollow Crown », elle-même déjà réutilisée sur 2 titres de The Here And Now ; sur un album de 11 pistes on aurait pu s'en passer ou leur donner plus d'importance, une bonne ambiance ne fait pas tout.
Ce n'est donc pas par hasard si l'artwork de Daybreaker reprend à peu près celui d'Hollow Crown, Architects revient en effet à un son plus dur et regagnera certains fans, mais certainement pas tous, puisque les fans les plus hardcore resteronts sur leur faim, le groupe ne faisant qu'effleurer la violence du passé. Pour les autres c'est du tout bon puisque le groupe reprend les choses où il les avait laissé avec The Here And Now et corrige tous les défauts qui ont été pointés du doigt sur ce disque. Certains morceaux se laissent vraiment écouter en boucle, et sont tellement supérieurs à ceux de The Here And Now, c'est dommage qu'ils finissent pas trop se démarquer à côté d'autres plus moyens (les morceaux planants, de bonnes idées mais pas assez exploitées). On retiendra un disque plus cohérent que son prédécesseur, un peu comme l'a fait Norma Jean avec Meridional suite à The Anti-Mother, où les avancées sont mieux intégrées et qui sonne beaucoup moins facile, avec ici un vrai travail sur le fond et la forme qui fait plaisir à entendre. Il garde quand même ce côté transitoire qui donne envie d'attendre le prochain album pour voir ce que va faire le groupe maintenant qu'il a compris ce qu'il voulait.
4/5
Sylvain L.
2. Alpha Omega
3. These Colours Don’t Run
4. Daybreak
5. Truth, Be Told
6. Even If You Win, You’re Still A Rat
7. Outsider Heart
8. Behind The Throne
9. Devil’s Island
10. Feather Of Lead
11. Unbeliever
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4 commentaires:
Je ne suis pas vraiment convaincu par ce nouvel album. Les nouveaux passages pseudo ambiants/orchestrés qu'ils incorporent (à quasi chaque titre ) sonnent forcés vers la fin de l'album. Le mélange est parfois réussi (These Colours Don't Run, Devil's Island) mais aussi raté (Even If You Win You're Still A Rat). Je ne suis toujours pas fan des chansons mélodiques à la "Hollow Crown" (la chanson), trop mièvres d'autant plus qu'ils cloturent encore une fois l'album de façon banale...
Niveau instrumentation, si ça se rapproche nettement plus de Hollow Crown, je trouve qu'ils se répétent de plus en plus (tous les refrains sonnent pareil, les deux/trois même accords dissonants tellement utilisés qu'ils finissent par lasser).
En bref, je ne sais pas si c'est le metalcore qui ne me fait plus rien aujourd'hui ou tout simplement Architects qui n'a pas évolué comme je le souhaitais... mais j'en attends plus venant d'un groupe qui en est (déjà !) à son cinquième album.
C'est vrai Mario ce que tu fais remarquer sur les refrains qui se ressemblent, c'est aussi quelque chose que j'avais noté mais je suis parti du principe que ça avait peu d'importance puisque si tu regardes bien, à l'époque de Hollow Crown, c'était aussi très similaire et répétitif et ça ne dérangeait personne. C'était sûrement plus varié sur The Here And Now mais pourtant ça n'a pas plu aux fans. Donc je suis resté dans l'optique : "ok ça se ressemble mais c'est toujours mieux que des refrains trop pop", puis comme je l'ai dit y'a quand même des supertubes ("Devil's Island", "These Colours Don't Run", "Alpha Omega") même si les refrains sont chantés de la même façon, puis en différent y'a l'excellent "Truth, Be Told" qui pour moi est celui qui exploite le mieux l'héritage de The Here And Now.
Sylvain L.
Ce qui me dérange c'est que depuis "The Here And Now" Ils repompent sans vergogne des passages de leurs précédents albums... Sam Carter n'a pas attendu Hollow Crown pour chanter en clair on en retrouve sur Ruins moins, mais on en retrouve!
Après déception car je trouve que ce disque tourne vraiment en rond, qu'Architects a le cul entre deux chaises et surtout que l'écriture est beaucoup plus facile: y'a plus aucune surprise... très dommage car Devil's Island donnait le ton
Après pour réponde a Mario, je pense qu'entre temps Architects fut bien repompé a la moelle tant en terme de production que musicalement:A vec The Here And Now & While She Sleepsd'un coup tout le monde s'est intéressé a Architects c'est pour ça que ça ne fait plus grand effet.
Sylvain> Hollow Crown était certes très uniforme dans son style mais plus naturel, plus simple et plus nuancé dans son écriture c'est ce qui faisait sa force.
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