dimanche 23 janvier 2011

Label Story : Bridge Nine

Pour beaucoup, hardcore = Bridge Nine. L'équation est évidemment loin d'être vraie, mais le label de Boston s'est bâti une telle réputation via ses productions des groupes les plus mythiques et populaires du genre qu'il est devenu en 15 ans une référence et la plus grosse entité du milieu. Ces dernières années ont même vu B9 diversifier son roster avec des artistes plus variés. Analyse d'un phénomène du punk/hardcore avec son créateur.

English version at the bottom of the page.



Nom : Bridge Nine
Pays : États-Unis
Année de création : 1995
Quelques signatures : Agnostic Front, H2O, New Found Glory, Polar Bear Club, Strike Anywhere...
Quelques anciennes signatures : Champion, Crime In Stereo, Have Heart, Sick Of It All, Terror...



Romain J. : Salut, peux-tu te présenter et présenter Bridge Nine ?

Chris Wrenn : Je m'appelle Chris Wrenn, j'ai démarré Bridge Nine en 1995 et en quinze ans on est devenu un label internationalement reconnu travaillant avec des artistes enraciné dans la scène hardcore et punk.


Combien de personnes composent votre équipe et où le label est-il géré ?

On a cinq personnes à plein temps pour le travail quotidien à Bridge Nine. Le label est basé juste au nord de Boston, Massachusetts où moi, Seth Decoteau [aussi co-fondateur de Topshelf Records, NDLR.] et Matt Breen travaillons tout le temps. On a aussi Stephanie Marlow qui habite désormais en Arizona et notre vieux gourou de l'Internet Matteo Ferrari, qui réside actuellement en Irlande.


Raconte-nous un peu l'histoire de Bridge Nine.

Quand j'avais 19 ans, j'ai décidé que je voulais sortir un disque pour le groupe de mes potes. Je n'étais pas dans un groupe, mais je voulais être actif dans ma scène locale, donc j'ai sorti un split 7'' pour eux et un autre groupe avec qui ils étaient amis. Un disque s'est transformé en deux, puis quatre et après avoir déménagé à Boston en 1998, j'ai commencé à me concentrer plus activement sur le label. En 2001, j'ai quitté mon travail pour consacrer toute mon énergie au label. J'ai engagé mon premier employé cette année-là et durant les dix dernières années j'ai sorti de 10 à 15 disques par an, avec l'aide d'un groupe de gens dévoués qui construisent aujourd'hui le label et aident à le faire marcher jour après jour.


Qu'est-ce qui vous motive à sortir des disques ?

Ma première motivation était d'aider mes potes à sortir quelque chose avec leur nouveau chanteur. Puis le deuxième disque fut fait pour s'assurer que leurs chansons ne se perdent pas avec le temps, car ils venaient de splitter et les morceaux n'avaient pas été sortis. Puis ce fut pour aider plus de groupes d'amis à sortir des EPs, puis pour sortir la musique de groupe qu'on avait rencontré grâce aux groupes de mes potes... Un tournant excitant fut lorsque j'ai commencé à sortir des disques de groupes que j'avais suivis en grandissant. Maintenant, c'est juste passionnant de créer et de faire partie du processus d'exposition de nouveaux groupes et de groupes classiques aux kids d'aujourd'hui.


Comment choisissez-vous les groupes avec lesquels vous travaillez ?

La plupart des groupes avec lesquels ont travaille nous ont été recommandés. Des gens de groupes actuels tournent avec un groupe plus jeune, ils deviennent amis et ils nous parlent d'eux. Si le groupe compte travailler dur et tourner plus de jours dans l'année que l'inverse, on va jeter un œil. On peut remonter de la plupart de nos groupes en cours aux plus anciens de cette façon. On ne signe quasiment jamais de groupe par hasard.


Si tu devais choisir 5 disques sortis sur Bridge Nine pour les gens qui ne vous connaissent pas, ce serait lesquels ?

Si nous devions résumer les quasi-150 sorties de notre label en cinq disques, je suggèrerais probablement ceux-ci, mais je ferais mieux si je pouvais en choisir un peu plus :
1. American Nightmare/Give Up The Ghost - Year One
2. Champion - Promises Kept
3. Death Before Dishonor - Better Ways To Die
4. H2O - Nothing To Prove
5. Have Heart - The Things We Carry


Quels adjectifs représentent le mieux votre label ?

Indépendant, honnête, prometteur, fun.


Les sorties digitales : indispensables ou inutiles ?

Indispensables. La musique, c'est la musique, quelle qu'en soit la forme. Simplement parce que tu peux l'obtenir sans la payer ne signifie pas que c'est juste. Si le vendeur du magasin de disques local ne regarde pas, allez-vous remplir vos poches de CDs ? Les groupes ont besoin d'être compensés pour leur travail et leurs créations et la musique digitale est une opportunité très pratique de découvrir un groupe. Si vous aimez, vous pouvez l'acheter immédiatement, le télécharger et l'écouter en suivant. Si quelqu'un m'avait dit il y a 20 ans que je pourrais écouter n'importe quel disque de mon choix, immédiatement, pour en gros la moitié du prix de ce que ça me coûterait d'aller à un magasin de disques (encore faut-il que le disque y soit), j'aurais oui de suite.


Gérer un label en 2011, c'est comment ?

Ça a sans aucun doute ses inconvénients : si on travaillait avec les mêmes groupes il y a 15 ans, on vendrait une tonne de disques, mais c'est beaucoup plus dur de nos jours. On travaille simplement sur ce que l'on peut contrôler, faire du merch cool pour les groupes, saisir les opportunités de les aider et créer un bénéfice pour continuer à les soutenir. Il y a toujours une tonne de bonnes raisons de lancer un label, même en 2011, et on est heureux d'être toujours utile alors qu'on entame la seconde moitié de notre deuxième décennie en tant que label.


Qu'est-ce qui attend Bridge Nine dans le futur ?

Des nouveaux disques de Lemuria, Mother Of Mercy, Defeater, Foundation, des rééditions en vinyl de groupes classiques de Bridge Nine et quelques singles de groupes dont on est fan.


Merci beaucoup, un dernier mot ?

Merci pour l'interview !



Romain J.



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Name : Bridge Nine
Country : États-Unis
Year of creation : 1995
Current roster : Agnostic Front, H2O, New Found Glory, Polar Bear Club, Strike Anywhere...
Alumni : Champion, Crime In Stereo, Have Heart, Sick Of It All, Terror...
Romain J.: Hello, could you introduce yourself and Bridge Nine?

Chris Wrenn: My name is Chris Wrenn, I started Bridge Nine Records back in 1995 and over the past 15 years we've grown into an internationally recognized label that works with artists rooted in the hardcore and punk scene.


How many people are involved in your team and where is the label based?

We have 5 full-time people involved in the day to day operations of Bridge Nine. The label is based just north of Boston, Massachusetts, where myself, Seth Decoteau [also c-founder of Topshelf Records, ed.] and Matt Breen work full time, and we also have Stephanie Marlow who has recently relocated to Arizona, and our long time web guru Matteo Ferrari, who currently calls Ireland his home.


Tell us a bit about the history of Bridge Nine.

When I was 19, I decided that I wanted to release a record for my friends band. I wasn't in a band, but wanted to be active in my local scene, so I put out a split 7" EP with them and another band that they were friends with. One record became two, then 4, and after moving to Boston in 1998, started focusing on the label more actively. In 2001, I quit my job to focus all of my energy into the label. I hired my first employee that year, and over the past decade have been releasing 10 to 15 records a year, with the help of a very dedicated group of people who now make up the label and help it run day to day.


What motivates you to release records?

My first motivation was to help my friends release something with their new singer. Then the 2nd release was to make sure that their final songs wouldn't be lost to time, because they had just broken up and they were unreleased. Then it was to help more friends bands release EP's, then to get the music out of bands that we I had met through my friends bands... An exciting turning point was when I started to release records by bands that I had grown up following. Now, it's just exciting to create and be a part of the process of exposing new and classic bands to kids today!


How do you choose the bands you work with?

Most bands that we work with are through referrals. People in our current bands tour with a newer band, they'll become friends, and they'll tell us about them. If the band is willing to work hard and tour more days of the year than not, we'll check them out. We can trace most of our current bands back to older bands this way. We almost never sign a band randomly.


If you had to choose 5 records released on Bridge Nine for people who don't know you, which would they be?

If we had to sum up the almost 150 releases on the label in 5 records, I'd probably suggest these right now, but I'd do better if I had a few more to offer:
1. American Nightmare/Give Up The Ghost - Year One
2. Champion - Promises Kept
3. Death Before Dishonor - Better Ways To Die
4. H2O - Nothing To Prove
5. Have Heart - The Things We Carry


Which adjectives best define your label?

Independent, honest, exciting, fun.


Digital releases: essential or useless?

Essential. Music is music no matter what form it takes. Just because you can obtain it without paying for it doesn't make it right. If the clerk isn't looking at the local mom and pop record store are you going to fill your pockets with CDs? Bands need to be compensated for their work and creations, and digital music is a very convenient opportunity to check out a band. If you like it, you can buy it immediately, download it right then, and listen to it. If someone told me 20 years ago that I could listen to any record that I wanted, immediately, but I had to pay roughly half of what it cost to go to a record store, if they record was even available, I'd have said "absolutely".


How is it to run a label in 2011?

It no doubt has its hardships: if we were working with the same bands 15 years ago, we'd be selling a shit ton of records, but it's a lot harder these days. We just work on what we can control - making cool merch for bands, taking any opportunities that we can to help them and created revenue to keep going and support them. There are still a ton of cool reasons to start a label even in 2011, and we're excited to be relevant half way through our second decade as a label.


What's in store for Bridge Nine in the future?

New records from Lemuria, Mother Of Mercy, Defeater, Foundation, some vinyl re-issues of classic B9 bands, and some singles with bigger bands that we're fans of.


Thank you very much, anything else to add?

Thanks for the interview!



Romain J.




2 commentaires:

Alex a dit…

Moi je dis la crème c'est Ruiner, Ceremony et Defeater.

jorislaloutre a dit…

+1